Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.), roi macédonien de la lignée des Argéades, fils de Philippe II et d'Olympias, élève du philosophe Aristote, est le conquérant qui porta en treize ans son empire des rives de la mer Égée jusqu'aux contreforts de l'Himalaya, transformant durablement la carte politique et culturelle de l'Antiquité.
Né à Pella, capitale du royaume de Macédoine, le 20 ou le 21 juillet 356 av. J.-C., Alexandre reçoit une formation exceptionnelle : son premier précepteur, Léonidas d'Épire, lui inculque discipline physique et endurance militaire dès l'enfance ; Lysimaque d'Acarnanie complète son éducation littéraire et orale. À partir de 343 av. J.-C. et jusqu'en 340, c'est le philosophe Aristote qui prend en charge son instruction à Miéza, transmettant à l'adolescent des bases en philosophie, médecine, rhétorique et sciences naturelles. C'est aussi durant cette période qu'Alexandre se lie avec ceux qui deviendront ses généraux, parmi lesquels Héphaistion, Ptolémée, Perdiccas et Séleucos. En 340, son père Philippe II le nomme régent de Macédoine durant son expédition contre Byzance ; en 338, Alexandre commande l'aile gauche de la cavalerie macédonienne à la bataille de Chéronée et anéantit le Bataillon sacré thébain. Lorsque Philippe II est assassiné en août 336, Alexandre monte sur le trône à vingt ans, réprime immédiatement les révoltes des cités grecques et fait exécuter les prétendants rivaux à la couronne.
En 334 av. J.-C., Alexandre débarque en Asie avec une armée d'environ 50 000 hommes. Il remporte une première victoire sur les satrapes perses au Granique, puis défait le Grand Roi Darius III à Issos en 333, s'empare de la Phénicie et de l'Égypte, où il est proclamé pharaon et fonde Alexandrie en 331. La bataille de Gaugamèles, la même année, lui ouvre la totalité de l'empire achéménide : Babylone, Suse et Persépolis tombent. Alexandre fait brûler Persépolis, acte interprété tantôt comme une vengeance symbolique, tantôt comme un accident. Il poursuit sa conquête vers la Bactriane et la Sogdiane, où il épouse en 327 la princesse Roxane, fille de l'aristocrate bactrien Oxyartès. La campagne en Inde aboutit à la victoire sur le roi Pôros à l'Hydaspe en 326 ; mais les soldats, épuisés, refusent d'avancer au-delà du fleuve. Contraint au repli, Alexandre regagne Babylone, où il meurt le 10 ou 11 juin 323 av. J.-C., à l'âge de 32 ans. Sa mort soudaine, après une violente fièvre d'une douzaine de jours, reste l'objet d'un débat historiographique non résolu : maladie infectieuse, alcoolisme chronique et empoisonnement sont les trois hypothèses les plus fréquemment avancées par les historiens modernes.
356 : naissance à Pella, capitale du royaume de Macédoine, fils de Philippe II et d'Olympias.
343 : Aristote est désigné comme précepteur ; enseignement dispensé à Miéza pendant trois ans.
340 : nommé régent de Macédoine par Philippe II parti guerroyer contre Byzance.
338 : commande l'aile gauche de la cavalerie à Chéronée ; destruction du Bataillon sacré thébain.
336 : assassinat de Philippe II ; accession au trône à l'âge de vingt ans.
335 : répression des révoltes grecques, destruction de Thèbes.
334 : passage en Asie, victoire au Granique contre les satrapes perses.
333 : défaite de Darius III à Issos ; capture de la famille royale perse.
332-331 : conquête de la Phénicie, du siège de Tyr, de l'Égypte ; fondation d'Alexandrie en Égypte.
331 : victoire décisive à Gaugamèles ; prise de Babylone, de Suse et de Persépolis.
327 : mariage avec Roxane en Bactriane ; début de la campagne indienne.
326 : victoire sur Pôros à l'Hydaspe ; mort de Bucéphale ; fondation de la ville de Bucéphalie ; mutinerie des troupes au bord de l'Hyphase.
324 : noces de Suse ; Alexandre épouse Stateira, fille de Darius III, et Parysatis ; mort d'Héphaistion à Ecbatane.
323 : mort à Babylone le 10 ou 11 juin ; l'empire est partagé entre les Diadoques.
Alexandre est le fils aîné de Philippe II, roi de Macédoine de la dynastie des Argéades, et d'Olympias, princesse éacide d'Épire de la tribu des Molosses, fille du roi Néoptolème Ier d'Épire. Il a une sœur, Cléopâtre de Macédoine, née en 355 av. J.-C. Ses trois épouses officielles sont Roxane, fille d'Oxyartès, satrape de Bactriane, épousée en 327 ; Stateira (dite aussi Barsine), fille de Darius III, épousée lors des noces collectives de Suse en 324 ; et Parysatis, fille du roi achéménide Artaxerxès III, unie à Alexandre le même jour. Alexandre a deux fils attestés : Alexandre IV, né posthume de Roxane en août 323, et Héraclès, fils de Barsine, maîtresse perse dont il se sépare après son mariage avec Roxane.
Le lien entre Alexandre et Héphaistion, fils de l'aristocrate macédonien Amyntor, constitue la relation affective la plus documentée de sa vie : éduqués ensemble sous la tutelle d'Aristote, les deux hommes ne se séparèrent pratiquement jamais pendant les campagnes. La mort d'Héphaistion à Ecbatane en 324 plongea Alexandre dans un deuil intense, documenté par Arrien et Plutarque. Alexandre avait également reçu l'influence du philosophe Diogène de Sinope qu'il rencontra à Corinthe en 335, et de son ami proche Néarque, amiral chargé de l'exploration des côtes de l'océan Indien. Parmi ses engagements documentés figure la politique délibérée de fusion des élites gréco-macédoniennes et perses, illustrée par les noces de Suse où il maria dix mille soldats à des femmes perses.
Alexandre meurt à Babylone entre le soir du 10 et le soir du 11 juin 323 av. J.-C., dans le palais de Nabuchodonosor II, après environ douze jours de fièvre. Il tombe malade vers le 30 mai, à l'issue d'un banquet, selon les Éphémérides royales citées par Plutarque et Arrien. La cause exacte du décès n'a pas été établie : les hypothèses retenues par les historiens contemporains incluent la fièvre typhoïde, le paludisme cérébral, une encéphalite virale et la cirrhose alcoolique. L'hypothèse d'un empoisonnement, attribuée par Clitarque d'Alexandrie aux fils d'Antipater, Cassandre et Iolas, ne fait pas consensus. Alexandre avait trente-deux ans. Après sa mort, les généraux Ptolémée Ier et Perdiccas se disputèrent la dépouille : Ptolémée la détourna vers l'Égypte, où elle fut exposée d'abord à Memphis puis transférée à Alexandrie vers 280 av. J.-C.
Le tombeau d'Alexandre, dit le Sôma ou Sèma, fut érigé à Alexandrie par Ptolémée IV Philopator, dans le quartier royal de la cité. Visité par les empereurs romains Auguste et Caracalla, il disparut à une date indéterminée. Environ 140 fouilles archéologiques ont été conduites depuis le XIXe siècle sans aboutir à sa localisation. Le lieu précis de sépulture reste inconnu à ce jour.
1 - Pour dompter Bucéphale, cheval réputé indomptable qu'aucun cavalier de la cour de Philippe II n'avait pu monter, Alexandre, âgé d'environ onze ans, observa que l'animal s'effrayait de sa propre ombre et le plaça face au soleil. Le fait est rapporté par Plutarque dans la Vie d'Alexandre.
2 - Alexandre gardait sous son oreiller, pendant toutes les campagnes, un exemplaire de l'Iliade annoté par Aristote lui-même, qu'il appelait "le viatique de la vertu militaire". L'information est transmise par Onésicrite et confirmée par Plutarque.
3 - Lors de la rencontre avec Diogène de Sinope à Corinthe en 335, Alexandre demanda au philosophe s'il souhaitait quelque chose. La réponse fut : "Écarte-toi un peu du soleil." Alexandre dit à ses compagnons qui se moquaient : "Si je n'étais pas Alexandre, je serais Diogène." L'échange est rapporté par Plutarque et Diogène Laërce.
4 - Après la mort d'Héphaistion à Ecbatane en 324, Alexandre fit raser de deuil les crinières des chevaux et des mules, et ordonna l'extinction des feux sacrés sur tout le territoire perse, une marque de deuil normalement réservée aux Grands Rois achéménides. Le fait est attesté par Arrien dans l'Anabase.
5 - Quand Perdiccas, lors d'une distribution de présents, refusa l'argent qu'Alexandre lui offrait et lui demanda ce qu'il se réservait pour lui-même, Alexandre répondit : "Je me garde l'espérance." L'échange est rapporté par Plutarque dans les Œuvres morales.
- Métier(s) : roi de Macédoine, commandant militaire, pharaon d'Égypte
- Résidence principale : Pella (Macédoine), puis Babylone (en fin de règne)
- Relations de couple : Roxane (épousée en 327), Stateira fille de Darius III (épousée en 324), Parysatis (épousée en 324)
- Enfants : Alexandre IV (né posthume en août 323, de Roxane) ; Héraclès (né de Barsine, statut de légitimité discuté)
- Distinctions : titre de pharaon d'Égypte (331), "roi des rois" de l'empire perse
« Je me garde l'espérance. »
— Plutarque, Sur la fortune ou la vertu d'Alexandre (Œuvres morales, vers 100), éd. Belles Lettres, 1990, p. 70
« Si je n'étais pas Alexandre, je serais Diogène ! »
— Plutarque, Vies parallèles, "Alexandre", XIV, 2-5, trad. Anne-Marie Ozanam, éd. Gallimard, coll. "Quarto", 2001, p. 1239
« Antipatros ignore qu'une seule larme versée par une mère efface dix mille lettres. »
— Plutarque, Vies parallèles, "Alexandre", XXXIX, 12-13, trad. Anne-Marie Ozanam, éd. Gallimard, coll. "Quarto", 2001, p. 1262
« N'ayez aucunement peur de me toucher : on ne voudra pas croire que je crains peu la mort, si vous la craignez tant pour moi. »
— Plutarque, Sur la fortune ou la vertu d'Alexandre (Œuvres morales, vers 100), éd. Belles Lettres, 1990, p. 71
La terre ne peut tolérer deux soleils.
Ce ne sont pas les fils qui perpétuent la mémoire des pères, ce sont les bonnes actions et les bonnes moeurs.
« Je me garde l'espérance. »
— Plutarque, Sur la fortune ou la vertu d'Alexandre (Œuvres morales, vers 100), éd. Belles Lettres, 1990, p. 70
« Si je n'étais pas Alexandre, je serais Diogène ! »
— Plutarque, Vies parallèles, "Alexandre", XIV, 2-5, trad. Anne-Marie Ozanam, éd. Gallimard, coll. "Quarto", 2001, p. 1239
« Antipatros ignore qu'une seule larme versée par une mère efface dix mille lettres. »
— Plutarque, Vies parallèles, "Alexandre", XXXIX, 12-13, trad. Anne-Marie Ozanam, éd. Gallimard, coll. "Quarto", 2001, p. 1262
« N'ayez aucunement peur de me toucher : on ne voudra pas croire que je crains peu la mort, si vous la craignez tant pour moi. »
— Plutarque, Sur la fortune ou la vertu d'Alexandre (Œuvres morales, vers 100), éd. Belles Lettres, 1990, p. 71
La terre ne peut tolérer deux soleils.
Ce ne sont pas les fils qui perpétuent la mémoire des pères, ce sont les bonnes actions et les bonnes moeurs.