Naissance
22 avr. 1766
Nationalité
Astrologie

Biographie

Germaine de Staël, baronne de Staël-Holstein, est une romancière, essayiste et philosophe franco-suisse née à Paris en 1766. Fille du ministre Jacques Necker, animatrice du Groupe de Coppet et opposante déclarée à Napoléon Bonaparte, elle introduit le romantisme allemand en France.


Parcours

Germaine Necker grandit dans le salon parisien de sa mère Suzanne Curchod, fréquenté par Buffon, Marmontel, Edward Gibbon, l'abbé Raynal et Jean-François de La Harpe. Mariée en 1786 au baron suédois Erik Magnus Staël-Holstein, ambassadeur du roi Gustave III auprès de la cour de France, elle ouvre dès 1788 son propre salon rue du Bac, où se croisent La Fayette, Talleyrand, Mathieu de Montmorency, Condorcet et Louis de Narbonne. Favorable aux idéaux de 1789, elle assiste à l'ouverture des États généraux. La radicalisation de la Révolution la pousse à se réfugier en Angleterre puis au château de Coppet, propriété familiale près de Genève, où elle se lie en 1794 avec l'écrivain Benjamin Constant. Ses premiers essais, les Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau (1788) et De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations (1796), lui assurent une réputation philosophique européenne.

Avec De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800), elle développe une théorie associant l'œuvre à la civilisation qui la produit. Son roman Delphine (1802) provoque la rupture définitive avec Napoléon, qui l'éloigne de Paris à plus de quarante lieues. Le château de Coppet devient le quartier général d'un cercle européen réunissant Benjamin Constant, August Wilhelm Schlegel, Sismondi et Juliette Récamier. Un voyage en Allemagne en 1803-1804 lui permet de rencontrer Goethe et Schiller à Weimar ; un séjour italien nourrit Corinne ou l'Italie (1807). Son essai De l'Allemagne est saisi et pilonné en 1810 sur ordre du ministre Savary, duc de Rovigo. À partir de 1812, elle gagne la Russie, rencontre le baron vom Stein à Saint-Pétersbourg, rejoint Bernadotte à Stockholm puis Londres, où l'ouvrage paraît enfin en 1813.


Repères chronologiques

1766 : naissance à Paris, dans l'hôtel d'Hallwyll rue Michel-le-Comte, sous le nom d'Anne-Louise-Germaine Necker.
1786 : mariage le 17 janvier avec le baron Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur de Suède.
1788 : publication des Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau.
1793 : exil en Angleterre, à Juniper Hall près de Mickleham, et publication des Réflexions sur le procès de la Reine.
1794 : rencontre avec Benjamin Constant en Suisse.
1796 : parution de De l'influence des passions.
1800 : De la littérature ; séparation officielle d'avec son mari.
1802 : roman Delphine ; mort de son mari ; éloignement de Paris.
1803-1804 : voyage en Allemagne, rencontres avec Goethe et Schiller.
1807 : publication de Corinne ou l'Italie.
1810 : De l'Allemagne envoyé au pilon par la police impériale.
1811 : mariage secret avec Albert de Rocca, jeune officier de vingt-deux ans son cadet.
1812 : fuite par l'Autriche, la Russie et la Suède pour rejoindre Londres.
1814 : retour à Paris à la chute de l'Empire ; parution officielle de De l'Allemagne.
1817 : mort à Paris le 14 juillet ; inhumation à Coppet.


Vie personnelle et engagements

Anne-Louise-Germaine Necker naît dans une famille protestante valdo-genevoise fortunée. Son père, Jacques Necker, banquier genevois devenu directeur général des Finances de Louis XVI, exerce sur elle une influence décisive. Sa mère, Suzanne Curchod, fille d'un pasteur calviniste vaudois, lui donne une éducation encyclopédique et l'introduit très jeune dans son salon parisien de la rue de la Chaussée-d'Antin. Mariée en 1786 au baron Erik Magnus Staël von Holstein, elle s'en sépare en 1800 et se remarie secrètement en 1811 avec Albert de Rocca. De son premier mariage naissent Gustavine (1787-1789), Auguste (1790-1827), Albert (1792-1813) et Albertine (1797-1838), future duchesse de Broglie ; de son second, Louis-Alphonse (1812-1842).

Liée à Louis de Narbonne, puis à François de Pange et durablement à Benjamin Constant, elle entretient une correspondance suivie avec Charles-Maurice de Talleyrand, dont elle a favorisé le retour d'exil. Au château de Coppet, elle rassemble August Wilhelm Schlegel, Sismondi, Mathieu de Montmorency, Juliette Récamier et Prosper de Barante. Engagée pour le libéralisme constitutionnel, abolitionniste convaincue, elle dénonce dès Réflexions sur le procès de la Reine la condition féminine et soutient à Stockholm la coalition antinapoléonienne autour de Bernadotte.


Contexte du décès

Au début de 1817, Germaine de Staël est victime d'une attaque de paralysie au cours d'un bal donné à Paris par Élie Decazes, ministre de la Police de Louis XVIII. Souffrant depuis plusieurs années d'œdème des jambes et d'une dépendance à l'opium qu'elle prenait pour le sommeil, elle s'éteint le 14 juillet 1817 à Paris d'une hémorragie cérébrale, dans les bras de son gendre Victor de Broglie. Ses funérailles, privées, sont suivies à Coppet. François-René de Chateaubriand, accompagné de Juliette Récamier, viendra plus tard se recueillir sur sa tombe et consacrera à cette visite l'une des pages les plus connues de ses Mémoires d'outre-tombe.


Lieux de mémoire

Germaine de Staël est inhumée à proximité du château de Coppet, dans le canton de Vaud, au sein de la chapelle funéraire édifiée par sa mère en 1793-1794, aux côtés de ses parents Jacques Necker et Suzanne Curchod. Une rue porte son nom à Paris, ainsi qu'à Genève. Plusieurs lycées français à Montluçon, Grenoble et Saint-Julien-en-Genevois lui sont également dédiés.


Anecdotes

1 - Avant ses vingt ans, elle avait déjà refusé plusieurs partis prestigieux, dont William Pitt le Jeune, futur Premier ministre britannique, et le comte suédois Axel de Fersen, futur intime de Marie-Antoinette.
2 - Lors de leur première entrevue arrangée par Talleyrand le 3 janvier 1798, elle demande à Bonaparte qui est, selon lui, la première des femmes ; le général lui répond : celle qui fait le plus d'enfants. L'échange marque le début d'une animosité durable.
3 - Pour soulager ses insomnies et son agitation chronique, elle prit pendant des années des grains d'opium chaque soir, et en devint dépendante au point que ses biographes y voient un facteur aggravant de son déclin physique.
4 - Son second mariage avec Albert de Rocca, jeune officier de vingt-deux ans son cadet, a été tenu secret de son vivant pour préserver le rang de baronne de Staël et l'héritage de ses enfants aînés.
5 - Lors de son passage à Weimar en 1803-1804, elle est reçue dans les cours princières allemandes avec les égards normalement réservés à un chef d'État, alors qu'elle voyage en exilée d'Empire.
6 - Un cratère de la planète Vénus porte son nom, hommage tardif rendu par l'Union astronomique internationale aux femmes de lettres marquantes.


Points clés

- Métier(s) : romancière, essayiste, philosophe, salonnière
- Résidence principale : Paris et château de Coppet (canton de Vaud, Suisse)
- Relations de couple : Erik Magnus Staël von Holstein (1786-1802) ; Albert de Rocca (1811-1818)
- Enfants : Gustavine, Auguste, Albert, Albertine et Louis-Alphonse
- Distinctions : figure fondatrice du romantisme français, inhumée à Coppet, statue à l'hôtel de ville de Paris, cratère « de Staël » sur Vénus

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Citations

« Comprendre, c'est pardonner. »

— Corinne ou l'Italie, 1807

« La gloire est le deuil éclatant du bonheur. »

— Corinne ou l'Italie, 1807

« L'amour est l'histoire de la vie des femmes ; c'est un épisode dans celle des hommes. »

— De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations, 1796

« La vie ne semble souvent qu'un long naufrage, dont les débris sont l'amitié, la gloire et l'amour. »

— De l'Allemagne, 1813

« Tout ce que l'homme a fait de plus grand, il le doit au sentiment douloureux de l'incomplet de sa destinée. »

— De l'Allemagne, 1813

« Comprendre, c'est pardonner. »

— Corinne ou l'Italie, 1807

« La gloire est le deuil éclatant du bonheur. »

— Corinne ou l'Italie, 1807

« L'amour est l'histoire de la vie des femmes ; c'est un épisode dans celle des hommes. »

— De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations, 1796

« La vie ne semble souvent qu'un long naufrage, dont les débris sont l'amitié, la gloire et l'amour. »

— De l'Allemagne, 1813

« Tout ce que l'homme a fait de plus grand, il le doit au sentiment douloureux de l'incomplet de sa destinée. »

— De l'Allemagne, 1813

Questions autour de Germaine de Staël

Quel est le vrai nom de Germaine de Staël ?
Le nom de naissance de Germaine de Staël est Anne-Louise-Germaine Necker. Elle prend le nom de baronne de Staël-Holstein lors de son mariage en 1786 avec le diplomate suédois Erik Magnus Staël von Holstein.
Qui sont les parents de Germaine de Staël ?
Germaine de Staël est la fille du banquier genevois Jacques Necker, directeur général des Finances de Louis XVI, et de Suzanne Curchod, femme de lettres vaudoise tenant un salon littéraire parisien réputé.
Qui était le mari de Germaine de Staël ?
Germaine de Staël épouse en 1786 le baron Erik Magnus Staël von Holstein, ambassadeur de Suède à Paris. Veuve en 1802, elle se remarie secrètement en 1811 avec le jeune officier suisse Albert de Rocca.
Combien d'enfants a eu Germaine de Staël ?
Germaine de Staël a eu cinq enfants : Gustavine, Auguste, Albert et Albertine de son premier mariage, et Louis-Alphonse, né en 1812 de sa relation puis mariage avec Albert de Rocca.
Pourquoi Germaine de Staël a-t-elle été exilée par Napoléon ?
Napoléon voyait dans Germaine de Staël une opposante libérale influente, hostile à son régime et entourée d'un cercle d'intellectuels critiques au château de Coppet. La parution de De l'Allemagne en 1810 entraîne la saisie de l'ouvrage et son assignation à résidence.
Quelle est l'œuvre la plus célèbre de Germaine de Staël ?
Ses œuvres les plus célèbres sont les romans Delphine (1802) et Corinne ou l'Italie (1807), ainsi que l'essai De l'Allemagne (1813), qui introduit le romantisme allemand en France.
De quoi est morte Germaine de Staël ?
Germaine de Staël s'éteint le 14 juillet 1817 à Paris d'une hémorragie cérébrale, après plusieurs mois d'agonie consécutifs à une attaque de paralysie survenue lors d'un bal du duc Decazes au début de la même année.
Qui est né le même jour que Germaine de Staël ?
Charles Mingus, Robert Oppenheimer, Denis Podalydès, Emmanuel Kant et Steve Fossett sont nés le 22 avril comme Germaine de Staël.
À quel âge est morte Germaine de Staël ?
Germaine de Staël est morte à 51 ans, le 14 juillet 1817.
Qui est mort le même jour que Germaine de Staël ?
Grock, J. J. Lionel, Richard McDonald, Ivana Trump et Fauja Singh sont morts le 14 juillet comme Germaine de Staël.
Quels écrivains sont nés à Paris comme Germaine de Staël ?
Quels écrivains français sont du signe Taureau comme Germaine de Staël ?
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