Résumé biographique
Anthropologue et ethnologue majeur du XXe siècle, Claude Lévi-Strauss est associé au structuralisme, à l’anthropologie sociale et à des ouvrages comme Tristes tropiques ou La Pensée sauvage, qui ont profondément marqué l’étude des mythes, de la parenté et des cultures amérindiennes.
Parcours
Formé au lycée Janson-de-Sailly, Claude Lévi-Strauss étudie le droit puis la philosophie à Paris et obtient l’agrégation de philosophie en 1931. Il enseigne en lycée avant d’être envoyé en 1935 à l’université de São Paulo, où il mène ses premières enquêtes de terrain auprès de groupes indigènes du Brésil. Réfugié à New York pendant la Seconde Guerre mondiale, il enseigne à la New School for Social Research et rencontre le linguiste Roman Jakobson, ce qui contribue à l’élaboration de l’anthropologie structurale. De retour en France, il travaille au CNRS et au musée de l’Homme, puis occupe, de 1959 à 1982, la chaire d’anthropologie sociale au Collège de France. Ses livres, dont Les Structures élémentaires de la parenté, Tristes tropiques, Anthropologie structurale et La Pensée sauvage, font de lui une référence internationale.
Repères chronologiques
28 novembre 1908 : naissance à Bruxelles, de parents français.
1931 : agrégation de philosophie à la Sorbonne.
1935–1939 : enseignement à l’université de São Paulo et premières missions ethnographiques au Brésil.
1941–1945 : exil aux États-Unis, enseignement à la New School for Social Research à New York.
1949 : soutenance de thèse, publication de Les Structures élémentaires de la parenté.
1955 : publication de Tristes tropiques.
1958 : publication de Anthropologie structurale.
1959 : création et prise de fonction de la chaire d’anthropologie sociale au Collège de France.
1962 : publication de La Pensée sauvage.
1964–1971 : parution des quatre volumes des Mythologiques.
1967 : médaille d’or du CNRS.
1973 : élection à l’Académie française.
2008 : centenaire, entrée de ses œuvres choisies dans la Bibliothèque de la Pléiade.
30 octobre 2009 : décès à Paris, dans le 16e arrondissement.
Vie personnelle et engagements
Né dans une famille juive française, avec un père peintre, Claude Lévi-Strauss grandit entre Versailles et Paris, dans un environnement artistique et cultivé. Militant un temps à la SFIO dans sa jeunesse, il reste ensuite en retrait de l’engagement partisan tout en prenant position contre le racisme et les hiérarchies entre cultures. Il épouse d’abord l’ethnologue Dina Dreyfus en 1932, puis Rose Marie Ullmo en 1946, dont il a un fils, Laurent, né en 1947 à New York. En 1954, il se marie avec Monique Roman, avec laquelle il a un fils, Matthieu, né en 1957 à Paris. Attaché au Brésil et à la campagne bourguignonne, il partage sa vie entre son domicile parisien et une maison à Lignerolles, tout en restant très présent dans les institutions scientifiques françaises et internationales.
Anecdotes
1 – Sa vocation d’ethnologue naît lorsqu’il découvre, au début des années 1930, l’ouvrage Primitive Society de Robert H. Lowie, qui le décide à quitter la philosophie académique pour l’anthropologie de terrain.
2 – Au Brésil, il mène des enquêtes auprès des Caduveo, Bororo et Nambikwara ; ces expériences, parfois effectuées avec son épouse Dina, inspirent plusieurs chapitres de Tristes tropiques et une grande partie de sa réflexion sur l’écriture et le contact colonial.
3 – Pendant son exil à New York, ses échanges réguliers avec le linguiste Roman Jakobson jouent un rôle central dans la formulation du structuralisme, en transposant des modèles issus de la linguistique à l’analyse des mythes et des systèmes de parenté.
4 – Élu à l’Académie française en 1973, il en devient le doyen et le premier membre centenaire en 2008, situation exceptionnelle dans l’histoire de l’institution.
5 – Il possède une maison à Lignerolles, en Côte-d’Or, où il passe de longs séjours à lire, écouter de la musique et parcourir les forêts environnantes, lieu qui devient après sa mort un point de repère pour ses lecteurs et admirateurs.
6 – En 2009, un « prix Claude-Lévi-Strauss » est créé pour récompenser des chercheurs en sciences humaines et sociales travaillant en France, institutionnalisant son nom dans le paysage de la recherche contemporaine.
Lieux de mémoire
Né à Bruxelles et très tôt installé à Paris, Claude Lévi-Strauss réside longtemps dans le 16e arrondissement. Ses itinéraires intellectuels le conduisent entre Paris, São Paulo et New York, avant un enracinement durable au Collège de France. Il possède une résidence à Lignerolles, en Côte-d’Or, où il est inhumé au cimetière communal depuis novembre 2009, faisant du village un lieu de mémoire discret de son œuvre.
Contexte du décès
Claude Lévi-Strauss meurt le 30 octobre 2009, à 18 h 15, à son domicile du 2, rue des Marronniers, à Paris 16e, d’une crise cardiaque selon les sources biographiques. Son décès n’est rendu public que quelques jours plus tard. Conformément à ses volontés, l’inhumation a lieu le 3 novembre 2009 dans la plus stricte intimité au cimetière de Lignerolles, en Côte-d’Or, en présence de son épouse Monique, de ses fils Laurent et Matthieu et de quelques proches. Aucune cérémonie publique ni hommage officiel immédiat n’est organisé sur place ; la tombe, très sobre, devient néanmoins un point de recueillement pour certains visiteurs, tandis que les hommages institutionnels se déploient surtout à Paris et dans le monde académique.
Points clés
• Métier(s) : anthropologue, ethnologue, universitaire, écrivain
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Dina Dreyfus (1932-1940), Rose Marie Ullmo (1946-1954), Monique Roman (à partir de 1954)
• Enfants : Laurent (1947), Matthieu (1957)
• Distinctions : Huxley Memorial Medal (1965), médaille d’or du CNRS (1967), prix Érasme (1973), grand-croix de la Légion d’honneur, autres décorations et doctorats honoris causa en Europe et en Amérique du Nord