Getúlio Vargas, de son nom complet Getúlio Dornelles Vargas, né le 19 avril 1882 à São Borja dans l’État du Rio Grande do Sul et mort le 24 août 1954 à Rio de Janeiro, est un avocat, militaire et homme d’État brésilien. Président du Brésil de 1930 à 1945 puis de 1951 à 1954, il est le dirigeant qui a gouverné le plus longtemps au XXe siècle (près de 18 ans au total). Populiste et nationaliste, il met fin à la Vieille République oligarchique par la Révolution de 1930, centralise l’État et instaure des réformes sociales tout en exerçant un pouvoir autoritaire pendant l’Estado Novo (1937-1945). Son héritage reste ambivalent : réformes industrielles et droits des travailleurs pour les uns, dictature et répression pour les autres.
Getúlio Vargas naît dans une famille influente de gaúchos propriétaires terriens. Fils de Manuel do Nascimento Vargas, colonel et ancien maire de São Borja, et de Cândida Dornelles Vargas, il étudie le droit à Porto Alegre et obtient son diplôme en 1907. Il exerce comme procureur puis entre en politique. Député d’État, il devient ministre des Finances en 1926 sous Washington Luís, puis gouverneur du Rio Grande do Sul en 1928. Candidat de l’Alliance libérale à l’élection présidentielle de 1930, il conteste sa défaite et mène la Révolution de 1930 qui le porte au pouvoir comme chef du gouvernement provisoire, mettant fin à la Vieille République.
Après la Révolution constitutionnaliste de São Paulo en 1932, Getúlio Vargas fait adopter une nouvelle constitution en 1934 et est élu président. Face à l’instabilité, il instaure l’Estado Novo par un coup d’État le 10 novembre 1937, dissout le Parlement et gouverne en dictateur jusqu’en 1945. Cette période voit l’industrialisation (aciérie de Volta Redonda), la création de la Consolidation des lois du travail (CLT) en 1943, le suffrage féminin (introduit en 1932) et le vote secret. Il réprime l’insurrection communiste de 1935 et survit à une tentative de coup intégriste en 1938. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il passe d’une neutralité initiale à l’alliance avec les Alliés et envoie des troupes brésiliennes en Italie en 1944. Déposé en 1945, il est réélu démocratiquement en 1951 sous l’étiquette du Parti travailliste brésilien (PTB). Son second mandat voit la création de Petrobras en 1953 et du BNDES, mais est marqué par l’inflation et l’opposition.
Getúlio Vargas instaure un régime autoritaire avec l’Estado Novo en 1937, supprimant les libertés publiques, dissolvant les partis et instaurant la censure. Il réprime durement l’insurrection communiste de 1935 et maintient une police politique. Dans les années 1950, son entourage est accusé de corruption, notamment après l’attentat de la rue Tonelero contre Carlos Lacerda en août 1954, impliquant sa garde personnelle. Son suicide est perçu comme un acte politique qui renforce son image de martyr auprès des classes populaires tout en polarisant le pays entre partisans du « père des pauvres » et critiques de son autoritarisme.
Getúlio Vargas épouse en 1911 Darci Sarmanho Vargas. Le couple a cinq enfants : Lutero Vargas, Getúlio Vargas Filho (dit Getulinho, mort en 1943 à 23 ans des suites de la poliomyélite), Alzira Vargas, Jandira Vargas et Manuel Sarmanho Vargas (dit Maneco). Issu d’une famille traditionaliste du Rio Grande do Sul, il conserve des attaches fortes avec sa région d’origine. Darci Sarmanho Vargas joue un rôle discret mais visible comme Première dame.
Getúlio Vargas s’engage pour le nationalisme économique, l’industrialisation et les droits des travailleurs urbains. Il fait adopter la législation du travail (CLT en 1943), le suffrage féminin et le vote secret. Anti-communiste, il reste pragmatique en politique étrangère. Son populisme s’adresse principalement aux classes populaires urbaines, d’où son surnom de « père des pauvres ».
Getúlio Vargas meurt le 24 août 1954 à l’âge de 72 ans au palais du Catete à Rio de Janeiro. Il se suicide d’une balle dans le cœur avec un revolver. Il laisse une lettre-testament dans laquelle il écrit notamment : « Serenement, je fais le premier pas sur le chemin de l’éternité et je quitte la vie pour entrer dans l’histoire. » Son suicide provoque de vastes manifestations de soutien et renforce le varguisme politique. Son corps est exposé à Rio de Janeiro puis inhumé à São Borja, sa ville natale.
Getúlio Vargas naît et passe son enfance à São Borja dans le Rio Grande do Sul, région à laquelle il reste attaché toute sa vie. Il gouverne depuis Rio de Janeiro, alors capitale fédérale, et réside au palais du Catete pendant ses mandats. Il est inhumé à São Borja.
Serenement, je fais le premier pas sur le chemin de l’éternité et je quitte la vie pour entrer dans l’histoire.
— Carta Testamento de Getúlio Vargas, 24 août 1954
Serenement, je fais le premier pas sur le chemin de l’éternité et je quitte la vie pour entrer dans l’histoire.
— Carta Testamento de Getúlio Vargas, 24 août 1954