Naissance
Pitești, Roumanie
Décès
exécution par arme à feu
Nationalité
Astrologie

Commémoration

Cette année marque le 80ᵉ anniversaire de sa disparition.

Biographie

Ion Antonescu, né le 15 juin 1882 à Pitești et fusillé le 1er juin 1946 à Jilava, est un militaire et homme d'État roumain qui, sous le titre de Conducător, a dirigé la Roumanie aux côtés de l'Allemagne nazie de 1940 à 1944, ordonnant des crimes de masse contre les populations juives et roms.


Parcours

Fils d'un officier de l'armée roumaine, Ion Victor Antonescu entre à l'école d'infanterie et de cavalerie de Craiova, puis à l'École militaire de Bucarest. Officier de terre pendant la deuxième guerre balkanique (1913), il s'illustre lors de la Première Guerre mondiale aux côtés des Alliés, prenant la tête de la section Opérations du Grand quartier général roumain. Promu lieutenant-colonel, il reçoit l'ordre Michel le Brave de IIIe classe. Entre 1922 et 1926, il est attaché militaire à Paris, puis à Londres, avant de diriger l'École supérieure de Guerre (1927-1930), puis le Grand État-Major (1933-1934). Le 28 décembre 1937, il entre au gouvernement d'Octavian Goga comme ministre de la Guerre, cabinet qui inaugure les premières mesures discriminatoires contre les Juifs en Roumanie. Son soutien affiché à la Garde de fer, mouvement paramilitaire d'extrême droite dirigé par Corneliu Zelea Codreanu puis Horia Sima, lui vaut d'être destitué par le roi Carol II et assigné à résidence au monastère de Bistrița.

La débâcle de l'été 1940, durant laquelle la Roumanie perd la Bessarabie et la Bucovine du Nord face à l'ultimatum soviétique soutenu par Adolf Hitler, puis la Transylvanie du Nord cédée à la Hongrie, discrédite totalement le régime carliste. Le 4 septembre 1940, sous la pression de Horia Sima et des cercles nationalistes, le roi Carol II nomme Ion Antonescu président du Conseil des ministres avec pleins pouvoirs. Le lendemain, Antonescu contraint Carol II à abdiquer en faveur de son fils Michel Ier et proclame un État national-légionnaire. En novembre 1940, la Roumanie adhère à l'Axe Rome-Berlin-Tokyo. Après un bref partage du pouvoir avec les Légionnaires, Antonescu écrase leur rébellion en janvier 1941 avec l'appui d'Adolf Hitler, qui lui préfère une dictature militaire stable. Il se déclare alors Conducător et engage la Roumanie aux côtés de l'Allemagne dans l'opération Barbarossa en juin 1941, aux fins officielles de récupérer la Bessarabie. Son vice-président du Conseil, Mihai Antonescu (sans lien de parenté avec lui), supervise les affaires intérieures du régime.


Controverse

La responsabilité pénale d'Ion Antonescu dans la Shoah en Roumanie est établie par plusieurs tribunaux et commissions internationales. Sous son autorité, les forces roumaines perpètrent le pogrom de Iași (28-30 juin 1941, entre 13 000 et 15 000 victimes selon les sources), les massacres d'Odessa à l'automne 1941 (entre 25 000 et 100 000 morts selon les estimations), ainsi que des déportations massives vers la Transnistrie, territoire alors sous administration roumaine, où sont exterminés des dizaines de milliers de Juifs et de Roms. La commission internationale sur l'Holocauste en Roumanie, présidée par Elie Wiesel sous l'égide du gouvernement roumain en 2003, conclut qu'environ 280 000 à 380 000 Juifs ont péri sous l'administration d'Antonescu. Les archives roumaines établissent qu'Ion Antonescu a personnellement donné des ordres de déportation et de représailles. Le 17 mai 1946, le Tribunal du Peuple de Bucarest le condamne à mort pour crimes contre la paix et crimes de guerre. Il est fusillé le 1er juin 1946 à Jilava. Dans les années 2000, une procédure de réhabilitation partielle initiée par des milieux nationalistes est finalement rejetée par la Haute Cour de cassation de Roumanie, qui confirme définitivement la condamnation de 1946 concernant la participation à la Shoah. Par ordonnance du 13 mars 2002, le gouvernement roumain ordonne le retrait des statues et le changement des noms de rues lui rendant hommage.


Repères chronologiques

1882 : naissance le 15 juin à Pitești, dans une famille de classe moyenne
1913 : participation à la deuxième guerre balkanique comme officier de l'armée roumaine
1916-1918 : service pendant la Première Guerre mondiale, chef de la section Opérations du Grand quartier général, décoré de l'ordre Michel le Brave
1919 : participation à l'occupation de Budapest lors de la guerre hungaro-roumaine
1922-1926 : attaché militaire à Paris puis à Londres
1927-1930 : commandant de l'École supérieure de Guerre
1933-1934 : chef du Grand État-Major
1937 : ministre de la Guerre dans le gouvernement Octavian Goga
1938 : destitution par le roi Carol II, assignation à résidence au monastère de Bistrița
1940 : nomination comme président du Conseil (4 septembre), abdication forcée de Carol II, proclamation de l'État national-légionnaire, adhésion de la Roumanie à l'Axe (novembre)
1941 : écrasement de la rébellion de la Garde de fer (janvier), engagement aux côtés de l'Allemagne dans l'opération Barbarossa (juin), pogrom de Iași et massacres d'Odessa, auto-promotion au grade de maréchal
1942-1943 : deux armées roumaines décimées à Stalingrad, pertes estimées à plus de 220 000 hommes
1944 : arrestation le 23 août lors du coup d'État ordonné par le roi Michel Ier, remise aux autorités soviétiques
1946 : condamné à mort le 17 mai par le Tribunal du Peuple de Bucarest, fusillé le 1er juin à Jilava


Vie personnelle et engagements

Ion Antonescu naît dans une famille de classe moyenne de Pitești. Son père, officier de l'armée, divorce de sa mère Lița Baranga pendant l'enfance d'Ion et se remarie avec Frieda Cupferman, femme d'origine juive avec laquelle le jeune Ion entretient de mauvaises relations, situation ultérieurement interprétée par des historiens comme une possible racine de son antisémitisme. Ion Antonescu se marie une première fois, en secret, avec Rachel Mendel, avec qui il a un fils unique. Il ne divorce jamais officiellement de Rachel Mendel-Antonescu, mais contracte un second mariage vers 1927 avec Maria Niculescu (née le 3 novembre 1892 à Calafat), anciennement épouse d'un officier de police roumain puis d'un ressortissant français. Cette bigamie lui vaut d'être poursuivi en justice. Maria Antonescu prend la tête du Conseil de patronage des oeuvres sociales pendant la période du régime.

Un ami d'enfance d'Ion Antonescu, Wilhelm Filderman, président de la fédération des organisations juives de Roumanie, dont la famille avait financé en partie la scolarité d'Antonescu, tente en vain d'intervenir pour protéger les Juifs roumains. Antonescu le fait déporter en Transnistrie. Sur le plan des engagements, Antonescu se revendique nationaliste, anticommuniste et chrétien orthodoxe, tout en plaçant la Roumanie sous la tutelle effective des ambassadeurs allemands Wilhelm Fabricius et Manfred von Killinger. Il refuse de livrer les Juifs roumains aux Allemands, mais ordonne leur extermination par les forces roumaines elles-mêmes.


Contexte du décès

Ion Antonescu est fusillé le 1er juin 1946 dans l'enceinte du camp de Jilava, près de Bucarest, à l'issue du procès devant le Tribunal du Peuple tenu en avril-mai 1946. Jugé aux côtés de vingt-cinq autres accusés, dont Mihai Antonescu et le général Gheorghe Alexianu, ancien gouverneur de Transnistrie, il est reconnu coupable de crimes contre la paix et de participation à la Shoah. Sa demande d'être exécuté par des soldats plutôt que par des gendarmes est refusée. Sa demande de commander lui-même le feu est accordée. Ses derniers mots connus sont : "Je demande la peine de mort, je refuse de demander la grâce." L'exécution est filmée. Le roi Michel Ier reçoit une demande de grâce émanant des avocats et de la mère du condamné, qu'il ne donne pas suite.


Lieux de mémoire

Ion Antonescu est enterré au cimetière de Jilava, près du lieu de son exécution. Dans les années 1990, des statues et des rues à son effigie fleurissent dans plusieurs villes roumaines. Par ordonnance gouvernementale du 13 mars 2002, la quasi-totalité de ces hommages publics est supprimée. Un buste demeure dans le musée régional de l'Argeș à Pitești, ville natale du maréchal.


Anecdotes

1 - Lors de son arrestation le 23 août 1944, Antonescu est enfermé avec son vice-premier ministre Mihai Antonescu dans un coffre-fort du palais royal servant à la conservation de la collection philatélique du roi Michel Ier.
2 - Antonescu avait épousé en secret Rachel Mendel contre la volonté de leurs deux familles respectives, qui s'étaient coalisées pour briser leur idylle. Cette union clandestine avec une femme d'origine juive est, selon des historiens, une seconde possible racine de son antisémitisme déclaré.
3 - Joseph Goebbels note dans son journal personnel le 19 février 1941 : "Antonescu est au gouvernement avec l'aide des francs-maçons et des ennemis de l'Allemagne", révélant les tensions réelles entre les alliés nazi et roumain, malgré l'alliance officielle.
4 - Lors du procès d'Odessa en 1941, les archives des stenogrammes du Conseil des ministres montrent Antonescu demandant explicitement à son gouverneur de Transnistrie si l'ordre "d'exécuter 200 Juifs pour chaque mort et 100 pour chaque blessé" avait été appliqué.
5 - À l'issue de la guerre, la sentence du Tribunal du Peuple de 1946 est partiellement révisée dans les années 2000 à la demande de milieux nationalistes, mais la Haute Cour de cassation de Roumanie confirme définitivement en dernier ressort la condamnation pour participation à la Shoah.


Points clés

- Métier(s) : militaire (maréchal), homme d'État, Conducător (chef de l'État) de Roumanie
- Résidence principale : Bucarest
- Relations de couple : Rachel Mendel-Antonescu (première épouse, non divorcée officiellement), Maria Niculescu (seconde épouse, mariée vers 1927)
- Enfants : un fils (de Rachel Mendel-Antonescu)
- Distinctions : ordre Michel le Brave IIIe classe (Roumanie), croix de fer (Allemagne, 1941), grade auto-décerné de maréchal (1941)


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Autres dictateurs nés dans les années 1880

Citations

« De toute ma vie, je n'ai jamais donné l'ordre d'exterminer qui que ce soit. »

— Déclaration d'Ion Antonescu lors de son procès, 1946, citée dans la revue d'histoire de la Shoah, Cairn.info (2011)

« Je marcherai sur tous et sur tout pour purifier totalement la nation de ces parasites. »

— Déclaration d'Ion Antonescu, septembre 1942, citée dans la revue d'histoire de la Shoah, Cairn.info (2011)

« Peu m'importe si l'Histoire nous considère comme des barbares tant que c'est parmi les vainqueurs. »

— Déclaration d'Ion Antonescu lors des massacres d'Odessa, octobre 1941, citée dans les archives roumaines et la presse francophone (Le Monde, 26 août 1984)

« De toute ma vie, je n'ai jamais donné l'ordre d'exterminer qui que ce soit. »

— Déclaration d'Ion Antonescu lors de son procès, 1946, citée dans la revue d'histoire de la Shoah, Cairn.info (2011)

« Je marcherai sur tous et sur tout pour purifier totalement la nation de ces parasites. »

— Déclaration d'Ion Antonescu, septembre 1942, citée dans la revue d'histoire de la Shoah, Cairn.info (2011)

« Peu m'importe si l'Histoire nous considère comme des barbares tant que c'est parmi les vainqueurs. »

— Déclaration d'Ion Antonescu lors des massacres d'Odessa, octobre 1941, citée dans les archives roumaines et la presse francophone (Le Monde, 26 août 1984)

Questions autour de Ion Antonescu

Qui était Ion Antonescu et quel rôle a-t-il joué pendant la Seconde Guerre mondiale ?
Ion Antonescu était un militaire et homme d'État roumain qui dirigea la Roumanie de 1940 à 1944 sous le titre de Conducător, engageant son pays aux côtés de l'Allemagne nazie. Il est tenu pour responsable de la mort de plusieurs centaines de milliers de Juifs et de Roms sous l'administration roumaine.
Pourquoi Ion Antonescu a-t-il été exécuté en 1946 ?
Ion Antonescu a été condamné à mort le 17 mai 1946 par le Tribunal du Peuple de Bucarest pour crimes contre la paix et participation à la Shoah. Il a été fusillé le 1er juin 1946 à Jilava.
Qu'est-ce que le titre de Conducător porté par Ion Antonescu ?
Conducător signifie "guide" ou "chef" en roumain. Ion Antonescu a utilisé ce titre officieux pour désigner sa fonction de chef de l'État de Roumanie entre 1940 et 1944, de manière analogue au titre de Führer en Allemagne nazie.
Ion Antonescu a-t-il livré les Juifs roumains aux nazis ?
Non. Ion Antonescu a refusé de livrer les Juifs ayant la nationalité roumaine aux autorités allemandes, mais il a ordonné leur extermination par les forces roumaines elles-mêmes, notamment en Bessarabie, en Transnistrie et à Odessa.
Qui est né le même jour que Ion Antonescu ?
Ilyes Djadel, Mohamed Salah, Xi Jinping, Scar et James Belushi sont nés le 15 juin comme Ion Antonescu.
À quel âge est mort Ion Antonescu ?
Ion Antonescu est mort à 63 ans, le 1 juin 1946.
Qui est mort le même jour que Ion Antonescu ?
Adolf Eichmann, Ken Clark, Rick Adelman, Louis-Napoléon Bonaparte et Yvan Burger sont morts le 1 juin comme Ion Antonescu.
Quels responsables politiques sont nés en 1882 comme Ion Antonescu ?
Quels responsables politiques sont du signe Gémeaux comme Ion Antonescu ?
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