Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

1754–1838 · † à 84 ans
Naissance
Décès
17 mai 1838
gangrène
Nationalité
Astrologie

Biographie

Diplomate et homme d'État français, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est né le 2 février 1754 à Paris et mort le 17 mai 1838 dans la même ville. Évêque d'Autun devenu ministre des Relations extérieures sous Napoléon, il représente Louis XVIII au congrès de Vienne (1814-1815).


Parcours

Issu d'une famille de la noblesse de robe, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est destiné à l'Église après qu'une infirmité au pied l'écarte de la carrière militaire. Élève du collège d'Harcourt puis du séminaire de Saint-Sulpice, il obtient son diplôme de théologie à la Sorbonne en 1778 et est ordonné prêtre en 1779. Son oncle Alexandre-Angélique de Talleyrand-Périgord, archevêque de Reims, le nomme aussitôt vicaire général. Agent général du clergé en 1780, il devient évêque d'Autun en 1789 sur intervention de son père auprès de Louis XVI. Élu député du clergé aux États généraux la même année, il propose le 10 octobre 1789 la nationalisation des biens du clergé pour combler le déficit des finances publiques. Cette initiative entraîne son excommunication par le pape Pie VI. Président de l'Assemblée nationale constituante en 1790, il célèbre la messe de la Fête de la Fédération au Champ-de-Mars.

Émigré en Angleterre puis aux États-Unis pendant la Terreur, il revient à Paris en 1796 et devient ministre des Relations extérieures sous le Directoire en juillet 1797. Acteur du coup d'État du 18 Brumaire aux côtés de Napoléon Bonaparte, il conserve son portefeuille sous le Consulat et l'Empire. Fait prince souverain de Bénévent par Napoléon le 5 juin 1806, il s'oppose ensuite à la politique impériale et démissionne en 1807. Président du gouvernement provisoire en avril 1814, il négocie le retour des Bourbons et représente la France au congrès de Vienne, où il s'allie au chancelier autrichien Klemens von Metternich et au britannique Robert Stewart Castlereagh pour signer le 3 janvier 1815 un traité secret avec l'Autriche et le Royaume-Uni contrant la Russie et la Prusse. Pair de France sous Louis XVIII, il est nommé ambassadeur à Londres par Louis-Philippe en 1830 et participe aux négociations sur l'indépendance de la Belgique.


Controverse

Talleyrand est associé à l'enlèvement et à l'exécution du duc d'Enghien le 21 mars 1804, prince de la maison de Condé fusillé dans les fossés du château de Vincennes sur ordre de Napoléon. Plusieurs historiens, dont Emmanuel de Waresquiel, documentent son rôle dans la préparation diplomatique de l'opération, bien que Talleyrand ait affirmé dans ses Mémoires s'y être opposé et ait fait disparaître une partie de sa correspondance sur le sujet. Ses prises de pots-de-vin auprès de puissances étrangères pendant son ministère des Relations extérieures sont également attestées par les historiens, notamment dans l'affaire dite XYZ avec les États-Unis en 1797.


Repères chronologiques

1754 : naissance à Paris le 2 février, rue Garancière
1770 : entrée au séminaire de Saint-Sulpice
1779 : ordination sacerdotale en décembre
1789 : sacré évêque d'Autun le 4 janvier, élu député du clergé aux États généraux
1791 : excommunication par le pape Pie VI
1794-1796 : exil aux États-Unis
1797 : ministre des Relations extérieures du Directoire le 11 juillet
1802 : mariage civil avec Catherine Worlée le 10 septembre
1806 : fait prince souverain de Bénévent par Napoléon le 5 juin
1807 : démission de son ministère
1814 : président du gouvernement provisoire, ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII
1814-1815 : représente la France au congrès de Vienne
1830 : nommé ambassadeur à Londres par Louis-Philippe
1834 : retrait de la vie publique
1838 : mort à Paris le 17 mai dans son hôtel de la rue Saint-Florentin


Vie personnelle et engagements

Fils aîné de Charles-Daniel de Talleyrand-Périgord, lieutenant général, et d'Alexandrine de Damas d'Antigny, dame d'honneur de la dauphine Marie-Josèphe de Saxe, Charles-Maurice naît au domicile parental du 4 rue Garancière à Paris. Confié dès la naissance à une nourrice du faubourg Saint-Jacques, il est ensuite élevé chez sa grand-mère paternelle au château de Chalais en Charente. Frère cadet d'un aîné mort en bas âge, il a deux frères puînés, Archambaud et Boson. Il épouse civilement le 10 septembre 1802 à Paris Catherine Worlée, dite Madame Grand, ancienne courtisane née aux Indes danoises et divorcée de George Grand, officier de la Compagnie britannique des Indes orientales.

Le couple élève Charlotte, née vers 1799, jamais reconnue mais placée sous la tutelle officieuse de Talleyrand le 6 octobre 1807 et mariée à un cousin du prince. À partir du congrès de Vienne, il s'attache à sa nièce par alliance Dorothée de Courlande, duchesse de Dino, épouse de son neveu Edmond, dont il est séparé à compter de 1815. Les contemporains lui attribuent également la paternité de Charles de Flahaut, né le 21 avril 1785 de sa liaison avec Adélaïde Filleul. Proche de Pierre-Paul Royer-Collard, voisin à Valençay, et lié à Mathieu Molé, il achète en 1803 le château de Valençay sur l'invitation et avec l'aide financière de Bonaparte.


Contexte du décès

Talleyrand meurt à Paris le 17 mai 1838 dans son hôtel particulier de la rue Saint-Florentin, à l'âge de 84 ans. L'abbé Félix Dupanloup, dépêché par Mgr de Quelen, archevêque de Paris, lui fait signer le matin même une déclaration de rétractation et une lettre au pape Grégoire XVI mettant fin à son contentieux avec l'Église, condition de l'extrême-onction qu'il reçoit dans la matinée. Le roi Louis-Philippe se rend à son chevet quelques heures avant sa mort, accompagné de sa fille Madame Adélaïde, geste contraire à l'étiquette de cour. Des funérailles officielles et religieuses sont célébrées le 22 mai 1838 en l'église Notre-Dame-de-l'Assomption à Paris.


Lieux de mémoire

Inhumé provisoirement dans le caveau de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption à Paris, sa dépouille est transférée trois mois plus tard au château de Valençay dans l'Indre. Sa sépulture définitive se trouve dans la chapelle Notre-Dame, attenante au domaine. Son hôtel parisien de la rue Saint-Florentin, où il est mort, abrite aujourd'hui une partie de l'ambassade des États-Unis en France.


Anecdotes

1 - Sa table parisienne et celle de Valençay sont confiées au pâtissier et cuisinier Marie-Antoine Carême, attaché à son service à partir de 1804. Carême y compose les fameuses pièces montées et fait de la cuisine de Talleyrand un instrument diplomatique au congrès de Vienne.
2 - Talleyrand consacrait chaque matin une heure à composer le menu du dîner avec son chef, servi à 18 heures précises. Cette pratique quotidienne, attestée par les souvenirs de Dorothée de Dino, faisait de la conversation gastronomique un préalable à la diplomatie.
3 - Lors de la signature de l'Acte final du congrès de Vienne le 9 juin 1815, il fit ajouter dans le traité un article interdisant la traite des Noirs, en échange du soutien britannique au maintien du royaume de Saxe et à la participation française aux négociations.
4 - De 1808 à 1814, sur ordre de Napoléon, Talleyrand héberge les infants d'Espagne au château de Valençay, dont le futur Ferdinand VII, prisonniers politiques traités avec égards pendant sept ans.
5 - En 1815, Louis XVIII lui attribue le titre de prince de Talleyrand le 4 juin, peu avant son départ pour Vienne, afin de renforcer son poids protocolaire face à Klemens von Metternich et au tsar Alexandre Ier.
6 - Surnommé le « diable boiteux » en raison de son infirmité au pied et de sa capacité à traverser les régimes, Talleyrand assista aux couronnements de Louis XVI en 1775, de Napoléon Ier en 1804 et de Charles X en 1825.


Points clés

- Métier(s) : diplomate, homme d'État, ministre des Affaires étrangères, ambassadeur, ancien évêque
- Résidence principale : Paris, hôtel de la rue Saint-Florentin et château de Valençay
- Relations de couple : Catherine Worlée (épouse, 1802-1838), Dorothée de Courlande, duchesse de Dino (compagne, 1815-1838)
- Enfants : Charlotte de Talleyrand-Périgord (jamais officiellement reconnue) ; paternité attribuée à Charles de Flahaut et à Pauline de Talleyrand-Périgord
- Distinctions : prince souverain de Bénévent (1806), pair de France (1814), prince de Talleyrand (1815), duc de Dino (1817), grand chambellan de France

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Autres présidents du conseil des ministres français

Citations

« Tout ce qui est excessif est insignifiant. »

— Mémoires du prince de Talleyrand, publiés en 1891

« La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée. »

— Mémoires du prince de Talleyrand, publiés en 1891

« Si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant. »

— Lettre au prince de Hardenberg, 6 octobre 1814

« Ne dites jamais de mal de vous ; vos amis en diront toujours assez. »

— Mémoires du prince de Talleyrand, publiés en 1891

« Ne suivez jamais votre premier mouvement, il est toujours généreux. »

— Recommandation rapportée aux jeunes secrétaires d'ambassade, citée dans L'esprit de M. de Talleyrand, Louis Thomas (1909)

« Les femmes pardonnent parfois à celui qui brusque l'occasion, mais jamais à celui qui la manque. »

— Mémoires du prince de Talleyrand, publiés en 1891

« Tout ce qui est excessif est insignifiant. »

— Mémoires du prince de Talleyrand, publiés en 1891

« La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée. »

— Mémoires du prince de Talleyrand, publiés en 1891

« Si cela va sans dire, cela ira encore mieux en le disant. »

— Lettre au prince de Hardenberg, 6 octobre 1814

« Ne dites jamais de mal de vous ; vos amis en diront toujours assez. »

— Mémoires du prince de Talleyrand, publiés en 1891

« Ne suivez jamais votre premier mouvement, il est toujours généreux. »

— Recommandation rapportée aux jeunes secrétaires d'ambassade, citée dans L'esprit de M. de Talleyrand, Louis Thomas (1909)

« Les femmes pardonnent parfois à celui qui brusque l'occasion, mais jamais à celui qui la manque. »

— Mémoires du prince de Talleyrand, publiés en 1891

Questions autour de Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Quel rôle Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord a-t-il joué au congrès de Vienne ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord représente la France au congrès de Vienne de 1814 à 1815, où il s'allie avec l'Autriche et le Royaume-Uni pour faire entendre la voix d'une France vaincue parmi les puissances victorieuses.
Pourquoi Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord a-t-il été surnommé le diable boiteux ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est surnommé le diable boiteux en raison d'une infirmité au pied qui le faisait boiter et de sa capacité à servir successivement Louis XVI, le Directoire, Napoléon, Louis XVIII et Louis-Philippe.
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord était-il marié ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord épouse civilement Catherine Worlée, dite Madame Grand, le 10 septembre 1802 à Paris. Le couple se sépare de fait à partir de 1815.
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord a-t-il eu des enfants ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord élève Charlotte, présumée sa fille, sans la reconnaître officiellement. La paternité de Charles de Flahaut et de Pauline de Talleyrand-Périgord lui est également attribuée par les biographes.
Pourquoi Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord a-t-il été excommunié ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est excommunié par le pape Pie VI après avoir proposé en octobre 1789 la nationalisation des biens du clergé et avoir sacré des évêques constitutionnels.
De quoi est mort Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord meurt le 17 mai 1838 à Paris, à l'âge de 84 ans, dans son hôtel de la rue Saint-Florentin. La cause médicale précise de son décès n'est pas documentée dans les sources publiques disponibles.
Où est enterré Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est inhumé dans la chapelle Notre-Dame attenante au château de Valençay, dans l'Indre, après une inhumation provisoire de trois mois à l'église Notre-Dame-de-l'Assomption à Paris.
Qui est né le même jour que Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord ?
Jérôme Anger, Alexandre Ledru-Rollin, Gemma Arterton, Gerard Piqué et Knuckles sont nés le 2 février comme Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.
À quel âge est mort Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord ?
Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord est mort à 84 ans, le 17 mai 1838.
Qui est mort le même jour que Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord ?
Donna Summer, Félix Éboué, Werenoi, Joseph Fourier et Sandro Botticelli sont morts le 17 mai comme Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.
Quels responsables politiques sont nés à Paris comme Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord ?
Quels responsables politiques français sont du signe Verseau comme Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord ?
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