Charles Fiterman, né à Saint-Étienne, a été l’un des rares ministres communistes de la gauche au pouvoir sous François Mitterrand. Charles Fiterman a marqué la politique des transports, de la LOTI au retour du tramway, tout en gardant un ancrage local à Tavernes.
Né le 28 décembre 1933 à Saint-Étienne (Loire), Charles Fiterman est formé comme électricien et travaille notamment à l’usine Schneider. Il adhère au Parti communiste français (PCF) en 1951 et devient progressivement un cadre national : en avril 1965, il est nommé secrétaire de Waldeck Rochet, puis occupe des responsabilités auprès de Georges Marchais. Cette trajectoire le place au cœur de la stratégie du PCF durant les années 1960 et 1970, tout en s’appuyant sur une implantation d’élu. Il entre au conseil municipal de Tavernes en 1973 et est élu conseiller général du canton de Villejuif de 1973 à 1979. À l’Assemblée nationale, il représente le Val-de-Marne comme député de 1978 à 1981, avant d’être élu député du Rhône à la proportionnelle de 1986 à 1988. Après la présidentielle de 1981, il fait partie des personnalités communistes appelées au gouvernement de Pierre Mauroy.
Ministre d’État, ministre des Transports du 23 juin 1981 au 17 juillet 1984, il accompagne des réformes structurantes : la loi d’orientation des transports intérieurs (LOTI) est promulguée le 30 décembre 1982 et le TGV Paris–Lyon entre en service en septembre 1981. Son passage rue de Grenelle est aussi associé au retour du tramway et à des mesures en faveur des transports collectifs en Île-de-France. Après son retour au Parlement, il s’engage durablement dans le Var : il est maire de Tavernes de 1989 à 2001 puis premier adjoint de 2001 à 2014, tout en restant conseiller municipal jusqu’en 2014. Il quitte le PCF en 1994, participe à la Convention pour une alternative progressiste (CAP), puis rejoint le Parti socialiste en 1998, qu’il quitte fin 2017. Nommé au Conseil économique, social et environnemental en 1999, il y exerce deux mandats jusqu’en 2009 et publie en 2005 Profession de foi. Pour l'honneur de la politique.
1933 : naissance à Saint-Étienne (Loire)
1951 : adhésion au Parti communiste français
1965 : secrétaire de Waldeck Rochet (PCF)
1973 : entrée au conseil municipal de Tavernes ; élu conseiller général du canton de Villejuif
1978 : élu député du Val-de-Marne
1981 : nommé ministre d’État, ministre des Transports (23 juin)
1982 : promulgation de la loi LOTI (30 décembre)
1984 : quitte le gouvernement (17 juillet)
1986 : élu député du Rhône (proportionnelle)
1989 : élu maire de Tavernes (19 mars)
1994 : quitte le PCF
1999 : nommé au Conseil économique, social et environnemental
2005 : publication de Profession de foi. Pour l'honneur de la politique
2009 : fin de mandat au Conseil économique, social et environnemental
2017 : quitte le Parti socialiste (fin décembre)
Issu d’une famille de juifs polonais, Charles Fiterman naît sous le nom de Chilek Fiterman. Son père, Moszek Berko Fiterman (dit Maurice), est déporté et meurt à Auschwitz en mai 1944. À partir de 1942, l’enfant est mis à l’abri chez des paysans à Marlhes, dans le massif du Pilat. Ces années de clandestinité et la disparition de son père constituent un repère durable de sa biographie publique. Sa mère, Laja (ou Laya) Rozenblum, élève ensuite ses enfants et la famille reste liée à Saint-Étienne. Après la guerre, il obtient un CAP d’électricien, puis s’engage dans la vie politique et syndicale au sein du mouvement communiste.
Il épouse Jeannine Poinas le 23 mai 1953 à Saint-Étienne. Son parcours public met surtout en avant la continuité d’un engagement à gauche, depuis le PCF jusqu’à son adhésion au Parti socialiste en 1998, avant son départ fin 2017. Dans les années 2000, il intervient aussi dans le débat public par ses travaux au Conseil économique, social et environnemental et par la publication de Profession de foi. Pour l'honneur de la politique en 2005, et conserve une visibilité locale. Il est promu officier de la Légion d’honneur par décret du 8 avril 1998.
Ses repères publics se répartissent entre Saint-Étienne, où il est né, l’Île-de-France liée à ses mandats de Villejuif et à son passage au ministère, et Tavernes (Var), commune dont il a été maire. À Tavernes, la mairie, le centre-bourg et les événements municipaux ou associatifs constituent les points de contact les plus réguliers. Ses interventions publiques ont aussi été associées à Marlhes (Loire), lieu de mémoire de la période 1942-1945.
1 - Entre 1942 et 1945, il est caché enfant à Marlhes, dans le parc du Pilat, après la dispersion de sa famille pendant l’Occupation. Ce refuge, souvent évoqué dans ses entretiens, a conditionné sa mémoire publique.
2 - Le 9 septembre 1989, il est victime d’un accident de voiture sur le boulevard périphérique parisien, en revenant de la Fête de l’Humanité à La Courneuve, avec son épouse. Il est hospitalisé après une fracture du fémur.
3 - Le 30 décembre 1982, la loi d’orientation des transports intérieurs (LOTI) est promulguée pendant son passage au ministère des Transports. Le texte fixe un cadre durable, notamment pour les transports collectifs, et reste une référence législative.
4 - En 2005, il publie Profession de foi. Pour l'honneur de la politique, ouvrage de bilan politique où il revient sur son itinéraire et sur les impasses du communisme au XXe siècle.
- Métier(s) : homme politique ; ancien ministre ; ancien député ; élu local
- Résidence principale : Val-de-Marne puis Rhône (résidences publiques mentionnées)
- Relations : marié à Jeannine Poinas (mariage le 23 mai 1953)
- Enfants : -
- Distinctions : officier de la Légion d’honneur (décret du 8 avril 1998)