Résumé biographique

Frédéric Bazille est un peintre impressionniste français du XIXe siècle, originaire de Montpellier, dont l’œuvre en plein air et les scènes de famille au domaine de Méric occupent une place singulière dans l’histoire de la peinture avant la guerre franco-prussienne.


Parcours

Né à Montpellier en 1841 dans une famille protestante aisée, Frédéric Bazille suit d’abord des études de médecine, conformément aux souhaits de ses parents. Il commence la médecine à Montpellier puis s’installe à Paris en 1862, où il fréquente la faculté tout en entrant à l’atelier de Charles Gleyre. Il y rencontre Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir et Alfred Sisley, avec lesquels il peint en plein air et partage des ateliers. Dès 1864, il réalise des toiles comme La Robe rose, puis Atelier de la rue Furstenberg, Réunion de famille ou L’Atelier de la rue de La Condamine. Plusieurs de ses œuvres sont acceptées aux Salons de 1866, 1868, 1869 et 1870. En août 1870, il s’engage dans un régiment de zouaves et meurt au combat quelques mois plus tard.


Repères chronologiques

6 décembre 1841 : naissance à Montpellier (Hérault), dans une famille protestante aisée.
1859 : début des études de médecine à Montpellier.
1862 : installation à Paris pour poursuivre la médecine et entrer à l’atelier de Charles Gleyre ; rencontre Monet, Renoir et Sisley.
1864 : peinture de La Robe rose au domaine familial de Méric, près de Montpellier.
1865 : réalisation de scènes de genre et d’atelier, dont L’Ambulance improvisée.
1866 : peinture de Atelier de la rue Furstenberg ; première participation au Salon avec une nature morte.
1867–1868 : réalisation de Réunion de famille, accepté au Salon de 1868.
1868 : création de Vue de village, présentée au Salon de 1869.
1869 : peinture de Femme en costume mauresque et paysages dans le Midi.
1869–1870 : réalisation de La Toilette et de L’Atelier de la rue de La Condamine à Paris.
Août 1870 : engagement volontaire au 3e régiment de marche de zouaves au début de la guerre franco-prussienne.
27 novembre 1870 : promotion au grade de sergent-major à la veille de la bataille de Beaune-la-Rolande.
28 novembre 1870 : mort au combat à Beaune-la-Rolande (Loiret), à 28 ans.
1898 : dons de toiles au musée Fabre de Montpellier par sa mère, contribuant à la redécouverte de son œuvre.
1910 : première rétrospective importante de ses peintures au Grand Palais, à Paris.


Vie personnelle et engagements

Frédéric Bazille naît dans une famille protestante de la haute bourgeoisie montpelliéraine ; son père, Gaston Bazille, est négociant en vin et notable local, sa mère, Camille Vialars, est musicienne. Le domaine de Méric, propriété familiale dominant Castelnau-le-Lez, sert de cadre à de nombreuses réunions familiales qu’il transpose dans ses tableaux. À Paris, il partage des ateliers avec Monet puis Renoir, et entretient des liens étroits avec Édouard Manet, Edmond Maître et le cercle des Batignolles. Il reste célibataire et sans enfants, concentré sur la peinture et la vie de studio. En août 1870, il s’engage volontairement dans un régiment de zouaves, acte qui l’entraîne sur le front de la guerre franco-prussienne où il trouve la mort quelques mois plus tard.


Anecdotes

1 – Dans L’Atelier de la rue de La Condamine, la figure de Bazille au centre du tableau est peinte par Édouard Manet lui-même, comme le peintre l’explique dans une lettre adressée à son père.
2 – Le domaine de Méric, près de Montpellier, apparaît dans plusieurs œuvres, dont La Robe rose, Réunion de famille et Vue de village, qui fixent sur la toile les réunions de la famille Bazille et des Hours en plein air.
3 – Bazille aide financièrement certains de ses amis, notamment Monet, en leur achetant des toiles et en exposant dans son propre atelier plusieurs œuvres refusées par le Salon, visibles sur les murs de L’Atelier de la rue de La Condamine.
4 – De son vivant, il ne vend aucun tableau et ne fait accepter qu’un nombre limité d’œuvres au Salon ; sa reconnaissance s’appuie sur les dons et ventes effectués par sa famille à la fin du XIXe siècle et sur les premières rétrospectives du début du XXe siècle.
5 – La Toilette, l’une de ses dernières grandes toiles, est rejetée par le Salon de 1870 et n’est connue du public qu’après sa mort ; on la distingue inachevée sur le mur de son atelier dans le tableau consacré à la rue de La Condamine.


Lieux de mémoire

Né à Montpellier, Frédéric Bazille est lié au domaine familial de Méric, à Castelnau-le-Lez, et aux ateliers parisiens de la rue Furstenberg puis de la rue de La Condamine. Il meurt sur le champ de bataille à Beaune-la-Rolande, avant que son corps ne soit transféré et inhumé au cimetière protestant de Montpellier.


Contexte du décès

Au début de la guerre franco-prussienne, Bazille s’engage volontairement au 3e régiment de marche de zouaves et part en instruction en Afrique du Nord avant d’être envoyé sur le front de la Loire. Promu sergent-major le 27 novembre 1870, il participe le lendemain à l’assaut de Beaune-la-Rolande, où il prend la tête de sa compagnie après la mise hors de combat de son officier. Touché par deux balles lors de l’attaque, il meurt sur le champ de bataille, à 28 ans. Quelques jours plus tard, son père vient récupérer sa dépouille pour l’inhumer à Montpellier, dans le cimetière protestant familial, où sa tombe devient un lieu de mémoire discret de la peinture impressionniste naissante.


Points clés

• Métier(s) : peintre, peintre impressionniste
• Résidence principale : Montpellier / Paris, France
• Relations : célibataire ; amitiés artistiques avec Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Édouard Manet, Edmond Maître (années 1860–1870)
• Enfants : aucun