Gilles de Rais

1405–1440 · † à 35 ans
Naissance
1405
Champtocé-sur-Loire (49), France
Décès
26 oct. 1440
pendaison

Résumé biographique

Gilles de Rais (ou Gilles de Retz, selon la graphie moderne) en référence à son titre de baron de Retz, né à une date inconnue (au plus tôt durant l'année 1405) au château de Champtocé et mort le 26 octobre 1440 à Nantes, est un chevalier et seigneur dont les nombreux domaines se répartissent entre la Bretagne, l'Anjou, le Poitou, le Maine et l'Angoumois. Chef de guerre français durant la guerre de Cent Ans, il est passé à la postérité comme l'un des compagnons d'armes de Jeanne d'Arc, mais aussi comme un criminel condamné à mort pour le meurtre et le viol de nombreux enfants.

Seigneur important en tant qu'héritier de grandes lignées nobiliaires de l'ouest de la France, il se rallie à la cause du roi Charles VII, guerroie contre les Anglais et scelle une alliance avec son propre cousin, l'influent grand chambellan Georges de La Trémoille. Il combat dans les rangs de l'armée royale avec Jeanne d'Arc mais leurs relations restent obscures, à la différence des rapports privilégiés que leur prêteront diverses œuvres de fiction. Au cours de leurs campagnes militaires communes, il contribue notablement à la levée du siège d'Orléans avant d'être promu maréchal de France le 17 juillet 1429, jour du sacre royal de Charles VII à Reims. Après la mort de son grand-père Jean de Craon en 1432 et la disgrâce de Georges de La Trémoille en 1433, le maréchal de Rais se désengage progressivement de la guerre. Il se voit accusé par sa famille, et notamment par son frère cadet René de La Suze, de dilapider son patrimoine en aliénant ses terres au plus offrant afin de pallier ses fastueuses dépenses. Ses prodigalités entraînent sa mise sous interdit par Charles VII le 2 juillet 1435.

En mai 1440, il moleste un clerc de haut rang dans l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte avant de se saisir du château local, violant de ce fait les immunités ecclésiastiques et portant atteinte à la majesté de son suzerain, le duc Jean V de Bretagne. Arrêté le 15 septembre 1440 dans son château de Machecoul, il est conduit dans le duché de Bretagne, alors principauté indépendante, pour comparaître à la fois devant la cour de justice ducale et la justice ecclésiastique secondée par l'Inquisition. En octobre 1440, il est jugé par le tribunal inquisitorial pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus ». Parallèlement, les juges séculiers du duc de Bretagne le condamnent à la pendaison et au bûcher pour son coup de force à Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants », sans préciser le nombre de victimes. Le 26 octobre 1440, il monte à l'échafaud avec deux de ses serviteurs convaincus d'assassinats.

L'histoire de Gilles de Rais est parfois présentée comme une possible source d'inspiration du conte La Barbe bleue de Charles Perrault mais cette hypothèse demeure contestée. Indépendamment de ce débat, le folklore amalgame parfois son personnage à celui de Barbe-Bleue depuis le premier quart du XIXe siècle. À la fin du XIXe siècle, la criminologie le range parmi les « criminels sadiques, dégénérés et pervers », conformément aux conceptions psychopathologiques alors en vigueur, aujourd'hui largement dépassées. Plus récemment, il est régulièrement associé à la figure du tueur en série, bien qu'une telle classification soit jugée anachronique par plusieurs chercheurs. Il devient dès lors « l'incarnation d'une structure perverse intemporelle n'ayant plus qu'un lointain rapport avec la triple accusation médiévale de rébellion, de pacte avec le Diable et de rapports contre-nature », selon le médiéviste Jacques Chiffoleau.

La cause de la réhabilitation de Gilles de Rais est défendue épisodiquement par divers particuliers, mais les historiens professionnels ne soutiennent pas la thèse de son innocence. Certains chercheurs se montrent toutefois prudents dans l'interprétation des actes du double procès nantais de l'automne 1440, sans chercher à disculper le condamné ni à reconstituer une hypothétique vérité judiciaire. Les médiévistes Jacques Chiffoleau et Claude Gauvard soulignent ainsi la nécessité de replacer les pièces du procès dans le contexte de la procédure inquisitoriale qui les a produits. Ils étudient les aveux à la lumière des grilles de lecture des juges de Gilles de Rais, tout en examinant la manière dont les rumeurs locales ont contribué à constituer sa fama publica, notion juridique médiévale désignant une réputation publique suffisamment établie pour fonder une action en justice. Pour autant, la démarche critique des historiens ne les conduit pas à rejeter les témoignages circonstanciés sur des disparitions d'enfants, ni les aveux décrivant des rituels meurtriers sans équivalent connu dans les archives judiciaires médiévales.

Extrait de Wikipédia
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Questions autour de Gilles de Rais

À quel âge est mort Gilles de Rais ?
Gilles de Rais est mort à environ 35 ans, le 26 octobre 1440.
Qui est mort le même jour que Gilles de Rais ?
César Ritz, Françoise Bertin, Édouard Duleu, Khun Sa et Igor Sikorsky sont morts le 26 octobre comme Gilles de Rais.
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