Cette année marque le 5ᵉ anniversaire de sa disparition.
Hubert Germain, né à Paris en 1920 et mort aux Invalides en 2021, est le dernier des 1 038 Compagnons de la Libération. Engagé dans les Forces françaises libres en juin 1940, à 19 ans, sous-lieutenant à Bir Hakeim, il devient ensuite maire de Saint-Chéron, député de Paris et ministre des Postes et Télécommunications de 1972 à 1974.
Hubert Germain naît le 6 août 1920 à Paris. Il est le fils du général Maxime Germain, issu des troupes coloniales, et son enfance suit les affectations de son père. Il est élevé à la mission laïque franco-arabe de Damas de 1930 à 1932, puis étudie au lycée Albert-Sarraut de Hanoï, au lycée Saint-Louis à Paris et en classes préparatoires au lycée Michel-Montaigne de Bordeaux, selon l'exposition du collège de Saint-Chéron.
En juin 1940, il passe le concours de l'École navale quand les Allemands entrent dans Paris et rend une copie blanche. Le 24 juin, il embarque à Saint-Jean-de-Luz sur l'Arandora Star avec trois camarades et rejoint Londres, où il s'engage dans les Forces françaises libres. Il suit une formation d'élève officier de marine à bord du cuirassé Courbet, puis part au printemps 1941 en Palestine et participe à la campagne de Syrie. En février 1942, il est affecté à la 13e demi-brigade de Légion étrangère comme chef de section antichar. Il combat à Bir Hakeim, où il est cité à l'ordre de l'armée, puis est promu sous-lieutenant en septembre 1942, selon Theatrum Belli. Il participe ensuite à El Alamein et à la campagne de Tunisie.
Il est blessé le 24 mai 1944 à Pontecorvo, en Italie, et évacué vers Naples. En août 1944, il prend part au débarquement de Provence et aux combats de la 1re armée française dans la vallée du Rhône. Il est fait Compagnon de la Libération par décret du 20 novembre 1944. De juillet 1945 à septembre 1949, il est aide de camp du général Koenig, qui commande les forces françaises d'occupation en Allemagne.
Il est maire de Saint-Chéron, dans l'Essonne, de 1953 à 1965. Il est chargé de mission auprès de Pierre Messmer, ministre des Armées, de 1960 à 1962 puis en 1967-1968. Élu député de Paris en 1962, il est réélu en 1968 et en mars 1973. Il est ministre des PTT de 1972 à 1974, puis ministre chargé des relations avec le Parlement de mars à mai 1974, sous la présidence de Georges Pompidou, dans les gouvernements de Pierre Messmer.
Il entre au Conseil de l'Ordre de la Libération en décembre 2010 et en devient chancelier d'honneur par décret du 25 novembre 2020. Il meurt le 12 octobre 2021 à l'Hôtel national des Invalides, à 101 ans. Un hommage national est rendu aux Invalides le 15 octobre, présidé par Emmanuel Macron. Il est inhumé le 11 novembre 2021 dans la crypte du Mémorial de la France combattante, au Mont-Valérien.
Son père, le général Maxime Germain, et son parrain, le général Legentilhomme, qui commande ensuite la 1re division française libre, appartiennent au monde militaire, selon Theatrum Belli. En septembre 2021, il reçoit le grade de caporal-chef honoraire de la Légion étrangère. Il est grand-croix de la Légion d'honneur, titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec palmes, de la Médaille de la Résistance avec rosette, membre de l'Ordre de l'Empire britannique et grand-croix de l'Ordre de Malte.
Paris est son lieu de naissance. Bir Hakeim, en Libye, est le lieu de son combat de 1942 avec la 13e demi-brigade de Légion étrangère. Pontecorvo, près de Monte Cassino, est celui de sa blessure de 1944. Saint-Chéron est la commune dont il est maire, et son parvis de mairie porte le nom d'esplanade Hubert-Germain. Les Invalides sont le lieu de sa mort et de l'hommage national. Le Mont-Valérien, à Suresnes, est celui de sa sépulture.
Je pars faire la guerre.
— Hubert Germain, interview AFP, 2018, citée par l'exposition du collège de Saint-Chéron
La flamme s'éteindra, mais il restera toujours des braises.
— Hubert Germain, formule rapportée par Gérard Larcher, Sénat, 13 octobre 2021
La notion de la terre, le sens du devoir, l'attachement à la République ont été fondamentaux chez moi.
— Hubert Germain, entretien avec Paris Match, 26 novembre 2020