Résumé biographique
Ferdinand de Saussure, linguiste suisse associé à la naissance de la linguistique moderne et de la sémiologie, a marqué durablement l’étude scientifique du langage par ses travaux sur les langues indo-européennes, le signe linguistique et le Cours de linguistique générale, devenu une référence pour les sciences du langage et les sciences humaines.
Parcours
Formé dans une famille genevoise de savants, Ferdinand de Saussure suit d’abord des études à Genève avant de partir en 1876 à Leipzig, puis à Berlin et Paris pour se spécialiser en linguistique comparée et en sanskrit. En 1879, il publie le Mémoire sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes, qui l’impose dans le champ indo-européen. Docteur en 1881, il enseigne de 1881 à 1891 à l’École pratique des hautes études à Paris, tout en intervenant activement à la Société de linguistique de Paris. En 1891, il obtient une chaire à l’Université de Genève, où il enseigne le sanskrit, la linguistique indo-européenne puis, à partir de 1907, ses célèbres cours de linguistique générale jusqu’en 1911.
Repères de carrière
26 novembre 1857 : Naissance à Genève, dans une famille genevoise de savants.
1876 : Départ pour l’Université de Leipzig pour des études de philologie et de linguistique comparée.
1879 : Publication du Mémoire sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes à Leipzig.
1881 : Soutenance de la thèse De l’emploi du génitif absolu en sanscrit et doctorat à Leipzig.
1881–1891 : Enseignement de grammaire comparée à l’École pratique des hautes études à Paris.
1883–1891 : Secrétaire adjoint de la Société de linguistique de Paris.
1891 : Retour à Genève et nomination à la chaire de sanskrit et de linguistique historique et comparée.
1907–1911 : Trois cours successifs de linguistique générale à l’Université de Genève.
1913 : Fin de carrière et décès à Vufflens-le-Château, dans le canton de Vaud.
1916 : Publication posthume du Cours de linguistique générale par Charles Bally et Albert Sechehaye.
1922 : Parution du Recueil des publications scientifiques de Ferdinand de Saussure.
Années 1950–1970 : Rééditions critiques et diffusion du Cours de linguistique générale qui consolident son rôle de référence en linguistique structurale.
Vie personnelle et engagements
Né à Genève dans une famille patricienne, Ferdinand de Saussure est le fils du savant Henri de Saussure et de Louise de Pourtalès. Il appartient à une lignée marquée par les figures d’Horace-Bénédict de Saussure et de Nicolas-Théodore de Saussure. En 1892, il épouse à Genève Marie Eugénie Faesch (1867–1950). Le couple a trois fils : Jacques, futur diplomate, Raymond, qui devient psychiatre et psychanalyste, et André, mort en bas âge. Sa vie se partage entre Paris et Genève, avant une installation durable dans le canton de Vaud au château de Vufflens. Il s’investit dans la vie académique, notamment au sein de la Société de linguistique de Paris, et par son enseignement à Genève, qui contribue à structurer un espace de recherche durable autour de la linguistique générale.
Anecdotes
1 – À un peu plus de vingt ans, il rédige le Mémoire sur le système primitif des voyelles dans les langues indo-européennes, texte qui modifie durablement l’analyse du vocalisme indo-européen.
2 – De 1907 à 1911, il ne donne que trois séries de cours de linguistique générale, mais les notes de ses auditeurs formeront le Cours de linguistique générale, publié en 1916 après sa mort.
3 – Il est issu d’une dynastie savante : son arrière-grand-père Horace-Bénédict de Saussure est un pionnier de l’alpinisme et un naturaliste reconnu, et plusieurs membres de la famille sont actifs en sciences naturelles.
4 – Saussure est l’un des linguistes les plus cités au monde, alors qu’il a publié peu d’ouvrages de son vivant ; une grande partie de sa pensée est connue par des manuscrits et des reconstructions de cours.
5 – Il exerce des responsabilités au sein de la Société de linguistique de Paris comme secrétaire adjoint entre 1883 et 1891, au cœur du réseau européen de la philologie et de la linguistique de son époque.
6 – Par ses analyses du signe, de la distinction langue/parole et de l’opposition synchronie/diachronie, il devient une référence pour le développement du structuralisme dans plusieurs disciplines des sciences humaines.
Lieux de mémoire
Ferdinand de Saussure est étroitement associé à Genève, où il naît, étudie et commence sa formation universitaire, ainsi qu’à Leipzig, Berlin et Paris, où il se forme et enseigne. À partir de 1891, son activité se concentre à l’Université de Genève. Il réside ensuite au château de Vufflens, à Vufflens-le-Château, dans le canton de Vaud, où il meurt en 1913, faisant de ce lieu et de Genève deux pôles centraux de sa mémoire.
Contexte du décès
Ferdinand de Saussure meurt le 22 février 1913 à Vufflens-le-Château, dans le canton de Vaud, à l’âge de cinquante-cinq ans, des suites d’une longue maladie. Il s’éteint dans le cadre familial, au château de Vufflens, où il réside alors. Sa disparition suscite des hommages dans le milieu savant européen, notamment des éloges publiés par des collègues dans les revues spécialisées et dans les comptes rendus académiques, qui soulignent son rôle dans la transformation de la linguistique et la portée du Cours de linguistique générale publié peu après.
Points clés
• Métier(s) : linguiste, philologue, professeur d’université
• Résidence principale : Genève et Vufflens-le-Château, Suisse
• Relations : Marie Eugénie Faesch (mariage 1892–1913)
• Enfants : Jacques (1892–1969), Raymond (1894–1971), André (1895–1895)
• Distinctions : enseignement à l’École pratique des hautes études, chaire à l’Université de Genève, rôle central dans la Société de linguistique de Paris et dans la formation de la linguistique moderne

