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Gilles de Rais

Gilles de Rais

Militaire


Mort vers 35 ans
Date de naissance
Date de mort
Le lundi

Il est mort depuis environ 582 ans

Cause de la mort : pendaison

Lieu de naissance
Champtocé-sur-Loire, France France
Catégories
Militaires
Criminels

Gilles de Montmorency-Laval, plus connu sous le nom de Gilles de Rais (ou, selon la graphie moderne, Gilles de Retz) en référence à son titre de baron de Retz, né à une date inconnue (au plus tôt durant l'année 1405) au château de Champtocé-sur-Loire et mort le à Nantes, est un chevalier et seigneur de Bretagne, d'Anjou, du Poitou, du Maine et d'Angoumois.

Actif pendant la seconde phase de la guerre de Cent Ans, il se rallie au camp du roi Charles VII et finit par sceller une alliance avec son influent cousin, le grand chambellan Georges Ier de La Trémoille. Gilles de Rais est ainsi amené à combattre les Anglais aux côtés de Jeanne d'Arc mais les relations entre ces deux compagnons d'armes demeurent peu connues, faute de sources. Au cours de leurs campagnes communes, le baron de Rais contribue notablement à la levée du siège d'Orléans avant d'être promu maréchal de France le , jour du sacre royal de Charles VII à Reims.

Après la mort de son grand-père, Jean de Craon, en 1432 et la disgrâce de son cousin, Georges de La Trémoille, en 1433, le maréchal de Rais se désengage progressivement de la guerre. Il se voit accusé par sa famille, et notamment par son frère cadet, René de La Suze, de dilapider son patrimoine en aliénant ses terres au plus offrant afin de pallier ses fastueuses dépenses, prodigalités qui entraînent sa mise sous interdit par le roi Charles VII le .

Le 15 ou le , il moleste le clerc, Jean Le Ferron, dans l'église de Saint-Étienne-de-Mer-Morte avant de se saisir du château local, violant de ce fait les immunités ecclésiastiques et portant atteinte à la majesté de son suzerain, le duc Jean V de Bretagne. Arrêté le dans son château de Machecoul, il est conduit dans le duché de Bretagne. En , il est jugé par l'officialité de Nantes pour hérésie, sodomie et meurtres de « cent quarante enfants, ou plus ». Simultanément, il est condamné à la pendaison et au bûcher par la cour séculière nantaise pour son coup de force perpétré à Saint-Étienne-de-Mer-Morte ainsi que pour des crimes commis sur « plusieurs petits enfants » sans précision de leur nombre.

L'histoire infamante du pendu de Nantes constitue peut-être l'une des influences de La Barbe bleue, conte de Charles Perrault inclus dans le recueil Les Contes de ma mère l'Oye (1697), mais la question reste entière. Quoi qu'il en soit, à partir du XIXe siècle, des relations de voyage et plusieurs récits folkloriques rapportent une confusion populaire entre Gilles de Rais et le terrible barbu. La figure mythique de cet égorgeur d'épouses est parfois liée à la mémoire de certaines ruines castrales de la France de l'Ouest, qui se trouvent être généralement d'anciennes propriétés du baron. À compter de la même époque, la fiction s'empare du personnage du sire de Rais pour en décliner diverses facettes sanguinaires dans la littérature en premier lieu, puis dans le théâtre, la musique, la bande dessinée et l’anime, tandis que le cinéma s'abstient d'ordinaire de reconstituer son existence criminelle.

Depuis la perception renouvelée du phénomène des crimes sexuels en série vers la fin du XIXe siècle, le cas du maréchal de Rais est quelquefois rapproché de la catégorie criminelle des tueurs en série, voire perçu comme l'archétype du « pédophile confondu avec l'assassin violeur ». De cette manière, le baron meurtrier devient « l'incarnation d'une structure perverse intemporelle n'ayant plus qu'un lointain rapport avec la triple accusation médiévale de rébellion, de pacte avec le Diable et de rapports contre-nature », selon le médiéviste Jacques Chiffoleau.

Au fil du XXe siècle, l'innocence de Gilles de Rais est proclamée dans quelques essais, rédigés généralement par des non-professionnels de l'histoire, comme l'écrivain Gilbert Prouteau. En 1992, sous son impulsion, une « cour arbitrale » autoproclamée procède à une « révision » non officielle des procès ecclésiastique et séculier de 1440, en arguant dans les médias qu'une machination judiciaire a été ourdie par le duc de Bretagne et l'évêque de Nantes pour s'emparer des biens de l'accusé. Les historiens critiquent cette thèse complotiste et font part de leurs objections méthodologiques devant les erreurs et manipulations propres à une pareille « histoire-spectacle ».

Divers chercheurs, à l'image du chartiste Matei Cazacu et du médiéviste Jacques Heers, ne remettent pas en cause la culpabilité du condamné. Loin de vouloir disculper ce dernier ou reconstituer une quelconque vérité judiciaire, d'autres historiens se gardent néanmoins de lire au pied de la lettre les actes du double procès nantais tenu à l'automne 1440. Les médiévistes Jacques Chiffoleau et Claude Gauvard insistent ainsi sur la nécessité de contextualiser les documents historiques en étudiant la procédure inquisitoriale employée. Ils questionnent donc les aveux à l'aune des attentes et conceptions des juges, tout en s'interrogeant sur le rôle de la rumeur dans l'élaboration de la fama (renommée) de Gilles de Rais. Pour autant, ces historiens ne font pas abstraction de quelques témoignages détaillés concernant des disparitions d'enfants, ou de certains aveux décrivant des rituels meurtriers et sadiques sans équivalent dans les archives judiciaires du temps.

Source : Wikipedia