Cette année marque le 5ᵉ anniversaire de sa disparition.
Hubert Faure, né le 28 mai 1914 à Saint-Astier et mort le 17 avril 2021 à Paris, est un militaire français, membre des commandos Kieffer. Engagé dans la France libre, il débarque à Sword Beach le 6 juin 1944 et fut l'avant-dernier survivant de ce groupe de fusiliers marins.
Issu d'une famille de Dordogne, Hubert Faure s'engage en 1934 comme sous-officier au 22e régiment de dragons à Pontoise, puis sert comme instructeur à Paris. Lecteur des ouvrages militaires de Charles de Gaulle consacrés à la cavalerie, il combat dans un régiment de chars lorsque la guerre éclate. Placé en réserve derrière la ligne Maginot, il participe le 17 mai 1940 à la bataille de Montcornet, dans l'Aisne, aux côtés des unités cuirassées commandées par le colonel de Gaulle. Fait prisonnier en juin 1940, il s'évade durant son transfert et retrouve l'armée française après l'armistice. En novembre 1942, après le débarquement allié en Afrique du Nord, il décide de gagner l'Angleterre pour rejoindre les Forces françaises libres. Son périple le conduit en Espagne franquiste, où il est interné plusieurs mois près de Bilbao, puis au Portugal, avant de parvenir à Londres au milieu de l'année 1943.
En juin 1943, il se porte volontaire pour les commandos français encadrés par le lieutenant de vaisseau Philippe Kieffer. Remarqué lors du stage d'entraînement à Achnacarry, en Écosse, il devient maître-principal de la Marine nationale et commande une section de la Troop 1. Le 6 juin 1944, il débarque devant Colleville-sur-Orne sous des tirs nourris, soufflé par l'explosion d'un obus. Devenu rapidement le seul cadre valide de sa troupe, il dirige l'assaut contre le complexe défensif du Casino de Riva-Bella, puis progresse vers Bénouville, le pont Pegasus et Amfreville, où son camarade Maurice Chauvet figure parmi les commandos engagés. Blessé par un éclat d'obus en juillet 1944, rapatrié puis réengagé, il met un terme à sa carrière militaire avec le grade d'enseigne de vaisseau.
1914 : naissance le 28 mai à Saint-Astier, en Dordogne
1934 : engagement au 22e régiment de dragons à Pontoise
1940 : participation à la bataille de Montcornet, puis capture et évasion
1942 : départ vers l'Angleterre pour rejoindre les Forces françaises libres
1943 : arrivée à Londres et engagement dans les commandos Kieffer
1944 : débarquement à Colleville-sur-Orne le 6 juin avec la Troop 1
1945 : mariage, avec Philippe Kieffer comme témoin, et retour à la vie civile
2008 : élévation au grade de Commandeur de la Légion d'honneur le 14 juillet
2020 : élévation à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur
2021 : mort le 17 avril à Paris, à l'âge de 106 ans
Hubert Émile Faure naît à Saint-Astier, en Dordogne. Son père, huissier et ancien combattant de la Première Guerre mondiale, meurt en 1933 des suites des gaz subis lors de la bataille de Verdun. Le jeune homme étudie au lycée jésuite Saint-Joseph de Sarlat-la-Canéda. Après la Seconde Guerre mondiale, il reprend ses études et devient ingénieur des travaux publics, exerçant notamment en Afrique. Il se marie en 1945, le capitaine de corvette Philippe Kieffer, son ancien chef, étant son témoin. Son épouse se prénomme Malise, avec qui il partagera longtemps sa vie entre Paris et le Libournais.
Très attaché à la mémoire de la France libre, Hubert Faure entretient des liens durables avec ses anciens camarades de combat. Il était proche de l'amiral Philippe de Gaulle, qu'il décrivait comme son voisin et ami de longue date et qui lui remit sa cravate de Commandeur. Il fut, avec Léon Gautier, l'un des deux derniers survivants du commando Kieffer. Témoin recherché des commémorations du Débarquement, il accorda plusieurs entretiens, notamment à la Fondation Charles de Gaulle, transmettant le souvenir des 177 Français engagés le 6 juin 1944.
Hubert Faure meurt le 17 avril 2021 à son domicile du 16e arrondissement de Paris, à l'âge de 106 ans. Aucune cause médicale précise n'a été rendue publique par la famille. Ses obsèques se déroulent lors d'une cérémonie religieuse à l'église de Bayas, en Gironde, commune où il possédait une maison de campagne. Le président Emmanuel Macron lui rend hommage au nom de la nation, saluant une leçon d'engagement, tandis que la ministre des Armées Florence Parly et la ministre déléguée Geneviève Darrieussecq expriment leur tristesse. Sa disparition laisse Léon Gautier comme unique survivant du commando Kieffer.
Hubert Faure est inhumé au cimetière de Bonzac, en Gironde. Sa mémoire est associée aux sites commémoratifs du Débarquement, notamment à Colleville-Montgomery et Ouistreham, où le commando Kieffer débarqua le 6 juin 1944 dans le secteur de Sword Beach.
1 - Lors du débarquement, Hubert Faure reçut la communion de l'abbé René de Naurois, aumônier catholique du commando, juste après avoir touché la plage normande sous le feu ennemi.
2 - Avant la guerre, il avait étudié de près les écrits militaires de Charles de Gaulle sur la cavalerie, qu'il retrouva ensuite comme commandant lors de la bataille de Montcornet en 1940.
3 - Soufflé par l'explosion d'un obus qui lui décolla la plèvre, il continua à combattre en crachant du sang lors de l'assaut du 6 juin 1944.
4 - Ses mémoires de guerre ont été publiés en 2005 sous le titre Résistances, chroniques de l'histoire de 1939-1945, recueillis par Pierre Cadroas.
5 - Blessé à la colonne vertébrale dans un accident de Jeep ayant percuté un char, il échappa de peu à une fin de carrière prématurée avant de rejoindre son unité aux Pays-Bas.
- Métier(s) : militaire, puis ingénieur des travaux publics
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : marié à Malise Faure
- Enfants : non documentés dans les sources consultées
- Distinctions : Grand-croix de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1939-1945, Médaille de la Résistance française
« Sur la table à manger, il y avait tout un tas de photos aériennes des plages normandes et des cartes. Mais il nous était interdit d'en parler à qui que ce soit. »
— Témoignage recueilli par la préfecture du Calvados, 2024
« Je voulais que l'insigne me soit remis par quelqu'un de la France libre. L'amiral, c'est une merveille de gentillesse. Il est mon voisin, et mon ami en même temps depuis trente années. »
— Propos rapportés à l'occasion de sa nomination de Commandeur de la Légion d'honneur, 14 juillet 2008
« Le commandant nous a dit qu'il y aurait beaucoup de pertes. Ceux qui ne voulaient pas y aller pouvaient partir, il ne leur en voudrait pas. Mais personne ne s'est dégonflé. À cet âge-là, nous n'avons pas peur de mourir. C'était une fierté pour nous de participer à la libération de notre pays. »
— Témoignage recueilli par la préfecture du Calvados, 2024
« Sur la table à manger, il y avait tout un tas de photos aériennes des plages normandes et des cartes. Mais il nous était interdit d'en parler à qui que ce soit. »
— Témoignage recueilli par la préfecture du Calvados, 2024
« Je voulais que l'insigne me soit remis par quelqu'un de la France libre. L'amiral, c'est une merveille de gentillesse. Il est mon voisin, et mon ami en même temps depuis trente années. »
— Propos rapportés à l'occasion de sa nomination de Commandeur de la Légion d'honneur, 14 juillet 2008
« Le commandant nous a dit qu'il y aurait beaucoup de pertes. Ceux qui ne voulaient pas y aller pouvaient partir, il ne leur en voudrait pas. Mais personne ne s'est dégonflé. À cet âge-là, nous n'avons pas peur de mourir. C'était une fierté pour nous de participer à la libération de notre pays. »
— Témoignage recueilli par la préfecture du Calvados, 2024