Écrivain et homme d'État français du Grand Siècle, Charles Perrault est né le 12 janvier 1628 à Paris et mort dans la même ville le 16 mai 1703. Membre de l'Académie française, collaborateur de Jean-Baptiste Colbert et chef de file des Modernes, il a fixé par écrit les Contes de ma mère l'Oye en 1697.
Charles Perrault fait ses études au collège de Beauvais à Paris, obtient sa licence en droit et est reçu avocat au barreau de Paris en 1651. Il abandonne rapidement le palais pour devenir commis de son frère Pierre Perrault, receveur général des finances de Paris. En 1663, il entre au service de Jean-Baptiste Colbert comme secrétaire de la Petite Académie, future Académie des inscriptions et belles-lettres. Pendant vingt ans, il dirige avec Jean Chapelain la politique artistique et littéraire de Louis XIV, supervise les chantiers royaux du Louvre et de Versailles, et confie à son frère Claude Perrault la conception de la colonnade orientale du Louvre. Nommé contrôleur général de la Surintendance des Bâtiments du roi en 1672, il est élu à l'Académie française le 23 novembre 1671, où il introduit la tradition du discours de réception et accélère le travail du dictionnaire.
La mort de Colbert en 1683 met fin à son influence officielle : Louvois lui retire ses charges et le raye des pensions. Perrault se consacre alors à l'écriture. Le 27 janvier 1687, sa lecture du poème Le Siècle de Louis le Grand à l'Académie déclenche la Querelle des Anciens et des Modernes, longue polémique qui l'oppose à Nicolas Boileau, Jean Racine et Jean de La Fontaine. Il développe ses thèses dans Parallèle des Anciens et des Modernes, publié en quatre volumes entre 1688 et 1697. En 1694, il publie le conte en vers Peau d'âne, puis fait paraître La Belle au bois dormant dans le Mercure galant en 1696. Le recueil Histoires ou Contes du temps passé, avec des moralités, dit Contes de ma mère l'Oye, paraît en 1697 sous le nom de son fils Pierre Darmancour. Il termine en 1701 Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, recueil de cent deux biographies.
En 1697, peu après la parution des Contes, Pierre Perrault Darmancour, fils cadet de Charles, alors âgé de dix-neuf ans, blesse mortellement à l'épée Guillaume Caulle, jeune charpentier voisin de dix-sept ans. Il est conduit à la prison du Petit Châtelet. Charles Perrault, tuteur de son fils mineur, conclut un accord à l'amiable sous seing privé avec Marie Fourré, mère de la victime, et lui verse 2 000 livres en dédommagement le 18 novembre 1697. Pierre échappe à un procès grâce à l'intervention paternelle et aux protections de la famille, mais doit s'enrôler dans le régiment du Dauphin. Cet épisode ternit durablement la fin de vie de l'académicien et alimente le débat sur la paternité réelle des Contes.
1628 : naissance à Paris le 12 janvier, baptême le lendemain à Saint-Étienne-du-Mont
1651 : reçu avocat au barreau de Paris
1653 : publie avec ses frères Les Murs de Troie ou l'Origine du burlesque
1663 : devient secrétaire de la Petite Académie sous la protection de Colbert
1668 : conçoit le programme iconographique du bosquet du Labyrinthe à Versailles
1671 : élu à l'Académie française le 23 novembre
1672 : épouse Marie Guichon ; nommé contrôleur général des Bâtiments du roi
1678 : naissance de son fils Pierre Darmancour ; mort de son épouse Marie Guichon
1683 : disgrâce après la mort de Colbert, écarté par Louvois
1687 : lecture du Siècle de Louis le Grand le 27 janvier, début de la Querelle des Anciens et des Modernes
1694 : publication de Peau d'âne ; réconciliation officielle avec Boileau
1697 : parution des Histoires ou Contes du temps passé ; affaire Caulle
1700 : mort de Pierre Darmancour aux armées
1701 : achèvement des Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle
1703 : mort à Paris le 16 mai, inhumation le lendemain à Saint-Benoît-le-Bétourné
Charles Perrault naît dans une famille de la bourgeoisie tourangelle installée à Paris, marquée par le jansénisme. Son père Pierre Perrault est avocat au Parlement de Paris, sa mère Paquette Le Clerc lui donne sept enfants. Charles est le cadet et le jumeau de François, mort à six mois. Ses frères marquent tous le règne de Louis XIV : Jean est avocat, Pierre receveur général des finances, Claude Perrault médecin et architecte de la colonnade du Louvre, Nicolas mathématicien et théologien janséniste exclu de la Sorbonne en 1656. Charles fait ses études au collège de Beauvais à Paris. En 1672, à quarante-quatre ans, il épouse en l'église Saint-Gervais Marie Guichon, dix-neuf ans, fille d'un payeur des rentes, avec une dot de soixante-dix mille livres ; le contrat est signé en présence de Colbert.
Le couple a quatre enfants, dont Charles-Samuel, Charles-Claude, Marie-Madeleine et Pierre Darmancour, né rue de Cléry en 1678. Marie Guichon meurt cette même année. Veuf, Perrault se consacre à l'éducation de ses enfants et compose pour eux les récits qui formeront les Contes. Il fréquente les cercles littéraires parisiens et compte parmi ses proches Jean Chapelain, son prédécesseur à l'Académie, ainsi que sa nièce Marie-Jeanne Lhéritier de Villandon, conteuse qui défend la paternité de l'œuvre. Il se réconcilie en 1694 avec Nicolas Boileau grâce à la médiation d'Antoine Arnauld. Il rédige à partir de 1699 ses Mémoires de ma vie, destinés à ses enfants et neveux, publiés en 1755.
Charles Perrault meurt le 16 mai 1703 dans sa maison de la rue de l'Estrapade, sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris, à l'âge de soixante-quinze ans. La cause précise du décès n'a pas été documentée par les sources de l'époque. Il est inhumé le lendemain, 17 mai 1703, en l'église Saint-Benoît-le-Bétourné, rue Saint-Jacques dans l'actuel 5e arrondissement, en présence de son fils Charles Perrault. Le Mercure galant de mai 1703 publie une notice nécrologique rappelant son rôle auprès de Colbert et le rattache à la création du genre du conte de fées. Sa mort survient trois ans après celle de son fils Pierre Darmancour, disparu aux armées en mars 1700, et clôt une vie de courtisan et d'académicien marquée par la disgrâce des dernières décennies.
L'église Saint-Benoît-le-Bétourné, qui abritait sa sépulture comme celle de son frère Claude Perrault, a été démolie en 1854 pour le percement de la rue des Écoles. Aucune trace de la tombe de Charles Perrault n'a été retrouvée. Une statue le représentant figure sur la façade de l'Hôtel de Ville de Paris, parmi les hommes illustres de la capitale.
1 - Adolescent au collège de Beauvais, Charles Perrault quitte sa classe de philosophie à la suite d'une dispute avec son professeur et décide, avec un camarade, de ne plus y retourner. Il poursuit seul ses études en traduisant et adaptant la Bible, les Pères de l'Église et l'Énéide.
2 - L'idée et le programme iconographique du bosquet du Labyrinthe de Versailles, aménagé par André Le Nôtre à partir de 1668, lui sont attribués. Il propose à Louis XIV d'orner trente-neuf fontaines de scènes des fables d'Ésope, pour l'éducation du Dauphin, et publie en 1677 une monographie illustrée par Sébastien Leclerc.
3 - Le recueil de 1697 paraît sous le nom de Pierre Darmancour, troisième fils de Charles, du nom du domaine que son père vient d'acquérir pour lui. La signature visait à éviter de relancer la Querelle des Anciens et des Modernes, alors en voie d'apaisement.
4 - Charles Perrault propose à l'Académie française des réformes durables : élection au scrutin, jetons de présence, instauration du discours de réception encore prononcé aujourd'hui, et accélération du travail du Dictionnaire.
5 - Une querelle d'imprimerie naît dès 1697 : les Contes sont si vite contrefaits que certains éditeurs y ajoutent des textes étrangers, et un pastiche écrit en 1912 sera encore réimprimé sous le nom de Perrault comme s'il en était l'auteur.
6 - La graphie originale de 1697 indique bien « pantoufle de verre » dans Cendrillon. C'est au XIXe siècle qu'Honoré de Balzac soutient qu'il s'agirait d'une erreur pour « vair », hypothèse rejetée par les éditions critiques modernes.
- Métier(s) : écrivain, conteur, académicien, contrôleur général des Bâtiments du roi
- Résidence principale : Paris, rue de l'Estrapade en fin de vie
- Relations de couple : marié à Marie Guichon de 1672 à 1678
- Enfants : quatre, dont Pierre Perrault Darmancour (1678-1700)
- Distinctions : élection à l'Académie française le 23 novembre 1671 (fauteuil 23)
101 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
« Il n'y a point de détour qui ne présente plusieurs fontaines en même temps à la vue, en sorte qu'à chaque pas on est surpris par quelque nouvel objet. »
— Charles Perrault, Le Labyrinthe de Versailles, Imprimerie royale, 1677
« L'aimable dispute où nous nous amusons / Passera, sans finir, jusqu'aux races futures ; / Nous dirons toujours des raisons, / Ils diront toujours des injures. »
— Charles Perrault, quatrain adressé à Nicolas Boileau lors de la Querelle des Anciens et des Modernes, cité dans ses œuvres et repris par Wikipédia/Larousse
« Entre tous les bocages du petit parc de Versailles, celui qu'on nomme le labyrinthe est surtout recommandable par la nouveauté du dessin et par le nombre et la diversité de ses fontaines. »
— Charles Perrault, Le Labyrinthe de Versailles, Imprimerie royale, 1677
Peu d'éloquence, beaucoup d'amour.
Le bonheur continu nous rend audacieux.
Les hommes, pour souffrir sont bien nés !
Rien ne peut résister à la grande éloquence.
On n'est heureux qu'autant qu'on a souffert.
C'est le vrai droit du jeu de tromper le trompeur.
Quand on est couronné,
On a toujours le nez bien fait.
Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants.
Rien au monde, après l'espérance,
N'est plus trompeur que l'apparence.
Rien au monde, après l'espérance, n'est plus trompeur que l'apparence.
La curiosité, malgré tous ses attraits, Coûte souvent bien des regrets.
Tout est beau dans ce que l'on aime ;
Tout ce qu'on aime a de l'esprit.
La curiosité, malgré tous ses attraits,
Coûte souvent bien des regrets.
L'hymen est une affaire où plus l'homme est prudent, plus il est empêché.
Dans le mariage, on ne peut jamais vivre heureux quand on y commande tous deux.
Dans le mariage,
On ne peut jamais vivre heureux
Quand on y commande tous deux.
Et comme ton bonheur dépend tout de tes voeux, songes-y bien avant que de les faire.
La bonne grâce est le vrai don des fées ;
Sans elle on ne peut rien, avec elle on peut tout.
On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants,
Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands.
On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants, quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands.
Rien n'égale, il est vrai, la grandeur souveraine ;
Mais encore faut-il songer
Comment serait faite la Reine.
De jeunes enfants, surtout de jeunes filles, belles, bien faites et gentilles font très mal d'écouter toutes sortes de gens.
De jeunes enfants, surtout de jeunes filles,
Belles, bien faites et gentilles
Font très mal d'écouter toutes sortes de gens.
Quelque grand que soit l'avantageDe jouir d'un riche héritageL'industrie et le savoir-faireValent mieux que des biens acquis.
Quelque grand que soit l'avantage
De jouir d'un riche héritage
L'industrie et le savoir-faire
Valent mieux que des biens acquis.
Le conte est difficile à croire ; mais tant que dans le monde on aura des enfants, des mères et des mères-grands, on en gardera la mémoire.
Le conte est difficile à croire ;
Mais tant que dans le monde on aura des enfants,
Des mères et des mères-grands,
On en gardera la mémoire.
Rien ne marque tant la vaste étendue d'un esprit, que de pouvoir s'élever en même temps aux plus grandes choses, et s'abaisser aux plus petites.
Les diamants et les pistolesPeuvent beaucoup sur les esprits ;Cependant les douces parolesOnt encore plus de force, et sont d'un plus grand prix.
Les diamants et les pistoles
Peuvent beaucoup sur les esprits ;
Cependant les douces paroles
Ont encore plus de force, et sont d'un plus grand prix.
L'honnêteté coûte des soins,
Et veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu'on y pense le moins.
L'honnêteté coûte des soins, et veut un peu de complaisance, mais tôt ou tard elle a sa récompense, et souvent dans le temps qu'on y pense le moins.
Dans un objet où la nature
Aura mis de beaux traits et la vive peinture
Tous ces dons pourront moins pour rendre un coeur sensible
Qu'un seul agrément invisible.
« Il n'y a point de détour qui ne présente plusieurs fontaines en même temps à la vue, en sorte qu'à chaque pas on est surpris par quelque nouvel objet. »
— Charles Perrault, Le Labyrinthe de Versailles, Imprimerie royale, 1677
« L'aimable dispute où nous nous amusons / Passera, sans finir, jusqu'aux races futures ; / Nous dirons toujours des raisons, / Ils diront toujours des injures. »
— Charles Perrault, quatrain adressé à Nicolas Boileau lors de la Querelle des Anciens et des Modernes, cité dans ses œuvres et repris par Wikipédia/Larousse
« Entre tous les bocages du petit parc de Versailles, celui qu'on nomme le labyrinthe est surtout recommandable par la nouveauté du dessin et par le nombre et la diversité de ses fontaines. »
— Charles Perrault, Le Labyrinthe de Versailles, Imprimerie royale, 1677
Peu d'éloquence, beaucoup d'amour.
Le bonheur continu nous rend audacieux.
Les hommes, pour souffrir sont bien nés !
Rien ne peut résister à la grande éloquence.
On n'est heureux qu'autant qu'on a souffert.
C'est le vrai droit du jeu de tromper le trompeur.
Quand on est couronné,
On a toujours le nez bien fait.
Trop de bonté dans les parents cause la perte des enfants.
Rien au monde, après l'espérance,
N'est plus trompeur que l'apparence.
Rien au monde, après l'espérance, n'est plus trompeur que l'apparence.
La curiosité, malgré tous ses attraits, Coûte souvent bien des regrets.
Tout est beau dans ce que l'on aime ;
Tout ce qu'on aime a de l'esprit.
La curiosité, malgré tous ses attraits,
Coûte souvent bien des regrets.
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Dans le mariage, on ne peut jamais vivre heureux quand on y commande tous deux.
Dans le mariage,
On ne peut jamais vivre heureux
Quand on y commande tous deux.
Et comme ton bonheur dépend tout de tes voeux, songes-y bien avant que de les faire.
La bonne grâce est le vrai don des fées ;
Sans elle on ne peut rien, avec elle on peut tout.
On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants,
Quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands.
On ne s'afflige point d'avoir beaucoup d'enfants, quand ils sont tous beaux, bien faits et bien grands.
Rien n'égale, il est vrai, la grandeur souveraine ;
Mais encore faut-il songer
Comment serait faite la Reine.
De jeunes enfants, surtout de jeunes filles, belles, bien faites et gentilles font très mal d'écouter toutes sortes de gens.
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Belles, bien faites et gentilles
Font très mal d'écouter toutes sortes de gens.
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De jouir d'un riche héritage
L'industrie et le savoir-faire
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Le conte est difficile à croire ; mais tant que dans le monde on aura des enfants, des mères et des mères-grands, on en gardera la mémoire.
Le conte est difficile à croire ;
Mais tant que dans le monde on aura des enfants,
Des mères et des mères-grands,
On en gardera la mémoire.
Rien ne marque tant la vaste étendue d'un esprit, que de pouvoir s'élever en même temps aux plus grandes choses, et s'abaisser aux plus petites.
Les diamants et les pistolesPeuvent beaucoup sur les esprits ;Cependant les douces parolesOnt encore plus de force, et sont d'un plus grand prix.
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Peuvent beaucoup sur les esprits ;
Cependant les douces paroles
Ont encore plus de force, et sont d'un plus grand prix.
L'honnêteté coûte des soins,
Et veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu'on y pense le moins.
L'honnêteté coûte des soins, et veut un peu de complaisance, mais tôt ou tard elle a sa récompense, et souvent dans le temps qu'on y pense le moins.
Dans un objet où la nature
Aura mis de beaux traits et la vive peinture
Tous ces dons pourront moins pour rendre un coeur sensible
Qu'un seul agrément invisible.