Erwin Rommel, Generalfeldmarschall allemand surnommé le Renard du désert, a commandé l'Afrikakorps en Libye et en Égypte avant d'être contraint au suicide en 1944, après avoir été impliqué dans le complot du 20 juillet contre Hitler.
Né le 15 novembre 1891 à Heidenheim, dans le royaume de Wurtemberg, Erwin Rommel entre en 1910 au 124e régiment d'infanterie wurtembergeois et suit l'école des cadets de Dantzig. Lieutenant en 1912, il combat en France, en Roumanie puis en Italie. En octobre 1917, lors de la bataille de Caporetto, sa troupe prend le mont Matajur, puis il obtient à Longarone, en novembre, la reddition d'une division italienne, ce qui lui vaut l'ordre Pour le Mérite. Capitaine en janvier 1918, il termine la guerre à l'état-major du 64e corps. Il reste dans la Reichswehr, commande une compagnie à Stuttgart à partir de 1920, puis enseigne à l'école d'infanterie de Dresde. Il publie en 1937 Infanterie greift an, dont Adolf Hitler possède un exemplaire. Cette année-là, chargé de la liaison avec les Jeunesses hitlériennes, il s'oppose à Baldur von Schirach et est écarté du projet en 1938. Nommé à Wiener Neustadt après l'Anschluss, il commande ensuite le bataillon d'escorte de Hitler.
Placé à la tête de la 7e division blindée en février 1940, Rommel traverse la Meuse en mai lors de l'offensive contre la France, atteint la Manche et prend Cherbourg en juin, ce qui vaut à sa division le surnom de division fantôme. Nommé en février 1941 à la tête de l'Afrikakorps, il affronte les généraux britanniques Archibald Wavell puis Claude Auchinleck, s'empare de Tobrouk en juin 1942 et est promu Generalfeldmarschall. Arrêté à El-Alamein, il se replie après l'offensive de Bernard Montgomery en octobre 1942 jusqu'en Tunisie, où il inflige une défaite aux forces américaines à Kasserine en février 1943. Rentré en Allemagne en mars, il commande le groupe d'armées B en Italie puis en France. Inspecteur des défenses de l'Ouest, il renforce le mur de l'Atlantique, en désaccord avec Gerd von Rundstedt sur l'emploi des blindés. Gravement blessé le 17 juillet 1944 lorsque son véhicule est mitraillé par l'aviation alliée, il quitte son commandement.
Le rôle d'Erwin Rommel sous le Troisième Reich fait l'objet d'un débat entre historiens. Maurice Philip Remy, dans Mythos Rommel (2002), a interrogé la légende d'un officier apolitique et résistant. Ralf Georg Reuth, dans sa biographie parue en 2004, rejette l'idée d'une participation au complot du 20 juillet 1944 et décrit un partisan loyal de Hitler jusqu'à son suicide forcé. Karl Strölin, ancien maire de Stuttgart, affirme au contraire dans un récit d'après-guerre avoir sollicité Rommel dès le début de 1944. Peter Lieb souligne que Rommel n'a pas transmis aux unités l'ordre de Hitler sur l'exécution des commandos alliés. Pour l'Afrique du Nord, Patrick Bernhard conteste l'expression de guerre sans haine et estime que Rommel n'est pas intervenu contre les représailles des forces italiennes, alors que Christopher Gabel ne relève aucune preuve de sa connaissance de crimes précis. Le Mémorial de l'Holocauste des États-Unis juge "problématique" son rapport au projet d'Einsatzkommando Égypte de Walter Rauff, unité qui n'a jamais été activée.
1891 : naissance à Heidenheim, dans le royaume de Wurtemberg
1910 : entrée au 124e régiment d'infanterie, formation à l'école des cadets de Dantzig
1916 : mariage avec Lucie Mollin à Dantzig
1917 : prise du mont Matajur et reddition de Longarone, ordre Pour le Mérite
1928 : naissance de son fils Manfred
1937 : publication d'Infanterie greift an
1938 : commandant de l'académie militaire de Wiener Neustadt
1940 : commandement de la 7e division blindée, traversée de la Meuse
1941 : arrivée à Tripoli à la tête de l'Afrikakorps
1942 : prise de Tobrouk, promotion au rang de Generalfeldmarschall, défaite à El-Alamein
1943 : bataille de Kasserine, puis commandement du groupe d'armées B en Italie
1944 : défense de la Normandie, blessure le 17 juillet, mort le 14 octobre à Herrlingen
Troisième des cinq enfants d'Erwin Rommel père (1860-1913), enseignant devenu directeur d'établissement à Aalen, et de Helene von Luz, fille de Karl von Luz, haut fonctionnaire wurtembergeois, il a une sœur aînée professeure d'art et deux frères cadets, un dentiste et un chanteur d'opéra. À l'école des cadets de Dantzig, il rencontre en 1911 Lucia Maria Mollin, dite Lucie, qu'il épouse en novembre 1916. En 1913, sa relation avec Walburga Stemmer, marchande de fruits, donne naissance à une fille, Gertrud Stemmer, qu'il soutient financièrement. Son fils Manfred naît en 1928 et deviendra maire de Stuttgart.
Rommel pratique le ski et les sports de plein air. Il rencontre Adolf Hitler à Goslar en 1934, et Joseph Goebbels relaie ensuite son image dans la presse du Reich. Rommel reconsidère les aptitudes de Hitler après la seconde bataille d'El-Alamein. En 1944, son chef d'état-major Hans Speidel le remet en contact avec Carl-Heinrich von Stülpnagel, proche de la résistance. Le 5 juin 1944, il quitte la Normandie pour rejoindre son épouse Lucie à l'occasion de son cinquantième anniversaire. Installé à Herrlingen durant sa dernière année, il aurait interdit à son fils Manfred d'intégrer la Waffen-SS.
Le 14 octobre 1944, les généraux Wilhelm Burgdorf et Ernst Maisel, envoyés par Hitler, rendent visite à Rommel à son domicile de Herrlingen et lui proposent de se défendre à Berlin, de comparaître devant le Tribunal du peuple ou de se suicider. Il choisit le suicide par cyanure dans la voiture de Burgdorf et meurt avant d'être conduit à l'hôpital de campagne de la Wagner-Schule. Le communiqué officiel évoque une embolie cérébrale ou un infarctus, séquelle de sa blessure de juillet. Hitler décrète une journée de deuil, et des obsèques nationales ont lieu à Ulm, où Gerd von Rundstedt représente Hitler. Hermann Göring écrit à Lucie Rommel que son mari est mort en héros des suites de ses blessures.
Erwin Rommel est inhumé au cimetière de Herrlingen, à l'ouest d'Ulm. Pendant des décennies, des vétérans de la campagne d'Afrique, anciens adversaires compris, se sont rassemblés sur sa tombe à la date anniversaire de sa mort. À Heidenheim, un monument érigé en 1961 par l'association Deutsches Afrikakorps sur une colline lui est consacré, et la caserne Feldmarschall-Rommel d'Augustdorf porte son nom.
1 - À 14 ans, Rommel construit avec un ami un planeur à grandeur réelle capable de voler sur de courtes distances. Il envisage alors de devenir ingénieur, mais son père s'y oppose et l'oriente vers l'armée.
2 - Rommel mémorise les tables de logarithmes pendant son temps libre. À la tête du bataillon d'escorte de Hitler en 1938, il apprend aussi le fonctionnement et l'entretien des moteurs à combustion et des mitrailleuses lourdes.
3 - Gertrud Stemmer tricote pour son père une écharpe à carreaux, visible sur de nombreuses photographies de Rommel dans le désert. Dans la famille, elle est toujours présentée comme la "cousine Gertrud".
4 - Hitler récompense nombre de ses généraux par de grands domaines fonciers et des dons en espèces, mais Rommel est l'un des rares officiers supérieurs à les avoir déclinés, selon son biographe Daniel Allen Butler.
5 - En 1919, chargé de rétablir l'ordre à Friedrichshafen, Rommel renonce à donner l'assaut contre Lindau, tenue par des révolutionnaires, et négocie avec le conseil municipal le retour de la ville au gouvernement légitime.
- Métier(s) : Generalfeldmarschall, officier de l'armée allemande, auteur militaire
- Résidence principale : Herrlingen, près d'Ulm (dernier domicile)
- Relations de couple : Lucie Mollin (mariage en 1916), relation antérieure avec Walburga Stemmer (1913)
- Enfants : Gertrud Stemmer (née en 1913), Manfred Rommel (né en 1928)
- Distinctions : Pour le Mérite (1917), Croix de fer, Croix de chevalier de la Croix de fer
Une force magnétique, peut-être hypnotique.
— Lettre d'Erwin Rommel à son épouse au sujet d'Adolf Hitler, citée par Ralf Georg Reuth, 2005 (traduit de l'anglais)"
On ne peut pas laisser passer des occasions uniques pour des bagatelles.
— Erwin Rommel au général Italo Gariboldi, avril 1941, cité dans Lewin, 1998 (traduit de l'anglais)
Le courage qui va à l'encontre de l'opportunité militaire est de la stupidité, ou, si un commandant l'impose, de l'irresponsabilité.
— Citation attribuée à Rommel par Google Arts & Culture, sans référence d'origine précisée (traduit de l'anglais)