Clarisse Agbegnenou, judokate française née le 25 octobre 1992 à Rennes de parents togolais, est triple championne olympique et six fois championne du monde en individuel. Adjudante de gendarmerie, elle a annoncé sa retraite après les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
Clarisse Agbegnenou grandit à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, entourée de ses trois frères, dont son jumeau Aurélien. À neuf ans, elle commence le judo au club des Arts martiaux d'Asnières, avant d'intégrer le pôle France d'Orléans à quatorze ans. En 2009, elle rejoint l'INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance) et s'inscrit au Judo Club Escales d'Argenteuil, sous la direction d'Ahcène Goudjil. En 2013, après des victoires au Grand Slam de Paris et aux Grand Prix de Düsseldorf et de Miami, elle remporte son premier titre européen individuel à Budapest, en battant la Russe Marta Labazina. La même année, elle obtient la médaille d'argent aux Championnats du monde de Rio de Janeiro. En 2014, à Tcheliabinsk, elle bat l'Israélienne Yarden Gerbi par ippon pour décrocher son premier titre mondial individuel. Aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016, elle obtient la médaille d'argent en -63 kg, battue en finale par la Slovène Tina Trstenjak.
Le 1er septembre 2017, à Budapest, Clarisse Agbegnenou bat Tina Trstenjak, qui l'avait vaincue à Rio, et décroche son deuxième titre mondial individuel. Elle ajoute un troisième titre à Bakou en 2018, puis un quatrième au Nippon Budokan de Tokyo en 2019, devenant la judokate française la plus titrée de l'histoire, devant Lucie Décosse, Gévrise Émane et Brigitte Deydier. Élue Championne des championnes par L'Équipe avec Kevin Mayer en 2018 et avec Julian Alaphilippe en 2019, puis de nouveau en 2021, elle conquiert son cinquième titre mondial à Budapest en juin 2021. Le 27 juillet 2021, porte-drapeau de la délégation française aux Jeux olympiques de Tokyo aux côtés du gymnaste Samir Aït Saïd, elle devient championne olympique individuelle, puis remporte l'or en équipes mixtes avec Teddy Riner et Romane Dicko. Elle signe un sixième titre mondial à Doha en mai 2023, avant de compléter son palmarès aux Jeux de Paris 2024 avec un bronze individuel et un troisième or olympique en équipes mixtes, entraînée au niveau national par Larbi Benboudaoud.
À la suite d'une altercation survenue le 12 avril 2013 à l'INSEP impliquant plusieurs judokas contre Anne-Fatoumata M'Bairo, la Fédération française de judo sanctionne Clarisse Agbegnenou d'un an de suspension de compétition avec sursis, contre trois mois avec sursis pour Priscilla Gneto, Madeleine Malonga, Fanny Posvite et Linsay Tsang Sam Moi. En juillet 2014, seule Clarisse Agbegnenou est condamnée par la justice à 70 heures de travail d'intérêt général et à une amende de 2 780 euros pour les violences commises, les autres judokas impliquées ayant été acquittées par le tribunal.
1992 : Naissance le 25 octobre à Rennes, deux mois avant terme, avec son frère jumeau Aurélien
2008 : Titre de championne d'Europe cadette à Sarajevo (-57 kg)
2009 : Intégration à l'INSEP ; inscription au Judo Club Escales d'Argenteuil sous la direction d'Ahcène Goudjil
2011 : Premier titre mondial par équipes féminines lors des Championnats du monde de Paris
2013 : Premier titre européen individuel à Budapest ; médaille d'argent aux Championnats du monde de Rio de Janeiro
2014 : Premier titre mondial individuel à Tcheliabinsk ; condamnation judiciaire à 70 heures de TIG et 2 780 euros d'amende
2016 : Médaille d'argent aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro (-63 kg)
2017 : Deuxième titre mondial individuel à Budapest (1er septembre), revanche sur Tina Trstenjak
2018 : Troisième titre mondial individuel à Bakou ; première Championne des championnes de L'Équipe (avec Kevin Mayer)
2019 : Quatrième titre mondial individuel au Nippon Budokan de Tokyo ; porte-drapeau et championne (-63 kg) aux Jeux européens de Minsk
2021 : Cinquième titre mondial individuel à Budapest (juin) ; double médaille d'or olympique à Tokyo en individuel et en équipes mixtes (juillet) ; porte-drapeau avec Samir Aït Saïd ; troisième Championne des championnes
2023 : Sixième titre mondial individuel à Doha (10 mai), onze mois après la naissance d'Athéna
2024 : Septième victoire au Grand Slam de Paris (février) ; bronze aux Jeux olympiques de Paris en individuel (30 juillet) ; or olympique en équipes mixtes à Paris ; bronze aux Championnats du monde d'Abu Dhabi (décembre)
2025 : Médaille d'argent aux Championnats d'Europe de Podgorica (-63 kg)
2026 : Naissance d'un deuxième enfant (11 mars) ; annonce de la retraite prévue après les JO de Los Angeles 2028 (avril) ; médaille de bronze au Grand Slam de Lausanne (29 août) ; Championnats du monde à Bakou, éliminée en repêchages (octobre)
Clarisse Agbegnenou est née de parents originaires du Togo : son père Victor Agbegnenou, vétérinaire, et sa mère Pauline. Seule fille d'une fratrie de quatre enfants, elle a grandi à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) avec ses trois frères, dont son jumeau Aurélien et le cadet Joris, également judoka de compétition. Elle détient la double nationalité franco-togolaise. En couple avec Thomas Grava, ostéopathe, elle annonce sa première grossesse en février 2022 et donne naissance le 15 juin 2022 à une fille prénommée Athéna. En mars 2026, elle accouche de son deuxième enfant. En 2021, elle publie une autobiographie, Combattre pour être soi (Éditions Rageot). La famille réside en région parisienne.
Intégrée à l'équipe des Sportifs de haut niveau de la Défense-gendarmerie (SHND-G) depuis 2014 et élevée au grade d'adjudante en avril 2021, elle mène en parallèle une carrière militaire. En 2020, une émission avec Michel Cymes sur France 2 la conduit à s'inscrire au programme de coaching d'HEC Paris Executive Education ; elle obtient le certificat en octobre 2021. Marraine de l'association SOS Préma depuis 2019, elle s'engage pour les enfants prématurés, cause qui lui est personnellement proche. Elle soutient l'opération Sport féminin toujours pour l'égalité salariale dans le sport, et a désigné la tenniswoman Serena Williams comme son modèle sportif.
1 - Clarisse Agbegnenou naît deux mois avant terme avec son frère jumeau Aurélien et est placée en couveuse. Opérée d'un dysfonctionnement rénal, elle tombe dans le coma. Les médecins demandent à ses parents d'envisager une déconnexion ; ceux-ci refusent.
2 - Onze mois après la naissance d'Athéna (juin 2022), Clarisse Agbegnenou est de retour aux Championnats du monde de Doha en mai 2023. Elle obtient de la Fédération internationale de judo l'autorisation d'amener sa fille en salle d'échauffement pour pouvoir allaiter entre les combats.
3 - Avec sept victoires au Grand Slam de Paris, Clarisse Agbegnenou égale le record féminin dans ce tournoi de la Française Lucie Décosse. Sa dernière victoire à Paris date de février 2024.
4 - En octobre 2020, alors qu'elle prépare sa qualification olympique, Clarisse Agbegnenou s'inscrit simultanément au programme de coaching d'HEC Paris Executive Education, obtenant son certificat en octobre 2021, quelques mois après sa médaille d'or olympique.
5 - Pour préparer le cycle olympique de Los Angeles 2028, Clarisse Agbegnenou intègre des séances de jiu-jitsu brésilien à son programme d'entraînement, dans le but de renforcer son travail au sol face à une nouvelle génération de judokates.
- Métier(s) : judokate (-63 kg) ; adjudante de la Gendarmerie nationale
- Résidence principale : région parisienne
- Relations de couple : Thomas Grava (ostéopathe)
- Enfants : Athéna (née le 15 juin 2022) ; deuxième enfant (né le 11 mars 2026)
- Distinctions : 3 médailles d'or olympiques (Tokyo 2021 x2, Paris 2024 équipes) ; 1 argent olympique (Rio 2016) ; 1 bronze olympique (Paris 2024) ; 6 titres de championne du monde individuelle (2014, 2017, 2018, 2019, 2021, 2023) ; 5 titres de championne d'Europe individuelle (2013, 2014, 2018, 2019, 2020) ; Championne des championnes de L'Équipe (2018, 2019, 2021)
Je m'arrête après Los Angeles. Je ne pourrai pas donner plus. Je n'ai pas envie de finir mal.
— L'Équipe, avril 2026
Si les choses ne sont pas vues ouvertement, les gens croient qu'elles ne peuvent pas être faites.
— Fédération internationale de judo, 2023 (via Europe 1)
Je veux apporter ma bonne humeur, ma volonté permanente d'aller jusqu'au bout, jusqu'à la victoire.
— Gendinfo, Ministère de l'Intérieur, juillet 2021
Le judo m'a apporté une culture, de nombreuses connaissances et des amis, mais surtout plus de sang-froid, car j'étais assez agitée quand j'étais plus jeune.
— IJF Express Interview, 2018 (traduit de l'anglais)