Georges Clemenceau, né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée) et mort le 24 novembre 1929 à Paris, est un homme d'État français, médecin de formation et journaliste engagé, deux fois président du Conseil (1906-1909 et 1917-1920), artisan de la victoire alliée en 1918 et négociateur du traité de Versailles.
Georges Clemenceau naît dans une famille de la bourgeoisie vendéenne républicaine. Son père, Benjamin Clemenceau (1810-1897), médecin installé à Nantes mais vivant de ses fermages, lui transmet un athéisme militant et un attachement aux idéaux républicains radicaux. Après des études secondaires au lycée de Nantes, il monte à Paris pour y suivre des études de médecine, qu'il conclut par une thèse soutenue en mai 1865 intitulée De la génération des éléments anatomiques. Durant ses années parisiennes, il se lie avec Claude Monet et fréquente les cercles républicains opposés au Second Empire. Emprisonné quatre mois à la prison de Mazas en 1862 pour avoir appelé à une manifestation place de la Bastille, il quitte la France pour les États-Unis où il enseigne le français et l'équitation dans un établissement pour jeunes filles à Stamford (Connecticut) et travaille comme correspondant pour Le Temps. Rentré en France en 1869, il exerce comme médecin à Montmartre jusqu'en 1885. Élu maire du 18e arrondissement en septembre 1870 puis député de la Seine en 1871, il s'impose rapidement comme un orateur redouté, surnommé le "tombeur de ministères" pour avoir renversé les cabinets de Jules Ferry en 1885 par son exploitation de la défaite de Lang Son en Indochine. Il fonde plusieurs journaux : La Justice (1880) puis L'Aurore (1897), dans lequel il publie, aux côtés d'Émile Zola, la célèbre lettre J'accuse...! dont il choisit lui-même le titre percutant.
Défait aux élections de 1893 à la suite de ses liens indirects avec Cornélius Herz dans le scandale de Panama, Clemenceau traverse une traversée du désert de neuf ans avant d'entrer au Sénat en 1902. Réélu sénateur, il accède à la présidence du Conseil une première fois en octobre 1906, cumulant le portefeuille de l'Intérieur. Il y crée les brigades régionales de police mobile, dites "brigades du Tigre", ancêtres de la police judiciaire, surnom qui lui colle définitivement. Il réprime avec fermeté les grèves ouvrières, ce qui lui vaut une rupture durable avec Jean Jaurès et la gauche socialiste. Battu au Sénat en 1909, il lance en mai 1913 un nouveau quotidien, L'Homme Libre. En novembre 1917, le président Raymond Poincaré le rappelle à la tête du gouvernement dans un contexte de crise militaire grave, après les mutineries de 1917. Nommé simultanément ministre de la Guerre, Clemenceau visite les tranchées, redresse le moral des troupes et noue une alliance décisive avec le généralissime Ferdinand Foch et le commandant américain John Pershing. Il préside la Conférence de la Paix de 1919 aux côtés de David Lloyd George et Woodrow Wilson, obtenant la signature du traité de Versailles le 28 juin 1919 avec réparations, retour de l'Alsace-Lorraine et démilitarisation partielle de l'Allemagne. Surnommé "le Père la Victoire", il échoue à l'élection présidentielle de janvier 1920 face à Paul Deschanel et se retire définitivement de la politique.
Le scandale de Panama (1892-1893) entache durablement la réputation de Clemenceau. Son journal La Justice avait reçu des fonds de Cornélius Herz, homme d'affaires lourdement compromis dans le détournement des capitaux de la Compagnie universelle du canal interocéanique fondée par Ferdinand de Lesseps. Bien que Clemenceau ne soit pas personnellement condamné, son association avec Herz et les attaques orchestrées par le journaliste Ernest Judet lui valent une campagne de presse virulente. Le député nationaliste Paul Déroulède va jusqu'à l'accuser publiquement de corruption à la tribune ; Clemenceau le provoque en duel sans faire de blessé. Il perd son siège de député aux élections de 1893. L'enquête parlementaire conclut que 104 parlementaires avaient reçu des fonds de la compagnie ; Clemenceau ne figure pas parmi les condamnés, mais sa mise à l'écart dure jusqu'en 1902. Par ailleurs, sa première présidence du Conseil (1906-1909) lui vaut le surnom de "premier flic de France" pour sa répression des grèves dans les mines et les usines : la fusillade de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges en 1908, qui fait plusieurs morts parmi les grévistes, est documentée par la presse de l'époque comme l'épisode le plus meurtrier de son mandat.
1841 : naissance le 28 septembre à Mouilleron-en-Pareds (Vendée)
1862 : emprisonné à Mazas pour appel à manifestation républicaine
1865 : doctorat de médecine ; départ pour les États-Unis
1869 : mariage avec Mary Plummer à New York ; retour en France
1870 : élu maire du 18e arrondissement de Paris (Montmartre)
1871 : élu député de la Seine à l'Assemblée nationale
1880 : fondation du journal La Justice
1885 : renversement du cabinet Jules Ferry sur la question coloniale du Tonkin
1892 : divorc d'avec Mary Plummer ; éclaboussé par le scandale de Panama
1893 : défait aux élections législatives ; retrait provisoire de la vie politique
1897 : fondation de L'Aurore; choisit le titre J'accuse...! pour la lettre d'Émile Zola
1902 : élu sénateur du Var
1906 : président du Conseil et ministre de l'Intérieur (octobre 1906)
1913 : fondation du quotidien L'Homme Libre
1917 : rappelé à la présidence du Conseil en novembre ; ministre de la Guerre
1919 : attentat le 19 février ; préside la Conférence de la Paix ; traité de Versailles signé le 28 juin
1920 : échec à l'élection présidentielle ; retrait définitif de la politique
1928 : publication de Les Nymphéas, hommage à Claude Monet
1929 : décès le 24 novembre à Paris à l'âge de 88 ans
Fils du médecin Benjamin Clemenceau et de Sophie Gautreau, issue d'une famille protestante de cultivateurs vendéens, Georges Clemenceau grandit dans un foyer résolument républicain et athée. Après ses études au lycée de Nantes puis à la Faculté de médecine de Paris, il épouse en 1869 à New York Mary Plummer, une Américaine qui était son élève à Stamford. Le couple a trois enfants : Madeleine (1870), Thérèse (1872) et Michel (1873). Le divorce est prononcé en 1892 ; Clemenceau obtient la garde des trois enfants. Son fils Michel Clemenceau deviendra ingénieur agronome et homme politique, député de Seine-et-Marne de 1945 à 1951. Son frère Albert Clemenceau (1861-1955), avocat, prend part à la défense dans les procès liés à l'affaire Dreyfus aux côtés de Fernand Labori.
Clemenceau entretient de 1860 jusqu'à la mort du peintre en 1926 une amitié profonde avec Claude Monet, qu'il soutient publiquement dès les années 1880 dans les colonnes de ses journaux. C'est lui qui convainc Monet de donner les grandes décorations des Nymphéas à l'État français et qui choisit le musée de l'Orangerie comme lieu d'exposition, inauguré en mai 1927. Féru d'antiquités grecques, Clemenceau finance des fouilles archéologiques dans la région de Thèbes. Il pratique l'escrime quotidiennement jusqu'à un âge avancé. Passionné de voyages en fin de vie, il se rend en Égypte, en Inde, à Ceylan et aux États-Unis après 1920. Il est aidé dans ses dernières publications par Marguerite Baldensperger, de quarante ans sa cadette, à qui il adresse plus de six cents lettres.
Georges Clemenceau meurt le 24 novembre 1929 à son domicile parisien de la rue Benjamin Franklin, des suites d'une urémie. Aucune hospitalisation préalable n'est signalée dans les sources disponibles. Conformément aux dispositions testamentaires qu'il avait rédigées en mars 1929, il refuse toute cérémonie officielle, tout discours et toute manifestation publique. Il est inhumé le jour même à Mouchamps (Vendée), au lieu-dit Le Colombier, aux côtés de son père, au pied d'un cèdre de l'Atlas planté en 1848. Le cercueil est porté par son chauffeur Émile Brabant, son valet Albert Boulin, deux fossoyeurs et deux paysans locaux. Malgré un dispositif de deux cents gendarmes destiné à éloigner la foule, plusieurs centaines de paysans vendéens assistent à l'enterrement. Le président du Conseil André Tardieu et le président de la République Gaston Doumergue saluent publiquement sa mémoire. Sa sépulture, sans dalle ni inscription, est classée aux Monuments historiques depuis juillet 1998.
La tombe de Georges Clemenceau est située au Colombier à Mouchamps (Vendée), inscrite aux Monuments historiques depuis 1998. Une stèle sculptée par François Sicard, représentant Minerve victorieuse veillant sur la Paix, la surplombe. Son appartement de la rue Benjamin Franklin à Paris est devenu le musée Clemenceau. Sa maison de Saint-Vincent-sur-Jard (Vendée) est ouverte au public.
1 - Le 19 février 1919, l'anarchiste Émile Cottin tire neuf coups de revolver sur la voiture de Clemenceau rue Franklin. Une balle reste logée près de l'omoplate. Clemenceau refuse qu'on l'extraie et la conservera jusqu'à sa mort, dix ans plus tard.
2 - C'est Clemenceau qui choisit, en janvier 1898, le titre "J'accuse...!" pour la lettre ouverte d'Émile Zola publiée dans L'Aurore. Le directeur Ernest Vaughan confirme que Clemenceau, présent lors de la mise en page, proposa ce titre en reprenant la formule litanique de l'article lui-même.
3 - Aux obsèques de Claude Monet en décembre 1926, Clemenceau arrache le drap noir couvrant le cercueil de son ami en s'écriant "Pas de noir pour Monet" et le remplace par une cretonne aux couleurs bleues et mauves. Il s'effondre en pleurs lors du cortège vers le cimetière de Giverny.
4 - En 1921, Clemenceau est fait docteur honoris causa de l'université d'Oxford lors d'un voyage en Angleterre, six mois seulement après son retrait de la politique active.
5 - Son testament, rédigé le 28 mars 1929, prévoit qu'autour de sa fosse ne soit placée "qu'une grille de fer, sans nom, comme pour mon père", et qu'on dépose dans son cercueil sa canne à pomme de fer, un coffret de cuir de chèvre et deux bouquets de fleurs desséchées conservés sur la cheminée de sa chambre.
- Métier(s) : médecin, journaliste, homme politique (président du Conseil, ministre de l'Intérieur, ministre de la Guerre)
- Résidence principale : Paris (rue Benjamin Franklin)
- Relations de couple : Mary Plummer (épousée en 1869, divorce en 1892)
- Enfants : Madeleine (1870), Thérèse (1872), Michel (1873)
- Distinctions : élu à l'Académie française en 1918 ; docteur honoris causa de l'université d'Oxford (1921)
870 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Je ne suis qu'un humble soldat qui passe.
— Discours à la Sorbonne, 1er mars 1918
L'homme absurde est celui qui ne change jamais.
— Discours du 22 juillet 1917
Il est plus facile de faire la guerre que la paix.
— Discours du 14 juillet 1919
Gloire aux pays où l'on parle, honte aux pays où l'on se tait.
— Chambre des députés, 4 juin 1888
On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse.
— Attribué à Clemenceau, cité dans Soixante années d'histoire française de Georges Suarez
La vie est une oeuvre d'art.
Le monopole, c'est le dogme.
Quand on est jeune, c'est pour la vie.
Ne réussissent que ceux qui osent oser.
L'homme absurde est celui qui ne change jamais.
Quand on a du caractère, il est toujours mauvais.
Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables.
Il est plus facile de faire la guerre que la paix.
Les polytechniciens savent tout, mais rien d'autre.
Toute tolérance devient à la longue un droit acquis.
L'anglais, ce n'est jamais que du français mal prononcé.
L'honneur c'est comme la virginité, ça ne sert qu'une fois.
Manier le silence est plus difficile que de manier la parole.
La métaphysique est en l'air. Nous ne pouvons que l'y laisser.
Gloire aux pays où l'on parle, honte aux pays où l'on se tait.
Le meilleur moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier.
Ce que nous dénommons vérité n'est qu'une élimination d'erreurs.
Le plus beau moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier.
L'Angleterre est une ancienne colonie française qui a mal tourné.
Etre vaincu vaut mieux que d'être vainqueur du côté des scélérats.
La démocratie, c'est le pouvoir pour les poux de manger les lions.
Imaginer, c'est se figurer le monde au delà des mesures contrôlées.
Il n'y a pas de vieux messieurs, il n'y a que des femmes maladroites.
Gouverner, c'est tendre jusqu'à casser, tous les ressorts du pouvoir.
Qu'est-ce que l'Angleterre ? Une colonie française qui a mal tourné !
La guerre ! C'est une chose trop grave pour la confier à des militaires.
Un arrangement médiocre, ou une paix boiteuse, vaut mieux que la guerre.
Pour mes obsèques, je ne veux que le strict nécessaire, c'est-à-dire moi.
On reconnaît un discours de Jaurès parce que tous les verbes sont au futur.
Il y a deux organes inutiles, la prostate et la Présidence de la République.
Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables, qui ont tous été remplacés.
En politique, on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables.
La vanité humaine est si grande que le plus ignorant croit avoir besoin d'idées.
Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, surtout quand elles sont veuves.
Tango : on ne voit que des figures qui s'ennuient et des derrières qui s'amusent.
La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique.
On ne ment jamais tant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse.
Il n'y a pas de repos pour les peuples libres ; le repos, c'est une idée monarchique.
On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre et après la chasse.
Tout le monde peut faire des erreurs et les imputer à autrui : c'est faire de la politique.
Je connais un tas de types à qui je ne pardonnerai jamais les injures que je leur ai faites.
Pour prendre une décision, il faut être un nombre impair de personnes, et trois c'est déjà trop.
La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts.
En définitive, les victimes des guerres sont mortes pour rien. Seulement, elles sont mortes pour nous.
Une commission d'enquête pour être efficace, ne doit compter que trois membres, dont deux sont absents.
Ne craignez jamais de vous faire des ennemis ; si vous n'en avez pas, c'est que vous n'avez rien fait.
Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque: ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
Ce qui m'intéresse, c'est la vie des hommes qui ont échoué car c'est le signe qu'ils ont essayé de se surpasser.
Le gouvernement a pour mission de faire que les bons citoyens soient tranquilles, que les mauvais ne le soient pas.
Un escalier de ministère est un endroit où des gens qui arrivent en retard, croisent des gens qui partent en avance.
Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque: ce sont les plus haut placés qui servent le moins.
La vie m'a appris qu'il y a deux choses dont on peut très bien se passer : la présidence de la République et la prostate.
La politique me fait l'effet d'un immense cabestan auquel sont attelés un grand nombre d'hommes pour soutenir une mouche.
Il y a beaucoup à dire contre la charité. Le reproche le plus grave qu'on puisse lui faire, c'est de n'être pas pratiquée.
Il faut d'abord savoir ce que l'on veut, il faut ensuite avoir le courage de le dire, il faut ensuite l'énergie de le faire.
Les fonctionnaires sont un petit peu comme les livres d'une bibliothèque. Ce sont les plus hauts placés qui servent le moins...
Une vie est une oeuvre d'art. Il n'y a pas de plus beau poème que de vivre pleinement. Echouer même est enviable, pour avoir tenté.
On ne peut jamais savoir ce qu'il peut advenir d'un homme qui possède à la fois une certaine conception de ses intérêts et un fusil.
Je dirai que les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus hauts placés qui servent le moins.
Un traître est celui qui quitte son parti pour s'inscrire à un autre ; un converti, celui qui quitte cet autre pour s'inscrire au vôtre.
Une dictature est un pays dans lequel on a pas besoin de passer toute une nuit devant son poste pour apprendre le résultat des élections.
Les fonctionnaires sont les meilleurs maris : quand ils rentrent le soir à la maison, ils ne sont pas fatigués et ont déjà lu le journal.
Il faut savoir ce que l'on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire.
Une phrase française, ça se compose d'un sujet, d'un verbe et d'un complément direct. Et quand vous aurez besoin d'un complément indirect, venez me trouver.
La Justice et la Vérité, même méconnues de tout un peuple, resteront la Justice et la Vérité, c'est-à-dire des choses supérieures aux aberrations d'un jour.
Il suffit d'ajouter militaire à un mot pour lui faire perdre sa signification. Ainsi si la justice militaire n'est pas la justice, la musique militaire n'est pas la musique.