Résumé biographique
Charles Garnier, architecte français né le 6 novembre 1825 à Paris et décédé le 3 août 1898 à Paris, est l’un des maîtres de l’architecture du Second Empire. Il est surtout reconnu pour avoir conçu le palais de l’Palais Garnier à Paris, chef-d’œuvre du style « Napoléon III » mêlant architecture monumentale, sculpture et décor.
Parcours
Jean-Louis Charles Garnier naît à Paris dans une famille d’artisans : son père est forgeron, puis carrossier, et sa mère d’origine modeste. Il entre jeune à l’école de dessin rue de l’École-de-Médecine, puis, dès 1842, à l’École nationale supérieure des beaux‑arts de Paris. Il remporte le premier grand prix de Rome d’architecture en 1848, ce qui lui donne droit à un séjour d’études en Italie puis en Grèce, où il visite notamment Egine, Rome et Constantinople. Ces voyages marquent son goût pour la polychromie, la sculpture et l’intégration des arts décoratifs dans l’architecture.
De retour à Paris, il est nommé architecte de la ville et participe à plusieurs concours. En 1861, il remporte le concours pour le nouvel opéra de Paris. Le chantier, démarré la même année, est complexe (fondations sur nappe phréatique, interruptions pendant la guerre de 1870), mais il aboutit à l’inauguration du Palais Garnier en 1875. À partir de là, Garnier enchaîne les réalisations : casino de Monte-Carlo, observatoire de Nice, nombreuses villas sur la Riviera italienne, immeubles parisiens. Son style, mêlant néo-baroque, éclectisme et intégration du décor sculpté, devient emblématique du Grand siècle de l’architecture française.
Repères de carrière
1848 : obtention du premier Grand Prix de Rome d’architecture.
1861 : victoire au concours pour le nouvel opéra de Paris.
1875 : inauguration du Palais Garnier à Paris.
1879 : achèvement de la salle de concert du casino de Monte-Carlo.
1887 : achèvement de l’Observatoire de Nice, chantier majeur en collaboration avec Gustave Eiffel.
1895 : promu grand officier de la Légion d’honneur.
Vie personnelle et engagements
Charles Garnier épouse Louise Bary le 6 janvier 1858. Le couple a deux enfants : Daniel, né en 1862 et décédé en 1864, puis Christian « Nino », né en 1872 et décédé l’année de son père. Garnier possède une villa à Bordighera (Italie) dite « Villa Garnier », où il passe les hivers à partir de 1873. Ce séjour italien témoigne de son goût pour le climat méditerranéen et l’architecture de villégiature.
Au titre de ses engagements, il est élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1874 et exerce des fonctions honorifiques (architecte-conseil pour l’Exposition de 1889). Il publie également des causeries et essais sur l’architecture (« À travers les arts », « Le Théâtre ») et s’intéresse aux enjeux de l’habitation humaine, de l’urbanisme et de la sculpture décorative.
Lieu de mémoire
Charles Garnier est inhumé au cimetière du Montparnasse à Paris. Le monument funéraire porte son nom sur une place attenante au Palais Garnier, la « place Charles-Garnier », en hommage à son œuvre. Son nom demeure attaché à l’Opéra et à de nombreux bâtiments qu’il a conçus.
Anecdotes
1 – Lors d’un voyage d’études en Grèce, il réalise un relevé du temple d’Aphaïa à Égine (1852) et s’intéresse particulièrement à la lumière et à la polychromie.
2 – À l’inauguration de son opéra en 1875, l’impératrice Eugénie lui aurait demandé : « Mais quel style est-ce ? » et il aurait répondu : « C’est du Napoléon III, madame, et vous vous plaignez ! »
3 – Le terrain marécageux du nouveau Palais nécessita une fondation spéciale : Garnier prévoit une « nappe d’eau » sous les fondations pour alléger les vibrations de l’orchestre et du public.
Points clés
- Métier(s) : architecte
- Résidence principale : Paris (France) et Bordighera (Italie)
- Relations : Louise Bary (épouse depuis 1858)
- Enfants : Daniel (1862-1864), Christian « Nino » (1872-1898)
- Distinctions : Grand Prix de Rome 1848, membre de l’Académie des beaux-arts (1874), grand officier de la Légion d’honneur (1895)