Gabriel Attal incarne une ascension politique exceptionnellement rapide dans le paysage institutionnel français contemporain. Premier chef de gouvernement ouvertement homosexuel de l'histoire nationale, il symbolise un renouvellement générationnel tout en portant désormais le rôle de chef de file de l'opposition constructive et du bloc central. Architecte de réformes dans l'éducation avant d'accéder à Matignon, il a traversé les épreuves du pouvoir exécutif avant de devenir, fin 2024, le président du groupe Ensemble pour la République et le secrétaire général du parti Renaissance, consolidant sa position de prétendant déclaré à l'échéance présidentielle de 2027.
Né dans une famille franco-tunisienne aux sensibilités politiques variées, Gabriel Attal grandit entre Clamart et Paris. Après des études au lycée Alsacien et à Sciences Po Paris, il s'engage au sein du Mouvement des jeunes socialistes. En 2012, il rejoint le cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine. Son ralliement à En marche en 2016 marque une rupture décisive. Élu député des Hauts-de-Seine en 2017, il devient le plus jeune membre d'un gouvernement sous la Cinquième République dès 2018. Après avoir été porte-parole du gouvernement durant la pandémie et ministre des Comptes publics, il marque son passage à l'Éducation nationale par des mesures de fermeté sur la laïcité.
Le 9 janvier 2024, il est nommé Premier ministre. Son mandat, marqué par la crise agricole et une instabilité parlementaire sans précédent, prend fin après la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024. En octobre 2024, il prend la tête du groupe Ensemble pour la République (EPR) et, en décembre 2024, il est élu secrétaire général de Renaissance. Dès la rentrée 2025, il engage une rupture assumée avec Emmanuel Macron, revendiquant son autonomie lors d'un discours à Arras en septembre 2025, avant de déclarer sur TF1 en octobre 2025 "ne plus comprendre les décisions" du chef de l'État. Pour 2026, la direction du parti affiche trois objectifs : "rupture, espoir et rassemblement", avec en ligne de mire la présidentielle de 2027. En janvier 2026, il organise la "Nuit de la Nouvelle République" au Palais Brongniart, événement conçu comme un rassemblement collectif plutôt que comme un lancement de candidature affiché.
Sa trajectoire fulgurante suscite des critiques régulières. En 2019, ses propos sur le budget des étudiants ont marqué une image de déconnexion sociale persistante. Son décret sur l'interdiction de l'abaya en 2023 reste un point de débat vif. En 2025, ses propositions sur la comparution immédiate des mineurs ont été critiquées par les syndicats de magistrats. Au sein même de Renaissance, certains lui reprochent d'être trop en rupture avec le chef de l'État, quand d'autres l'accusent de "faire du sous-Macron, sans le talent et sans les idées". Sa stratégie aux municipales de 2026, consistant à soutenir des candidats d'autres partis plutôt qu'à investir des têtes de listes Renaissance, lui vaut également des critiques internes.
Gabriel Attal est issu d'une famille aux origines multiples : son père, avocat d'affaires franco-tunisien, et sa mère, productrice de cinéma. Sa relation passée avec Stéphane Séjourné, aujourd'hui eurodéputé, a été confirmée publiquement. Très discret sur sa vie privée, il se concentre sur ses fonctions. Amateur de cinéma, il cite volontiers les films de Claude Sautet. Sportif régulier, il pratique la course à pied.
Défenseur affiché de la laïcité, il a fait de la lutte contre le harcèlement scolaire un engagement personnel, révélant avoir lui-même été victime de brimades. En 2025 et 2026, il a accentué son engagement sur la justice des mineurs et la régulation des écrans. Ses convictions allient libéralisme économique, autorité régalienne et volonté de dépasser les clivages traditionnels.
Il réside principalement à Paris, dans le septième arrondissement, à proximité de l'Assemblée nationale. Son ancrage électoral reste fort dans la dixième circonscription des Hauts-de-Seine (Clamart, Vanves, Issy-les-Moulineaux), où il continue de se rendre régulièrement. L'Hôtel de Matignon reste un lieu symbolique de son passage au pouvoir.