Savant universel et mathématicien français né le 20 janvier 1775 à Lyon, André-Marie Ampère a révolutionné la compréhension de l'électricité par la création de l'électrodynamique. Son génie autodidacte a permis de poser les bases théoriques de la physique moderne et des télécommunications.
André-Marie Ampère grandit dans une maison bourgeoise à Poleymieux, où il se forme seul en puisant dans la bibliothèque paternelle, notamment l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert. En 1788, à treize ans, il présente son premier mémoire de mathématiques à l'Académie de Lyon. Sa carrière d'enseignant débute en 1801 comme professeur de physique à l'École centrale de l'Ain à Bourg-en-Bresse, après la publication des Considérations sur la théorie mathématique du jeu . Remarqué par Delambre, il est nommé répétiteur d'analyse à l'École polytechnique en 1804. Dès 1806, il devient secrétaire du Bureau consultatif des arts et métiers, marquant son intégration définitive dans les cercles administratifs et scientifiques parisiens. Ses recherches initiales portent sur la métaphysique et la chimie, le menant à distinguer les atomes des molécules avant d'être élu à l'Académie des sciences dans la section de géométrie en 1814.
Le tournant majeur de sa vie survient en 1820 lorsqu'il assiste à la présentation de l'expérience d'Oersted sur l'action d'un courant électrique sur une aiguille aimantée. En quelques semaines, il élabore une théorie mathématique rigoureuse liant électricité et magnétisme, publiant plus tard son ouvrage fondamental Théorie mathématique des phénomènes électrodynamiques uniquement déduite de l'expérience en 1827. Il invente durant cette période le vocabulaire de base de l'électricité en introduisant les termes de courant et de tension, tout en concevant le premier télégraphe électrique et l'électroaimant. Nommé inspecteur général de l'Université par Napoléon dès 1808, il conserve cette fonction itinérante jusqu'à la fin de sa vie. Ses dernières années sont consacrées à l'Essai sur la philosophie des sciences , une classification monumentale des connaissances humaines qui témoigne de son désir constant de synthèse intellectuelle universelle entre les sciences naturelles et les facultés de l'esprit.
1775 : Naissance dans la paroisse Saint-Nizier à Lyon.
1801 : Nomination au poste de professeur de physique à Bourg-en-Bresse.
1802 : Publication de l'ouvrage Considérations sur la théorie mathématique du jeu .
1804 : Arrivée à Paris pour enseigner l'analyse à l'École polytechnique.
1808 : Nomination par décret impérial comme inspecteur général de l'Université.
1809 : Obtention de la chaire de mécanique rationnelle à Polytechnique.
1814 : Élection comme membre titulaire de l'Académie des sciences à Paris.
1820 : Présentation des principes de l'électrodynamique devant ses pairs académiciens.
1824 : Élection à la chaire de physique expérimentale du Collège de France.
1827 : Parution de son mémoire définitif sur la théorie de l'électrodynamique.
1836 : Décès lors d'une tournée d'inspection académique dans le sud de la France.
1881 : Officialisation du nom ampère comme unité internationale de courant électrique.
André-Marie Ampère est le fils de Jean-Jacques Ampère, un négociant en soie devenu juge de paix, et de Jeanne-Antoinette de Sutières-Sarcey. Son père meurt sur l'échafaud durant la Terreur à Lyon en 1793, un traumatisme qui marque durablement sa spiritualité et sa santé mentale. En 1799, il épouse Julie Carron après une cour passionnée consignée dans son journal intime Amorum . De cette union naît son fils unique Jean-Jacques Ampère, futur académicien et historien de renom. Le décès prématuré de son épouse en 1803 laisse le savant dans un désespoir profond, cherchant refuge dans l'étude acharnée et les questions métaphysiques.
Dans ses cercles sociaux, Ampère entretient des relations étroites avec de nombreux intellectuels, notamment l'écrivain Pierre-Simon Ballanche et le savant François Arago, qui prononcera son éloge funèbre. Il se lie d'amitié avec le physicien Fresnel et participe activement aux débats philosophiques de la Société littéraire de Lyon. Fervent catholique, il s'engage dans des réflexions sur le lien entre foi et science, s'impliquant dans des cercles mystiques avec ses amis Gilles Coupier et Bredin. Ses passions privées incluent la botanique, qu'il étudie dès sa jeunesse sous l'influence de Rousseau, et la poésie, qu'il pratique durant ses années lyonnaises.
André-Marie Ampère meurt à l'âge de 61 ans le 10 juin 1836. Une pneumonie infectieuse contractée lors d'un voyage d'inspection harassant est à l'origine de son décès. Il s'éteint dans les locaux médicalisés de l'infirmerie du lycée Thiers à Marseille. Ses obsèques sont d'abord célébrées à Marseille dans la plus stricte intimité administrative. François Arago salue sa mémoire en soulignant l'immensité de son œuvre scientifique. En 1869, sa dépouille est transférée à Paris pour rejoindre la sépulture de son fils au cimetière de Montmartre. La postérité immédiate lui rend hommage en inscrivant son nom sur la liste des soixante-douze savants de la tour Eiffel.
La sépulture d'André-Marie Ampère est située au cimetière de Montmartre à Paris, dans la 30ème division. La maison de son enfance à Poleymieux-au-Mont-d'Or est devenue le Musée Ampère, lieu de mémoire majeur dédié à l'histoire de l'électricité et à la conservation de ses manuscrits originaux.
1 - Enfant précoce, Ampère effectuait des calculs complexes à l'aide de petits cailloux et de miettes de pain avant même de savoir tracer des chiffres sur du papier.
2 - Le savant était réputé pour sa distraction légendaire, oubliant parfois ses rendez-vous officiels ou écrivant ses équations mathématiques sur les portières des fiacres parisiens en guise de tableau noir.
3 - Bien qu'il n'ait jamais fréquenté l'école ni passé de diplôme officiel, son génie autodidacte lui a permis d'intégrer les plus hautes institutions académiques de France par ses seules publications.
4 - Le nom ampère est l'une des rares unités de base du Système international, avec le kelvin, à provenir du nom propre d'un scientifique ayant personnellement découvert le phénomène mesuré.
- Métier(s) : Physicien, mathématicien, inspecteur général de l'Université
- Résidence principale : Paris (rue Monge)
- Relations de couple : Julie Carron (épouse de 1799 à 1803)
- Enfants : Jean-Jacques Ampère
- Distinctions : Membre de l'Académie des sciences, Royal Society de Londres