Henri Becquerel, physicien français (1852-1908), est le découvreur de la radioactivité naturelle. En 1896, il observe que des sels d'uranium impressionnent des plaques photographiques dans l'obscurité, concluant à un rayonnement spontané, ce qui lui vaut le Nobel de physique en 1903 avec Pierre et Marie Curie.
Antoine Henri Becquerel naît le 15 décembre 1852 dans les bâtiments mêmes du Muséum national d'histoire naturelle, où son père Edmond Becquerel et son grand-père Antoine César Becquerel ont successivement occupé la chaire de physique appliquée. Il effectue sa scolarité au lycée Louis-le-Grand, où il compte le mathématicien Gaston Darboux parmi ses professeurs. En 1872, il intègre l'École polytechnique, puis l'École des ponts et chaussées où il se forme à l'ingénierie civile. Entré dans l'administration des Ponts et Chaussées dès 1874, il accède au grade d'ingénieur en chef en 1894. En parallèle, ses travaux de recherche portent sur la polarisation de la lumière, la phosphorescence et l'absorption lumineuse par les cristaux, sujets de sa thèse de doctorat ès sciences obtenue en 1888. Élu membre de l'Académie des sciences en 1889, il succède en 1892 à son père à la chaire de physique appliquée du Muséum, et est nommé professeur à l'École polytechnique en 1895.
En janvier 1896, Becquerel assiste à la présentation par Henri Poincaré des travaux de Wilhelm Conrad Röntgen sur les rayons X. Convaincu que la phosphorescence des sels d'uranium pourrait entretenir une relation avec ce phénomène, il entreprend des expériences sur des cristaux de sulfate d'uranyle. Les 26 et 27 février 1896, le temps couvert l'oblige à ranger plaques photographiques et cristaux dans un tiroir. Le 1er mars, il révèle les plaques et constate qu'elles sont impressionnées malgré l'absence de lumière solaire. Le 2 mars, il présente à l'Académie des sciences la conclusion que l'uranium émet un rayonnement spontané sans cause excitatrice extérieure, et publie sept articles dans l'année. En 1901, il démontre que ce rayonnement est dévié par les champs électriques et magnétiques et identifie la composante bêta comme un flux d'électrons. En 1903, ses recherches lui valent la moitié du prix Nobel de physique, partagé avec Pierre Curie et Marie Curie pour leurs travaux sur ce qu'ils nomment désormais la radioactivité.
1852 : naissance à Paris le 15 décembre, dans les bâtiments du Muséum national d'histoire naturelle
1872 : intègre l'École polytechnique
1877 : premier mariage avec Lucie Zoé-Marie Jamin, fille du physicien Jules Jamin
1878 : naissance de son fils Jean Becquerel le 5 février ; décès de sa première épouse Lucie en couches
1888 : doctorat ès sciences à l'université de Paris
1889 : élu membre de l'Académie des sciences
1890 : second mariage avec Louise Désirée Lorieux
1892 : succède à son père Edmond Becquerel à la chaire du Muséum national d'histoire naturelle
1895 : nommé professeur à l'École polytechnique
1896 : découverte de la radioactivité naturelle (2 mars) ; sept articles publiés dans l'année
1900 : médaille Rumford de la Royal Society
1901 : médaille Helmholtz de l'Académie royale des sciences de Berlin
1903 : prix Nobel de physique partagé avec Pierre Curie et Marie Curie
1905 : médaille Barnard de l'Académie nationale des sciences des États-Unis
1908 : élu secrétaire perpétuel pour les sciences physiques à l'Académie des sciences ; décède le 25 août au Croisic
Fils d'Edmond Becquerel, physicien, et d'Aurélie Quénard, Henri Becquerel naît et grandit dans les bâtiments du Muséum national d'histoire naturelle, au coeur du Jardin des Plantes à Paris, où ses père et grand-père ont également résidé et travaillé. En 1877, il épouse Lucie Zoé-Marie Jamin, fille du physicien Jules Jamin, qui décède en 1878 peu après avoir donné naissance à Jean Becquerel. Jean devient lui-même physicien et succède à son père à la chaire du Muséum. En 1890, Becquerel épouse en secondes noces Louise Désirée Lorieux. Aucun enfant n'est documenté de cette union.
Par ses fonctions institutionnelles, Becquerel entretient des liens scientifiques étroits avec Henri Poincaré, qui l'encourage dans ses recherches en 1896, et avec Pierre Curie et Marie Curie, avec lesquels il collabore dès 1898. Son parcours au sein de l'Académie des sciences, dont il gravit les rangs jusqu'au poste de secrétaire perpétuel pour les sciences physiques en 1908, témoigne d'une intégration profonde dans les réseaux savants parisiens. Il est également membre de la Royal Society, de l'Académie royale des sciences de Prusse et de l'Académie américaine des sciences. Son neveu Paul Becquerel (1879-1955) est botaniste, en dehors de la tradition de physique familiale.
Henri Becquerel décède subitement d'une crise cardiaque le 25 août 1908 au manoir de Pen Castel, au Croisic (Loire-Atlantique), à l'âge de 55 ans. Il venait d'être élu secrétaire perpétuel pour les sciences physiques à l'Académie des sciences, en remplacement d'Albert de Lapparent. Ses obsèques donnent lieu à des discours prononcés par Gaston Darboux (son ancien professeur au lycée Louis-le-Grand, devenu secrétaire perpétuel de l'Académie), Edmond Perrier et Louis Passy. Son fils Jean Becquerel lui succède à la chaire de physique du Muséum national d'histoire naturelle. L'unité SI de radioactivité, le becquerel (Bq), lui est officiellement attribuée après sa mort.
La famille Becquerel dispose d'un caveau au cimetière de Châtillon-Coligny (Loiret), localité liée à la famille depuis son grand-père Antoine César Becquerel. Henri Becquerel y est inhumé. Le manoir de Pen Castel, au Croisic (Loire-Atlantique), marque son dernier lieu de résidence et de décès. Son nom désigne également un cratère sur la Lune et un cratère sur Mars.
1 - En février 1896, Becquerel rangeait ses plaques photographiques avec les cristaux d'uranium dans un tiroir, le soleil étant absent plusieurs jours. En révélant ces plaques le 1er mars, il constata qu'elles étaient impressionnées sans exposition lumineuse et en conclut à un rayonnement spontané de l'uranium.
2 - Le 2 mars 1896, Becquerel présente sa découverte à l'Académie des sciences avec seulement quelques jours d'avance sur le physicien britannique Sylvanus Thompson, qui menait en parallèle les mêmes expériences à Londres. La priorité historique de la découverte a failli lui échapper.
3 - Élu secrétaire perpétuel pour les sciences physiques à l'Académie des sciences en 1908, Becquerel décède la même année, quelques mois seulement après cette nomination. Il n'exercera jamais pleinement cette fonction, qui couronnait une carrière institutionnelle de plus de quarante ans.
4 - L'unité de radioactivité porte son nom : le becquerel (Bq) correspond à une désintégration nucléaire par seconde dans le Système international. Son nom désigne également un cratère lunaire, un cratère martien et un minéral riche en uranium, la becquerelite.
5 - Lors de ses premières communications à l'Académie des sciences en 1896, Becquerel nomme sa découverte "rayonnement uranique". Le terme "radioactivité" est proposé par Pierre et Marie Curie en 1898, après leurs propres recherches sur le phénomène qu'ils avaient entreprises à partir de ses travaux.
- Métier(s) : physicien
- Résidence principale : Paris (Muséum national d'histoire naturelle, Jardin des Plantes)
- Relations de couple : Lucie Zoé-Marie Jamin (1877-1878) ; Louise Désirée Lorieux (à partir de 1890)
- Enfants : Jean Becquerel (1878-1953)
- Distinctions : médaille Rumford (1900) ; médaille Helmholtz (1901) ; prix Nobel de physique (1903) ; médaille Barnard (1905) ; secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences (1908)
146 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« On doit donc conclure de ces expériences que la substance phosphorescente en question émet des radiations qui traversent le papier opaque à la lumière et réduisent les sels d'argent. »
— Henri Becquerel, "Sur les radiations émises par phosphorescence", Comptes Rendus de l'Académie des sciences, vol. 122, 24 février 1896, p. 420-421