Honoré de Balzac, nom de plume d'Honoré Balzac, né le 20 mai 1799 (1er prairial an VII du calendrier républicain) à Tours et mort le 18 août 1850 à Paris, est un écrivain français. Romancier, critique d'art, dramaturge, critique littéraire, essayiste, journaliste et imprimeur, il a laissé l'une des plus imposantes œuvres romanesques de la littérature française, avec plus de quatre-vingt-dix romans et nouvelles parus de 1829 à 1855, réunis sous le titre de La Comédie humaine. À cela s'ajoutent Les Cent Contes drolatiques, ainsi que des romans de jeunesse publiés sous des pseudonymes et quelque vingt-cinq œuvres ébauchées.
Honoré de Balzac est un maître du roman français, dont il a abordé plusieurs genres, du roman philosophique avec Le Chef-d'œuvre inconnu au roman fantastique avec La Peau de chagrin ou encore au roman poétique avec Le Lys dans la vallée. Il a surtout excellé dans la veine du réalisme, avec notamment Le Père Goriot et Eugénie Grandet.
Comme il l'explique dans son avant-propos à La Comédie humaine, il a pour projet d'identifier les « espèces sociales » de son époque, tout comme Buffon avait identifié les espèces zoologiques. Ayant découvert par ses lectures de Walter Scott que le roman pouvait aspirer à une « valeur philosophique », il veut explorer les différentes classes sociales et les individus qui les composent afin d'« écrire l'histoire oubliée par tant d'historiens, celle des mœurs » et de « faire concurrence à l'état civil ».
L'auteur décrit la montée du capitalisme, l'essor de la bourgeoisie face à la noblesse, dans une relation complexe faite de mépris et d'intérêts communs. Intéressé par les êtres qui ont un destin, il crée des personnages plus grands que nature : « Chacun, chez Balzac, même les portières, a du génie » (Baudelaire).
Ses opinions politiques sont ambiguës : s'il affiche des convictions légitimistes en pleine monarchie de Juillet, il s'est auparavant déclaré libéral. Il défend les ouvriers en 1840 et en 1848, bien que ceux-ci ne soient dépeints que dans un seul de ses romans, L'Interdiction. Tout en professant des idées conservatrices, il a produit une œuvre admirée par Marx et Engels, et qui invite par certains aspects à l'anarchisme et à la révolte. Balzac est fortement vanté par le contre-révolutionnaire Léon Daudet, qui voit en Balzac l'un des rares génies de la littérature française au XIXe siècle, un auteur préservé de l'influence du romantisme.
Outre sa production littéraire, il a écrit des articles dans les journaux et a dirigé successivement deux revues, qui feront faillite. Convaincu de la haute mission de l'écrivain, qui doit régner par la pensée, il lutte pour le respect des droits d'auteur et contribue à la fondation de la Société des gens de lettres.
Travailleur forcené, fragilisant par ses excès une santé précaire, endetté à la suite d'investissements hasardeux et d'excès somptuaires, fuyant ses créanciers sous de faux noms dans différentes demeures, Balzac a aussi eu de nombreuses liaisons amoureuses, avant d'épouser en 1850 la comtesse Hańska, qu'il avait courtisée pendant dix-sept ans. Comme l'argent qu'il gagnait avec sa plume ne suffisait pas à payer ses dettes, il avait sans cesse en tête des projets mirobolants : une imprimerie, un journal, une mine d'argent.
C'est dans un palais situé rue Fortunée qu'il meurt, profondément endetté, au milieu d'un luxe inouï.
Lu et admiré dans toute l'Europe, Balzac a fortement influencé les écrivains de son temps et du siècle suivant. Le principe du retour de personnages évoluant et se transformant au sein d'un vaste cycle romanesque a notamment inspiré Émile Zola, Guy de Maupassant, Marcel Proust et, à l'étranger, l'écrivain britannique Anthony Trollope.
Ses œuvres continuent d'être rééditées. Le cinéma a adapté La Marâtre dès 1906 ; depuis, les adaptations cinématographiques et télévisuelles de cette œuvre immense se sont multipliées, avec plus d'une centaine de films et de téléfilms produits à travers le monde.
Un poétique chaos...
Un amant n'a jamais tort.
Qui dit art, dit mensonge.
L'opposition, c'est la vie.
Le lit est tout le mariage.
Plus on juge, moins on aime.
L'abbé ne fait pas le moine.
Qui perd ses dettes s'enrichit.
L'amour est la poésie des sens.
Chaque nuit doit avoir son menu.
Plus on est debout, plus on rit.
En commerce, l'occasion est tout.
Une femme qui aime devient naïve.
L'illusion est une foi démesurée.
La gloire est le soleil des morts.
On ne partage pas un coeur de mère.
Le véritable amour ne calcule rien.
L'égoïsme est le poison de l'amitié.
Il n'y a de vie que dans les marges.
On ne peut devenir que ce qu'on est.
Parler d'amour, c'est faire l'amour.
L'espoir est une mémoire qui désire.
Le beau, c'est le vrai bien habillé.
Les froids calculs de l'indifférence.
L'expérience s'achète par le malheur.
Quoi de plus complet que le silence ?
L'amant qui n'est pas tout n'est rien.
Rien ne grise comme le vin du malheur.
L'ennui naquit un jour de l'Université.
La vie ne va pas sans de grands oublis !
L'avarice commence où la pauvreté cesse.
La résignation est un suicide quotidien.
Les moeurs sont l'hypocrisie des nations.
Le bonheur ne crée rien que des souvenirs.
L'amour, dans le mariage, est une chimère.
Toute femme a sa fortune entre ses jambes.
Emanciper les femmes, c'est les corrompre.
Comme on connaît les siens on les abhorre.
Ne commencez jamais un mariage par un viol.
Un pays de mille lois est un pays sans loi.
L'amour est la plus médiocre des harmonies.
'Une nuit d'amour, c'est un livre en moins.'
La passion est sourde et muette de naissance.
Une femme n'a que l'âge qu'elle paraît avoir.
La gourmandise, le péché des moines vertueux.
Tout pouvoir est une conspiration permanente.
L'amour vrai, comme on sait, est impitoyable.
Il y a du bonheur dans toute espèce de talent.
Le mariage est une vie, le voile est une mort.
Les femmes sont des poêles à dessus de marbre.
Un pouvoir impunément bravé touche à sa ruine.
On respecte un homme qui se respecte lui-même.
Tout bonheur matériel repose sur des chiffres.
Le sort d'un ménage dépend de la première nuit.
La charité qui ne coûte rien, le ciel l'ignore.
Les affaires ne reposent pas sur des sentiments.
Les être sensibles ne sont pas des êtres sensés.
Le comptoir d'un café est le parlement du peuple.
Une jeune fille aime toujours à jouer à la maman.
On est jamais aussi bien servi que par le hasard.
Toute personne qui pense fortement fait scandale.
On peut pardonner, mais oublier, c'est impossible.
Dis-moi ce que tu as, je te dirai ce que tu penses.
Une manie, c'est le plaisir passé à l'état d'idée !
Plus un bénéfice est illégal, plus l'homme y tient.
Instruite, la vertu calcule aussi bien que le vice.
En se résignant, le malheureux consomme son malheur.
L'amour a horreur de tout ce qui n'est pas lui-même.
Il n'y a rien de plus triste qu'une vie sans hasard.
La femme est pour son mari ce que son mari l'a faite.
Un homme est bien fort quand il s'avoue sa faiblesse.
La physionomie des femmes ne commence qu'à trente ans.
L'amour qui économise n'est jamais le véritable amour.
La jalousie est un doute, la crainte est une petitesse.
Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai.
Les sceptiques sont les hommes les plus consciencieux...
Là où l'ambition commence, les naïfs sentiments cessent.
Les vocations manquées déteignent sur toute l'existence.
La courtisane est une institution si elle est un besoin.
En amour, le dévouement est bien près de la spéculation.
Il n'est pas de douleur que le sommeil ne sache vaincre.
La jouissance du bonheur amoindrira toujours le bonheur.
Les époques déteignent sur les hommes qui les traversent.
Il n'est pas de douleurs que le sommeil ne sache vaincre.
Il est peu de plaies morales que la solitude ne guérisse.
Il faut toujours bien faire ce qu'on fait, même une folie.
J'ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot...
Les peintres ne doivent méditer que les brosses à la main.
L'amour a son instinct, il sait trouver le chemin du coeur.
Un homme qui aime bien n'est jamais tout à fait méprisable.
Tout pouvoir humain est un composé de patience et de temps.
L'intelligence est le levier avec lequel on remue le monde.
Si la presse n'existait pas, il faudrait ne pas l'inventer.
L'admiration est toujours une fatigue pour l'espèce humaine.
La bureaucratie est une machine géante animée par des nains.
L'amour est comme le vent, nous ne savons pas d'où il vient.
En médecine, le cabriolet est plus nécessaire que le savoir.
En amour comme à la chasse, le vrai plaisir est de braconner.
En toute chose, nous ne pouvons être jugés que par nos pairs.
L'amour préfère ordinairement les contrastes aux similitudes.
La gloire d'un bon avocat consiste à gagner de mauvais procès.
La femme vit par le sentiment, là où l'homme vit par l'action.
La haine sans désir de vengeance est un grain tombé du granit.
L'amour n'est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.
Le livre vaut-il le glaive, la discussion vaut-elle l'action ?
L'hospitalité me semble tout à la fois une vertu et un bonheur.
On n'est point l'ami d'une femme lorsqu'on peut être son amant.
Un mari, comme un gouvernement, ne doit jamais avouer de faute.
L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir.
La joie ne peut éclater que parmi des gens qui se sentent égaux.
Nos beaux sentiments ne sont-ils pas les poésies de la volonté ?
Les artistes gênés sont impitoyables : ils fuient ou se moquent.
C'est un signe de médiocrité que d'être incapable d'enthousiasme.
Jamais un mari ne sera si bien vengé que par l'amant de sa femme.
En toute chose, l'on ne reçoit qu'en raison de ce que l'on donne.
Le bonheur est la fin que doivent se proposer toutes les sociétés.
Soixante ans, époque à laquelle les femmes se permettent des aveux.
" On dit " et " peut-être " sont les deux huissiers de la médisance.
Le bonheur engloutit nos forces, comme le malheur éteint nos vertus.
Le but de la société n'est-il pas de procurer à chacun le bien-être ?
Le prophète voit les anges, mais l'incrédule les fait voir au public.
Un vieillard est un homme qui a dîné et qui regarde les autres manger.
Il n'y a pas de sciences ou de vertus qui vaillent une goutte de sang.
Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire.
L'esclave a sa vanité, il ne veut obéir qu'au plus grand des despotes.
Le dévouement politique est récompensé par la trahison ou par l'oubli.
La femme mariée est une esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône.
Le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.
Le malheur a cela de bon qu'il nous apprend à connaître nos vrais amis.
Quand tout le monde est bossu, la belle taille devient la monstruosité.
En marchant les femmes peuvent tout montrer, mais ne rien laisser voir.
Le fou et l'écrivain sont des hommes qui voient un abîme et, y tombent.
Nous avons tous la prétention de souffrir beaucoup plus que les autres.
La fortune que l'on acquiert est en raison des besoins que l'on se crée.
La conviction est la volonté humaine arrivée à sa plus grande puissance.
La femme la plus vertueuse a en elle quelque chose qui n'est pas chaste.
Un mari ne doit jamais s'endormir le premier ni se réveiller le dernier.
La couleur est fixe, le mot à des bornes, la langue musicale est infinie.
La haine, comme l'amour, se nourrit des plus petites choses, tout lui va.
J'ai assez d'amour pour préférer ton bonheur au mien, ta vie à la mienne.
Huit jours avec la fièvre ! J'aurai encore eu le temps d'écrire un livre !
Les hommes ne veulent jamais distinguer entre la constance et la fidélité.
Les prêtres et les magistrats ne dépouillent jamais leur robe entièrement.
Pour les malades, le monde commence au chevet et finit au pied de leur lit.
La conversation est un jeu où il ne faut pas mettre un louis contre un écu.
L'intérêt et le talent sont les seuls conseillers consciencieux et lucides.
L'espoir est une mémoire qui désire, le souvenir est une mémoire qui a joui.
La femme est une lyre qui ne livre ses secrets qu'à celui qui sait en jouer.
La société, plus marâtre que mère, adore les enfants qui flattent sa vanité.
J'avais entrepris une lutte insensée ! Je combattais la misère avec ma plume.
L'homme n'est ni bon ni méchant, il naît avec des instincts et des aptitudes.
La puissance ne consiste pas à frapper fort ou souvent, mais à frapper juste.
J'ai souvent éprouvé que la solitude est un bien à qui possède une belle âme.
Les individualités disparaissent chez un peuple nivelé par l'instruction !...
L'amour pour la nature est le seul qui ne trompe pas les espérances humaines.
Le coeur d'une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon.
Quel crime de lèse-million que de démontrer aux riches l'impuissance de l'or !
Le mariage doit incessamment combattre un monstre qui dévore tout : l'habitude.
Entre hommes, la prétention du plus chaste bourgeois est de paraître égrillard.
Femme en vue, femme souhaitée ! De là vient la terrible puissance des actrices.
Tout homme qui à quarante ans n'est pas misanthrope n'a jamais aimé les hommes.
Toutes les femmes, même les dévotes et les sottes, s'entendent en fait d'amour.
En tous pays, avant de juger un homme, le monde écoute ce qu'en pense sa femme.
Le journalisme est une grande catapulte mise en mouvement par de petites haines.
Le reste du monde a la valeur des personnages d'une tapisserie pour deux amants.
Inventer en toute chose, c'est vouloir mourir à petit feu ; copier, c'est vivre.
Vouloir bien élever un enfant, c'est se condamner à n'avoir que des idées justes.
Sentir, aimer, souffrir, se dévouer, sera toujours le texte de la vie des femmes.
Le malheur fait dans certaines âmes un vaste désert où retentit la voix de Dieu.
Le mariage est un sacrement en vertu duquel nous ne communiquons que des chagrins.
Quand il y a une vieille fille dans une maison, les chiens de garde sont inutiles.
Le temps est le seul capital des gens qui n'ont que leur intelligence pour fortune.
On trouve plus facilement la sagesse chez un homme seul que chez une nation entière.
La destinée de la femme et sa seule gloire sont de faire battre le coeur des hommes.
Quand on observe la nature, on y découvre les plaisanteries d'une ironie supérieure.
Notre conscience est un juge infaillible quand nous ne l'avons pas encore assassinée.
Nous ne mourons pas, nous autres chrétiens : notre tombe est le berceau de notre âme.
Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d'un mot !
Pourquoi les consolations ? Plus vives elles sont, plus elles élargissent le malheur.
Les vieillards sont assez enclins à doter de leurs chagrins l'avenir des jeunes gens.
La volupté, comme une fleur rare, demande les soins de la culture la plus ingénieuse.
Je ne connais rien de plus horrible qu'une pensée de vieillard sur un front d'enfant.
Pour ne point rougir devant sa victime, l'homme qui a commencé par la blesser, la tue.
Rien ne peut se faire simplement chez les gens qui montent d'un étage social à l'autre.
Les hommes vous estiment en raison de votre utilité, sans tenir compte de votre valeur.
Pour atteindre à de hautes places, ce sont deux choses : il faut être aigle ou reptile.
A Paris, il y a des impôts sur tout, on y vend tout, on y fabrique tout, même le succès.
La reconnaissance est une dette que les enfants n'acceptent pas toujours à l'inventaire.
Le monde se contente de grimaces, il se paie de ce qu'il donne, sans en vérifier l'aloi.
La misanthropie est presque toujours une grande vanité cachée sous une peau de hérisson.
Un mari doit toujours savoir ce qu'a sa femme, car elle sait toujours ce qu'elle n'a pas.
Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard.
Aimer sans espoir, être dégoûté de la vie, constituent aujourd'hui des positions sociales.
Un grand politique doit être un scélérat abstrait, sans quoi les sociétés sont mal menées.
L'ambitieux se rêve au faîte du pouvoir, tout en s'aplatissant dans la boue du servilisme.
L'amour est profondément égoïste, tandis que la maternité tend à multiplier nos sentiments.
L'homme qui entre dans le cabinet de toilette de sa femme est un philosophe ou un imbécile.
L'égalité peut être un droit, mais aucune puissance humaine ne saurait la convertir en fait.
Existe-t-il au monde un homme qui sache bien comment il est et ce qu'il fait quand il dort ?
Tout journal qui n'augmente pas sa masse d'abonnés, quelle qu'elle soit, est en décroissance.
Quand le despotisme est dans les lois, la liberté se trouve dans les moeurs et vice et versa.
L'amour crée dans la femme une femme nouvelle : celle de la veille n'existe plus le lendemain.
La police et les Jésuites ont la vertu de ne jamais abandonner ni leurs ennemis ni leurs amis.
L'amitié est le lien de deux âmes similaires, unies par leur force, et néanmoins indépendantes.
La bêtise a deux manières d'être: elle se tait ou elle parle. La bêtise muette est supportable.
La possession du pouvoir, quelque immense il peut être, ne donne pas la science de s'en servir.
La prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle les hommes inférieurs ne résistent jamais.
Les plus grands efforts de l'art sont toujours une timide contrefaçon des effets de la nature.
L'ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement.
En révolution, le premier de tous les principes est de diriger le mal qu'on ne saurait empêcher.
Et qu'est-ce que l'enfer si ce n'est qu'une vengeance éternelle pour quelques fautes d'un jour !
La richesse rend tout supportable, tandis qu'il n'y a pas de bonheur qui ne succombe à la misère.
La France est un pays qui adore changer de gouvernement à condition que ce soit toujours le même.
Il en est des passions nobles comme des vices : plus elles se satisfont, plus elles s'accroissent.
Tout pouvoir humain est un composé de patience et de temps. Les gens puissants veulent et veillent.
À dix-huit ans, l'amour ne jette-t-il pas son prisme entre le monde et les yeux d'une jeune fille ?
La dignité n'est qu'un paravent placé par l'orgueil et derrière lequel nous enrageons à notre aise.
La liberté enfante l'anarchie, l'anarchie conduit au despotisme et le despotisme ramène la liberté.
Quoique le malheur passe pour développer les vertus, il ne les développe que chez les gens vertueux.
Le sentiment que l'homme supporte le plus difficilement, c'est la pitié, surtout quand il la mérite.
Un mot vaut une idée dans un pays où l'on est plus séduit par l'étiquette du sac que par le contenu.
Un homme n'est pas tout à fait misérable s'il est superstitieux. Une superstition vaut une espérance.
Il existe des pensées auxquelles nous obéissons sans les connaître : elles sont en nous à notre insu.
Aucun homme n'a pu découvrir le moyen de donner un conseil d'ami à aucune femme, pas même à la sienne.
Si une fille aime rarement l'amant de sa mère, une mère a toujours un faible pour l'amant de sa fille.
La passion est toute l'humanité. Sans elle, la religion, l'histoire, le roman, l'art seraient inutiles.
De toutes les blessures, celles que font la langue et l'oeil, la moquerie et le dédain sont incurables.
Les pères doivent toujours donner pour être heureux. Donner toujours, c'est ce qui fait qu'on est père.
La passion est le pressentiment de l'amour et de son infini auquel aspirent toutes les âmes souffrantes.
Il n'est peut-être pas indifférent à certains anatomistes de la pensée de savoir que l'âme est la femme.
Faire naître un désir, le nourrir, le développer, le grandir, le satisfaire, c'est un poème tout entier.
C'est une immense preuve d'infériorité chez un homme que de ne pas savoir faire de sa femme sa maîtresse.
Beaucoup d'hommes ont un orgueil qui les pousse à cacher leurs combats et à ne se montrer que victorieux.
Flâner est une science, c'est la gastronomie de l'oeil. Se promener, c'est végéter ; flâner, c'est vivre.
Persécuter un homme en politique, ce n'est pas seulement le grandir, c'est encore en innocenter le passé.
Les erreurs de la femme viennent presque toujours de sa croyance au bien ou de sa confiance dans le vrai.
Les sentiments nobles poussés à l'absolu produisent des résultats semblables à ceux des plus grands vices.
Placés aux deux extrémités du monde moral, le sauvage et le penseur ont également horreur de la propriété.
Les chouans sont restés comme un mémorable exemple du danger de remuer les masses peu civilisées d'un pays.
Un grand amour est un crédit ouvert à une puissance si vorace, que le moment de la faillite arrive toujours.
Pascal a dit : « Douter de Dieu, c'est y croire. » De même, une femme ne se débat que quand elle est prise.
Nous sommes de grands enfants auxquels les marchands de jouets politiques livrent toujours les mêmes poupées.
Un amant ne donne pas seulement la vie à tout, il fait aussi oublier la vie : le mari ne donne la vie à rien.
La maladie est un des paravents que les femmes mettent le plus souvent entre elles et l'orage d'une querelle.
Quand les hommes ne peuvent accuser ni leur père, ni leur mère, ils s'en prennent à Dieu de leur mauvais sort.
Il y a dans le sentiment maternel je ne sais quelle immensité qui permet de ne rien enlever aux autres affections.
Il voyait le monde comme un océan de boue dans lequel un homme se plongeait jusqu'au cou, s'il y trempait le pied.
Il n'est pas de créature qui n'ait plus de force pour supporter le chagrin que pour résister à l'extrême félicité.
Les femmes sachant toujours bien expliquer leurs grandeurs, c'est leurs petitesses qu'elles nous laissent à deviner
Plus sa vie est infâme, plus l'homme y tient ; elle est alors une protestation, une vengeance de tous les instants.
La femme est l'être le plus parfait entre les créatures ; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.
Le bonheur conjugal ne se fonde pas tant sur des qualités brillantes et sur la fortune, que sur l'estime réciproque.
L'amour et la haine sont des sentiments qui s'alimentent par eux-mêmes, mais des deux la haine a la vie plus longue.
Rien ne renforce plus l'amitié entre deux hommes que lorsque chacun des deux considère qu'il est supérieur à l'autre.
Les moins rusées des femmes ont des pièges infinis ; la plus imbécile triomphe par le peu de défiance qu'elle excite.
Une femme vertueuse a dans le coeur une fibre de moins ou de plus que les autres femmes : elle est stupide ou sublime.
Ne dois-je donc jamais entendre une de ces charmantes créatures m'appeler maman, me tirer par ma robe, me tyranniser ?
Les grands ont toujours tort de plaisanter avec leurs inférieurs. La plaisanterie est un jeu, le jeu suppose l'égalité.
Au collège, ainsi que dans la société, le fort méprise déjà le faible, sans savoir en quoi consiste la véritable force.
Les crimes purement moraux et qui ne laissent aucune prise à la justice humaine, sont les plus infâmes, les plus odieux.
La pensée, seul trésor que Dieu mette hors de toute puissance et garde comme un lien secret entre les malheureux et lui.
Depuis la mollesse d'une éponge mouillée jusqu'à la dureté d'une pierre ponce, il y a des nuances infinies. Voilà l'homme.
Le repentir est une virginité que notre âme doit à Dieu : un homme qui se repent deux fois est donc un horrible sycophante.
Le suicide est l'effet d'un sentiment que nous nommerons l'estime de soi-même, pour ne pas le confondre avec le mot honneur.
Dans les classes inférieures, la femme est non seulement supérieure à l'homme, mais encore elle le gouverne presque toujours.
Le désir, ce torrent de votre volonté, est si puissant chez l'homme, qu'un seul jet émis avec force peut tout faire obtenir...
ll y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse, puis l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements.
La haine est un tonique : elle fait vivre, elle inspire la vengeance, mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.
Les fées demeurent par-delà les cieux, car les cieux sont le parvis de leur temple, et les étoiles sont les marques de leurs pas.
Pour savoir jusqu'où va la cruauté de ces charmants êtres que nos passions grandissent tant, il faut voir les femmes entre elles.
La poésie, la peinture et les exquises jouissances de l'imagination possèdent sur les esprits élevés des droits imprescriptibles.
Ses cheveux gris étaient si exactement aplatis et peignés sur son crâne jaune, qu'ils le faisaient ressembler à un champ sillonné.
Le despotisme fait illégalement de grandes choses, la liberté ne se donne même pas la peine d'en faire légalement de très petites.
L'homme malheureux de Paris est l'homme malheureux complet, car il trouve encore de la joie pour savoir combien il est malheureux.
Le malheur est un marchepied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme.
Rien dans la vie n'exige plus d'attention que les choses qui paraissent naturelles ; on se défie toujours assez de l'extraordinaire.
Vous seuls pouvez connaître l'infini de la joie au moment où pour vous un coeur s'ouvre, une oreille vous écoute, un regard vous répond.
En marchant, les femmes peuvent tout : montrer ou ne rien laisser voir. Otez la jupe à une femme, adieu la coquetterie, plus de passion.
Le pouvoir est une action, et le principe électif est la discussion. Il n'y a pas de politique possible avec la discussion en permanence.
Pour l'homme, le passé ressemble singulièrement à l'avenir. Lui raconter ce qui fut, n'est-ce-pas presque toujours lui dire ce qui sera ?
Je n'ai qu'une seule bonne qualité, c'est la persistante énergie des rats, qui rongeraient l'acier s'ils vivaient autant que les corbeaux.
L'amour est un faux-monnayeur qui change continuellement les gros sous en louis d'or, et qui souvent aussi fait de ses louis des gros sous.
Le ciel et l'enfer sont deux grands poèmes qui formulent les deux seuls points sur lesquels tourne notre existence : la joie et la douleur.
Pour arriver au bonheur conjugal, il faut gravir une montagne dont l'étroit plateau est bien près d'un revers aussi rapide que glissant ...
Le respect est une barrière qui protège autant un père et une mère que les enfants, en évitant à ceux-là des chagrins, à ceux-ci des remords.
Le courage des Turcs s'explique par ce fait qu'un homme qui a plusieurs femmes est mieux disposé à braver la mort que celui qui n'en a qu'une.
Vous ne rencontrez nulle part, dans la nature, deux objets identiques ; dans l'ordre naturel, deux et deux ne peuvent donc jamais faire quatre.
L'amoureux veut mettre sa maîtresse dans la soie, la revêtir d'un moelleux tissu d'Orient, et, la plupart du temps, il la possède sur un grabat.
Les choses extérieures sont, pour les sots, la moitié de la vie ; et pour cela, plus d'un homme de talent se trouve un sot malgré tout son esprit.
Aucune femme n'aime à entendre faire devant elle l'éloge d'une autre femme ; toutes se réservent en ce cas la parole afin de vinaigrer la louange.
Avoir sa belle-mère en province quand on demeure à Paris, et vice versa, est une de ces bonnes fortunes qui se rencontrent toujours trop rarement.
Entre personnes sans cesse en présence, la haine et l'amour vont toujours croissant : on trouve à tout moment des raisons pour s'aimer ou se haïr mieux.
Le monde a commencé par là,(en parlant du commerce) puisque Adam a vendu le paradis pour une pomme. Ça n'a pas été une fameuse spéculation, par exemple !
Vous devez avoir horreur de l'instruction chez les femmes, par cette raison qu'il est plus facile de gouverner un peuple d'idiots qu'un peuple de savants.
Le malheur et la mélancolie sont les interprètes les plus éloquents de l'amour, et correspondent entre deux êtres souffrants avec une incroyable rapidité.
Il arrive un moment, dans la vie intérieure des familles, où les enfants deviennent, soit volontairement, soit involontairement, les juges de leurs parents.
Les belles âmes arrivent difficilement à croire au mal, à l'ingratitude, il leur faut de rudes leçons avant de reconnaitre l'étendue de la corruption humaine.
Lorsque les femmes nous aiment, elles nous pardonnent tout, même nos crimes. Quand elles ne nous aiment pas, elles ne nous pardonnent rien. Pas même nos vertus.
Dieu veut être cherché pour lui-même. En ce sens il est jaloux, il vous veut tout entier ; mais quand vous vous êtes donnés à lui, jamais il ne vous abandonne...
La mère qui laisse voir toute sa tendresse à ses enfants crée en eux l'ingratitude : l'ingratitude vient peut-être de l'impossibilité où l'on est de s'acquitter.
Il est plus facile d'être amant que mari, par la raison qu'il est plus difficile d'avoir de l'esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.
Les gens sans esprit ressemblent aux mauvaises herbes, qui se plaisent dans les bons terrains, et ils aiment d'autant plus être amusés qu'ils s'ennuient eux-mêmes.
Si le monde tolère un malheur, n'est-ce pas pour le façonner à son usage, en tirer profit, le bâter, lui mettre un mors, une housse, le monter, en faire une joie ?
L'amour a son instinct, il sait trouver le chemin du coeur comme le plus faible insecte marche à sa fleur avec une irrésistible volonté qui ne s'épouvante de rien.
Quand on se croit destiné à produire de grandes choses, il est difficile de ne pas les laisser pressentir : le boisseau a toujours des fentes par où passe la lumière.
Nous sommes habitués à juger les autres d'après nous, et si nous les absolvons complaisamment de nos défauts, nous les condamnons sévèrement de ne pas avoir nos qualités.
Une des plus fortes armes de l'homme est ce pouvoir terrible d'occuper de lui-même une femme dont l'imagination naturellement mobile s'effraie ou s'offense d'une poursuite.
La femme est un délicieux instrument de plaisir, mais il faut en connaître les frémissantes cordes, en étudier la prose, le clavier timide, le doigté changeant et capricieux.
Tous ces prétendus hommes politiques sont les pions, les Cavaliers, les Tours ou les Fous d'une partie d'échecs qui se jouera tant qu'un hasard ne renversera pas l'échiquier.
Les personnes habituées au luxe ont une apparente simplicité qui trompe ; elles le dédaignent, elles s'en servent ; il est un instrument, et non le travail de leur existence.
Pour être heureux en ménage, il faut être ou homme de génie marié à une femme tendre et spirituelle, ou se trouver, par l'effet d'un hasard, tous les deux excessivement bêtes.
Un poétique chaos...
Un amant n'a jamais tort.
Qui dit art, dit mensonge.
L'opposition, c'est la vie.
Le lit est tout le mariage.
Plus on juge, moins on aime.
L'abbé ne fait pas le moine.
Qui perd ses dettes s'enrichit.
L'amour est la poésie des sens.
Chaque nuit doit avoir son menu.
Plus on est debout, plus on rit.
En commerce, l'occasion est tout.
Une femme qui aime devient naïve.
L'illusion est une foi démesurée.
La gloire est le soleil des morts.
On ne partage pas un coeur de mère.
Le véritable amour ne calcule rien.
L'égoïsme est le poison de l'amitié.
Il n'y a de vie que dans les marges.
On ne peut devenir que ce qu'on est.
Parler d'amour, c'est faire l'amour.
L'espoir est une mémoire qui désire.
Le beau, c'est le vrai bien habillé.
Les froids calculs de l'indifférence.
L'expérience s'achète par le malheur.
Quoi de plus complet que le silence ?
L'amant qui n'est pas tout n'est rien.
Rien ne grise comme le vin du malheur.
L'ennui naquit un jour de l'Université.
La vie ne va pas sans de grands oublis !
L'avarice commence où la pauvreté cesse.
La résignation est un suicide quotidien.
Les moeurs sont l'hypocrisie des nations.
Le bonheur ne crée rien que des souvenirs.
L'amour, dans le mariage, est une chimère.
Toute femme a sa fortune entre ses jambes.
Emanciper les femmes, c'est les corrompre.
Comme on connaît les siens on les abhorre.
Ne commencez jamais un mariage par un viol.
Un pays de mille lois est un pays sans loi.
L'amour est la plus médiocre des harmonies.
'Une nuit d'amour, c'est un livre en moins.'
La passion est sourde et muette de naissance.
Une femme n'a que l'âge qu'elle paraît avoir.
La gourmandise, le péché des moines vertueux.
Tout pouvoir est une conspiration permanente.
L'amour vrai, comme on sait, est impitoyable.
Il y a du bonheur dans toute espèce de talent.
Le mariage est une vie, le voile est une mort.
Les femmes sont des poêles à dessus de marbre.
Un pouvoir impunément bravé touche à sa ruine.
On respecte un homme qui se respecte lui-même.
Tout bonheur matériel repose sur des chiffres.
Le sort d'un ménage dépend de la première nuit.
La charité qui ne coûte rien, le ciel l'ignore.
Les affaires ne reposent pas sur des sentiments.
Les être sensibles ne sont pas des êtres sensés.
Le comptoir d'un café est le parlement du peuple.
Une jeune fille aime toujours à jouer à la maman.
On est jamais aussi bien servi que par le hasard.
Toute personne qui pense fortement fait scandale.
On peut pardonner, mais oublier, c'est impossible.
Dis-moi ce que tu as, je te dirai ce que tu penses.
Une manie, c'est le plaisir passé à l'état d'idée !
Plus un bénéfice est illégal, plus l'homme y tient.
Instruite, la vertu calcule aussi bien que le vice.
En se résignant, le malheureux consomme son malheur.
L'amour a horreur de tout ce qui n'est pas lui-même.
Il n'y a rien de plus triste qu'une vie sans hasard.
La femme est pour son mari ce que son mari l'a faite.
Un homme est bien fort quand il s'avoue sa faiblesse.
La physionomie des femmes ne commence qu'à trente ans.
L'amour qui économise n'est jamais le véritable amour.
La jalousie est un doute, la crainte est une petitesse.
Pour le journaliste, tout ce qui est probable est vrai.
Les sceptiques sont les hommes les plus consciencieux...
Là où l'ambition commence, les naïfs sentiments cessent.
Les vocations manquées déteignent sur toute l'existence.
La courtisane est une institution si elle est un besoin.
En amour, le dévouement est bien près de la spéculation.
Il n'est pas de douleur que le sommeil ne sache vaincre.
La jouissance du bonheur amoindrira toujours le bonheur.
Les époques déteignent sur les hommes qui les traversent.
Il n'est pas de douleurs que le sommeil ne sache vaincre.
Il est peu de plaies morales que la solitude ne guérisse.
Il faut toujours bien faire ce qu'on fait, même une folie.
J'ai accompli de délicieux voyages, embarqué sur un mot...
Les peintres ne doivent méditer que les brosses à la main.
L'amour a son instinct, il sait trouver le chemin du coeur.
Un homme qui aime bien n'est jamais tout à fait méprisable.
Tout pouvoir humain est un composé de patience et de temps.
L'intelligence est le levier avec lequel on remue le monde.
Si la presse n'existait pas, il faudrait ne pas l'inventer.
L'admiration est toujours une fatigue pour l'espèce humaine.
La bureaucratie est une machine géante animée par des nains.
L'amour est comme le vent, nous ne savons pas d'où il vient.
En médecine, le cabriolet est plus nécessaire que le savoir.
En amour comme à la chasse, le vrai plaisir est de braconner.
En toute chose, nous ne pouvons être jugés que par nos pairs.
L'amour préfère ordinairement les contrastes aux similitudes.
La gloire d'un bon avocat consiste à gagner de mauvais procès.
La femme vit par le sentiment, là où l'homme vit par l'action.
La haine sans désir de vengeance est un grain tombé du granit.
L'amour n'est pas seulement un sentiment, il est un art aussi.
Le livre vaut-il le glaive, la discussion vaut-elle l'action ?
L'hospitalité me semble tout à la fois une vertu et un bonheur.
On n'est point l'ami d'une femme lorsqu'on peut être son amant.
Un mari, comme un gouvernement, ne doit jamais avouer de faute.
L'amour est la seule passion qui ne souffre ni passé ni avenir.
La joie ne peut éclater que parmi des gens qui se sentent égaux.
Nos beaux sentiments ne sont-ils pas les poésies de la volonté ?
Les artistes gênés sont impitoyables : ils fuient ou se moquent.
C'est un signe de médiocrité que d'être incapable d'enthousiasme.
Jamais un mari ne sera si bien vengé que par l'amant de sa femme.
En toute chose, l'on ne reçoit qu'en raison de ce que l'on donne.
Le bonheur est la fin que doivent se proposer toutes les sociétés.
Soixante ans, époque à laquelle les femmes se permettent des aveux.
" On dit " et " peut-être " sont les deux huissiers de la médisance.
Le bonheur engloutit nos forces, comme le malheur éteint nos vertus.
Le but de la société n'est-il pas de procurer à chacun le bien-être ?
Le prophète voit les anges, mais l'incrédule les fait voir au public.
Un vieillard est un homme qui a dîné et qui regarde les autres manger.
Il n'y a pas de sciences ou de vertus qui vaillent une goutte de sang.
Il est aussi facile de rêver un livre qu'il est difficile de le faire.
L'esclave a sa vanité, il ne veut obéir qu'au plus grand des despotes.
Le dévouement politique est récompensé par la trahison ou par l'oubli.
La femme mariée est une esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône.
Le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.
Le malheur a cela de bon qu'il nous apprend à connaître nos vrais amis.
Quand tout le monde est bossu, la belle taille devient la monstruosité.
En marchant les femmes peuvent tout montrer, mais ne rien laisser voir.
Le fou et l'écrivain sont des hommes qui voient un abîme et, y tombent.
Nous avons tous la prétention de souffrir beaucoup plus que les autres.
La fortune que l'on acquiert est en raison des besoins que l'on se crée.
La conviction est la volonté humaine arrivée à sa plus grande puissance.
La femme la plus vertueuse a en elle quelque chose qui n'est pas chaste.
Un mari ne doit jamais s'endormir le premier ni se réveiller le dernier.
La couleur est fixe, le mot à des bornes, la langue musicale est infinie.
La haine, comme l'amour, se nourrit des plus petites choses, tout lui va.
J'ai assez d'amour pour préférer ton bonheur au mien, ta vie à la mienne.
Huit jours avec la fièvre ! J'aurai encore eu le temps d'écrire un livre !
Les hommes ne veulent jamais distinguer entre la constance et la fidélité.
Les prêtres et les magistrats ne dépouillent jamais leur robe entièrement.
Pour les malades, le monde commence au chevet et finit au pied de leur lit.
La conversation est un jeu où il ne faut pas mettre un louis contre un écu.
L'intérêt et le talent sont les seuls conseillers consciencieux et lucides.
L'espoir est une mémoire qui désire, le souvenir est une mémoire qui a joui.
La femme est une lyre qui ne livre ses secrets qu'à celui qui sait en jouer.
La société, plus marâtre que mère, adore les enfants qui flattent sa vanité.
J'avais entrepris une lutte insensée ! Je combattais la misère avec ma plume.
L'homme n'est ni bon ni méchant, il naît avec des instincts et des aptitudes.
La puissance ne consiste pas à frapper fort ou souvent, mais à frapper juste.
J'ai souvent éprouvé que la solitude est un bien à qui possède une belle âme.
Les individualités disparaissent chez un peuple nivelé par l'instruction !...
L'amour pour la nature est le seul qui ne trompe pas les espérances humaines.
Le coeur d'une mère est un abîme au fond duquel se trouve toujours un pardon.
Quel crime de lèse-million que de démontrer aux riches l'impuissance de l'or !
Le mariage doit incessamment combattre un monstre qui dévore tout : l'habitude.
Entre hommes, la prétention du plus chaste bourgeois est de paraître égrillard.
Femme en vue, femme souhaitée ! De là vient la terrible puissance des actrices.
Tout homme qui à quarante ans n'est pas misanthrope n'a jamais aimé les hommes.
Toutes les femmes, même les dévotes et les sottes, s'entendent en fait d'amour.
En tous pays, avant de juger un homme, le monde écoute ce qu'en pense sa femme.
Le journalisme est une grande catapulte mise en mouvement par de petites haines.
Le reste du monde a la valeur des personnages d'une tapisserie pour deux amants.
Inventer en toute chose, c'est vouloir mourir à petit feu ; copier, c'est vivre.
Vouloir bien élever un enfant, c'est se condamner à n'avoir que des idées justes.
Sentir, aimer, souffrir, se dévouer, sera toujours le texte de la vie des femmes.
Le malheur fait dans certaines âmes un vaste désert où retentit la voix de Dieu.
Le mariage est un sacrement en vertu duquel nous ne communiquons que des chagrins.
Quand il y a une vieille fille dans une maison, les chiens de garde sont inutiles.
Le temps est le seul capital des gens qui n'ont que leur intelligence pour fortune.
On trouve plus facilement la sagesse chez un homme seul que chez une nation entière.
La destinée de la femme et sa seule gloire sont de faire battre le coeur des hommes.
Quand on observe la nature, on y découvre les plaisanteries d'une ironie supérieure.
Notre conscience est un juge infaillible quand nous ne l'avons pas encore assassinée.
Nous ne mourons pas, nous autres chrétiens : notre tombe est le berceau de notre âme.
Quel beau livre ne composerait-on pas en racontant la vie et les aventures d'un mot !
Pourquoi les consolations ? Plus vives elles sont, plus elles élargissent le malheur.
Les vieillards sont assez enclins à doter de leurs chagrins l'avenir des jeunes gens.
La volupté, comme une fleur rare, demande les soins de la culture la plus ingénieuse.
Je ne connais rien de plus horrible qu'une pensée de vieillard sur un front d'enfant.
Pour ne point rougir devant sa victime, l'homme qui a commencé par la blesser, la tue.
Rien ne peut se faire simplement chez les gens qui montent d'un étage social à l'autre.
Les hommes vous estiment en raison de votre utilité, sans tenir compte de votre valeur.
Pour atteindre à de hautes places, ce sont deux choses : il faut être aigle ou reptile.
A Paris, il y a des impôts sur tout, on y vend tout, on y fabrique tout, même le succès.
La reconnaissance est une dette que les enfants n'acceptent pas toujours à l'inventaire.
Le monde se contente de grimaces, il se paie de ce qu'il donne, sans en vérifier l'aloi.
La misanthropie est presque toujours une grande vanité cachée sous une peau de hérisson.
Un mari doit toujours savoir ce qu'a sa femme, car elle sait toujours ce qu'elle n'a pas.
Les gens qui veulent fortement une chose sont presque toujours bien servis par le hasard.
Aimer sans espoir, être dégoûté de la vie, constituent aujourd'hui des positions sociales.
Un grand politique doit être un scélérat abstrait, sans quoi les sociétés sont mal menées.
L'ambitieux se rêve au faîte du pouvoir, tout en s'aplatissant dans la boue du servilisme.
L'amour est profondément égoïste, tandis que la maternité tend à multiplier nos sentiments.
L'homme qui entre dans le cabinet de toilette de sa femme est un philosophe ou un imbécile.
L'égalité peut être un droit, mais aucune puissance humaine ne saurait la convertir en fait.
Existe-t-il au monde un homme qui sache bien comment il est et ce qu'il fait quand il dort ?
Tout journal qui n'augmente pas sa masse d'abonnés, quelle qu'elle soit, est en décroissance.
Quand le despotisme est dans les lois, la liberté se trouve dans les moeurs et vice et versa.
L'amour crée dans la femme une femme nouvelle : celle de la veille n'existe plus le lendemain.
La police et les Jésuites ont la vertu de ne jamais abandonner ni leurs ennemis ni leurs amis.
L'amitié est le lien de deux âmes similaires, unies par leur force, et néanmoins indépendantes.
La bêtise a deux manières d'être: elle se tait ou elle parle. La bêtise muette est supportable.
La possession du pouvoir, quelque immense il peut être, ne donne pas la science de s'en servir.
La prospérité porte avec elle une ivresse à laquelle les hommes inférieurs ne résistent jamais.
Les plus grands efforts de l'art sont toujours une timide contrefaçon des effets de la nature.
L'ignorance est la mère de tous les crimes. Un crime est, avant tout, un manque de raisonnement.
En révolution, le premier de tous les principes est de diriger le mal qu'on ne saurait empêcher.
Et qu'est-ce que l'enfer si ce n'est qu'une vengeance éternelle pour quelques fautes d'un jour !
La richesse rend tout supportable, tandis qu'il n'y a pas de bonheur qui ne succombe à la misère.
La France est un pays qui adore changer de gouvernement à condition que ce soit toujours le même.
Il en est des passions nobles comme des vices : plus elles se satisfont, plus elles s'accroissent.
Tout pouvoir humain est un composé de patience et de temps. Les gens puissants veulent et veillent.
À dix-huit ans, l'amour ne jette-t-il pas son prisme entre le monde et les yeux d'une jeune fille ?
La dignité n'est qu'un paravent placé par l'orgueil et derrière lequel nous enrageons à notre aise.
La liberté enfante l'anarchie, l'anarchie conduit au despotisme et le despotisme ramène la liberté.
Quoique le malheur passe pour développer les vertus, il ne les développe que chez les gens vertueux.
Le sentiment que l'homme supporte le plus difficilement, c'est la pitié, surtout quand il la mérite.
Un mot vaut une idée dans un pays où l'on est plus séduit par l'étiquette du sac que par le contenu.
Un homme n'est pas tout à fait misérable s'il est superstitieux. Une superstition vaut une espérance.
Il existe des pensées auxquelles nous obéissons sans les connaître : elles sont en nous à notre insu.
Aucun homme n'a pu découvrir le moyen de donner un conseil d'ami à aucune femme, pas même à la sienne.
Si une fille aime rarement l'amant de sa mère, une mère a toujours un faible pour l'amant de sa fille.
La passion est toute l'humanité. Sans elle, la religion, l'histoire, le roman, l'art seraient inutiles.
De toutes les blessures, celles que font la langue et l'oeil, la moquerie et le dédain sont incurables.
Les pères doivent toujours donner pour être heureux. Donner toujours, c'est ce qui fait qu'on est père.
La passion est le pressentiment de l'amour et de son infini auquel aspirent toutes les âmes souffrantes.
Il n'est peut-être pas indifférent à certains anatomistes de la pensée de savoir que l'âme est la femme.
Faire naître un désir, le nourrir, le développer, le grandir, le satisfaire, c'est un poème tout entier.
C'est une immense preuve d'infériorité chez un homme que de ne pas savoir faire de sa femme sa maîtresse.
Beaucoup d'hommes ont un orgueil qui les pousse à cacher leurs combats et à ne se montrer que victorieux.
Flâner est une science, c'est la gastronomie de l'oeil. Se promener, c'est végéter ; flâner, c'est vivre.
Persécuter un homme en politique, ce n'est pas seulement le grandir, c'est encore en innocenter le passé.
Les erreurs de la femme viennent presque toujours de sa croyance au bien ou de sa confiance dans le vrai.
Les sentiments nobles poussés à l'absolu produisent des résultats semblables à ceux des plus grands vices.
Placés aux deux extrémités du monde moral, le sauvage et le penseur ont également horreur de la propriété.
Les chouans sont restés comme un mémorable exemple du danger de remuer les masses peu civilisées d'un pays.
Un grand amour est un crédit ouvert à une puissance si vorace, que le moment de la faillite arrive toujours.
Pascal a dit : « Douter de Dieu, c'est y croire. » De même, une femme ne se débat que quand elle est prise.
Nous sommes de grands enfants auxquels les marchands de jouets politiques livrent toujours les mêmes poupées.
Un amant ne donne pas seulement la vie à tout, il fait aussi oublier la vie : le mari ne donne la vie à rien.
La maladie est un des paravents que les femmes mettent le plus souvent entre elles et l'orage d'une querelle.
Quand les hommes ne peuvent accuser ni leur père, ni leur mère, ils s'en prennent à Dieu de leur mauvais sort.
Il y a dans le sentiment maternel je ne sais quelle immensité qui permet de ne rien enlever aux autres affections.
Il voyait le monde comme un océan de boue dans lequel un homme se plongeait jusqu'au cou, s'il y trempait le pied.
Il n'est pas de créature qui n'ait plus de force pour supporter le chagrin que pour résister à l'extrême félicité.
Les femmes sachant toujours bien expliquer leurs grandeurs, c'est leurs petitesses qu'elles nous laissent à deviner
Plus sa vie est infâme, plus l'homme y tient ; elle est alors une protestation, une vengeance de tous les instants.
La femme est l'être le plus parfait entre les créatures ; elle est une créature transitoire entre l'homme et l'ange.
Le bonheur conjugal ne se fonde pas tant sur des qualités brillantes et sur la fortune, que sur l'estime réciproque.
L'amour et la haine sont des sentiments qui s'alimentent par eux-mêmes, mais des deux la haine a la vie plus longue.
Rien ne renforce plus l'amitié entre deux hommes que lorsque chacun des deux considère qu'il est supérieur à l'autre.
Les moins rusées des femmes ont des pièges infinis ; la plus imbécile triomphe par le peu de défiance qu'elle excite.
Une femme vertueuse a dans le coeur une fibre de moins ou de plus que les autres femmes : elle est stupide ou sublime.
Ne dois-je donc jamais entendre une de ces charmantes créatures m'appeler maman, me tirer par ma robe, me tyranniser ?
Les grands ont toujours tort de plaisanter avec leurs inférieurs. La plaisanterie est un jeu, le jeu suppose l'égalité.
Au collège, ainsi que dans la société, le fort méprise déjà le faible, sans savoir en quoi consiste la véritable force.
Les crimes purement moraux et qui ne laissent aucune prise à la justice humaine, sont les plus infâmes, les plus odieux.
La pensée, seul trésor que Dieu mette hors de toute puissance et garde comme un lien secret entre les malheureux et lui.
Depuis la mollesse d'une éponge mouillée jusqu'à la dureté d'une pierre ponce, il y a des nuances infinies. Voilà l'homme.
Le repentir est une virginité que notre âme doit à Dieu : un homme qui se repent deux fois est donc un horrible sycophante.
Le suicide est l'effet d'un sentiment que nous nommerons l'estime de soi-même, pour ne pas le confondre avec le mot honneur.
Dans les classes inférieures, la femme est non seulement supérieure à l'homme, mais encore elle le gouverne presque toujours.
Le désir, ce torrent de votre volonté, est si puissant chez l'homme, qu'un seul jet émis avec force peut tout faire obtenir...
ll y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse, puis l'histoire secrète, où sont les véritables causes des événements.
La haine est un tonique : elle fait vivre, elle inspire la vengeance, mais la pitié tue, elle affaiblit encore notre faiblesse.
Les fées demeurent par-delà les cieux, car les cieux sont le parvis de leur temple, et les étoiles sont les marques de leurs pas.
Pour savoir jusqu'où va la cruauté de ces charmants êtres que nos passions grandissent tant, il faut voir les femmes entre elles.
La poésie, la peinture et les exquises jouissances de l'imagination possèdent sur les esprits élevés des droits imprescriptibles.
Ses cheveux gris étaient si exactement aplatis et peignés sur son crâne jaune, qu'ils le faisaient ressembler à un champ sillonné.
Le despotisme fait illégalement de grandes choses, la liberté ne se donne même pas la peine d'en faire légalement de très petites.
L'homme malheureux de Paris est l'homme malheureux complet, car il trouve encore de la joie pour savoir combien il est malheureux.
Le malheur est un marchepied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l'homme habile, pour les faibles un abîme.
Rien dans la vie n'exige plus d'attention que les choses qui paraissent naturelles ; on se défie toujours assez de l'extraordinaire.
Vous seuls pouvez connaître l'infini de la joie au moment où pour vous un coeur s'ouvre, une oreille vous écoute, un regard vous répond.
En marchant, les femmes peuvent tout : montrer ou ne rien laisser voir. Otez la jupe à une femme, adieu la coquetterie, plus de passion.
Le pouvoir est une action, et le principe électif est la discussion. Il n'y a pas de politique possible avec la discussion en permanence.
Pour l'homme, le passé ressemble singulièrement à l'avenir. Lui raconter ce qui fut, n'est-ce-pas presque toujours lui dire ce qui sera ?
Je n'ai qu'une seule bonne qualité, c'est la persistante énergie des rats, qui rongeraient l'acier s'ils vivaient autant que les corbeaux.
L'amour est un faux-monnayeur qui change continuellement les gros sous en louis d'or, et qui souvent aussi fait de ses louis des gros sous.
Le ciel et l'enfer sont deux grands poèmes qui formulent les deux seuls points sur lesquels tourne notre existence : la joie et la douleur.
Pour arriver au bonheur conjugal, il faut gravir une montagne dont l'étroit plateau est bien près d'un revers aussi rapide que glissant ...
Le respect est une barrière qui protège autant un père et une mère que les enfants, en évitant à ceux-là des chagrins, à ceux-ci des remords.
Le courage des Turcs s'explique par ce fait qu'un homme qui a plusieurs femmes est mieux disposé à braver la mort que celui qui n'en a qu'une.
Vous ne rencontrez nulle part, dans la nature, deux objets identiques ; dans l'ordre naturel, deux et deux ne peuvent donc jamais faire quatre.
L'amoureux veut mettre sa maîtresse dans la soie, la revêtir d'un moelleux tissu d'Orient, et, la plupart du temps, il la possède sur un grabat.
Les choses extérieures sont, pour les sots, la moitié de la vie ; et pour cela, plus d'un homme de talent se trouve un sot malgré tout son esprit.
Aucune femme n'aime à entendre faire devant elle l'éloge d'une autre femme ; toutes se réservent en ce cas la parole afin de vinaigrer la louange.
Avoir sa belle-mère en province quand on demeure à Paris, et vice versa, est une de ces bonnes fortunes qui se rencontrent toujours trop rarement.
Entre personnes sans cesse en présence, la haine et l'amour vont toujours croissant : on trouve à tout moment des raisons pour s'aimer ou se haïr mieux.
Le monde a commencé par là,(en parlant du commerce) puisque Adam a vendu le paradis pour une pomme. Ça n'a pas été une fameuse spéculation, par exemple !
Vous devez avoir horreur de l'instruction chez les femmes, par cette raison qu'il est plus facile de gouverner un peuple d'idiots qu'un peuple de savants.
Le malheur et la mélancolie sont les interprètes les plus éloquents de l'amour, et correspondent entre deux êtres souffrants avec une incroyable rapidité.
Il arrive un moment, dans la vie intérieure des familles, où les enfants deviennent, soit volontairement, soit involontairement, les juges de leurs parents.
Les belles âmes arrivent difficilement à croire au mal, à l'ingratitude, il leur faut de rudes leçons avant de reconnaitre l'étendue de la corruption humaine.
Lorsque les femmes nous aiment, elles nous pardonnent tout, même nos crimes. Quand elles ne nous aiment pas, elles ne nous pardonnent rien. Pas même nos vertus.
Dieu veut être cherché pour lui-même. En ce sens il est jaloux, il vous veut tout entier ; mais quand vous vous êtes donnés à lui, jamais il ne vous abandonne...
La mère qui laisse voir toute sa tendresse à ses enfants crée en eux l'ingratitude : l'ingratitude vient peut-être de l'impossibilité où l'on est de s'acquitter.
Il est plus facile d'être amant que mari, par la raison qu'il est plus difficile d'avoir de l'esprit tous les jours que de dire de jolies choses de temps en temps.
Les gens sans esprit ressemblent aux mauvaises herbes, qui se plaisent dans les bons terrains, et ils aiment d'autant plus être amusés qu'ils s'ennuient eux-mêmes.
Si le monde tolère un malheur, n'est-ce pas pour le façonner à son usage, en tirer profit, le bâter, lui mettre un mors, une housse, le monter, en faire une joie ?
L'amour a son instinct, il sait trouver le chemin du coeur comme le plus faible insecte marche à sa fleur avec une irrésistible volonté qui ne s'épouvante de rien.
Quand on se croit destiné à produire de grandes choses, il est difficile de ne pas les laisser pressentir : le boisseau a toujours des fentes par où passe la lumière.
Nous sommes habitués à juger les autres d'après nous, et si nous les absolvons complaisamment de nos défauts, nous les condamnons sévèrement de ne pas avoir nos qualités.
Une des plus fortes armes de l'homme est ce pouvoir terrible d'occuper de lui-même une femme dont l'imagination naturellement mobile s'effraie ou s'offense d'une poursuite.
La femme est un délicieux instrument de plaisir, mais il faut en connaître les frémissantes cordes, en étudier la prose, le clavier timide, le doigté changeant et capricieux.
Tous ces prétendus hommes politiques sont les pions, les Cavaliers, les Tours ou les Fous d'une partie d'échecs qui se jouera tant qu'un hasard ne renversera pas l'échiquier.
Les personnes habituées au luxe ont une apparente simplicité qui trompe ; elles le dédaignent, elles s'en servent ; il est un instrument, et non le travail de leur existence.
Pour être heureux en ménage, il faut être ou homme de génie marié à une femme tendre et spirituelle, ou se trouver, par l'effet d'un hasard, tous les deux excessivement bêtes.