Philosophe, logicien et mathématicien britannique, Bertrand Russell est considéré comme l'un des fondateurs de la logique contemporaine et l'auteur, avec Alfred North Whitehead, de Principia Mathematica. Pacifiste engagé, il reçoit le prix Nobel de littérature en 1950.
Né dans une famille aristocratique libérale, Bertrand Arthur William Russell intègre Trinity College à Cambridge en 1890, où il étudie les mathématiques et les sciences morales. Il y rencontre Alfred North Whitehead, qui le recommande aux Cambridge Apostles, et fait la connaissance du jeune George Edward Moore. Reçu septième Wrangler en 1893, il obtient son fellowship en 1895. Il publie en 1896 son premier ouvrage, German Social Democracy, puis enseigne brièvement la matière à la London School of Economics. Au Congrès mondial de philosophie de Paris en 1900, il rencontre le mathématicien italien Giuseppe Peano, dont les travaux orientent durablement sa recherche sur les fondements des mathématiques. En 1903 paraît The Principles of Mathematics, ouvrage dans lequel il expose le paradoxe qui porte son nom et qui ébranle la théorie naïve des ensembles. Cette découverte le conduit à entreprendre, avec Whitehead, un vaste projet de réduction des mathématiques à la logique.
Le résultat de cette collaboration, Principia Mathematica, paraît en trois volumes entre 1910 et 1913 et marque un tournant pour la logique du XXe siècle. Russell encadre alors à Cambridge le jeune Ludwig Wittgenstein, dont l'influence transforme sa propre philosophie. En 1916, ses prises de position contre la Première Guerre mondiale lui valent d'être démis de son poste au Trinity College, puis condamné en mai 1918 à six mois de prison ferme, où il rédige Introduction to Mathematical Philosophy. Il voyage en Russie soviétique en 1920, rencontre Lénine et publie The Practice and Theory of Bolshevism, puis enseigne un an à Pékin aux côtés de John Dewey et Rabindranath Tagore. À son retour, il fonde en 1927 la Beacon Hill School avec Dora Black, une école expérimentale qu'il dirigera jusqu'au milieu des années 1930.
1872 : naissance à Trellech, Monmouthshire, au pays de Galles
1890 : entrée à Trinity College, Cambridge
1894 : mariage avec Alys Pearsall Smith
1903 : parution de The Principles of Mathematics et formulation du paradoxe de Russell
1910-1913 : publication de Principia Mathematica avec Alfred North Whitehead
1916 : démis de Trinity College pour ses positions pacifistes
1918 : condamné à six mois de prison ferme
1921 : divorce d'Alys puis mariage avec Dora Black
1927 : fondation de la Beacon Hill School
1931 : succède à son frère comme 3e comte Russell
1945 : parution de A History of Western Philosophy
1950 : prix Nobel de littérature à Stockholm
1955 : publication du manifeste Russell-Einstein à Londres
1961 : emprisonné à 89 ans pour désobéissance civile antinucléaire
1966-1967 : tribunal Russell-Sartre sur les crimes de guerre au Viêt Nam
1970 : mort à Penrhyndeudraeth, au pays de Galles
Bertrand Russell est le fils cadet de John Russell, vicomte Amberley, et de Katherine Louisa Stanley, vicomtesse Amberley, tous deux libres-penseurs et défenseurs de la contraception. Son grand-père paternel, John Russell, premier ministre de la reine Victoria à deux reprises, lui transmet une vocation politique précoce. Le philosophe John Stuart Mill est son parrain laïque. Orphelin de mère et de sœur en 1874, de père en 1876, il est élevé avec son frère aîné Francis par leur grand-mère Lady Frances Russell à Pembroke Lodge, à Richmond. Éduqué à domicile par des précepteurs, il découvre la géométrie à onze ans grâce à son frère et entre à Trinity College, Cambridge, en 1890.
Russell se marie quatre fois : avec la quaker américaine Alys Pearsall Smith en 1894, puis avec l'écrivaine féministe Dora Black en 1921, avec qui il a deux enfants, John Conrad et Katharine Jane. Il épouse en 1936 Patricia Spence, mère de Conrad Sebastian Russell, futur historien et chef du Parti libéral-démocrate, puis Edith Finch en 1952, sa compagne jusqu'à sa mort. Proche de Joseph Rotblat, Frédéric Joliot-Curie et Linus Pauling, il fonde en 1958 la Campaign for Nuclear Disarmament, puis en 1963 la Bertrand Russell Peace Foundation.
Bertrand Russell meurt d'une grippe le 2 février 1970 à son domicile de Plas Penrhyn, à Penrhyndeudraeth, dans le Merionethshire, au pays de Galles, à l'âge de 97 ans. Sa dernière épouse Edith Finch est à ses côtés. Conformément à ses dernières volontés, aucune cérémonie religieuse n'est organisée. Son corps est incinéré à Colwyn Bay le 5 février 1970, et ses cendres sont dispersées plus tard dans l'année sur les montagnes galloises. Sa fille Katharine Jane Tait fonde en 1974 la Bertrand Russell Society, vouée à la préservation et à la diffusion de son œuvre.
Aucune sépulture matérielle ne lui est dédiée, ses cendres ayant été dispersées sur les montagnes du pays de Galles. En 1980, un mémorial commandé par un comité dirigé par le philosophe A. J. Ayer est érigé à Red Lion Square, à Londres : un buste sculpté par Marcelle Quinton. Les archives Bertrand Russell sont conservées à l'université McMaster, à Hamilton, en Ontario.
1 - Filleul du philosophe John Stuart Mill, le jeune Bertrand n'a jamais connu son parrain, mort l'année suivant sa naissance ; il découvrira ses écrits à l'adolescence, ce qui le détournera durablement de la religion.
2 - À dix-sept ans, en 1889, Russell visite l'Exposition universelle de Paris en compagnie de la famille Pearsall Smith et monte sur la tour Eiffel quelques mois seulement après son inauguration.
3 - Lors d'un voyage en Chine en 1921, Russell tombe gravement malade d'une pneumonie ; la presse japonaise annonce sa mort par erreur. À son arrivée au Japon, sa compagne Dora Black répond aux journalistes que « M. Russell, étant mort selon la presse japonaise, n'est pas en mesure de leur accorder d'interview ».
4 - En 1967, à 95 ans, Russell apparaît dans son propre rôle dans le film hindi pacifiste Aman, tourné en Inde : il s'agit de son unique apparition dans un long-métrage.
5 - À 89 ans, en 1961, Russell est brièvement incarcéré à la prison de Brixton pour avoir incité à la désobéissance civile lors d'une manifestation antinucléaire organisée par le Comité des 100.
6 - Cox de l'équipe d'aviron de Trinity College à Cambridge dans les années 1890, Russell pratique alors un sport collectif qui contraste avec la solitude de son enfance et de ses recherches mathématiques ultérieures.
- Métier(s) : philosophe, logicien, mathématicien, essayiste, militant pacifiste
- Résidence principale : Plas Penrhyn, Penrhyndeudraeth, pays de Galles (à partir de 1955)
- Relations de couple : Alys Pearsall Smith (1894-1921), Dora Black (1921-1935), Patricia Spence (1936-1952), Edith Finch (1952-1970)
- Enfants : John Conrad (1921), Katharine Jane (1923), Conrad Sebastian Robert (1937)
- Distinctions : Ordre du mérite (1949), prix Nobel de littérature (1950), Fellow de la Royal Society (1908), Life Fellow de Trinity College (1949)
Je ne mourrais jamais pour mes convictions parce que je pourrais avoir tort.
— Entretien rapporté, vers 1960
L'ennui dans ce monde, c'est que les idiots sont sûrs d'eux et les gens sensés pleins de doutes.
— Essais sceptiques, 1928 (traduit de l'anglais)
Les mathématiques peuvent être définies comme le domaine dans lequel on ne sait jamais de quoi l'on parle, ni si ce que l'on dit est vrai.
— Mysticism and Logic, 1918 (traduit de l'anglais)
Trois passions, simples mais d'une force irrésistible, ont gouverné ma vie : le désir d'aimer, la soif de connaître et une pitié insoutenable pour la souffrance de l'humanité.
— The Autobiography of Bertrand Russell, prologue, 1967 (traduit de l'anglais)
J'adresse de la part des signataires de ce texte un avertissement à tous les gouvernements puissants du monde dans l'espoir fervent qu'ils accepteront d'autoriser leurs citoyens à survivre.
— Conférence de presse de présentation du manifeste Russell-Einstein, Londres, 9 juillet 1955 (traduit de l'anglais)
Aucun événement ne revient.
Les équations n'explosent pas.
La philosophie tire sa valeur de son incertitude même.
Ce que les hommes veulent en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude.
Les hommes naissent ignorants et non stupides. C'est l'éducation qui les rend stupides.
Il vaut mieux viser la perfection et la manquer que viser l'imperfection et l'atteindre.
Le divorce entre l'histoire et la géographie est dû au divorce entre l'espace et le temps.
La plupart des gens préféreraient mourir que de réfléchir. C'est ce qu'ils font d'ailleurs.
Etre capable d'occuper intelligemment ses loisirs, tel est l'ultime produit de la civilisation.
L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes.
Les controverses les plus furieuses ont pour objet des matières où il n’y a aucune sorte de preuve.
L’un des symptômes d’une proche dépression nerveuse est de croire que le travail que l’on fait est terriblement important.
Dans toute discussion, le plus délicat est toujours de faire la différence entre une querelle de mots et une querelle de fond.
L’homme est un animal crédule qui a besoin de croire. En l’absence de raisons valables de croire, il se satisfait de mauvaises.
Les maths peuvent être définies comme la science dans laquelle on ne sait jamais de quoi l’on parle ni si ce que l’on dit est vrai.
Je ne mourrais jamais pour mes convictions parce que je pourrais avoir tort.
— Entretien rapporté, vers 1960
L'ennui dans ce monde, c'est que les idiots sont sûrs d'eux et les gens sensés pleins de doutes.
— Essais sceptiques, 1928 (traduit de l'anglais)
Les mathématiques peuvent être définies comme le domaine dans lequel on ne sait jamais de quoi l'on parle, ni si ce que l'on dit est vrai.
— Mysticism and Logic, 1918 (traduit de l'anglais)
Trois passions, simples mais d'une force irrésistible, ont gouverné ma vie : le désir d'aimer, la soif de connaître et une pitié insoutenable pour la souffrance de l'humanité.
— The Autobiography of Bertrand Russell, prologue, 1967 (traduit de l'anglais)
J'adresse de la part des signataires de ce texte un avertissement à tous les gouvernements puissants du monde dans l'espoir fervent qu'ils accepteront d'autoriser leurs citoyens à survivre.
— Conférence de presse de présentation du manifeste Russell-Einstein, Londres, 9 juillet 1955 (traduit de l'anglais)
Aucun événement ne revient.
Les équations n'explosent pas.
La philosophie tire sa valeur de son incertitude même.
Ce que les hommes veulent en fait, ce n’est pas la connaissance, c’est la certitude.
Les hommes naissent ignorants et non stupides. C'est l'éducation qui les rend stupides.
Il vaut mieux viser la perfection et la manquer que viser l'imperfection et l'atteindre.
Le divorce entre l'histoire et la géographie est dû au divorce entre l'espace et le temps.
La plupart des gens préféreraient mourir que de réfléchir. C'est ce qu'ils font d'ailleurs.
Etre capable d'occuper intelligemment ses loisirs, tel est l'ultime produit de la civilisation.
L’ennui dans ce monde, c’est que les idiots sont sûrs d’eux et les gens sensés pleins de doutes.
Les controverses les plus furieuses ont pour objet des matières où il n’y a aucune sorte de preuve.
L’un des symptômes d’une proche dépression nerveuse est de croire que le travail que l’on fait est terriblement important.
Dans toute discussion, le plus délicat est toujours de faire la différence entre une querelle de mots et une querelle de fond.
L’homme est un animal crédule qui a besoin de croire. En l’absence de raisons valables de croire, il se satisfait de mauvaises.
Les maths peuvent être définies comme la science dans laquelle on ne sait jamais de quoi l’on parle ni si ce que l’on dit est vrai.