Charles Baudelaire, né le 9 avril 1821 à Paris et mort dans la même ville le 31 août 1867, est un poète français.
« Dante d'une époque déchue » selon les mots de Barbey d'Aurevilly, « tourné vers le classicisme, nourri de romantisme », à la croisée entre le Parnasse et le symbolisme, chantre de la « modernité », il occupe une place considérable parmi les poètes français pour un recueil qu'il aura façonné sa vie durant : Les Fleurs du mal, mais aussi pour sa poésie en prose, réunie dans Le Spleen de Paris.
Au cœur des débats sur la fonction de la littérature de son époque, Baudelaire détache la poésie de la morale, la proclame tout entière destinée au Beau et non à la Vérité, et laisse le souvenir d'un poète déchiré entre le Ciel et la Terre, entre l'Idéal et la fange, cherchant à faire du Mal un objet de contemplation esthétique (« Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or »). Comme le suggère le titre de son recueil, il a tenté de tisser des liens entre le mal et la beauté, le bonheur fugitif et l'idéal inaccessible (À une Passante), la violence et la volupté (Une martyre), mais aussi entre le poète et son lecteur (« Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ») et même entre les artistes à travers les âges (Les Phares). Outre des poèmes graves (Semper Eadem) ou scandaleux (Delphine et Hippolyte), il a exprimé la mélancolie (Mœsta et errabunda), l'horreur (Une charogne) et l'envie d'ailleurs (L'Invitation au voyage) à travers l'exotisme.
Il est aussi un important critique d'art, notamment à travers la rédaction des Salons, où il prend la défense d'Eugène Delacroix. Il contribue par ailleurs à théoriser le dandysme et défend la musique de Richard Wagner. Peu reconnu de son vivant et condamné avec son éditeur pour outrage à la morale publique suite à la publication des Fleurs du mal, il est en revanche lu et admiré par des générations de poètes après sa mort, et exerce par conséquent une influence considérable sur la poésie française à partir de la fin du XIXe siècle.
C'est le propre des oeuvres vraiment artistiques, d'être une source inépuisable de suggestions.
Pour taper sur le ventre d'un colosse, il faut pouvoir s'y hausser.
Le bercement des nourrices, les câlineries maternelles, les chatteries des soeurs, transforment pour ainsi dire, en la pétrissant, la pâte masculine.
Celui-là seul est l'égal d'un autre, qui le prouve, et celui-là seul est digne de la liberté, qui sait la conquérir.
Les vrais voyageurs sont ceux-là qui partent pour partir.
C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
C'est le soir qui soulage les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s'alourdit, et l'ouvrier courbé qui regagne son lit.
Toute littérature dérive du péché.
La seule manière de gagner de l'argent est de travailler d'une manière désintéressée.