Gustave Flaubert

† à 58 ans
Décédé le 8 mai 1880 Cause de la mort : hémorragie cérébrale
Naissance :  RouenFrance  
Nationalité : française
Taille 183 cm

Biographie

Figure majeure du roman français du XIXe siècle, Gustave Flaubert impose un réalisme intransigeant, une prose travaillée au « gueuloir » et des personnages tragiques, de Emma Bovary à Frédéric Moreau, qui continuent de nourrir l’imaginaire littéraire contemporain.


Parcours

Né en 1821 à Rouen, dans le cadre hospitalier de l’Hôtel-Dieu où son père Achille-Cléophas est chirurgien-chef, Gustave Flaubert grandit dans une famille bourgeoise marquée par la médecine et la culture. Sa mère, Anne Justine Caroline Fleuriot, joue un rôle affectif central. Élève au collège royal puis au lycée de Rouen, il écrit très tôt contes et essais, jusqu’à fonder un journal manuscrit avec des camarades. Dispensé de service militaire, il entame à Paris des études de droit qu’il abandonne après une grave crise nerveuse, choisissant définitivement la littérature. Installé à Croisset, près de Rouen, il partage sa vie entre lectures, correspondance et premiers manuscrits. La mort quasi simultanée de son père et de sa sœur en 1846 renforce son retrait, tandis que la rencontre fondatrice avec Élisa Schlésinger et le grand voyage en Orient de 1849-1851 nourrissent en profondeur son imaginaire romanesque.

À Croisset, Flaubert se forge une discipline d’écriture quasi monastique, répétant à haute voix ses phrases dans le fameux « gueuloir » pour traquer le moindre défaut de rythme. De 1851 à 1856, il compose ainsi Madame Bovary, roman réaliste inspiré d’un fait divers normand, publié en feuilleton puis en volume avant de déclencher un retentissant procès. Acquitté, il devient une figure centrale des lettres, tout en poursuivant une existence retirée. Il enchaîne avec le roman antique Salammbô, la version définitive de L’Éducation sentimentale, la réécriture de La Tentation de saint Antoine, puis le recueil Trois Contes. Ses dernières années, assombries par les deuils, les soucis financiers et la fatigue, sont occupées par l’immense chantier de Bouvard et Pécuchet, satire inachevée de la bêtise humaine qui parachève son exigence de style et sa vision désabusée du monde.


Controverse

En 1857, Flaubert est poursuivi devant la 6e chambre correctionnelle de Paris pour Madame Bovary, accusé d’« outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs » après la publication du roman en feuilleton. Le ministère public lui reproche la peinture jugée trop complaisante de l’adultère et du désespoir provincial. Défendu par l’avocat Jules Senard, il soutient au contraire la portée morale de son livre, fondée sur l’horreur du vice. Le procès se conclut par son acquittement, assorti de réserves sévères sur le réalisme moderne, mais consacre déjà la place de Flaubert au cœur des débats littéraires et moraux du Second Empire.


Repères chronologiques

1821 : Naissance à Rouen, à l’Hôtel-Dieu, au sein d’une famille de médecins.
1840 : Baccalauréat et premier grand voyage dans les Pyrénées et en Corse, relaté plus tard dans ses écrits de jeunesse.
1841 : Début des études de droit à Paris, vite délaissées au profit de la littérature après une crise nerveuse sérieuse.
1846 : Mort de son père et de sa sœur ; Flaubert se retire à Croisset et prend en charge sa nièce Caroline.
1849 : Départ pour le long voyage en Orient avec Maxime Du Camp, de l’Égypte à la Syrie, la Grèce et l’Italie.
1856 : Publication en feuilleton de Madame Bovary dans la Revue de Paris, au terme de cinq années de travail.
1857 : Procès de Madame Bovary à Paris, puis acquittement et parution du roman en volume qui impose son nom.
1862 : Parution de Salammbô, vaste fresque carthaginoise nourrie par ses recherches et son voyage en Tunisie.
1866 : Attribution de la Légion d’honneur, qui consacre sa position d’écrivain reconnu sous le Second Empire.
1869 : Publication de L’Éducation sentimentale, roman de la désillusion politique et amoureuse, d’abord fraîchement accueilli.
1874 : Parution de La Tentation de saint Antoine, texte longtemps retravaillé, aux ambitions philosophiques et visionnaires.
1877 : Succès critique de Trois Contes, salué comme un sommet de concision et de maîtrise stylistique.
1880 : Mort soudaine à Croisset, laissant inachevé Bouvard et Pécuchet, projet encyclopédique contre la bêtise et les idées reçues.


Vie personnelle et engagements

Issu d’un milieu bourgeois de province, Flaubert reste toute sa vie profondément attaché à Rouen et à la Normandie. La figure de son père, chirurgien-chef respecté, et celle de sa mère, d’origine médicale elle aussi, structurent durablement son univers affectif. Sa sœur Caroline, puis la fille de celle-ci, Caroline Commanville, occupent une place privilégiée dans son intimité ; il se montre oncle attentif, mêlant conseils littéraires, soutien matériel et exigences morales. Célibataire par choix autant que par tempérament, il refuse le mariage qu’il juge incompatible avec la discipline d’écriture qu’il s’impose, préférant une vie réglée par le travail et la lecture.

Sa grande liaison amoureuse documentée est celle qui l’unit, de façon tumultueuse, à la poétesse Louise Colet, inspiratrice et interlocutrice exigeante avec laquelle il entretient une volumineuse correspondance. Flaubert cultive un cercle amical choisi : Louis Bouilhet, Maxime Du Camp, puis George Sand, les frères Goncourt, Théophile Gautier, Baudelaire, Tourgueniev ou encore le jeune Maupassant qu’il encourage. Hostile aux dogmatismes politiques comme aux platitudes bourgeoises, il se tient à distance des partis, défendant surtout la liberté de créer et l’indépendance de l’écrivain. Ses rares engagements publics passent par ses lettres, où il pourfend la bêtise, le conformisme et les fanatismes de son temps.


Lieux de référence

La géographie intime de Flaubert se concentre autour de Rouen et de la Seine. L’Hôtel-Dieu rouennais, où il naît et passe son enfance, abrite aujourd’hui le Musée Flaubert et d’histoire de la médecine, qui conserve de nombreux souvenirs familiaux. Sa maison de Croisset, sur la commune de Canteleu, dont subsiste le pavillon, demeure le cœur de sa légende d’« ermite », lieu du « gueuloir » et de la rédaction de ses grands romans. À Rouen, plusieurs rues et établissements culturels rappellent son nom, prolongeant la mémoire du romancier dans la ville qui l’a vu naître et mourir.


Contexte du décès

Dans ses dernières années, Flaubert vit retiré à Croisset, entre la gestion difficile de ses finances, les deuils répétés de proches et l’épuisement lié à la rédaction de Bouvard et Pécuchet. Sujet depuis longtemps à des crises nerveuses impressionnantes, il reste cependant fidèle à une discipline de travail sévère. Au printemps 1880, il est frappé à son domicile par une violente hémorragie cérébrale, qui le terrasse brutalement dans son cabinet de travail. Découvert inanimé, il ne peut être ranimé. Le service funèbre a lieu dans la paroisse de Canteleu avant le transfert du cortège vers Rouen, dans un climat mêlant respect littéraire et relative indifférence populaire.


Où se recueillir ?

Flaubert repose au cimetière Monumental de Rouen, dans le carré familial où il est enterré auprès de ses parents et de sa sœur Caroline. La tombe, modeste, constitue le principal lieu de recueillement pour les lecteurs. À Rouen, le Musée Flaubert installé dans sa maison natale, ainsi que divers monuments et plaques commémoratives, offrent d’autres points de contact concrets avec sa mémoire. Les rives de la Seine à Croisset, longtemps associées à sa silhouette de solitaire, complètent ce parcours de pèlerinage littéraire normand.


Anecdotes

1 - Retiré à Croisset, Flaubert s’impose une discipline presque ascétique : il lit ses phrases à haute voix dans son « gueuloir », retravaillant inlassablement le moindre paragraphe jusqu’au « mot juste », quitte à passer des journées entières sur quelques lignes seulement.
2 - Sa grande passion silencieuse pour Élisa Schlésinger naît à Trouville en 1836 et nourrit plusieurs décennies plus tard L’Éducation sentimentale, où elle réapparaît transfigurée sous les traits de Marie Arnoux, figure idéalisée d’un amour impossible, longtemps au cœur de son imaginaire intime.
3 - Lors de ses obsèques au cimetière Monumental de Rouen, le caveau familial se révèle trop étroit et le cercueil se bloque pendant la descente, scène maladroite et poignante racontée par Zola, qui souligne à la fois la gêne des fossoyeurs et l’émotion des amis présents.
4 - Surnommé « l’ermite de Croisset », Flaubert n’en reste pas moins très lié à Rouen, où un musée, des monuments et même un hôtel littéraire lui rendent hommage, permettant aux visiteurs de suivre ses pas entre la cathédrale, le vieux centre et les bords de Seine.


Points clés

- Métier(s) : Romancier, nouvelliste, épistolier
- Résidence principale : Croisset (commune de Canteleu, près de Rouen, France)
- Relations : Élisa Schlésinger (passion inspiratrice), Louise Colet (liaison documentée), vaste cercle d’amis écrivains
- Enfants : Aucun enfant reconnu, mais rôle majeur auprès de sa nièce Caroline Commanville
- Distinctions : Légion d’honneur (1866), reconnaissance posthume internationale comme l’un des grands romanciers du XIXe siècle

Citations

De la forme naît l'idée.
Police : a toujours tort.
L'art n'est pas un mensonge.
Châtaigne : femelle du marron.
Argent : cause de tout le mal.
C'est la faute de la fatalité.
Le peuple est un éternel mineur.
Innovation : toujours dangereuse.
Optimiste : équivalent d'imbécile.
On se sauve de tout par l'orgueil.
Le doigt de Dieu se fourre partout.
Odeur (des pieds) : signe de santé.
Mathématiques : dessèchent le coeur.
Littérature : occupation des oisifs.
Le succès appartient aux apathiques.
Métaphysique : donne l'air supérieur.
Le superflu est le premier des besoins.
Poète : synonyme de rêveur et de nigaud.
Du moment que vous prouvez, vous mentez.
Homère était célèbre par sa façon de rire.
Le vice est toujours puni. La vertu aussi.
Folie pour folie, prenons les plus nobles.
Faubourgs. Terribles dans les révolutions.
Philosophie : on doit toujours en ricaner.
On ne fait rien de grand sans le fanatisme.
Diplôme : signe de science. Ne prouve rien.
Prenez garde à la tristesse, c'est un vice.
Le succès est une conséquence et non un but.
Les passions s'étiolent quand on les dépayse.
J'appelle bourgeois quiconque pense bassement.
Les femmes des uns font le bonheur des autres.
L'excès de critique engendre l'inintelligence.
Imbéciles : ceux qui ne pensent pas comme vous.
Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire.
Compas. On voit juste quand on l'a dans l'oeil.
Génie : inutile de l'admirer c'est une névrose !
Quel homme aurait été Balzac s'il eût su écrire.
Le mot ne manque jamais quand on possède l'idée.
On ne peut plus écrire quand on ne s'estime plus.
Un infini de passions peut tenir dans une minute.
L'érection ne se dit qu'en parlant des monuments.
Libre-échange. Cause des souffrances du commerce.
Erection - Ne se dit qu'en parlant des monuments.
L'avenir est ce qu'il y a de pire dans le présent.
Chaque notaire porte en soi les débris d'un poète.
Plus une idée est belle, plus la phrase est sonore.
Avec l'imagination que donnent les vraies tendresses
Les antiquités : sont toujours de fabrication moderne.
Le comble de l'orgueil, c'est de se mépriser soi-même.
Richesse : tient lieu de tout, et même de considération.
Débauche. Cause de toutes les maladies des célibataires.
La vie n'est supportable qu'avec une ivresse quelconque.
Ce qui n'a pas de sens à un sens supérieur à ce qui en a.
Évidence. Vous aveugle, quand elle ne crève pas les yeux.
Demander des oranges aux pommiers est une maladie commune.
Évidence. - Vous aveugle, quand elle ne crève pas les yeux.
Ce qui grandit encore la grandeur, n'est-ce pas l'outrage ?
Le seul moyen de guérir, c'est de se considérer comme guéri.
Moustique : plus dangereux que n'importe quelle bête féroce.
L'excès est une preuve d'idéalité : aller au-delà du besoin.
Et qu'est-ce que c'est qu'un siècle? une minute dans la nuit.
L'égoïsme intellectuel est peut-être l'héroïsme de la pensée.
La parole est un laminoir qui allonge toujours les sentiments.
Le difficile en littérature, c'est de savoir quoi ne pas dire.
Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu'on en possède.
Le génie, c'est Dieu qui le donne, mais le talent nous regarde.
Quelle admirable invention du diable que les rapports sociaux !
Rien de plus sot que la prétention du corps à la vie éternelle.
La fenêtre, en province, remplace la théâtre et les promenades.
Qu'est-ce qu'un mot ? rien ; c'est comme la réalité, une durée.
La passion est un laminoir qui allonge toujours les sentiments.
Le sein de la mère est un sanctuaire impénétrable et mystérieux.
L'ironie n'enlève rien au pathétique. Elle l'outre au contraire.
Les honneurs déshonorent ;Le titre dégrade ;La fonction abrutit.
Quand la terre sera usée, l'humanité déménagera dans les étoiles.
Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains.
Les larmes sont pour le coeur ce que l'eau est pour les poissons.
Le bonheur est un mythe inventé par le diable pour nous désespérer.
Il faut écrire des choses très folles en ayant une vie très rangée.
C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardini d'Hamilcar.
Déicide : s'indigner contre, bien que le crime ne soit pas fréquent.
Mensonge pendant la journée et songe pendant la nuit, voilà l'homme.
Ne croyez pas les mains sans les gants plus robustes que les autres.
Nerveux : se dit à chaque fois qu'on ne comprend rien à une maladie.
L'acquisivité englobe le tact des filous et l'ardeur des commerçants.
La mort n'a peut-être pas plus de secrets à nous révéler que la vie ?
La manière la plus profonde de sentir quelque chose est d'en souffrir.
Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière.
La courtisane est un mythe. Jamais une femme n'a inventé une débauche.
La passion de la perfection vous fait détester même ce qui en approche.
Religion : est nécessaire pour le peuple. Cependant pas trop n'en faut.
Les perles composent le collier, mais c'est le fil qui fait le collier.
Pour qu'une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps.
Egoïsme. Se plaindre de celui des autres, et ne pas s'apercevoir du sien.
Avocats : ont le jugement faussé à force de plaider le pour et le contre.
La presse est une école d'abrutissement parce qu'elle dispense de penser.
Orchestre : image de la société. Chacun fait sa partie et il y a un chef.
Il faut écrire pour soi, avant tout, c'est la seule chance de faire beau.
Tout le talent d'écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots.
Oh ! si tu pouvais lire dans mon coeur, tu verrais la place où je t'ai mise.
Il n'est pas d'amour qui ne soit parfois aussi lourd à porter qu'une haine !
La forme est la chair même de la pensée, comme la pensée est l'âme de la vie.
Académie française : la dénigrer mais tâcher d'en faire partie, si l'on peut.
Les femmes se défient trop des hommes en général et pas assez en particulier.
Il n'y a jamais eu de grands hommes vivants. C'est la postérité qui les fait.
Légalité - La légalité nous tue. Avec elle aucun gouvernement n'est possible.
Devoirs : les autres en ont envers vous, mais on en n'a pas envers les autres.
Il faut une vanité peu commune pour qu'on ne s'aperçoive pas que vous en avez.
Latin : est seulement utile pour lire les inscriptions des fontaines publiques.
Il faut que les endroits faibles d'un livre soient mieux écrits que les autres.
Quand on a quelque chose dans le ventre on ne meurt pas avant d'avoir accouché.
Pour moi, la plus belle fille du monde ne vaut pas une virgule mise à sa place.
Comme on serait savant si on l'on connaissait bien seulement cinq ou six livres.
L'idée de la patrie m'a paru toujours étroite, bornée et d'une stupidité féroce.
Le meilleur de la vie se passe à dire “Il est trop tôt”, puis “Il est trop tard”.
Voisins : Tâcher de se faire rendre par eux des services sans qu'il en coûte rien.
Cela rend modeste de voyager; on voit quelle petite place on occupe dans le monde.
Illusions : affecter d'en avoir eu beaucoup. Se plaindre de ce qu'on les a perdues.
Oeuf : point de départ pour une dissertation philosophique sur la genèse des êtres.
Exception. Dites qu'elle confirme la règle. Ne vous risquez pas à expliquer comment.
Ce qui fait les figures de l'antiquité si belles, c'est qu'elles étaient originales.
Ne pouvoir se passer de Paris, marque de bêtise ; ne plus l'aimer signe de décadence.
Un chagrin en enlève un autre, on ne sent pas ses engelures quand on a mal aux dents.
Si nous savions comment notre corps est fait, nous n'oserions pas faire un mouvement.
L'immoralité de l'âme a été inventée par la peur de mourir ou par le regret des morts.
Rien n'est humiliant comme de voir un sot réussir dans une entreprise où l'on a échoué.
L'été est une saison qui prête au comique. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Mais cela est.
'Voyager rend modeste. On voit mieux la place minuscule que l'on occupe dans le monde.'
Quelle chose grandement niaise et cruellement bouffonne que ce mot qu'on appelle Dieu !
Les érections de la pensée sont comme celles du corps : elles ne viennent pas à volonté.
C'est bien la peine de ne pas être tout à fait des imbéciles pour vivre comme des fous !
Le crétin diffère moins de l'homme ordinaire que celui-ci ne diffère de l'homme de génie.
Quand le peuple ne croira plus à l'Immaculée Conception, il croira aux tables tournantes.
Rien ne fait mieux passer la vie que la préoccupation incessante d'une idée, qu'un idéal.
Prêtres : couchent avec leurs bonnes, et en ont des enfants qu'ils appellent leurs neveux.
L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour ça que le présent nous échappe.
Les estomacs qui trouvent en la ratatouille humaine leur assouvissance ne sont pas larges.
Malade. Pour remonter le moral d'un malade, rire de son affection et nier ses souffrances.
Il n'y a de défaites que celles que l'on a tout seul, devant sa glace, dans sa conscience.
La vie est une chose tellement hideuse que le seul moyen de la supporter, c'est de l'éviter.
On vit fort bien sans se connaître soi-même, à plus forte raison sans être connu des autres.
Rien ne m'a plus donné un absolu mépris du succès que de considérer à quel prix on l'obtient.
Fonds secrets. - Sommes incalculables avec lesquelles les ministres achètent les consciences.
Rien ne dure ici-bas; et c'est une raison pour qu'il fasse beau demain s'il a plu aujourd'hui.
Minuit : Limite du bonheur et des plaisirs honnêtes ; tout ce qui se fait au-delà est immoral.
Echafaud - S'arranger quand on y monte pour prononcer quelques mots éloquents avant de mourir.
Les affaires passent avant tout. Sont dans la vie ce qu'il y a de plus important. Tout est là.
A un certain âge, les deux bras d'un fauteuil vous attirent plus que les deux bras d'une femme.
Voir les choses en farce est le seul moyen de ne pas les voir en noir. Rions pour ne pas pleurer.
La vie doit être une éducation incessante ; il faut tout apprendre, depuis parler jusqu'à mourir.
Il ne faut rien regretter, car n'est-ce pas reconnaître qu'il y a au monde quelque chose de bon ?
Le style est autant sous les mots que dans les mots. C'est autant l'âme que la chair d'une oeuvre.
Il y a bien des chemins sans voyageur. Il y a encore plus de voyageurs qui n'ont pas leur sentier.
La superstition est le fond de la religion, la seule vraie, celle qui survit sous toutes les autres.
L'auteur dans son oeuvre doit être comme Dieu dans l'univers, présent partout et visible nulle part.
La race des gladiateurs n'est pas morte, tout artiste en est un. Il amuse le public avec ses agonies.
L'amour est une plante de printemps qui parfume tout de son espoir, même les ruines où il s'accroche.
L'art est la recherche de l'inutile ; il est dans la spéculation ce qu'est l'héroïsme dans la morale.
Qu'est-ce que cela veut dire, la réalité ? Les uns voient noir, d'autres bleu, la multitude voit bête.
Calvitie : toujours précoce - et causée par des excès de jeunesse ou la conception de grandes pensées.
Macadam - A supprimé les révolutions : plus moyen de faire des barricades. Est néanmoins bien incommode.
Le bonheur n'est pas de chercher le bonheur, mais d'éviter l'ennui. C'est faisable avec de l'entêtement.
L'habit d'un arlequin n'est pas plus varié dans ses nuances que ne l'est l'esprit humain dans ses folies.
Le souvenir est l'espérance renversée. On regarde le fond du puits comme on a regardé le sommet de la tour.
Cette lâche docilité qui est pour bien des femmes comme le châtiment tout à la fois la rançon de l'adultère.
Oh ! oui, l'homme est un voyageur qui a soif ; il demande de l'eau pour boire, on la lui refuse, et il meurt.
Chien. Spécialement créé pour sauver la vie à son maître. L'ami de l'homme parce qu'il est son esclave dévoué.
Et qu'est-ce que c'est qu'une révolution ? un souffle d'air qui ride l'océan, s'en va et laisse la mer agitée.
Eh bien ! oui, c'est cela, que l'habit aille à la taille de chacun : la misère aux peuples, le malheur aux rois.
Les coeurs des femmes sont comme ces petits meubles à secret, pleins de tiroirs emboîtés les uns dans les autres.
A mesure que l'objet de nos souhaits approche, la volupté qu'on avait entrevue dans leur accomplissement diminue.
Ah ! la faim ! la faim ! ce mot-là, ou plutôt cette chose-là, a fait les révolutions ; elle en fera bien d'autres !
Ah ! Quelle nécropole que le coeur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !
Une âme se mesure à la dimension de son désir, comme l'on juge d'avance des cathédrales à la hauteur de leurs clochers.
Habit noir : Il faut dire frac, excepté dans le proverbe "l'habit ne fait pas le moine", auquel cas, il faut dire froc !
Haleine - L'avoir forte donne l'air distingué. Eviter les allusions sur les mouches et affirmer que ça vient de l'estomac.
C'est quelque chose, le rire : c'est le dédain et la compréhension mêlés, et en somme la plus haute manière de voir la vie.
On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l'art, de même qu'on se met mouchard quand on ne peut pas être soldat.
On veut une solution. Oh ! orgueil humain. Une solution ! Le but, la cause ! Mais nous serions Dieu, si nous tenions la cause.
Oh ! la pensée ! autre océan sans limites ; c'est le déluge d'Ovide, une mer sans bornes, où la tempête est la vie et l'existence.
On ne se rencontre qu'en se heurtant et chacun portant dans ses mains ses entrailles déchirées accuse l'autre qui ramasse les siennes.
Les affections profondes ressemblent aux honnêtes femmes ; elles ont peur d'être découvertes, et passent dans la vie les yeux baissés.
Les hostilités sont comme les huîtres, on les ouvre. "Les hostilités sont ouvertes." Il semble qu'il n'y a plus qu'à se mettre à table.
Il y a des hommes n'ayant mission parmi les autres que de servir d'intermédiaires ; on les franchit comme des ponts, et l'on va plus loin.
La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles.
Les mouvements de son cœur se ralentirent un à un, plus vagues chaque fois, plus doux, comme une fontaine s'épuise, comme un écho disparaît.
Quelle meilleure chose, en effet, que d'être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux, que la lampe brûle.
La censure quel qu'elle soit, me parait une monstruosité, une chose pire que l'homicide; l'attentat contre la pensée est un crime de lèse-âme.
Mais il ne faut jamais penser au bonheur ; cela attire le diable, car c'est lui qui a inventé cette idée-là pour faire enrager le genre humain.
Bonheur : as-tu réfléchi combien cet horrible mot a fait couler de larmes ? Sans ce mot-là, on dormirait plus tranquille et on vivrait à l'aise.
L'amour, après tout, n'est qu'une curiosité supérieure, un appétit de l'inconnu qui vous pousse dans l'orage, poitrine ouverte et tête en avant.
Etre bête, égoïste et avoir une bonne santé, voilà les trois conditions voulues pour être heureux. Mais si la première vous manque, tout est perdu.
On peut juger de la beauté d'un livre, à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donnés et à la longueur de temps qu'on met ensuite à en revenir.
La femme est un produit de l'homme. Dieu a créé la femelle, et l'homme a fait la femme ; elle est le résultat de la civilisation, une oeuvre factice.
O que Molière a eu raison de comparer la femme à un potage... Bien des gens désirent en manger, ils s'y brûlent la gueule, et d'autres viennent après.
Et nous crevons par la Blague, par l'ignorance, par l'outrecuidance, par le mépris de la grandeur, par l'amour de la banalité, et le bavardage imbécile.
Les prairies étaient vides, le vent agitait la rivière ; au fond, de grandes herbes s'y penchaient, comme des chevelures de cadavres flottant dans l'eau.
Les affections qui suintent goutte à goutte de votre coeur, finissent par y faire des stalactites. Cela vaut mieux que les grands torrents qui l'emportent.
Il faut mettre son coeur dans l'art, son esprit dans le commerce du monde, son corps où il se trouve bien, sa bourse dans sa poche et son espoir nulle part.
Il faut, si l'on veut vivre, renoncer à avoir une idée nette de quoi que ce soit. L'humanité est ainsi, il ne s'agit pas de la changer, mais de la connaître.
Dans l'adolescence on aime les autres femmes parce qu'elles ressemblent plus ou moins à la première; plus tard on les aime parce qu'elles diffèrent entre elles.
Je crois que le succès auprès des femmes est généralement une marque de médiocrité, et c'est celui-là pourtant que nous envions tous et qui couronne les autres.
Notre âme est une bête féroce ; toujours affamée, il faut la gorger jusqu'à la gueule pour qu'elle ne se jette pas sur nous. Rien n'apaise plus qu'un long travail.
Après ne pas vivre avec ceux qu'on aime, le plus grand supplice est de vivre avec ceux que l'on n'aime pas. C'est-à-dire avec plus des trois quarts du genre humain.
Chacun est libre de regarder l'histoire à sa façon, puisque l'histoire n'est que la réflexion du présent sur le passé, et voilà pourquoi elles est toujours à refaire.
Il y a toujours après la mort de quelqu'un comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.
La contemplation de certains bonheurs dégoûte du bonheur : quel orgueil ! c'est quand on est jeune surtout que la vue des félicités vulgaires vous donne la nausée de la vie.
Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli. Il lit les mêmes journaux et a les mêmes passions.
La vie est un éternel problème, et l'histoire aussi, et tout. Il s'ajoute sans cesse des chiffres à l'addition. D'une roue qui tourne, comment pouvez-vous compter les rayons ?
Le plus haut dans l'art, ce n'est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de nous mettre en rut ou en fureur, mais d'agir à la façon de la nature, c'est-à-dire de faire rêver.
De la forme naît l'idée.
Police : a toujours tort.
L'art n'est pas un mensonge.
Châtaigne : femelle du marron.
Argent : cause de tout le mal.
C'est la faute de la fatalité.
Le peuple est un éternel mineur.
Innovation : toujours dangereuse.
Optimiste : équivalent d'imbécile.
On se sauve de tout par l'orgueil.
Le doigt de Dieu se fourre partout.
Odeur (des pieds) : signe de santé.
Mathématiques : dessèchent le coeur.
Littérature : occupation des oisifs.
Le succès appartient aux apathiques.
Métaphysique : donne l'air supérieur.
Le superflu est le premier des besoins.
Poète : synonyme de rêveur et de nigaud.
Du moment que vous prouvez, vous mentez.
Homère était célèbre par sa façon de rire.
Le vice est toujours puni. La vertu aussi.
Folie pour folie, prenons les plus nobles.
Faubourgs. Terribles dans les révolutions.
Philosophie : on doit toujours en ricaner.
On ne fait rien de grand sans le fanatisme.
Diplôme : signe de science. Ne prouve rien.
Prenez garde à la tristesse, c'est un vice.
Le succès est une conséquence et non un but.
Les passions s'étiolent quand on les dépayse.
J'appelle bourgeois quiconque pense bassement.
Les femmes des uns font le bonheur des autres.
L'excès de critique engendre l'inintelligence.
Imbéciles : ceux qui ne pensent pas comme vous.
Rien n'est sérieux en ce bas monde que le rire.
Compas. On voit juste quand on l'a dans l'oeil.
Génie : inutile de l'admirer c'est une névrose !
Quel homme aurait été Balzac s'il eût su écrire.
Le mot ne manque jamais quand on possède l'idée.
On ne peut plus écrire quand on ne s'estime plus.
Un infini de passions peut tenir dans une minute.
L'érection ne se dit qu'en parlant des monuments.
Libre-échange. Cause des souffrances du commerce.
Erection - Ne se dit qu'en parlant des monuments.
L'avenir est ce qu'il y a de pire dans le présent.
Chaque notaire porte en soi les débris d'un poète.
Plus une idée est belle, plus la phrase est sonore.
Avec l'imagination que donnent les vraies tendresses
Les antiquités : sont toujours de fabrication moderne.
Le comble de l'orgueil, c'est de se mépriser soi-même.
Richesse : tient lieu de tout, et même de considération.
Débauche. Cause de toutes les maladies des célibataires.
La vie n'est supportable qu'avec une ivresse quelconque.
Ce qui n'a pas de sens à un sens supérieur à ce qui en a.
Évidence. Vous aveugle, quand elle ne crève pas les yeux.
Demander des oranges aux pommiers est une maladie commune.
Évidence. - Vous aveugle, quand elle ne crève pas les yeux.
Ce qui grandit encore la grandeur, n'est-ce pas l'outrage ?
Le seul moyen de guérir, c'est de se considérer comme guéri.
Moustique : plus dangereux que n'importe quelle bête féroce.
L'excès est une preuve d'idéalité : aller au-delà du besoin.
Et qu'est-ce que c'est qu'un siècle? une minute dans la nuit.
L'égoïsme intellectuel est peut-être l'héroïsme de la pensée.
La parole est un laminoir qui allonge toujours les sentiments.
Le difficile en littérature, c'est de savoir quoi ne pas dire.
Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu'on en possède.
Le génie, c'est Dieu qui le donne, mais le talent nous regarde.
Quelle admirable invention du diable que les rapports sociaux !
Rien de plus sot que la prétention du corps à la vie éternelle.
La fenêtre, en province, remplace la théâtre et les promenades.
Qu'est-ce qu'un mot ? rien ; c'est comme la réalité, une durée.
La passion est un laminoir qui allonge toujours les sentiments.
Le sein de la mère est un sanctuaire impénétrable et mystérieux.
L'ironie n'enlève rien au pathétique. Elle l'outre au contraire.
Les honneurs déshonorent ;Le titre dégrade ;La fonction abrutit.
Quand la terre sera usée, l'humanité déménagera dans les étoiles.
Il ne faut pas toucher aux idoles : la dorure en reste aux mains.
Les larmes sont pour le coeur ce que l'eau est pour les poissons.
Le bonheur est un mythe inventé par le diable pour nous désespérer.
Il faut écrire des choses très folles en ayant une vie très rangée.
C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardini d'Hamilcar.
Déicide : s'indigner contre, bien que le crime ne soit pas fréquent.
Mensonge pendant la journée et songe pendant la nuit, voilà l'homme.
Ne croyez pas les mains sans les gants plus robustes que les autres.
Nerveux : se dit à chaque fois qu'on ne comprend rien à une maladie.
L'acquisivité englobe le tact des filous et l'ardeur des commerçants.
La mort n'a peut-être pas plus de secrets à nous révéler que la vie ?
La manière la plus profonde de sentir quelque chose est d'en souffrir.
Les oeuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière.
La courtisane est un mythe. Jamais une femme n'a inventé une débauche.
La passion de la perfection vous fait détester même ce qui en approche.
Religion : est nécessaire pour le peuple. Cependant pas trop n'en faut.
Les perles composent le collier, mais c'est le fil qui fait le collier.
Pour qu'une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps.
Egoïsme. Se plaindre de celui des autres, et ne pas s'apercevoir du sien.
Avocats : ont le jugement faussé à force de plaider le pour et le contre.
La presse est une école d'abrutissement parce qu'elle dispense de penser.
Orchestre : image de la société. Chacun fait sa partie et il y a un chef.
Il faut écrire pour soi, avant tout, c'est la seule chance de faire beau.
Tout le talent d'écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots.
Oh ! si tu pouvais lire dans mon coeur, tu verrais la place où je t'ai mise.
Il n'est pas d'amour qui ne soit parfois aussi lourd à porter qu'une haine !
La forme est la chair même de la pensée, comme la pensée est l'âme de la vie.
Académie française : la dénigrer mais tâcher d'en faire partie, si l'on peut.
Les femmes se défient trop des hommes en général et pas assez en particulier.
Il n'y a jamais eu de grands hommes vivants. C'est la postérité qui les fait.
Légalité - La légalité nous tue. Avec elle aucun gouvernement n'est possible.
Devoirs : les autres en ont envers vous, mais on en n'a pas envers les autres.
Il faut une vanité peu commune pour qu'on ne s'aperçoive pas que vous en avez.
Latin : est seulement utile pour lire les inscriptions des fontaines publiques.
Il faut que les endroits faibles d'un livre soient mieux écrits que les autres.
Quand on a quelque chose dans le ventre on ne meurt pas avant d'avoir accouché.
Pour moi, la plus belle fille du monde ne vaut pas une virgule mise à sa place.
Comme on serait savant si on l'on connaissait bien seulement cinq ou six livres.
L'idée de la patrie m'a paru toujours étroite, bornée et d'une stupidité féroce.
Le meilleur de la vie se passe à dire “Il est trop tôt”, puis “Il est trop tard”.
Voisins : Tâcher de se faire rendre par eux des services sans qu'il en coûte rien.
Cela rend modeste de voyager; on voit quelle petite place on occupe dans le monde.
Illusions : affecter d'en avoir eu beaucoup. Se plaindre de ce qu'on les a perdues.
Oeuf : point de départ pour une dissertation philosophique sur la genèse des êtres.
Exception. Dites qu'elle confirme la règle. Ne vous risquez pas à expliquer comment.
Ce qui fait les figures de l'antiquité si belles, c'est qu'elles étaient originales.
Ne pouvoir se passer de Paris, marque de bêtise ; ne plus l'aimer signe de décadence.
Un chagrin en enlève un autre, on ne sent pas ses engelures quand on a mal aux dents.
Si nous savions comment notre corps est fait, nous n'oserions pas faire un mouvement.
L'immoralité de l'âme a été inventée par la peur de mourir ou par le regret des morts.
Rien n'est humiliant comme de voir un sot réussir dans une entreprise où l'on a échoué.
L'été est une saison qui prête au comique. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Mais cela est.
'Voyager rend modeste. On voit mieux la place minuscule que l'on occupe dans le monde.'
Quelle chose grandement niaise et cruellement bouffonne que ce mot qu'on appelle Dieu !
Les érections de la pensée sont comme celles du corps : elles ne viennent pas à volonté.
C'est bien la peine de ne pas être tout à fait des imbéciles pour vivre comme des fous !
Le crétin diffère moins de l'homme ordinaire que celui-ci ne diffère de l'homme de génie.
Quand le peuple ne croira plus à l'Immaculée Conception, il croira aux tables tournantes.
Rien ne fait mieux passer la vie que la préoccupation incessante d'une idée, qu'un idéal.
Prêtres : couchent avec leurs bonnes, et en ont des enfants qu'ils appellent leurs neveux.
L'avenir nous tourmente, le passé nous retient, c'est pour ça que le présent nous échappe.
Les estomacs qui trouvent en la ratatouille humaine leur assouvissance ne sont pas larges.
Malade. Pour remonter le moral d'un malade, rire de son affection et nier ses souffrances.
Il n'y a de défaites que celles que l'on a tout seul, devant sa glace, dans sa conscience.
La vie est une chose tellement hideuse que le seul moyen de la supporter, c'est de l'éviter.
On vit fort bien sans se connaître soi-même, à plus forte raison sans être connu des autres.
Rien ne m'a plus donné un absolu mépris du succès que de considérer à quel prix on l'obtient.
Fonds secrets. - Sommes incalculables avec lesquelles les ministres achètent les consciences.
Rien ne dure ici-bas; et c'est une raison pour qu'il fasse beau demain s'il a plu aujourd'hui.
Minuit : Limite du bonheur et des plaisirs honnêtes ; tout ce qui se fait au-delà est immoral.
Echafaud - S'arranger quand on y monte pour prononcer quelques mots éloquents avant de mourir.
Les affaires passent avant tout. Sont dans la vie ce qu'il y a de plus important. Tout est là.
A un certain âge, les deux bras d'un fauteuil vous attirent plus que les deux bras d'une femme.
Voir les choses en farce est le seul moyen de ne pas les voir en noir. Rions pour ne pas pleurer.
La vie doit être une éducation incessante ; il faut tout apprendre, depuis parler jusqu'à mourir.
Il ne faut rien regretter, car n'est-ce pas reconnaître qu'il y a au monde quelque chose de bon ?
Le style est autant sous les mots que dans les mots. C'est autant l'âme que la chair d'une oeuvre.
Il y a bien des chemins sans voyageur. Il y a encore plus de voyageurs qui n'ont pas leur sentier.
La superstition est le fond de la religion, la seule vraie, celle qui survit sous toutes les autres.
L'auteur dans son oeuvre doit être comme Dieu dans l'univers, présent partout et visible nulle part.
La race des gladiateurs n'est pas morte, tout artiste en est un. Il amuse le public avec ses agonies.
L'amour est une plante de printemps qui parfume tout de son espoir, même les ruines où il s'accroche.
L'art est la recherche de l'inutile ; il est dans la spéculation ce qu'est l'héroïsme dans la morale.
Qu'est-ce que cela veut dire, la réalité ? Les uns voient noir, d'autres bleu, la multitude voit bête.
Calvitie : toujours précoce - et causée par des excès de jeunesse ou la conception de grandes pensées.
Macadam - A supprimé les révolutions : plus moyen de faire des barricades. Est néanmoins bien incommode.
Le bonheur n'est pas de chercher le bonheur, mais d'éviter l'ennui. C'est faisable avec de l'entêtement.
L'habit d'un arlequin n'est pas plus varié dans ses nuances que ne l'est l'esprit humain dans ses folies.
Le souvenir est l'espérance renversée. On regarde le fond du puits comme on a regardé le sommet de la tour.
Cette lâche docilité qui est pour bien des femmes comme le châtiment tout à la fois la rançon de l'adultère.
Oh ! oui, l'homme est un voyageur qui a soif ; il demande de l'eau pour boire, on la lui refuse, et il meurt.
Chien. Spécialement créé pour sauver la vie à son maître. L'ami de l'homme parce qu'il est son esclave dévoué.
Et qu'est-ce que c'est qu'une révolution ? un souffle d'air qui ride l'océan, s'en va et laisse la mer agitée.
Eh bien ! oui, c'est cela, que l'habit aille à la taille de chacun : la misère aux peuples, le malheur aux rois.
Les coeurs des femmes sont comme ces petits meubles à secret, pleins de tiroirs emboîtés les uns dans les autres.
A mesure que l'objet de nos souhaits approche, la volupté qu'on avait entrevue dans leur accomplissement diminue.
Ah ! la faim ! la faim ! ce mot-là, ou plutôt cette chose-là, a fait les révolutions ; elle en fera bien d'autres !
Ah ! Quelle nécropole que le coeur humain ! Pourquoi aller aux cimetières ? Ouvrons nos souvenirs, que de tombeaux !
Une âme se mesure à la dimension de son désir, comme l'on juge d'avance des cathédrales à la hauteur de leurs clochers.
Habit noir : Il faut dire frac, excepté dans le proverbe "l'habit ne fait pas le moine", auquel cas, il faut dire froc !
Haleine - L'avoir forte donne l'air distingué. Eviter les allusions sur les mouches et affirmer que ça vient de l'estomac.
C'est quelque chose, le rire : c'est le dédain et la compréhension mêlés, et en somme la plus haute manière de voir la vie.
On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l'art, de même qu'on se met mouchard quand on ne peut pas être soldat.
On veut une solution. Oh ! orgueil humain. Une solution ! Le but, la cause ! Mais nous serions Dieu, si nous tenions la cause.
Oh ! la pensée ! autre océan sans limites ; c'est le déluge d'Ovide, une mer sans bornes, où la tempête est la vie et l'existence.
On ne se rencontre qu'en se heurtant et chacun portant dans ses mains ses entrailles déchirées accuse l'autre qui ramasse les siennes.
Les affections profondes ressemblent aux honnêtes femmes ; elles ont peur d'être découvertes, et passent dans la vie les yeux baissés.
Les hostilités sont comme les huîtres, on les ouvre. "Les hostilités sont ouvertes." Il semble qu'il n'y a plus qu'à se mettre à table.
Il y a des hommes n'ayant mission parmi les autres que de servir d'intermédiaires ; on les franchit comme des ponts, et l'on va plus loin.
La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles.
Les mouvements de son cœur se ralentirent un à un, plus vagues chaque fois, plus doux, comme une fontaine s'épuise, comme un écho disparaît.
Quelle meilleure chose, en effet, que d'être le soir au coin du feu avec un livre, pendant que le vent bat les carreaux, que la lampe brûle.
La censure quel qu'elle soit, me parait une monstruosité, une chose pire que l'homicide; l'attentat contre la pensée est un crime de lèse-âme.
Mais il ne faut jamais penser au bonheur ; cela attire le diable, car c'est lui qui a inventé cette idée-là pour faire enrager le genre humain.
Bonheur : as-tu réfléchi combien cet horrible mot a fait couler de larmes ? Sans ce mot-là, on dormirait plus tranquille et on vivrait à l'aise.
L'amour, après tout, n'est qu'une curiosité supérieure, un appétit de l'inconnu qui vous pousse dans l'orage, poitrine ouverte et tête en avant.
Etre bête, égoïste et avoir une bonne santé, voilà les trois conditions voulues pour être heureux. Mais si la première vous manque, tout est perdu.
On peut juger de la beauté d'un livre, à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donnés et à la longueur de temps qu'on met ensuite à en revenir.
La femme est un produit de l'homme. Dieu a créé la femelle, et l'homme a fait la femme ; elle est le résultat de la civilisation, une oeuvre factice.
O que Molière a eu raison de comparer la femme à un potage... Bien des gens désirent en manger, ils s'y brûlent la gueule, et d'autres viennent après.
Et nous crevons par la Blague, par l'ignorance, par l'outrecuidance, par le mépris de la grandeur, par l'amour de la banalité, et le bavardage imbécile.
Les prairies étaient vides, le vent agitait la rivière ; au fond, de grandes herbes s'y penchaient, comme des chevelures de cadavres flottant dans l'eau.
Les affections qui suintent goutte à goutte de votre coeur, finissent par y faire des stalactites. Cela vaut mieux que les grands torrents qui l'emportent.
Il faut mettre son coeur dans l'art, son esprit dans le commerce du monde, son corps où il se trouve bien, sa bourse dans sa poche et son espoir nulle part.
Il faut, si l'on veut vivre, renoncer à avoir une idée nette de quoi que ce soit. L'humanité est ainsi, il ne s'agit pas de la changer, mais de la connaître.
Dans l'adolescence on aime les autres femmes parce qu'elles ressemblent plus ou moins à la première; plus tard on les aime parce qu'elles diffèrent entre elles.
Je crois que le succès auprès des femmes est généralement une marque de médiocrité, et c'est celui-là pourtant que nous envions tous et qui couronne les autres.
Notre âme est une bête féroce ; toujours affamée, il faut la gorger jusqu'à la gueule pour qu'elle ne se jette pas sur nous. Rien n'apaise plus qu'un long travail.
Après ne pas vivre avec ceux qu'on aime, le plus grand supplice est de vivre avec ceux que l'on n'aime pas. C'est-à-dire avec plus des trois quarts du genre humain.
Chacun est libre de regarder l'histoire à sa façon, puisque l'histoire n'est que la réflexion du présent sur le passé, et voilà pourquoi elles est toujours à refaire.
Il y a toujours après la mort de quelqu'un comme une stupéfaction qui se dégage, tant il est difficile de comprendre cette survenue du néant et de se résigner à y croire.
La contemplation de certains bonheurs dégoûte du bonheur : quel orgueil ! c'est quand on est jeune surtout que la vue des félicités vulgaires vous donne la nausée de la vie.
Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. Le rêve est en partie accompli. Il lit les mêmes journaux et a les mêmes passions.
La vie est un éternel problème, et l'histoire aussi, et tout. Il s'ajoute sans cesse des chiffres à l'addition. D'une roue qui tourne, comment pouvez-vous compter les rayons ?
Le plus haut dans l'art, ce n'est ni de faire rire, ni de faire pleurer, ni de nous mettre en rut ou en fureur, mais d'agir à la façon de la nature, c'est-à-dire de faire rêver.

Autres ecrivains romantiques nés dans les années 1820

Questions autour de Gustave Flaubert

Qui est né le même jour que Gustave Flaubert ?
Kimberly Loaiza, Marcelo Rebelo de Sousa, Robert Surcouf, Edvard Munch et Yvan Cassar sont nés le 12 décembre comme Gustave Flaubert.
À quel âge est mort Gustave Flaubert ?
Gustave Flaubert est mort à 58 ans, le 8 mai 1880.
Qui est mort le même jour que Gustave Flaubert ?
Gilles Villeneuve, William Schallert, John Stuart Mill, George Peppard et Daniel Cauchy sont morts le 8 mai comme Gustave Flaubert.
Qui est né à Rouen ?
Lien copié dans le presse-papier !