Naissance
La Goulette, Tunisie
Décès
Nationalité
Astrologie

Mémoire Hier

Hier marquait le 6ᵉ anniversaire de sa disparition.

Biographie

Née le 27 juillet 1927 à La Goulette en Tunisie, Gisèle Halimi était une avocate et militante féministe franco-tunisienne dont les plaidoiries au procès de Bobigny (1972) et au procès d'Aix-en-Provence (1978) ont contribué à transformer durablement le droit français en matière d'avortement et de viol.


Parcours

Zeiza Taïeb grandit à La Goulette, près de Tunis, dans une famille juive modeste. Son père, Édouard Taïeb, d'origine berbère, exerçait comme clerc de notaire ; sa mère, Fortunée Mettoudi dite Fritna, d'origine séfarade espagnole, ne cachait pas sa préférence pour ses fils. Dès l'âge de dix ans, Zeiza entame une grève de la faim pour obtenir le droit de lire ; à treize ans, elle en mène une seconde pour refuser de faire le lit de son frère, notant dans son journal intime : « Aujourd'hui j'ai gagné mon premier petit bout de liberté. » Boursière au lycée Armand-Fallières de Tunis, elle refuse un mariage arrangé et part à Paris poursuivre des études de droit et de philosophie à l'université Panthéon-Sorbonne, tout en suivant des cours à l'Institut d'études politiques de Paris. Pour financer ses études, elle travaille comme téléphoniste. Elle obtient son diplôme d'avocate en 1948, s'inscrit au barreau de Tunis en 1949, puis au barreau de Paris en 1956.

Dès les années 1950, Gisèle Halimi défend des militants du Front de libération nationale (FLN) algérien, dénonçant les tortures pratiquées par l'armée française. À partir de 1960, elle assure la défense de Djamila Boupacha, militante du FLN torturée et violée en détention, mobilisant Simone de Beauvoir pour médiatiser l'affaire. En 1971, elle signe le manifeste des 343 -- seule avocate à le faire -- et cofonde avec Simone de Beauvoir et Jean Rostand le mouvement Choisir la cause des femmes. Au procès de Bobigny en 1972, elle obtient la relaxe de Marie-Claire Chevalier, contribuant à l'évolution vers la loi Veil de 1975. En 1978, elle porte devant les assises d'Aix-en-Provence l'affaire Anne Tonglet et Araceli Castellano, s'opposant notamment à Gilbert Collard ; ce procès contribue à l'adoption en 1980 de la loi élargissant la définition du viol. Élue députée de la 4e circonscription de l'Isère en 1981, proche de François Mitterrand, elle siège à l'Assemblée nationale jusqu'en 1984, puis est nommée ambassadrice de France auprès de l'UNESCO en 1985.


Repères chronologiques

1927 : naissance le 27 juillet à La Goulette (Tunisie) sous le nom de Zeiza Gisèle Élise Taïeb
1945 : obtention du baccalauréat au lycée Armand-Fallières de Tunis
1948 : obtention du diplôme d'avocate à l'université Panthéon-Sorbonne
1949 : inscription au barreau de Tunis ; mariage avec Paul Halimi, adoption du nom Gisèle Halimi
1956 : inscription au barreau de Paris ; engagement pour la défense de militants du FLN
1960 : prise en charge de la défense de Djamila Boupacha
1962 : publication de Djamila Boupacha avec Simone de Beauvoir (Gallimard)
1971 : signature du manifeste des 343 ; cofondation de Choisir la cause des femmes
1972 : procès de Bobigny ; obtention de la relaxe de Marie-Claire Chevalier
1978 : procès d'Aix-en-Provence pour Anne Tonglet et Araceli Castellano
1981 : élection comme députée de la 4e circonscription de l'Isère
1985 : nomination comme ambassadrice de France auprès de l'UNESCO
1998 : cofondation de l'association altermondialiste ATTAC
2020 : décès le 28 juillet à Paris, au lendemain de son 93e anniversaire


Vie personnelle et engagements

Gisèle Halimi contracte un premier mariage bref avec Raymond Zemmour, un magistrat installé en Normandie, avant d'épouser en 1949 Paul Halimi, fonctionnaire au ministère de l'Agriculture, dont elle a deux fils : Jean-Yves Halimi, qui devient avocat, et Serge Halimi, né en 1955, qui sera directeur du Monde diplomatique. Le couple divorce en 1959. Elle se remarie en 1962 avec Claude Faux (1930-2017), urbaniste et secrétaire de Jean-Paul Sartre, dont elle a un troisième fils, Emmanuel Faux (1964-2022), journaliste à Europe 1. Elle est par ailleurs la marraine de Nicolas Bedos.

Gisèle Halimi entretient une amitié intellectuelle et militante avec Simone de Beauvoir, aux côtés de laquelle elle participe au Tribunal Russell sur les crimes de guerre au Vietnam, animé par Jean-Paul Sartre. Elle s'engage également sur les questions de domination symbolique, en lien avec le sociologue Pierre Bourdieu. En 1995, elle cofonde l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes avec Roselyne Bachelot. En 1998, elle est l'une des fondatrices de l'association altermondialiste ATTAC. Elle publie une vingtaine d'ouvrages, dont Le lait de l'oranger (1988) et Ne vous résignez jamais (2009).


Contexte du décès

Gisèle Halimi meurt le 28 juillet 2020 à Paris, au lendemain de son 93e anniversaire. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Son fils Emmanuel Faux a indiqué qu'elle s'était éteinte dans la sérénité. Ses obsèques se tiennent le 6 août 2020 au crématorium du Père-Lachaise, lors d'une cérémonie laïque et publique. Le président Emmanuel Macron rend hommage à son parcours depuis l'Élysée et annonce un hommage national. L'Assemblée nationale lui adresse un hommage par applaudissements. Des pétitions réclament son transfert au Panthéon, soutenues notamment par la Ligue des droits de l'Homme et de nombreux mouvements féministes.


Lieux de mémoire

Les cendres de Gisèle Halimi sont inhumées au cimetière du Père-Lachaise, 49e division, dans la même tombe que son dernier époux Claude Faux. En 2021, la maire de Paris Anne Hidalgo inaugure la promenade Gisèle-Halimi sur les berges de Seine, entre le pont de l'Alma et le pont des Invalides, dans le 7e arrondissement de Paris.


Anecdotes

1 - Dès 1949, Gisèle Halimi fait figurer la mention « avocate » au féminin sur son papier à lettres. Un confrère saisit le bâtonnier pour lui imposer le masculin « avocat », au motif que ce féminin « prédéterminait » une intention féministe. Le bâtonnier refuse.
2 - En 1959, lors d'une audience à l'Élysée pour demander la grâce de deux condamnés à mort algériens, le général de Gaulle l'interpelle : « Madame ou Mademoiselle ? » Elle rétorque sans ciller : « Appelez-moi maître, monsieur le Président. »
3 - Lors du procès de Djamila Boupacha, Pablo Picasso réalise un portrait au crayon de la militante, publié à la une des Lettres françaises. Ce dessin, estimé ultérieurement à 400 millions de dollars, appartient aujourd'hui à un collectionneur américain.
4 - Pendant la guerre du Vietnam, Gisèle Halimi préside une commission d'enquête du Tribunal Russell-Sartre et rencontre brièvement Ho Chi Minh aux côtés du médecin Marcel-Francis Kahn lors d'une mission d'observation au nord du Vietnam.
5 - En 1953, avant de signer le manifeste des 343, Gisèle Halimi s'évanouit dans un prétoire parisien, victime d'une hémorragie consécutive à un avortement clandestin, expérimentant personnellement le danger qu'elle combattra toute sa vie.


Points clés

- Métier(s) : avocate, militante féministe, femme politique, auteure
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Raymond Zemmour (1er mariage, bref) ; Paul Halimi (1949-1959) ; Claude Faux (1962-2017)
- Enfants : Jean-Yves Halimi (avec Paul Halimi) ; Serge Halimi, né en 1955 (avec Paul Halimi) ; Emmanuel Faux, 1964-2022 (avec Claude Faux)
- Distinctions : Légion d'honneur (chevalier, officier, commandeur) ; ordre national du Mérite (commandeur) ; grand officier de l'ordre de la République tunisienne


Postérité

145 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des femmes avec le plus de voies à leur nom

Autres avocats nés dans les années 1920

Citations

« Ne vous résignez jamais. »

— Titre de l'ouvrage paru chez Plon en 2009 ; formule récurrente dans ses interventions publiques

« J'avais en moi une rage, une force sauvage, je voulais me sauver. »

— Le Monde, entretien avec Annick Cojean, 22 septembre 2019

« Celle qui a la chance de lire, d'écrire et qui n'aide pas les autres, les trahit. »

— Le lait de l'oranger, Gallimard, 1988

« Une femme indépendante économiquement peut se réaliser dans des tas de domaines, y compris en amour d'ailleurs. »

— Interview dans le magazine Lui (date non précisée dans la source consultée)

Questions autour de Gisèle Halimi

Quel était le vrai nom de Gisèle Halimi ?
Gisèle Halimi est née Zeiza Gisèle Élise Taïeb le 27 juillet 1927 à La Goulette en Tunisie. Elle prend le nom de Gisèle Halimi en 1949, lors de son mariage avec Paul Halimi.
Qu'est-ce que le procès de Bobigny et quel rôle y a joué Gisèle Halimi ?
En 1972, Gisèle Halimi défend devant le tribunal de Bobigny Marie-Claire Chevalier, une mineure ayant avorté après un viol. Elle obtient sa relaxe et fait de ce procès une tribune contre la loi criminalisant l'avortement, contribuant à l'adoption de la loi Veil en 1975.
Gisèle Halimi a-t-elle été élue en politique ?
Oui, Gisèle Halimi est élue députée de la 4e circonscription de l'Isère en juin 1981, sous l'étiquette socialiste, avec l'appui de François Mitterrand. Elle siège à l'Assemblée nationale jusqu'en septembre 1984.
Qu'est-ce que l'association Choisir la cause des femmes fondée par Gisèle Halimi ?
Fondée en 1971 avec Simone de Beauvoir et Jean Rostand, Choisir la cause des femmes est un mouvement féministe visant à défendre les signataires du manifeste des 343 et à militer pour la dépénalisation de l'avortement et l'égalité des droits.
Où est inhumée Gisèle Halimi ?
Les cendres de Gisèle Halimi reposent au cimetière du Père-Lachaise, dans la 49e division, dans la même tombe que son dernier époux Claude Faux.
Qui est né le même jour que Gisèle Halimi ?
Charlotte Corday, Alex Rodriguez, Nikolaj Coster-Waldau, Yannick Jadot et Peppino di Capri sont nés le 27 juillet comme Gisèle Halimi.
À quel âge est morte Gisèle Halimi ?
Gisèle Halimi est morte à 93 ans, le 28 juillet 2020.
Qui est mort le même jour que Gisèle Halimi ?
Laura Dahlmeier, Otto Hahn, Dusty Hill, Michel Audiard et Maximilien de Robespierre sont morts le 28 juillet comme Gisèle Halimi.
Quels avocats français sont du signe Lion comme Gisèle Halimi ?
Georges Kiejman, Jean Zay et Fabrice Di Vizio sont du signe Lion.
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