Alain-Fournier

Naissance
La Chapelle-d'Angillon (18), France
Décès
tué par l'ennemi
Nationalité
Astrologie

Biographie

Alain-Fournier, pseudonyme d'Henri-Alban Fournier, est un écrivain français né le 3 octobre 1886 à La Chapelle-d'Angillon (Cher) et mort au combat le 22 septembre 1914 à Saint-Remy-la-Calonne (Meuse). Auteur d'un unique roman, Le Grand Meaulnes (1913), il est tué à 27 ans lors de la Première Guerre mondiale.


Parcours

Henri-Alban Fournier grandit à Épineuil-le-Fleuriel, dans le Cher, où il est l'élève de son propre père. À douze ans, il rejoint Paris pour ses études secondaires au lycée Voltaire, puis tente de préparer l'École navale à Brest en 1901 avant d'y renoncer. Après son baccalauréat obtenu à Bourges, il intègre le lycée Lakanal de Sceaux de 1903 à 1906, puis le lycée Louis-le-Grand à Paris pour préparer le concours de l'École normale supérieure. C'est au lycée Lakanal qu'il lie une amitié déterminante avec Jacques Rivière, dont la correspondance quasi quotidienne sera publiée en quatre volumes de 1926 à 1928. Dès 1904, il commence à écrire des poèmes en vers libres. Après deux échecs au concours de Normale Sup (1906 et 1907), il effectue son service militaire de 1907 à 1909 à Vincennes, puis comme sous-lieutenant au 88e régiment d'infanterie à Mirande. Libéré en 1909, il devient chroniqueur littéraire à Paris-Journal en 1910, où il rencontre André Gide et Paul Claudel. Il noue également une grande amitié avec Charles Péguy et Marguerite Audoux. En 1907, lors d'un essai dédié au peintre Maurice Denis, il adopte définitivement le pseudonyme Alain-Fournier pour ne pas être confondu avec Henri Fournier, un coureur automobile alors célèbre.

La genèse du roman qui le rendra célèbre dure plusieurs années. Dès 1905, depuis Londres, Fournier avait confié à Jacques Rivière son projet de devenir romancier à la manière de Charles Dickens. Le Grand Meaulnes paraît d'abord dans La Nouvelle Revue française de juillet à octobre 1913, puis en volume chez Émile-Paul en novembre 1913, quelques jours avant le premier tome d'À la Recherche du temps perdu de Marcel Proust. Le roman manque de peu le prix Goncourt mais recueille presque unanimement l'approbation de la critique. Le 11 mars 1912, présenté par Charles Péguy, Fournier entre au service de Claude Casimir-Perier comme secrétaire et rencontre l'épouse de ce dernier, Pauline Benda, connue au théâtre sous le nom de Madame Simone, avec laquelle il entretient une liaison passionnée jusqu'en 1914. C'est au château de Trie-la-Ville, propriété de leur couple, qu'il rédige plusieurs chapitres de son second roman inachevé, Colombe Blanchet. Il avait également une liaison parallèle avec Jeanne Bruneau, camériste, qui inspire le personnage de Valentine Blondeau dans Le Grand Meaulnes. Mobilisé le 2 août 1914 comme lieutenant de réserve au 288e régiment d'infanterie, il est tué le 22 septembre 1914 lors d'une reconnaissance offensive dans les bois de Saint-Remy-la-Calonne, au sud-est de Verdun.


Controverse

Les circonstances précises de la mort d'Alain-Fournier ont fait l'objet d'un débat documenté. Selon plusieurs sources postérieures, dont des archives militaires allemandes citées par Ludwig Harig dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung du 12 mai 2001 et analysées par le professeur Gerd Krumeich de l'université de Düsseldorf, la patrouille commandée par le lieutenant Fournier aurait ouvert le feu sur un poste de secours allemand dont les brancardiers portaient également des armes récupérées sur des blessés. Les soldats allemands auraient alors exécuté les survivants français en représailles. Le professeur Krumeich, dans une étude publiée en 1999, souligne que la propagande allemande a exploité l'incident et qu'il est difficile d'établir les faits exacts. Les fouilles archéologiques de 1991, ordonnées par le ministre de la Culture Jack Lang, ont montré que les corps étaient enterrés dans une fosse commune sans signe de sépulture d'exécution formelle, laissant les circonstances précises non définitivement établies.


Repères chronologiques

1886 : naissance le 3 octobre à La Chapelle-d'Angillon (Cher).
1898 : début des études secondaires au lycée Voltaire à Paris.
1901 : séjour à Brest pour préparer l'École navale ; abandon quinze mois plus tard.
1903 : entrée au lycée Lakanal à Sceaux ; rencontre de Jacques Rivière.
1905 : le 1er juin (jour de l'Ascension), rencontre Yvonne de Quiévrecourt à Paris, au Grand Palais. Séjour en Angleterre ; premières ébauches du futur roman.
1906 : premier échec au concours de l'École normale supérieure.
1907 : second échec ; apprend qu'Yvonne de Quiévrecourt est mariée au Dr Amédée Brochet. Adopte le pseudonyme Alain-Fournier pour un essai dédié à Maurice Denis. Début du service militaire.
1909 : fin du service militaire ; Jacques Rivière épouse sa soeur Isabelle Fournier.
1910 : chroniqueur littéraire à Paris-Journal ; rencontres avec André Gide, Paul Claudel, Charles Péguy, Marguerite Audoux et Jean Cocteau.
1912 : secrétaire de Claude Casimir-Perier ; début de la liaison avec Madame Simone (Pauline Benda).
1913 : retrouvailles avec Yvonne de Quiévrecourt à Rochefort-sur-Mer en juillet. Publication de Le Grand Meaulnes dans La Nouvelle Revue française (juillet-octobre) puis chez Émile-Paul (novembre). Le roman manque de peu le prix Goncourt.
1914 : début de la rédaction de Colombe Blanchet. Mobilisé le 2 août comme lieutenant au 288e régiment d'infanterie. Tué au combat le 22 septembre dans les bois de Saint-Remy-la-Calonne.
1924 : publication posthume de Miracles (poèmes et nouvelles), rassemblés par Jacques Rivière, chez Gallimard.
1926-1928 : publication de la Correspondance avec Jacques Rivière en quatre volumes chez Gallimard, par les soins d'Isabelle Rivière.
1991 : découverte des corps d'Alain-Fournier et de vingt compagnons d'armes dans une fosse commune du bois de Saint-Remy-la-Calonne ; fouilles prescrites par Jack Lang, ministre de la Culture.
1992 : réinhumation solennelle dans la nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne (Meuse).


Vie personnelle et engagements

Henri-Alban Fournier est le fils d'Augustin Fournier (1861-1933), instituteur nommé à Marçais, et de Marie-Albanie Barthe (1864-1928), également institutrice. Il passe ses cinq premières années à Marçais, puis l'essentiel de son enfance à Épineuil-le-Fleuriel, dans le Cher, village qui servira de cadre aux trois quarts des chapitres de Le Grand Meaulnes. Sa soeur cadette, Isabelle Fournier (1889-1971), est son inséparable compagne de jeux et de lectures. Isabelle épousera en 1909 Jacques Rivière, qui deviendra directeur de la Nouvelle Revue française. La rencontre décisive de la vie de Fournier se produit le 1er juin 1905 : il croise Yvonne de Quiévrecourt à la sortie d'une exposition au Grand Palais. Elle épousera peu après le Dr Amédée Brochet, dont elle aura deux enfants, et refusera toute sa vie d'évoquer publiquement cet épisode. Fournier mourra sans descendance.

La correspondance d'Alain-Fournier, considérable, couvre l'ensemble de sa vie parisienne et s'étend sur huit volumes publiés. Elle entretient notamment un échange de près de 370 lettres avec Jacques Rivière, qui nourrit des générations de lecteurs, de Simone de Beauvoir à Guy Debord. Parmi ses amis et fréquentations documentées figurent Charles Péguy, Jean Cocteau, Marguerite Audoux, André Gide, Paul Claudel, André Suarès et Jacques Copeau, ainsi que le peintre André Lhote, avec lequel il correspond abondamment. Sa liaison avec Madame Simone (Pauline Benda) est révélée par cette dernière en 1957 dans ses mémoires Sous de nouveaux soleils (Gallimard) ; leur correspondance amoureuse est publiée en 1992 sous la direction de Claude Sicard. Le nom d'Alain-Fournier figure sur les murs du Panthéon de Paris parmi les écrivains morts au champ d'honneur lors de la Première Guerre mondiale.


Contexte du décès

Alain-Fournier est tué au combat le 22 septembre 1914, dans les bois de Saint-Remy-la-Calonne (Meuse), à 27 ans. Il est mort d'une blessure par armes à feu lors d'une reconnaissance offensive dans les Hauts de Meuse, au cours de laquelle sa compagnie est prise à revers par des troupes prussiennes. Sa mort par balles au combat est attestée par la fiche militaire de décès publiée sur la base Mémoire des Hommes, qui indique comme lieu Vaux-lès-Palameix (Meuse). Il est officiellement déclaré "mort pour la France" à titre posthume, décoré de la Croix de guerre avec palme et nommé chevalier de la Légion d'honneur. Sa disparition, signalée dès le lendemain par la presse, marque profondément ses contemporains. Son lieu d'inhumation demeure inconnu pendant 77 ans. En 1991, les fouilles archéologiques entreprises sur initiative des admirateurs de l'auteur et prescrites par le ministre de la Culture Jack Lang aboutissent à l'identification de sa dépouille et de celles de vingt compagnons d'armes, dans une fosse commune creusée par l'armée allemande. En 1992, les restes des 21 hommes du 288e régiment d'infanterie sont réinhumés solennellement dans la nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne.


Lieux de mémoire

La dépouille d'Alain-Fournier repose depuis 1992 dans la nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne (Meuse), aux côtés de vingt compagnons d'armes. Un monument commémoratif a été érigé à l'intersection de la Tranchée de Calonne et du chemin menant vers les bois, à proximité de la fosse commune découverte en 1991. Son nom figure sur les murs du Panthéon de Paris dans la liste des écrivains français morts au champ d'honneur lors de la Première Guerre mondiale.


Anecdotes

1 - En 1964, le premier exemplaire dédicacé du Grand Meaulnes, envoyé par Alain-Fournier à Yvonne de Quiévrecourt sur papier Japon, refait surface à la salle des ventes Drouot et est adjugé trois millions de francs. C'est par cette vente que le grand public apprend le vrai nom de celle qui inspira Yvonne de Galais.
2 - Alain-Fournier adopte son pseudonyme en 1907, non par caprice littéraire, mais pour ne pas être confondu avec Henri Fournier, un coureur automobile alors très connu. Il le forge en substituant son second prénom (Alban, transformé en Alain) à son prénom de naissance.
3 - La correspondance d'Alain-Fournier avec Jacques Rivière, publiée en quatre volumes entre 1926 et 1928, a influencé des écrivains aussi différents que Simone de Beauvoir et Guy Debord, témoignant de la vie littéraire de la Belle Époque bien au-delà du seul Grand Meaulnes.
4 - Les manuscrits et brouillons du Grand Meaulnes, conservés par sa soeur Isabelle Rivière puis donnés en 2000 par Alain Rivière à la Ville de Bourges, sont consultables en ligne depuis la bibliothèque des Quatre Piliers de Bourges. Ni le manuscrit définitif ni le dactylogramme n'ont survécu.
5 - En 1913, Yvonne de Quiévrecourt reçoit le premier exemplaire du Grand Meaulnes que Fournier lui envoie. Elle n'y répond jamais, et refuse toute sa vie de parler de cette rencontre. Ce silence absolu a duré jusqu'à sa mort.


Points clés

- Métier(s) : écrivain, chroniqueur littéraire, militaire (lieutenant de réserve)
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Yvonne de Quiévrecourt (amour non consommé, 1905-1914) ; Madame Simone / Pauline Benda (liaison 1912-1914) ; Jeanne Bruneau (liaison documentée)
- Enfants : aucun
- Distinctions : Croix de guerre avec palme (posthume) ; Légion d'honneur, chevalier (posthume) ; mention sur les murs du Panthéon de Paris parmi les écrivains morts au champ d'honneur


Postérité

113 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Autres écrivains nés dans les années 1880

Citations

Peut-être ne suis-je pas un être tout à fait réel.

— Formule de Benjamin Constant qu'Alain-Fournier appliqua à lui-même, rapportée par Jacques Rivière dans la préface de Miracles, Gallimard, 1924

Tout cela, voyez-vous, pour moi c'est le monde entier.

— Lettre d'Alain-Fournier à ses parents, citée dans Wikipedia francophone (Alain-Fournier), évoquant la salle de classe d'Épineuil-le-Fleuriel

Je forme un autre projet, celui d'être romancier, à la manière de Dickens.

— Lettre d'Alain-Fournier à Jacques Rivière depuis Londres, 1905, citée dans Wikipedia francophone (Alain-Fournier) / Correspondance 1904-1914

Le passé ne peut renaître.
Le mariage est une chose impossible et pourtant la seule solution.
Les temps sont courts à celui qui pense, et interminables à celui qui désire !
L'amour comme un vertige, comme un sacrifice, et comme le dernier mot de tout.
La plupart du temps, nous mourons de faiblesse, nous ne mourons de ne rien oser.
Je cherche la clé des évasions vers ces pays désirés, et c'est peut-être la mort.
Il me vient cette pensée affreuse que j'ai renoncé au paradis et que je suis en train de piétiner aux portes de l'enfer.
Un homme qui a fait une fois un bond dans le Paradis, comment pourrait-il s'accommoder ensuite de la vie de tout le monde ?
Peut-être quand nous mourrons, peut-être la mort seule nous donnera la clef et la suite et la fin de cette aventure manquée.
Comme deux passagers dans un bateau à la dérive, ils sont, dans le grand vent d'hiver, deux amants enfermés avec le bonheur.
Le bonheur est une chose terrible à supporter. Surtout lorsque ce bonheur n'est pas celui pourquoi on avait arrangé toute sa vie.
Ah ! Frère, compagnon, voyageur, comme nous étions persuadés, tous deux, que le bonheur était proche, et qu'il allait suffire de se mettre en chemin pour l'atteindre !

Questions autour de Alain-Fournier

Quel est le vrai nom d'Alain-Fournier ?
Le vrai nom d'Alain-Fournier est Henri-Alban Fournier. Il adopte ce pseudonyme en 1907 pour ne pas être confondu avec Henri Fournier, un coureur automobile alors très connu.
Pourquoi Alain-Fournier a-t-il choisi ce pseudonyme ?
Alain-Fournier adopte ce pseudonyme en 1907 lors de la publication d'un essai dédié au peintre Maurice Denis, afin de ne pas être confondu avec Henri Fournier, un champion cycliste et coureur automobile de l'époque.
Alain-Fournier a-t-il remporté le prix Goncourt ?
Non. Le Grand Meaulnes a manqué de peu le prix Goncourt en 1913, mais le roman n'a pas été primé. Il a toutefois recueilli presque unanimement l'approbation de la critique littéraire de l'époque.
Comment Alain-Fournier est-il mort ?
Alain-Fournier est tué au combat le 22 septembre 1914, dans les bois de Saint-Remy-la-Calonne (Meuse), lors d'une reconnaissance offensive dans les Hauts de Meuse pendant la Première Guerre mondiale. Il avait 27 ans. Son corps n'est retrouvé qu'en 1991.
Où est enterré Alain-Fournier ?
Depuis 1992, la dépouille d'Alain-Fournier repose dans la nécropole nationale de Saint-Remy-la-Calonne (Meuse), avec vingt compagnons d'armes. Sa fosse commune avait été découverte en 1991 lors de fouilles archéologiques prescrites par le ministre de la Culture Jack Lang.
Qui était Yvonne de Quiévrecourt pour Alain-Fournier ?
Yvonne de Quiévrecourt est la jeune femme croisée par Alain-Fournier le 1er juin 1905 à Paris, à la sortie du Grand Palais. Cet amour impossible, elle étant déjà fiancée puis mariée au Dr Amédée Brochet, inspire directement le personnage d'Yvonne de Galais dans Le Grand Meaulnes. Elle refusera toujours d'évoquer cet épisode publiquement.
Qui est né le même jour que Alain-Fournier ?
Noah Schnapp, Denis Villeneuve, Shannyn Sossamon, Fred DeLuca et Harvey Kurtzman sont nés le 3 octobre comme Alain-Fournier.
À quel âge est mort Alain-Fournier ?
Alain-Fournier est mort à 27 ans, le 22 septembre 1914.
Qui est mort le même jour que Alain-Fournier ?
Isaac Stern, Irving Berlin, Dorothy Lamour, Marcel Marceau et Max Montavon sont morts le 22 septembre comme Alain-Fournier.
Quels écrivains français sont du signe Balance comme Alain-Fournier ?
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