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Gilles de Rais

Gilles de Rais

Militaire


Mort vers 35 ans
Date de naissance
Date de mort
Le lundi

Il est mort depuis environ 581 ans

Cause de la mort : pendaison

Lieu de naissance
Champtocé-sur-Loire, France France
Catégories
Militaires
Criminels

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais (ou, selon la graphie moderne, Gilles de Retz) en référence à son titre de baron de Retz, né à une date inconnue (au plus tôt durant l'année 1405) au château de Champtocé-sur-Loire et mort le à Nantes, est un chevalier et seigneur de Bretagne, d'Anjou, du Poitou, du Maine et d'Angoumois.

Actif pendant la seconde phase de la guerre de Cent Ans qui mêle conflit contre le royaume d'Angleterre et guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons, il se rallie au camp du roi Charles VII et finit par sceller une alliance avec son influent cousin, le grand chambellan Georges Ier de La Trémoille. Gilles de Rais est ainsi amené à combattre les Anglais aux côtés de Jeanne d'Arc mais les relations entre ces deux compagnons d'armes demeurent peu connues, faute de sources. Au cours de leurs campagnes militaires communes, le baron de Rais contribue notamment à la levée du siège d'Orléans avant d'être promu maréchal de France le , jour du sacre royal de Charles VII à Reims.

Après la mort de son grand-père Jean de Craon en 1432 et la disgrâce de son cousin Georges de La Trémoille en 1433, le maréchal de Rais se désengage progressivement de la guerre menée contre les Anglais et leurs alliés bourguignons. Il se voit accusé par sa famille, et particulièrement par son frère cadet René de La Suze, de dilapider son patrimoine en aliénant ses terres au plus offrant afin de pallier ses fastueuses dépenses, prodigalités qui entraînent sa mise sous interdit par le roi Charles VII le .

Le 15 ou le , il moleste le clerc Jean Le Ferron dans l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte avant de se saisir du château local, violant de ce fait les immunités ecclésiastiques et portant atteinte à la majesté de son suzerain, le duc Jean V de Bretagne. Arrêté le dans son château de Machecoul, il est conduit dans le duché de Bretagne. En , il est jugé par l'officialité de Nantes pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus ». Simultanément, il est condamné à la pendaison et au bûcher par la cour séculière nantaise pour son coup de force perpétré à Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre.

L'histoire infamante du pendu de Nantes constitue peut-être l'une des influences de La Barbe bleue, conte de Charles Perrault inclus dans le recueil Les Contes de ma mère l'Oye (1697), mais la question reste controversée. Toutefois, à partir de l'année 1820, des relations de voyage et plusieurs récits folkloriques rapportent une confusion populaire entre Gilles de Rais et le terrible égorgeur d'épouses, dont la figure mythique est parfois associée à la mémoire de certaines ruines castrales. À compter également du XIXe siècle, la fiction s'empare du personnage du sire de Rais pour en décliner diverses facettes sanguinaires dans la littérature romantique noire en premier lieu, puis dans le théâtre, la bande dessinée et l’anime, contrairement au cinéma qui s'abstient d'ordinaire de reconstituer son existence criminelle pour le représenter essentiellement comme un inquiétant compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.

Depuis la perception renouvelée du phénomène des crimes sexuels en série vers la fin du XIXe siècle, le cas du maréchal de Rais est quelquefois rapproché de la catégorie criminelle des tueurs en série, voire perçu en tant qu'archétype du « pédophile confondu avec l'assassin violeur ». De cette manière, le baron meurtrier devient « l'incarnation d'une structure perverse intemporelle n'ayant plus qu'un lointain rapport avec la triple accusation médiévale de rébellion, de pacte avec le Diable et de rapports contre-nature », selon le médiéviste Jacques Chiffoleau.

Au fil du XXe siècle sont publiés quelques essais, rédigés généralement par des non-professionnels de l'histoire, qui soutiennent l'innocence de Gilles de Rais. Durant l'année 1992, des particuliers entreprennent ainsi une démarche de réhabilitation en clamant dans les médias qu'une machination judiciaire a été ourdie par le duc de Bretagne et l'évêque de Nantes pour s'emparer des biens de l'accusé. Les historiens critiquent cette thèse complotiste et font part de leurs objections méthodologiques devant les erreurs et manipulations propres à cette « histoire-spectacle ». Or, sans intention de disculper le baron de Rais ou d'écarter tous les témoignages relatifs aux enlèvements d'enfants, certains médiévistes — tels Jacques Chiffoleau et Claude Gauvard — tendent à ne plus établir une vérité judiciaire absolue à partir des actes des procès ecclésiastique et séculier tenus en 1440. Ces chercheurs insistent plutôt sur la nécessité d'interpréter les documents historiques en étudiant la procédure inquisitoriale employée, en questionnant les aveux à l'aune des schèmes interprétatifs des juges et en s'interrogeant sur le rôle de la rumeur dans l'élaboration de la fama (renommée) du seigneur de Tiffauges.

Source : Wikipedia