Blaise Cendrars

† à 73 ans
Décédé le 21 janvier 1961 Cause de la mort : accident vasculaire cérébral
Naissance :  La Chaux-de-Fonds ,  Suisse  
Nationalité : suisse

Biographie

Poète et romancier d'origine suisse naturalisé français, Blaise Cendrars est l'un des pionniers du modernisme littéraire, ayant capturé l'esprit de l'aventure et de la vitesse du XXe siècle. Sa vie de bourlingueur, marquée par la perte de son bras droit, a forgé une œuvre radicale et novatrice.


Parcours

Frédéric-Louis Sauser naît à La Chaux-de-Fonds dans une famille bourgeoise. Après une adolescence rebelle, il s'enfuit à l'âge de seize ans vers la Russie, un voyage fondateur qui nourrit son imaginaire et sa soif d'ailleurs. Il séjourne à Saint-Pétersbourg où il commence à écrire, avant de regagner la Suisse pour étudier brièvement la médecine et la philosophie. En 1912, il s'installe à New York où il rédige son premier poème majeur, Les Pâques à New York, sous le pseudonyme de Blaise Cendrars. Ce texte révolutionnaire marque la naissance de la poésie moderne par son rythme syncopé et son réalisme urbain. De retour à Paris, il collabore avec les artistes de l'avant-garde, notamment les peintres Robert et Sonia Delaunay pour l'édition de La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, premier livre simultané. Son engagement volontaire dans la Légion étrangère en 1914 interrompt ses recherches esthétiques et modifie radicalement son destin physique et littéraire.

Grièvement blessé lors des combats en Champagne en 1915, il subit l'amputation de son bras droit, ce qui l'oblige à réapprendre à écrire de la main gauche. Ce traumatisme devient le moteur d'une productivité renouvelée : il se tourne vers le cinéma, travaillant avec Abel Gance, et voyage intensivement au Brésil. Sa carrière de romancier explose avec L'Or en 1925, suivi de Moravagine, œuvre sombre et hallucinée. Grand reporter, il parcourt le monde et livre des récits d'aventures où la fiction se mêle à la réalité. Durant la Seconde Guerre mondiale, il se retire à Aix-en-Provence avant de livrer son cycle autobiographique majeur comprenant L'Homme foudroyé et La Main coupée. Sa langue, directe et visuelle, anticipe le style cinématographique et influence durablement la littérature mondiale. Honoré par le Grand Prix littéraire de la Ville de Paris peu avant sa mort, il reste la figure de proue de l'écrivain-aventurier, dont la vie et l'œuvre sont indissociables.


Repères chronologiques

1887 : Naissance le 1er septembre à La Chaux-de-Fonds, en Suisse.
1904 : Départ pour la Russie et séjour formateur à Saint-Pétersbourg.
1912 : Publication de Les Pâques à New York aux Éditions des Hommes nouveaux.
1913 : Parution de La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France.
1914 : Engagement volontaire dans la Légion étrangère dès le début du conflit.
1915 : Amputation du bras droit à la suite de la bataille de la ferme de Navarin.
1916 : Naturalisation française obtenue pour faits de guerre.
1925 : Succès international du roman L'Or, récit de la ruine de Johann Sutter.
1926 : Publication de Moravagine, roman de la folie et de l'errance.
1945 : Parution de L'Homme foudroyé, premier volet de ses mémoires.
1946 : Sortie de La Main coupée, récit de son expérience de la guerre.
1961 : Réception du Grand Prix littéraire de la Ville de Paris.
1961 : Décès le 21 janvier à son domicile parisien.


Vie personnelle et engagements

Blaise Cendrars est le fils de Georges-Frédéric Sauser, commerçant, et de Marie-Louise Dorner. Il se marie en 1914 avec Félicie Poznańska, une jeune étudiante polonaise rencontrée à New York, avec qui il a trois enfants : Odilon, Rémy et Miriam. Son fils Rémy meurt au combat en 1945, un drame qui marque profondément ses dernières années. Après une longue séparation de fait avec Félicie, il partage la fin de sa vie avec la comédienne Raymone Duchâteau, qu'il épouse officiellement en 1949. Sa fille Miriam Cendrars deviendra plus tard la biographe attitrée de son père, œuvrant pour la reconnaissance de son fonds documentaire.

Sur le plan social, Cendrars est au cœur de la bohème artistique parisienne, comptant parmi ses amis intimes Guillaume Apollinaire, Fernand Léger et Amedeo Modigliani. Son engagement auprès de la Légion étrangère témoigne de son attachement viscéral à la France, pays qu'il a choisi par les armes. Il refuse toute étiquette politique stricte, se définissant comme un esprit libre et réfractaire aux académismes. Passionné par les cultures extra-européennes, il compile L'Anthologie nègre en 1921, l'un des premiers ouvrages à valoriser les traditions orales africaines. Ses mentors littéraires incluent Remy de Gourmont et les grands explorateurs du XIXe siècle, dont il partageait le goût pour l'observation factuelle et le détail technique.


Contexte du décès

Blaise Cendrars décède à Paris des suites d'une attaque d'hémiplégie aggravée par une insuffisance cardiaque chronique, pathologie qui le minait depuis plusieurs mois. Ses obsèques sont célébrées à l'église Saint-Roch, paroisse des artistes, en présence d'une foule composée d'écrivains, de vétérans de la Légion et d'artistes. André Malraux, alors ministre de la Culture, a salué la mémoire d'un homme qui "avait épousé son temps avec une fureur magnifique". Bien qu'il ait été initialement inhumé au cimetière des Batignolles à Paris, sa dépouille a été transférée en 1994 au cimetière du Tremblay-sur-Mauldre, dans les Yvelines, conformément à ses attaches campagnardes de fin de vie.


Lieux de mémoire

Sa sépulture se trouve au cimetière du Tremblay-sur-Mauldre. La ville de La Chaux-de-Fonds abrite un espace muséographique dédié à sa mémoire au sein de la Bibliothèque de la ville, qui conserve son fonds d'archives. À Paris, une plaque commémorative est visible sur l'immeuble du 5 rue José-Maria-de-Heredia, son dernier domicile. La rue Blaise-Cendrars, dans le quartier de la gare Montparnasse, rappelle son attachement au monde ferroviaire.


Anecdotes

1 - Blaise Cendrars affirmait avoir voyagé dans le Transsibérien dès 1905, mais les historiens ont établi qu'il avait largement fantasmé ce périple, prouvant que son génie résidait dans sa capacité à transmuter le mensonge en vérité poétique.
2 - Pour compenser la perte de son bras droit, il a développé une technique d'écriture à la main gauche extrêmement rapide et élégante, tout en utilisant une machine à écrire spécialement adaptée pour ses travaux de reportage.
3 - Il fut l'un des premiers écrivains à s'intéresser au potentiel narratif du jazz et de la radio, collaborant à des émissions expérimentales dès les années 1930 pour diffuser la poésie auprès d'un public non lecteur.
4 - Lors de ses séjours au Brésil, il s'est lié d'amitié avec les planteurs de café et les modernistes de São Paulo, influençant durablement le mouvement anthropophage qui cherchait à créer une culture brésilienne authentique.


Points clés

- Métier(s) : Écrivain, poète, reporter.
- Résidence principale : Paris et Aix-en-Provence, France.
- Relations de couple : Félicie Poznańska (1ère épouse), Raymone Duchâteau (2ème épouse).
- Enfants : Odilon, Rémy, Miriam.
- Distinctions : Commandeur de la Légion d'honneur, Grand Prix littéraire de la Ville de Paris.

Citations

Quand on aime il faut partir.
La folie est le propre de l'homme.
Le seul fait d'exister est un véritable bonheur.
Ecrire, ce n'est pas vivre. C'est peut-être survivre.
L'univers est une digestion. Vivre est une action magique.
Je ne trempe pas ma plume dans un encrier mais dans la vie.
Pour être désespéré, il faut avoir vécu et aimer encore le monde.
Rien n'est admissible ; sauf la vie, à condition de la réinventer chaque jour.
Ecrire est une vue de l'esprit. C'est un travail ingrat qui mène à la solitude.
C'est dans ce que les hommes ont de plus commun qu'ils se différencient le plus.
Vivez, ah ! Vivez donc, et qu'importe la suite ! N'ayez pas de remords. Vous n'êtes pas Juge.
Le métier d'homme de guerre est une chose abominable et pleine de cicatrices, comme la poésie.
Ici, à Rio, la Noël tombe en plein été austral et le simple fait d'exister est un véritable bonheur.
La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.
Quand on aime il faut partir.
La folie est le propre de l'homme.
Le seul fait d'exister est un véritable bonheur.
Ecrire, ce n'est pas vivre. C'est peut-être survivre.
L'univers est une digestion. Vivre est une action magique.
Je ne trempe pas ma plume dans un encrier mais dans la vie.
Pour être désespéré, il faut avoir vécu et aimer encore le monde.
Rien n'est admissible ; sauf la vie, à condition de la réinventer chaque jour.
Ecrire est une vue de l'esprit. C'est un travail ingrat qui mène à la solitude.
C'est dans ce que les hommes ont de plus commun qu'ils se différencient le plus.
Vivez, ah ! Vivez donc, et qu'importe la suite ! N'ayez pas de remords. Vous n'êtes pas Juge.
Le métier d'homme de guerre est une chose abominable et pleine de cicatrices, comme la poésie.
Ici, à Rio, la Noël tombe en plein été austral et le simple fait d'exister est un véritable bonheur.
La sérénité ne peut être atteinte que par un esprit désespéré et, pour être désespéré, il faut avoir beaucoup vécu et aimer encore le monde.

Autres poètes nés dans les années 1880

Questions autour de Blaise Cendrars

Qui est né le même jour que Blaise Cendrars ?
Johann Pachelbel, Jeon Jungkook, Alain Ayache, Lââm et Cris Campion sont nés le 1 septembre comme Blaise Cendrars.
À quel âge est mort Blaise Cendrars ?
Blaise Cendrars est mort à 73 ans, le 21 janvier 1961.
Qui est mort le même jour que Blaise Cendrars ?
Jacques Martin (auteur), Louis XVI, Terry Jones, Jean Graton et Emiliano Sala sont morts le 21 janvier comme Blaise Cendrars.
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