Georges Jacques Danton, avocat et homme politique français né à Arcis-sur-Aube en 1759, ministre de la Justice et premier président du Comité de salut public, reste associé à son discours « De l'audace » du 2 septembre 1792. Il est guillotiné le 5 avril 1794 à Paris.
Né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube, dans la province de Champagne, Georges Jacques Danton est le fils de Jacques Danton (1722-1762), procureur au bailliage d'Arcis-sur-Aube, et de Marie-Madeleine Camut, fille d'un entrepreneur en charpenterie. Son père décède en 1762, laissant l'enfant de trois ans sous la tutelle de sa mère. Scolarisé au petit séminaire de Troyes à partir de 1773, Danton poursuit ses études secondaires au collège des Oratoriens jusqu'à la classe de rhétorique. Il part à Paris en 1780 comme clerc chez un procureur et obtient, en 1784, une licence en droit à la faculté de Reims. Grâce à la dot de 20 000 livres de son épouse Antoinette Gabrielle Charpentier, il achète en 1787 la charge d'avocat aux Conseils du roi et installe son cabinet cour du Commerce, rue des Cordeliers. Dès 1789, il adhère à la Garde nationale et est élu président du district des Cordeliers.
En avril 1790, Danton cofonde avec Camille Desmoulins le club des Cordeliers, foyer de la contestation populaire parisienne. Après la fusillade du Champ-de-Mars en juillet 1791 et un exil temporaire en Angleterre, il est nommé ministre de la Justice le 10 août 1792, au lendemain de la chute de la monarchie. Le 2 septembre 1792, devant l'Assemblée législative, il prononce la harangue qui lui vaut sa notoriété : « De l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace. » Élu à la Convention nationale en septembre 1792 parmi les Montagnards, il est à l'origine de la création du Comité de salut public le 6 avril 1793 et en assure la première présidence jusqu'au 10 juillet. Il préside également la Convention nationale du 25 juillet au 8 août 1793, avant de prendre ses distances avec la Terreur au sein du mouvement des Indulgents. Face à Maximilien Robespierre, il plaide pour la clémence et l'arrêt des exécutions.
Des accusations de corruption pèsent sur Danton dès les premières années de la Révolution. Il est mis en cause pour avoir reçu des fonds d'Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau et pour ses contacts avec le général Charles-François Dumouriez après la désertion de ce dernier en mars 1793. Son absence d'intervention lors des massacres de septembre 1792 - au cours desquels plus d'un millier de prisonniers parisiens sont tués - lui est également reprochée en sa qualité de ministre de la Justice. Dans la nuit du 30 au 31 mars 1794, Danton est arrêté avec Camille Desmoulins, Marie Jean Hérault de Séchelles et plusieurs associés, sur décision du Comité de salut public. Le procès s'ouvre le 2 avril 1794 devant le Tribunal révolutionnaire, où Louis-Antoine de Saint-Just présente à la Convention l'acte d'accusation, reprochant à Danton corruption et clémence envers les ennemis de la République. Sur demande de l'accusateur public Antoine Quentin Fouquier-Tinville, la Convention adopte un décret mettant les accusés hors la loi et clôturant ainsi les débats. Condamné à mort, Danton est guillotiné le 5 avril 1794 place de la Révolution à Paris.
1759 : Naissance le 26 octobre à Arcis-sur-Aube, province de Champagne.
1762 : Décès de son père Jacques Danton ; il est élevé par sa mère Marie-Madeleine Camut.
1773 : Entrée au petit séminaire de Troyes, puis au collège des Oratoriens.
1780 : Départ pour Paris, emploi de clerc chez un procureur.
1784 : Obtention d'une licence en droit à la faculté de Reims.
1787 : Mariage avec Antoinette Gabrielle Charpentier (14 juin) ; achat de la charge d'avocat aux Conseils du roi.
1790 : Cofondation du club des Cordeliers avec Camille Desmoulins (27 avril) ; élection à la présidence.
1791 : Exil temporaire en Angleterre après la fusillade du Champ-de-Mars (juillet).
1792 : Nomination comme ministre de la Justice (10 août) ; discours de l'Audace devant l'Assemblée législative (2 septembre).
1792 : Élection à la Convention nationale (6 septembre) ; démission du ministère de la Justice (9 octobre).
1793 : Décès d'Antoinette Gabrielle Charpentier (10 février) ; création du Comité de salut public à son initiative (6 avril) ; première présidence jusqu'au 10 juillet.
1793 : Remariage avec Louise Sébastienne Gély (juillet) ; présidence de la Convention nationale (25 juillet - 8 août).
1793-1794 : Opposition à la Terreur ; ralliement aux Indulgents avec Camille Desmoulins.
1794 : Arrestation dans la nuit du 30 au 31 mars ; procès devant le Tribunal révolutionnaire (2 au 5 avril).
1794 : Guillotiné le 5 avril à la place de la Révolution (actuelle place de la Concorde), Paris.
Georges Jacques Danton est le fils de Jacques Danton (1722-1762), procureur au bailliage d'Arcis-sur-Aube, et de Marie-Madeleine Camut, fille d'un entrepreneur en charpenterie. Son père décède alors qu'il n'a que trois ans. Sa sœur aînée Anne-Marguerite épouse en 1784 le marchand Pierre Menuel. En 1787, Danton épouse Antoinette Gabrielle Charpentier (vers 1762-1793), fille d'un cafetier parisien, dont il a trois fils : François (1788-1789, mort en bas âge), Antoine (1790-1858) et François Georges (1792-1848). Après le décès de Gabrielle le 10 février 1793, survenu en couches pendant son absence en Belgique, il se remarie en juillet 1793 avec Louise Sébastienne Gély (1776-1856), alors âgée de dix-sept ans.
Au sein du mouvement révolutionnaire, Danton entretient des liens étroits avec Camille Desmoulins, journaliste et cofondateur du club des Cordeliers, ainsi qu'avec Jean-Paul Marat, tribun des classes populaires parisiennes. Réputé pour son train de vie aisé et ses retraites régulières dans sa propriété d'Arcis-sur-Aube, il est suspecté de corruption par ses contemporains. Ses positions modérées, notamment son opposition aux violences antireligieuses défendues par des révolutionnaires comme Jacques-René Hébert, le distinguent de l'aile radicale. À la Convention, Danton plaide pour des mesures sociales, dont une instruction publique gratuite en 1793.
Condamné à mort par le Tribunal révolutionnaire, Georges Jacques Danton est guillotiné le 5 avril 1794 (16 germinal an II) à la place de la Révolution, actuelle place de la Concorde à Paris. L'exécution concerne douze condamnés, dont Camille Desmoulins. La cause du décès est la décapitation par guillotine. Aucune cérémonie funèbre publique n'est organisée. La chute de Maximilien Robespierre le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) met fin à la Terreur moins de quatre mois plus tard. La réhabilitation partielle de Danton intervient sous la IIIe République, notamment sous l'influence des travaux de l'historien Jules Michelet, qui lui consacre plusieurs chapitres dans son Histoire de la Révolution française.
Les restes de Georges Jacques Danton, inhumés au cimetière des Errancis à Paris après son exécution le 5 avril 1794, sont transférés dans les catacombes de Paris. Aucune sépulture identifiée ne subsiste. Une statue en bronze du sculpteur Auguste Paris (1850-1915) est inaugurée en 1891 place Henri Mondor, au carrefour de l'Odéon dans le 6e arrondissement, sur l'emplacement de l'ancienne demeure de Danton démolie lors de l'ouverture du boulevard Saint-Germain.
1 - Pendant son enfance à Arcis-sur-Aube, Danton est défiguré par la variole et par deux accidents avec des taureaux : une corne lui entaille la lèvre supérieure, un sabot lui écrase le nez. Ces blessures marquent durablement son physique imposant.
2 - En février 1793, rentrant précipitamment de Belgique à l'annonce du décès de sa première femme, Danton fait déterrer de nuit le corps d'Antoinette Gabrielle Charpentier au cimetière Sainte-Catherine et commande au sculpteur Claude-André Deseine un moulage posthume de son visage.
3 - Surnommé le « Mirabeau du caniveau » en référence à Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau, Danton partage avec lui un talent oratoire documenté et des accusations de corruption, tout en se distinguant par son identification aux classes populaires.
4 - À la tribune de la Convention nationale le 13 août 1793, Danton plaide pour une instruction publique gratuite et obligatoire, devançant d'un siècle les lois scolaires de Jules Ferry. Cette position reste peu mentionnée dans les biographies standards.
5 - Pour obtenir l'accord de la famille Gély à son remariage en 1793, Danton accepte que la cérémonie soit célébrée par un prêtre réfractaire. La messe secrète est célébrée dans une mansarde parisienne afin de ne pas compromettre son image révolutionnaire.
- Métier(s) : Avocat, homme politique, orateur révolutionnaire
- Résidence principale : Paris (quartier des Cordeliers) ; résidence secondaire à Arcis-sur-Aube
- Relations de couple : Antoinette Gabrielle Charpentier (1787-1793) ; Louise Sébastienne Gély (1793-1794)
- Enfants : François Danton (1788-1789), Antoine Danton (1790-1858), François Georges Danton (1792-1848)
- Distinctions : Ministre de la Justice (août-octobre 1792) ; premier président du Comité de salut public (avril-juillet 1793) ; président de la Convention nationale (juillet-août 1793)
« Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être ! »
— Discours à la Convention nationale, été 1793
« On n'emporte pas la patrie à la semelle de ses souliers. »
— Réponse à des proches lui conseillant de fuir Paris, début 1794
« De l'audace, encore de l'audace et toujours de l'audace ! »
— Discours à l'Assemblée législative, 2 septembre 1792
« Ma demeure sera bientôt dans le néant ; quant à mon nom, vous le trouverez dans le panthéon de l'Histoire. »
— Déclaration devant le Tribunal révolutionnaire, avril 1794
La vérité, l'âpre vérité.
Qui hait les vices, hait les hommes.
Une nation se sauve, elle ne se venge pas.
Après le pain, l'éducation est le premier besoin d'un peuple.
Nous deviendrons tous poètes, nous allons tous faire des vers.
Est-ce qu'on emporte pas la patrie à la semelle de ses souliers ?
Pour vaincre, il nous faut de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace.