Résumé biographique

Georges Feydeau, maître incontesté du vaudeville français, a révolutionné le théâtre de boulevard par la précision mécanique de ses intrigues, la folie de ses quiproquos et l’exploration comique des mœurs bourgeoises adultérines. Mort à 58 ans, il laisse une œuvre intemporelle encore jouée dans le monde entier.


Parcours

Georges Feydeau naît le 8 décembre 1862 à Paris. Fils naturel de l’écrivain Léopold Feydeau et de Lodyska Szlewska, il grandit dans un milieu littéraire fréquenté par Flaubert, Dumas fils et Tourgueniev. Bachelier à 18 ans, il écrit dès 1881 sa première pièce Par la fenêtre jouée au Théâtre de l’Athénée. Suivent une quarantaine de vaudevilles en un ou trois actes : Tailleur pour dames (1886), La Lycéenne (1887), Chat en poche (1888). En 1889, il épouse Marianne Carolus-Duran, fille du peintre, avec qui il aura quatre enfants. Sa grande période commence avec Monsieur chasse ! (1892), Champignol malgré lui (1892), puis les chefs-d’œuvre absolus : Un fil à la patte (1894), Le Dindon (1896), La Dame de chez Maxim (1899), La Puce à l’oreille (1907), Occupe-toi d’Amélie (1908) et On purge bébé (1910), sa première pièce en un acte à grand succès. Entre 1894 et 1916, il fait représenter plus de soixante pièces, la plupart au Théâtre des Nouveautés et au Palais-Royal. Atteint de syphilis tertiaire, il doit cesser d’écrire en 1916.

Interné à la clinique du docteur Chéron en 1919, il est transféré en mai 1921 à la maison de santé de Rueil-Malmaison où il meurt le 5 juin 1921. Ses obsèques ont lieu à l’église Saint-Honoré-d’Eylau avant l’inhumation au cimetière de Montmartre. Son œuvre, jugée parfois frivole de son vivant, est redécouverte dès les années 1940 par la Comédie-Française et Jean-Louis Barrault, puis consacrée mondialement dans les mises en scène de Jacques Charon et Giorgio Strehler.


Repères chronologiques

1862 : Naissance le 8 décembre à Paris.
1881 : Première pièce représentée, Par la fenêtre.
1886 : Succès avec Tailleur pour dames.
1889 : Mariage avec Marianne Carolus-Duran.
1892 : Triomphe de Monsieur chasse ! et Champignol malgré lui.
1894 : Création d’Un fil à la patte.
1899 : Apogée avec La Dame de chez Maxim.
1907 : La Puce à l’oreille.
1908 : Occupe-toi d’Amélie.
1910 : On purge bébé, premier grand succès en un acte.
1916 : Dernière pièce, Hortense a dit : « Je m’en fous ! ».
1921 : Décès le 5 juin à Rueil-Malmaison.


Vie personnelle et engagements

Époux de Marianne Carolus-Duran de 1889 à 1917 (séparation de corps), Georges Feydeau a quatre enfants : Jacques (1891), Germaine (1893), Michel (1896) et Denise (1904). Collectionneur passionné de tableaux (Manet, Renoir), il fréquente les salons mondains et les cercles de jeu, dilapidant une partie de sa fortune au casino et à Deauville. Atteint de syphilis contractée jeune, il souffre de troubles neurologiques graves dès 1915.

Admirateur de Labiche et de la mécanique comique, il refuse toute posture politique ou sociale, revendiquant un théâtre « pur divertissement ». Ses pièces, souvent jugées légères, dissèquent pourtant avec une férocité inégalée la bourgeoisie adultère et hypocrite de la Belle Époque.


Contexte du décès

Atteint de démence syphilitique, Georges Feydeau est interné en 1919. Il se prend pour Napoléon III et dicte des décrets impériaux à ses infirmiers. Transféré à la maison de santé de Rueil-Malmaison en mai 1921, il y meurt le 5 juin 1921 à 58 ans d’une urémie consécutive à sa maladie. Ses obsèques réunissent le Tout-Paris théâtral à Saint-Honoré-d’Eylau.


Où se recueillir ?

Georges Feydeau repose dans la 25e division du cimetière de Montmartre à Paris, aux côtés de sa mère et de plusieurs membres de sa famille. Sa tombe, sobre, est régulièrement fleurie par les amateurs de théâtre.


Anecdotes

1 - Il écrit On purge bébé en six jours seulement, record absolu pour un vaudeville en un acte.
2 - Obsédé par la précision, il chronométrait ses répétitions au dixième de seconde pour que les portes claquent au bon moment.
3 - Il perd plus de 300 000 francs-or au jeu entre 1900 et 1914, somme colossale pour l’époque.
4 - Interné, il se croyait Napoléon III et signait ses lettres « N III ».


Points clés

- Métier(s) : Dramaturge, auteur de vaudevilles
- Résidence principale : Paris (dernier domicile avenue du Bois-de-Boulogne)
- Relations : Marié à Marianne Carolus-Duran (1889-1917)
- Enfants : 4 (Jacques, Germaine, Michel, Denise)
- Distinctions : Aucune officielle (mais reconnaissance posthume universelle)