Acteur, chanteur et musicien français né le 22 mai 1937 à Paris et mort le 15 décembre 2023 à Cavaillon, Guy Marchand a obtenu le César du meilleur acteur dans un second rôle en 1982 pour Garde à vue de Claude Miller et incarné le détective Nestor Burma à la télévision pendant dix ans.
Guy Marchand entre dans la chanson en 1965 avec La Passionata, tube de l'été coécrit en quelques minutes. Doté d'une voix de crooner, il enchaîne les singles et s'attache au tango, qu'il pratique avec assiduité. Sa carrière cinématographique débute tardivement : il a 33 ans lorsque Robert Enrico le fait tourner dans Boulevard du rhum en 1971, aux côtés de Lino Ventura et Brigitte Bardot. François Truffaut l'engage l'année suivante dans Une belle fille comme moi. Jean-Charles Tacchella le dirige en 1975 dans Cousin, Cousine, puis Philippe de Broca dans Tendre Poulet. Maurice Pialat lui confie un rôle dans Loulou en 1980. L'année 1981 marque un tournant : Bertrand Tavernier l'engage dans Coup de torchon face à Philippe Noiret, et Claude Miller lui offre le rôle de l'inspecteur Marcel Belmont dans Garde à vue, opposé à Lino Ventura et Michel Serrault.
En 1982, ce rôle lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle. La même année, sa chanson Destinée, composée par Vladimir Cosma sur des paroles de Philippe Adler, est popularisée par Les Sous-doués en vacances de Claude Zidi et reprise dans Le père Noël est une ordure de Jean-Marie Poiré. Diane Kurys le dirige dans Coup de foudre en 1983. Alexandre Arcady le réunit avec Jean-Paul Belmondo et Jacques Villeret dans Hold-up en 1985, puis Costa-Gavras le fait jouer face à Johnny Hallyday dans Conseil de famille en 1986. De 1991 à 2003, il incarne le détective privé Nestor Burma dans la série télévisée diffusée sur France 2, trente-neuf épisodes qui imposent son visage dans les foyers français. Christophe Honoré le sollicite en 2006 pour Dans Paris. Il publie son autobiographie Le Guignol des Buttes-Chaumont en 2007.
1937 : naissance le 22 mai à Paris, à Belleville
1947 : atteint de tuberculose à dix ans, convalescence en Sarthe
1962 : sous-lieutenant parachutiste, conseiller technique sur Le Jour le plus long
1965 : succès de La Passionata
1971 : premier grand rôle dans Boulevard du rhum de Robert Enrico
1981 : rôle de l'inspecteur Belmont dans Garde à vue de Claude Miller
1982 : César du meilleur acteur dans un second rôle, succès de Destinée
1991 : début de la série Nestor Burma sur France 2
1993 : nommé chevalier de la Légion d'honneur (décret du 13 juillet)
2003 : fin de la série Nestor Burma après trente-neuf épisodes
2007 : publication de l'autobiographie Le Guignol des Buttes-Chaumont
2011 : roman Le Soleil des enfants perdus, prix Jean-Nohain l'année suivante
2017 : apparition dans Dix pour cent sur France 2
2020 : album Né à Belleville avec Ludovic Beier
2023 : mort le 15 décembre à l'hôpital de Cavaillon
Guy Émile Marchand naît à Belleville, fils d'un ferrailleur et d'une femme au foyer. Atteint de tuberculose à dix ans, il passe trois mois chaque année en convalescence à Juillé, dans la Sarthe, où il découvre l'équitation sur la jument Chouquette. Il fréquente le cinéma Le Danube rue du Général-Brunet, comme Claude Moine, le futur Eddy Mitchell, qui deviendra un ami. Élève au lycée Voltaire, il joue de la clarinette la nuit dans les boîtes de Saint-Germain-des-Prés. Il épouse la comédienne Béatrice Chatelier, ex-femme d'Eddie Barclay, avec qui il a deux enfants, Jules et Ludivine.
En 2007, il épouse en secondes noces Adelina Khamaganova, mannequin d'origine russe rencontrée à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Le couple se sépare quelques années plus tard, sans divorcer. Installé dans le Luberon puis à Eygalières où il élevait des chevaux, Guy Marchand a passé les dernières années de sa vie à Mollégès, au cœur des Alpilles, avec son fils Jules. Ancien officier parachutiste passé par la Légion étrangère pendant la guerre d'Algérie, il a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1993 et a pratiqué la boxe, le polo et la compétition automobile au sein du Star Racing Team.
Guy Marchand meurt le 15 décembre 2023 à l'hôpital de Cavaillon, où il avait été hospitalisé la veille, à l'âge de 86 ans. Selon ses enfants Jules et Ludivine Marchand, il souffrait depuis plusieurs années de problèmes de vésicule biliaire et avait été soigné pour un cancer. Ses obsèques sont célébrées le 27 décembre 2023 en l'église Saint-Pierre-ès-Liens de Mollégès, en présence de plusieurs centaines de personnes. Conformément à sa volonté, la cérémonie religieuse est suivie d'un rassemblement festif accompagné de musique jazz. Son cercueil porte une photographie de l'artiste jouant de la clarinette. Le réalisateur Quentin Reynaud, compagnon de sa fille Ludivine, figure parmi les proches présents.
Guy Marchand est inhumé au cimetière communal de Mollégès, dans les Bouches-du-Rhône, village des Alpilles où il avait passé les dernières années de sa vie. Sa sépulture se trouve dans cette commune de quelque 2500 habitants où s'étaient tenues ses obsèques le 27 décembre 2023.
1 - Au début des années 1960, son brevet de parachutiste militaire lui vaut d'être engagé comme conseiller technique sur le tournage du Jour le plus long. Son apparition en parachutiste est finalement coupée au montage, mais l'expérience le fait basculer vers le cinéma.
2 - Adolescent, il s'enfermait des heures dans le placard à balais de l'appartement familial pour imiter Claude Luter et Sidney Bechet à la clarinette, rêvant de jouer un jour Basin Street Blues. Trente ans plus tard, il interprétera ce répertoire aux côtés du tromboniste Benny Vasseur.
3 - Passionné de voitures américaines et de Simca 1000 Rallye 2 qu'il pilotait au sein du Star Racing Team, il révèle en 2019 dans Voici être ruiné, ses dépenses automobiles ayant absorbé une part importante de ses revenus.
4 - Il a effectué environ soixante sauts en parachute au cours de sa vie, héritage de son service militaire à la base école des troupes aéroportées de Pau.
5 - Son fils Jules Marchand a tenté à son tour une carrière au cinéma sur ses conseils, après que Guy Marchand l'a dissuadé d'entreprendre des études de médecine ou de droit.
6 - En 2020, à 83 ans, il enregistre l'album Né à Belleville avec le musicien Ludovic Beier, hommage musical à son quartier d'enfance.
- Métier(s) : acteur, chanteur, musicien, écrivain
- Résidence principale : Mollégès, Bouches-du-Rhône
- Relations de couple : Béatrice Chatelier puis Adelina Khamaganova
- Enfants : Jules et Ludivine Marchand
- Distinctions : César du meilleur acteur dans un second rôle 1982, chevalier de la Légion d'honneur 1993, prix Jean-Nohain 2012
« Ce que j'aime au cinéma ? C'est trahir le rôle. C'est-à-dire ne plus jouer tout à fait le rôle qui est écrit. »
— Le Guignol des Buttes-Chaumont, autobiographie, Michel Lafon, 2007
« La Légion d'honneur, je ne la mets pas souvent parce que je trouve que ça vieillit terriblement. Je suis assez vieux comme ça. »
— Le Guignol des Buttes-Chaumont, autobiographie, Michel Lafon, 2007
« Je suis dans le rouge avec ma retraite, les impôts à la source, la façon dont je dépense mon argent et ma passion pour les voitures américaines ! »
— Interview au magazine Voici, 2019
« Quand il a su que je l'épousais, Eddie a eu ce geste formidable : il a revu mon contrat à la hausse, parce qu'il savait qu'elle allait me coûter cher. »
— Interview au Figaro, à propos d'Eddie Barclay et de Béatrice Chatelier
« Si on me propose un personnage que je ne peux pas sauver, je ne le fais pas. Je peux jouer un serial killer, un salaud, un connard, mais je veux pouvoir le sauver au moins à mes yeux. »
— Le Guignol des Buttes-Chaumont, autobiographie, Michel Lafon, 2007
« Ce que j'aime au cinéma ? C'est trahir le rôle. C'est-à-dire ne plus jouer tout à fait le rôle qui est écrit. »
— Le Guignol des Buttes-Chaumont, autobiographie, Michel Lafon, 2007
« La Légion d'honneur, je ne la mets pas souvent parce que je trouve que ça vieillit terriblement. Je suis assez vieux comme ça. »
— Le Guignol des Buttes-Chaumont, autobiographie, Michel Lafon, 2007
« Je suis dans le rouge avec ma retraite, les impôts à la source, la façon dont je dépense mon argent et ma passion pour les voitures américaines ! »
— Interview au magazine Voici, 2019
« Quand il a su que je l'épousais, Eddie a eu ce geste formidable : il a revu mon contrat à la hausse, parce qu'il savait qu'elle allait me coûter cher. »
— Interview au Figaro, à propos d'Eddie Barclay et de Béatrice Chatelier
« Si on me propose un personnage que je ne peux pas sauver, je ne le fais pas. Je peux jouer un serial killer, un salaud, un connard, mais je veux pouvoir le sauver au moins à mes yeux. »
— Le Guignol des Buttes-Chaumont, autobiographie, Michel Lafon, 2007