Jean Anouilh (/a.nuj/) est un dramaturge et scénariste français, né le 23 juin 1910 à Bordeaux (Gironde) et mort le 3 octobre 1987 à Lausanne (Suisse). Son œuvre théâtrale commencée en 1932 est particulièrement abondante et variée : elle est constituée de nombreuses comédies souvent grinçantes et d'œuvres à la tonalité dramatique ou tragique comme sa pièce la plus célèbre, Antigone, réécriture moderne de la pièce de Sophocle.
Anouilh a organisé ses œuvres en séries thématiques, faisant alterner d'abord Pièces roses et Pièces noires. Les premières sont des comédies marquées par la fantaisie comme Le Bal des voleurs (1938) alors que les secondes montrent dans la gravité l'affrontement des « héros » entourés de gens ordinaires en prenant souvent appui sur des mythes comme Eurydice (1941), Antigone (1944) ou Médée (1946).
Après la guerre apparaissent les Pièces brillantes qui jouent sur la mise en abyme du théâtre au théâtre (La Répétition ou l'Amour puni en 1947, Colombe en 1951), puis les Pièces grinçantes, comédies satiriques comme Pauvre Bitos ou le Dîner de têtes (1956). Dans la même période, Jean Anouilh s'intéresse dans des Pièces costumées à des figures lumineuses qui se sacrifient au nom du devoir : envers la patrie comme Jeanne d'Arc dans L'Alouette (1953) ou envers Dieu comme Thomas Becket (Becket ou l'Honneur de Dieu en 1959). Le dramaturge a continué dans le même temps à servir le genre de la comédie dans de nombreuses pièces où il mêle farce et ironie (par exemple Les Poissons rouges ou Mon père ce héros en 1970) jusque dans les dernières années de sa vie.
Jean Anouilh a également adapté plusieurs pièces d'auteurs étrangers, Shakespeare en particulier. Il a aussi mis en scène certaines de ses œuvres (par exemple Colombe en 1974), en même temps qu'il travaillait à des scénarii pour le cinéma ou à la télévision.
Duplessis-Morlet
Et tout s'oublie à vivre.
Quelle musique, le silence !
La sainteté est une tentation.
C'est laid un homme qui a peur.
On imagine mal un prêtre tout nu.
Un vrai homme est son propre père.
On ne sait jamais pourquoi on meurt.
C'est plein de disputes, un bonheur.
Il faudrait ne jamais devenir grand.
La sainteté est aussi une tentation.
Le bonheur est un exercice solitaire.
Antigone était faite pour être morte.
Ce qui est beau, c'est ce qu'on aime.
On est fidèle à soi-même, et c'est tout.
Quelle comptabilité harassante de vivre !
L'amour est avant tout le don de soi-même.
La sincérité est un calcul comme un autre.
Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas...
On n'est vieux que le jour où on le décide.
Il n'y a qu'un remède à l'amour : la fuite.
Quand on est laid, on n'a jamais vingt ans.
Les jeunes sont déjà les vieux de quelqu'un.
Il ne faut pas croire exagérément au bonheur.
La mort seule donne à l'amour son vrai climat.
N'aimer que soi, cela doit être bien monotone.
On n'est jamais trop cruel avec les imbéciles.
Quelle foire d'empoigne, l'histoire de France !
Il y a des fidélités qui ne sont qu'à soi-même.
Quel étrange plaisir de réaliser ses mensonges !
On se lasse de faire le tour d'une chose parfaite.
Il y a l'amour. Et puis il y a la vie, son ennemie.
Vivre est un métier comme un autre, cela s'apprend !
Les apparences suffisent largement à faire un monde.
Ceux qu'on aime, on voudrait qu'ils vous doivent tout.
Les gens désintéressés, c'est toujours hors de prix...
C'est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes.
Le mensonge est parfois une forme préalable de la vérité.
On ne doit jamais battre une femme - même avec une fleur !
Je tiens l'intelligence pour peu, c'est l'arme des pauvres.
Le mariage c'est la robe. Après, évidemment, on a le mari !
Cela vieillit, tu sais, d'être une jolie fille sans un sou.
La mort est belle. Elle seule donne à l'amour son vrai climat.
Il ne faut jamais dire la vérité : c'est elle le vrai désordre.
Il ne faut jamais regarder son ennemi endormi, on lui pardonne.
C'est ça la vie, penser à rien avec des copains qu'on aime bien.
Les hommes, c'est comme les chiens, ça mord parce que ça a peur.
Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre.
C'est dans le souvenir que les choses prennent leur vraie place.
Si tes amants t'ennuient, marie-toi, cela leur donnera du piquant.
La beauté est une des rares choses qui ne font pas douter de Dieu.
Tout le monde ne peut pas faire l'amour, ça ne serait pas sérieux.
Chaque volonté, chaque dévouement, chaque enthousiasme nous abrège.
Avant le jour de sa mort, personne ne sait exactement son courage...
La clémence : une élégance des tyrans pour se faire de la publicité.
Et je crois que Dieu pardonnera à tout le monde, sauf aux médiocres.
La tête, le coeur font mille bêtises. Les mains se trompent rarement.
Alors vous bâtissez des maisons, parce que les pierres, elles, durent.
La souffrance c'est un privilège qui n'est pas donné à tout le monde.
Les femmes c'est comme la soupe, il ne faut pas les laisser refroidir.
C'est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles.
Le mariage, ma petite, c'est la robe. Après, évidemment, on a la mari !
Je me demande comment, étant musicien, tu peux encore aimer la musique.
Il y a tant de façons de se taire en écoutant parler l'homme qu'on aime.
La concupiscence est plus rare que ne se l'imaginent les vieilles filles.
J'adore que la jeunesse m'insulte. Cela me rassure sur mon sens politique.
C'est peu de chose les mots - on ne sait jamais même si l'autre les entend
Le silence au théâtre, c'est encore ce qu'on réussit le plus facilement...
Avec un peu d'imagination, on peut très bien vivre toute sa vie en un soir.
Ce sont toujours nos bons sentiments qui nous font faire de vilaines choses.
Il n'y a que les imbéciles qui se croient volés en donnant trop à une fille.
Toutes les choses sont dures à naître dans ce monde et dures à mourir aussi.
C'est drôle, c'est dans le souvenir que les choses prennent leur vraie place
Ah ! que c'est difficile, que c'est difficile de toujours expliquer tout !...
Les femmes ont horreur d'attendre. C'est un supplice qu'elles nous réservent.
Je crois bien que la facilité est le déguisement le plus redoutable du diable.
Les plaisirs ne sont jamais vains, au moins pendant la minute où on les goûte.
Le mal et le bien, aux origines, cela a dû être ce qui faisait plaisir ou non.
Croyez-moi, on a presque toujours quelque chose de mieux à faire que de mourir.
On prend toujours pour des imbéciles les gens qui ne se sentent pas comme vous.
C'est très joli, la vie. Mais cela a un inconvénient, c'est qu'il faut la vivre.
C'est tout un art, la dispute conjugale, un art très ancien et très respectable.
Oh ! Pourquoi demander qui on est ? Cela veut dire si peu de chose, qui on est...
Le monde est plein de midinettes prêtes à adorer les princes quels qu'ils soient.
Franchir la porte, c'est tout un monde, mais, en fait, il suffit de faire un pas.
L'homme que j'aime doit être noble et courageux, mais l'homme que je trompe aussi.
Les femmes ont toujours pitié des blessures qu'elles n'ont pas faites elles-mêmes.
Il y a toujours un mais dans la vie, quand on gratte un peu la surface des choses.
C'est drôle : on peut très bien marcher, sourire, traverser les rues et être mort.
JOSYANE : Il n'y a pas de sots métiers. ADOLPHE : Non, il n'y a que de sottes gens.
Le théâtre, c'est le souffleur. D'abord, il n'y a que lui qui sait toute la pièce !
Le plaisir, c'est encore la seule chose qui oblige les hommes à un peu de précision.
BECKET : Je ne suis qu'un exilé. LE ROI : C'est aussi un titre important, en France.
S'il t'advient de t'absenter une heure, un jour, un ver me rongera le coeur à jamais.
Mourir, ce n'est rien. Commence déjà par vivre. C'est moins drôle et c'est plus long.
Mourir, ce n'est rien. Commence donc par vivre. C'est moins drôle et c'est plus long.
Les policiers ont un peu tendance à voir des assassins partout, pour se faire valoir.
Les nouvelles, moi, ça ne m'intéresse pas. D'abord, le lendemain elles sont vieilles.
La publicité reste l'art de vendre quelque chose au client de la maison de publicité.
Regarde-moi, c'est cela devenir un homme, voir le visage de son père en face, un jour.
Je le sais qu'il n'y a pas de bon Dieu mais quand on est un homme, on fait semblant !
On ne sait jamais où sont les autres... On sait à peine où l'on est soi-même, ici-bas.
C'est curieux les dames ! Il faut toujours se demander si on les a rendues heureuses...
La seule chose qui soit immorale c'est de ne pas faire ce qu'il faut, quand il le faut.
L'expérience du bonheur est une chose épouvantable. Elle apprend que la vie ne pèse pas.
Faire l'amour avec une femme qui ne vous plaît pas, c'est aussi triste que de travailler.
- Toi, tu mets ton point d'honneur à ne pas être dans le vent !
- J'ai peur de m'enrhumer.
Si tous les hommes étaient gynécologues, il y aurait beaucoup moins de crimes passionnels !
Ou on a des papiers en règle et on s'embête - ou on choisi l'amour et on a des embêtements...
Ou on a des papiers en règle et on s'embête - ou on choisit l'amour et on a des embêtements...
Il est très difficile de s'élever au-dessus de certains médiocres et de conserver leur estime.
Pourquoi contredire une femme ? Il est tellement plus simple d'attendre qu'elle change d'avis.
Les rois sont de pauvres bougres qui n'ont le loisir d'être honnête homme qu'une fois sur deux.
Le plaisir, quand on est une honnête femme, cela ne vous laisse jamais la conscience tranquille.
Tu ne seras pas seul, on n'est jamais seul. On est avec soi, c'est autre chose, tu le sais bien...
Avec Dieu, ce qu'il y a de terrible, c'est qu'on ne sait jamais si ce n'est pas un coup du diable.
Dieu n'est pas venu pour arranger les choses, il est venu pour que tout soit plus difficile encore.
Je ne connais rien de plus ennuyeux que d'être aimé. Aimer est charmant, mais Dieu que c'est rare !
Au combat, tout le monde a peur. La seule différence est dans la direction qu'on prend pour courir.
Je suis pour l'indissolubilité du mariage. C'est le seul moyen de ne pas faire l'imbécile deux fois.
Nous pouvons tout être, bien sûr. C'est une tentation. Mais c'est le meilleur moyen de n'être rien .
Il y a des êtres qui ne peuvent respirer que dans le luxe. Si on leur enlève le luxe, ils s'étiolent.
Je voudrais bien savoir comment ils le font, l'amour, les conseillers conjugaux. Cela doit être gai !
Il y a des êtres qui ne peuvent respirer que dans le luxe. Si on leur arrache leur luxe, on les tue !
Le drame de la belle-mère, ce personnage comique du répertoire, c'est qu'il est l'image de la durée...
S'il fallait mourir chaque fois qu'on fait une bêtise, il n'y aurait pas assez de poison sur la terre.
On est tous les mêmes, plus ou moins fiers, plus ou moins tapageurs, mais le moment venu : la courbette.
CHARLOTTE : Toi, tu mets ton point d'honneur à ne pas être dans le vent ! ANTOINE :J'ai peur de m'enrhumer.
CHARLOTTE : Tout le monde ne peut pas être artiste ! ANTOINE : Tu as raison, cela ferait de l'encombrement.
Le texte, au théâtre, c'est encore ce qu'il y a de moins important. Ils n'entendent qu'une phrase sur deux.
Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit accepter d'être un homme.
Tout le monde est honnête d'une certaine manière. Le malheur, c'est qu'il n'y en a qu'une qui est officielle.
La mort est douce... Ce qui fait souffrir avec certains poisons, certaines blessures maladroites, c'est la vie.
Dieu a sans doute donné la venue lente de l'impuissance aux hommes pour leur apprendre à apprivoiser la mort...
Bachman : Parce que lui il est à part. C'est quelqu'un. Rosa : Oui mais tous les jours c'est lourd quelqu'un...
Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit enfin accepter d'être un homme.
Je n'aime pas les sous-entendus. Je les comprends assez pour qu'ils m'inquiètent et pas assez pour les comprendre.
Quand les petits ramoneurs ne se retourneront plus dans la rue, alors je comprendrai que je suis devenue vieille...
Les pauvres à force de n'être chez eux nulle part, ils ont fini par prendre le mauvais genre de s'y croire partout.
Dans la vie, même quand ça a l'air sérieux, ça n'est tout de même que du guignol. Et on joue toujours la même pièce.
L'essentiel est de dire quelque chose de très gros et de le répéter souvent, c'est comme cela qu'on fait une vérité.
Pourquoi l'amour ne serait-il pas d'abord ce qui fait plaisir au coeur ? On a bien le temps de souffrir par la suite.
La Comtesse à son amant : - Vous avez réussi cette chose extraordinaire de rendre le péché plus ennuyeux que la vertu.
S'il fallait avoir de l'estime pour tous les gens avec qui on dîne, il n'y aurait plus de réunions mondaines possibles...
Le célibataire vit comme un roi et meurt comme un chien, alors que l'homme marié vit comme un chien et meurt comme un roi.
Avec cette façon universelle de se farder, toutes les femmes qui ne sont pas trop laides se ressemblent, en fin de compte.
Il y en a des choses qu'on ne veut pas comme cela dans le monde et qui sont là bien tranquilles, bien énormes, comme la mer.
Plus notre ennemi est petit et fragile, plus il est tendre, plus il est pur, plus il est innocent, plus il est redoutable...
Nous voulons tous louer à l'année et nous ne pouvons jamais louer que pour une semaine ou un jour : c'est l'image de la vie.
Pourquoi perdre son temps à vouloir contredire son épouse ? Il est beaucoup plus simple d'attendre qu'elle ait changé d'avis.
D'ailleurs, je crois à l'indissolubilité du mariage : c'est la seule garantie qu'on ait, de ne pas faire l'imbécile deux fois.
Si Dieu avait voulu que l'amour soit éternel, je suis sûr qu'il se serait arrangé pour que les conditions du désir le demeurent.
Tu sais, c'est toujours dur à porter la jeunesse. Un sale moment à passer, quoi ! avant d'admettre les choses comme elles sont...
Qu'est-ce que gouverner le monde sinon faire croire à des imbéciles qu'ils pensent d'eux-mêmes, ce que nous leur faisons penser ?
Même quand on sent la faiblesse momentanée de l'adversaire, il ne faut jamais s'entêter sur une position qui n'est pas raisonnable.
Pauvres enfants ! C'est toujours eux qui paient les bêtises des grands, en attendant d'être en âge de faire soigneusement les mêmes.
Je me demande si je ne vais pas me laisser pousser la barbe. C'est déjà si ennuyeux d'être désespéré... S'il faut se raser en plus !
Il faut que les peuples aient peur. À la minute où ils cessent d'avoir peur, ils n'ont qu'une idée, c'est de faire peur à leur tour.
Toute notre vie, avec notre beau code moral et notre précieuse liberté, ne consiste en rien d'autre qu'à s'accepter tel que l'on est.
Ce qui prouve bien que les femmes savent garder un secret, c'est le nombre considérable de maris qui se disent les maîtres chez eux !
Toute notre vie avec notre belle morale et notre chère liberté, cela consiste en fin de compte à nous accepter tels que nous sommes...
Les malheureux devraient se réjouir de leur excellent estomac au lieu de se plaindre, quant il y a tant de millionnaires gastralgiques.
L'illusion du plaisir et la peur de la mort sont les seules industries où l'on peut faire lâcher jusqu'à leur dernier sou aux hommes...
Il ne faut pas croire que c'est très compliqué d'être mystérieuse. Il suffit de ne penser à rien, c'est à la portée de toutes les femmes.
C'est laid, c'est obscène, les regards des hommes ! Cela se pose sur vous comme des chenilles, comme des limaces, cela se glisse partout.
Ce n'est pas tout d'avoir de jolis yeux, il faut qu'une petite lampe s'allume derrière. C'est cette petite lueur qui fait la vraie beauté.
Dieu nous garde des hommes sincères ! Ils font autant de bêtises que les autres - tout le monde en fait - et ils vous empoisonnent la vie...
La Comtesse : Vous leur dites que vous les aimez d'amour, à vos maîtresses ? Le Comte : Il faut bien. Les femmes sont tellement formalistes.
Ce qui est doux, c'est d'être arrivé quelque part, fût-ce au bout du désespoir, et de dire : Ah ! bon, c'était là. Je suis arrivé maintenant.
Je m'intéresse assez peu, personnellement, aux confidences. C'est toujours à peu près la même chose et cela ne soulage que celui qui les fait.
Oh ! il ne faut par croire que c'est très compliqué d'être mystérieuse. Il suffit de ne penser à rien, c'est à la portée de toutes les femmes.
J'aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces... Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m'empêchera d'être heureuse...
Je crois qu'on ne peut rien trouver de plus consolant, quand on est devenu un homme, qu'un reflet de son enfance dans les yeux d'un ami d'enfance.
Dieu, en donnant le désir, aurait pu donner en même temps aux hommes un peu plus de discernement. Ce n'est pas tout à fait au point son invention !
La vie est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la.
LE ROI : Pourquoi mets-tu des étiquettes sur tout, pour justifier tes sentiments ? BECKET : Parce que, sans étiquettes, le monde n'aurait plus de forme
Il ne faut pas avoir peur des gens méchants, Mademoiselle, ce sont de pauvres diables comme les autres. Les imbéciles seuls sont vraiment redoutables !
Mais je veux profiter de mes dernières années et rire un peu. J'ai cru pendant soixante ans qu'il fallait prendre la vie au sérieux. C'est beaucoup trop.
C'est en habit que je me sens à l'aise. Nous sommes tous devenus des lâches depuis l'invention des pull-overs et des pantoufles. Nous manquons de carcans.
Le talent est comme un robinet. Quand il est ouvert, on peut écrire. L'inspiration est une farce que les poètes ont inventée pour se donner de l'importance.
Si les hommes se donnaient pour oublier le centième du mal qu'ils se donnent pour se souvenir, je suis certain que le monde serait depuis longtemps en paix.
C'est toujours dommage de ne pas avoir du génie. Mais c'est moins grave, en fin de compte, qu'on ne se l'imagine. Il suffit que les autres croient qu'on en a.
Il y a trois périodes dans la vie d'un homme : celle où il travaille pour les autres, celle où il travaille pour lui et celle où il fait travailler les autres.
La vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison.
Nous avons une grande force, c'est de ne pas savoir exactement ce que nous voulons. De l'incertitude profonde des desseins naît une étonnante liberté de manoeuvre.
Eh bien, tu verras en grandissant que dans la vie, même quand ça a l'air d'être sérieux, ce n'est tout de même que du guignol. Et qu'on joue toujours la même pièce.
Les vraies révolutions sont lentes et elles ne sont jamais sanglantes. Le sang, c'est toujours pour payer la hâte de quelques hommes pressés de jouer leur petit rôle.
Vous êtes tous les mêmes. Vous avez soif d'éternité et dès le premier baiser vous êtes verts d'épouvante parce que vous sentez obscurément que cela ne pourra pas durer.
Ah ! l'incertain, le troublant premier jour. On se cherche, on se sent, on se devine, on ne se connaît pas encore et on sait pourtant déjà que cela durera toute la vie...
On ne s'aime jamais comme dans les histoires; tout nu et pour toujours. S'aimer, c'est lutter constamment contre des milliers de forces qui viennent de nous ou des autres.
Je parle tout le temps, mais je ne sais pas répondre. C'est d'ailleurs pour cela que je parle tout le temps, pour empêcher qu'on me questionne. C'est ma façon d'être muette.
Ceux qui vous diront que la jeunesse a besoin d'un idéal sont des imbéciles. Croyez-moi, tout le mal vient des vieillards, ils se nourrissent d'idées et les jeunes en meurent.
Toutes les femmes ont un amant un jour ou l'autre, parce que toutes les femmes ont le droit d'être un peu elles-mêmes, sans être obligées de subir la tyrannie muette des leurs.
Il ne faut jamais désespérer son ennemi. Cela le rend fort. La douceur est une meilleure politique. Elle dévirilise. Une bonne occupation ne doit pas briser, elle doit pourrir.
On ne s'aime jamais comme dans les histoires, tout nus et pour toujours. S'aimer, c'est lutter constamment contre des milliers de forces cachées qui viennent de vous ou du monde.
Duplessis-Morlet
Et tout s'oublie à vivre.
Quelle musique, le silence !
La sainteté est une tentation.
C'est laid un homme qui a peur.
On imagine mal un prêtre tout nu.
Un vrai homme est son propre père.
On ne sait jamais pourquoi on meurt.
C'est plein de disputes, un bonheur.
Il faudrait ne jamais devenir grand.
La sainteté est aussi une tentation.
Le bonheur est un exercice solitaire.
Antigone était faite pour être morte.
Ce qui est beau, c'est ce qu'on aime.
On est fidèle à soi-même, et c'est tout.
Quelle comptabilité harassante de vivre !
L'amour est avant tout le don de soi-même.
La sincérité est un calcul comme un autre.
Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas...
On n'est vieux que le jour où on le décide.
Il n'y a qu'un remède à l'amour : la fuite.
Quand on est laid, on n'a jamais vingt ans.
Les jeunes sont déjà les vieux de quelqu'un.
Il ne faut pas croire exagérément au bonheur.
La mort seule donne à l'amour son vrai climat.
N'aimer que soi, cela doit être bien monotone.
On n'est jamais trop cruel avec les imbéciles.
Quelle foire d'empoigne, l'histoire de France !
Il y a des fidélités qui ne sont qu'à soi-même.
Quel étrange plaisir de réaliser ses mensonges !
On se lasse de faire le tour d'une chose parfaite.
Il y a l'amour. Et puis il y a la vie, son ennemie.
Vivre est un métier comme un autre, cela s'apprend !
Les apparences suffisent largement à faire un monde.
Ceux qu'on aime, on voudrait qu'ils vous doivent tout.
Les gens désintéressés, c'est toujours hors de prix...
C'est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes.
Le mensonge est parfois une forme préalable de la vérité.
On ne doit jamais battre une femme - même avec une fleur !
Je tiens l'intelligence pour peu, c'est l'arme des pauvres.
Le mariage c'est la robe. Après, évidemment, on a le mari !
Cela vieillit, tu sais, d'être une jolie fille sans un sou.
La mort est belle. Elle seule donne à l'amour son vrai climat.
Il ne faut jamais dire la vérité : c'est elle le vrai désordre.
Il ne faut jamais regarder son ennemi endormi, on lui pardonne.
C'est ça la vie, penser à rien avec des copains qu'on aime bien.
Les hommes, c'est comme les chiens, ça mord parce que ça a peur.
Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre.
C'est dans le souvenir que les choses prennent leur vraie place.
Si tes amants t'ennuient, marie-toi, cela leur donnera du piquant.
La beauté est une des rares choses qui ne font pas douter de Dieu.
Tout le monde ne peut pas faire l'amour, ça ne serait pas sérieux.
Chaque volonté, chaque dévouement, chaque enthousiasme nous abrège.
Avant le jour de sa mort, personne ne sait exactement son courage...
La clémence : une élégance des tyrans pour se faire de la publicité.
Et je crois que Dieu pardonnera à tout le monde, sauf aux médiocres.
La tête, le coeur font mille bêtises. Les mains se trompent rarement.
Alors vous bâtissez des maisons, parce que les pierres, elles, durent.
La souffrance c'est un privilège qui n'est pas donné à tout le monde.
Les femmes c'est comme la soupe, il ne faut pas les laisser refroidir.
C'est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles.
Le mariage, ma petite, c'est la robe. Après, évidemment, on a la mari !
Je me demande comment, étant musicien, tu peux encore aimer la musique.
Il y a tant de façons de se taire en écoutant parler l'homme qu'on aime.
La concupiscence est plus rare que ne se l'imaginent les vieilles filles.
J'adore que la jeunesse m'insulte. Cela me rassure sur mon sens politique.
C'est peu de chose les mots - on ne sait jamais même si l'autre les entend
Le silence au théâtre, c'est encore ce qu'on réussit le plus facilement...
Avec un peu d'imagination, on peut très bien vivre toute sa vie en un soir.
Ce sont toujours nos bons sentiments qui nous font faire de vilaines choses.
Il n'y a que les imbéciles qui se croient volés en donnant trop à une fille.
Toutes les choses sont dures à naître dans ce monde et dures à mourir aussi.
C'est drôle, c'est dans le souvenir que les choses prennent leur vraie place
Ah ! que c'est difficile, que c'est difficile de toujours expliquer tout !...
Les femmes ont horreur d'attendre. C'est un supplice qu'elles nous réservent.
Je crois bien que la facilité est le déguisement le plus redoutable du diable.
Les plaisirs ne sont jamais vains, au moins pendant la minute où on les goûte.
Le mal et le bien, aux origines, cela a dû être ce qui faisait plaisir ou non.
Croyez-moi, on a presque toujours quelque chose de mieux à faire que de mourir.
On prend toujours pour des imbéciles les gens qui ne se sentent pas comme vous.
C'est très joli, la vie. Mais cela a un inconvénient, c'est qu'il faut la vivre.
C'est tout un art, la dispute conjugale, un art très ancien et très respectable.
Oh ! Pourquoi demander qui on est ? Cela veut dire si peu de chose, qui on est...
Le monde est plein de midinettes prêtes à adorer les princes quels qu'ils soient.
Franchir la porte, c'est tout un monde, mais, en fait, il suffit de faire un pas.
L'homme que j'aime doit être noble et courageux, mais l'homme que je trompe aussi.
Les femmes ont toujours pitié des blessures qu'elles n'ont pas faites elles-mêmes.
Il y a toujours un mais dans la vie, quand on gratte un peu la surface des choses.
C'est drôle : on peut très bien marcher, sourire, traverser les rues et être mort.
JOSYANE : Il n'y a pas de sots métiers. ADOLPHE : Non, il n'y a que de sottes gens.
Le théâtre, c'est le souffleur. D'abord, il n'y a que lui qui sait toute la pièce !
Le plaisir, c'est encore la seule chose qui oblige les hommes à un peu de précision.
BECKET : Je ne suis qu'un exilé. LE ROI : C'est aussi un titre important, en France.
S'il t'advient de t'absenter une heure, un jour, un ver me rongera le coeur à jamais.
Mourir, ce n'est rien. Commence déjà par vivre. C'est moins drôle et c'est plus long.
Mourir, ce n'est rien. Commence donc par vivre. C'est moins drôle et c'est plus long.
Les policiers ont un peu tendance à voir des assassins partout, pour se faire valoir.
Les nouvelles, moi, ça ne m'intéresse pas. D'abord, le lendemain elles sont vieilles.
La publicité reste l'art de vendre quelque chose au client de la maison de publicité.
Regarde-moi, c'est cela devenir un homme, voir le visage de son père en face, un jour.
Je le sais qu'il n'y a pas de bon Dieu mais quand on est un homme, on fait semblant !
On ne sait jamais où sont les autres... On sait à peine où l'on est soi-même, ici-bas.
C'est curieux les dames ! Il faut toujours se demander si on les a rendues heureuses...
La seule chose qui soit immorale c'est de ne pas faire ce qu'il faut, quand il le faut.
L'expérience du bonheur est une chose épouvantable. Elle apprend que la vie ne pèse pas.
Faire l'amour avec une femme qui ne vous plaît pas, c'est aussi triste que de travailler.
- Toi, tu mets ton point d'honneur à ne pas être dans le vent !
- J'ai peur de m'enrhumer.
Si tous les hommes étaient gynécologues, il y aurait beaucoup moins de crimes passionnels !
Ou on a des papiers en règle et on s'embête - ou on choisi l'amour et on a des embêtements...
Ou on a des papiers en règle et on s'embête - ou on choisit l'amour et on a des embêtements...
Il est très difficile de s'élever au-dessus de certains médiocres et de conserver leur estime.
Pourquoi contredire une femme ? Il est tellement plus simple d'attendre qu'elle change d'avis.
Les rois sont de pauvres bougres qui n'ont le loisir d'être honnête homme qu'une fois sur deux.
Le plaisir, quand on est une honnête femme, cela ne vous laisse jamais la conscience tranquille.
Tu ne seras pas seul, on n'est jamais seul. On est avec soi, c'est autre chose, tu le sais bien...
Avec Dieu, ce qu'il y a de terrible, c'est qu'on ne sait jamais si ce n'est pas un coup du diable.
Dieu n'est pas venu pour arranger les choses, il est venu pour que tout soit plus difficile encore.
Je ne connais rien de plus ennuyeux que d'être aimé. Aimer est charmant, mais Dieu que c'est rare !
Au combat, tout le monde a peur. La seule différence est dans la direction qu'on prend pour courir.
Je suis pour l'indissolubilité du mariage. C'est le seul moyen de ne pas faire l'imbécile deux fois.
Nous pouvons tout être, bien sûr. C'est une tentation. Mais c'est le meilleur moyen de n'être rien .
Il y a des êtres qui ne peuvent respirer que dans le luxe. Si on leur enlève le luxe, ils s'étiolent.
Je voudrais bien savoir comment ils le font, l'amour, les conseillers conjugaux. Cela doit être gai !
Il y a des êtres qui ne peuvent respirer que dans le luxe. Si on leur arrache leur luxe, on les tue !
Le drame de la belle-mère, ce personnage comique du répertoire, c'est qu'il est l'image de la durée...
S'il fallait mourir chaque fois qu'on fait une bêtise, il n'y aurait pas assez de poison sur la terre.
On est tous les mêmes, plus ou moins fiers, plus ou moins tapageurs, mais le moment venu : la courbette.
CHARLOTTE : Toi, tu mets ton point d'honneur à ne pas être dans le vent ! ANTOINE :J'ai peur de m'enrhumer.
CHARLOTTE : Tout le monde ne peut pas être artiste ! ANTOINE : Tu as raison, cela ferait de l'encombrement.
Le texte, au théâtre, c'est encore ce qu'il y a de moins important. Ils n'entendent qu'une phrase sur deux.
Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit accepter d'être un homme.
Tout le monde est honnête d'une certaine manière. Le malheur, c'est qu'il n'y en a qu'une qui est officielle.
La mort est douce... Ce qui fait souffrir avec certains poisons, certaines blessures maladroites, c'est la vie.
Dieu a sans doute donné la venue lente de l'impuissance aux hommes pour leur apprendre à apprivoiser la mort...
Bachman : Parce que lui il est à part. C'est quelqu'un. Rosa : Oui mais tous les jours c'est lourd quelqu'un...
Chacun de nous a un jour, plus ou moins triste, plus ou moins lointain, où il doit enfin accepter d'être un homme.
Je n'aime pas les sous-entendus. Je les comprends assez pour qu'ils m'inquiètent et pas assez pour les comprendre.
Quand les petits ramoneurs ne se retourneront plus dans la rue, alors je comprendrai que je suis devenue vieille...
Les pauvres à force de n'être chez eux nulle part, ils ont fini par prendre le mauvais genre de s'y croire partout.
Dans la vie, même quand ça a l'air sérieux, ça n'est tout de même que du guignol. Et on joue toujours la même pièce.
L'essentiel est de dire quelque chose de très gros et de le répéter souvent, c'est comme cela qu'on fait une vérité.
Pourquoi l'amour ne serait-il pas d'abord ce qui fait plaisir au coeur ? On a bien le temps de souffrir par la suite.
La Comtesse à son amant : - Vous avez réussi cette chose extraordinaire de rendre le péché plus ennuyeux que la vertu.
S'il fallait avoir de l'estime pour tous les gens avec qui on dîne, il n'y aurait plus de réunions mondaines possibles...
Le célibataire vit comme un roi et meurt comme un chien, alors que l'homme marié vit comme un chien et meurt comme un roi.
Avec cette façon universelle de se farder, toutes les femmes qui ne sont pas trop laides se ressemblent, en fin de compte.
Il y en a des choses qu'on ne veut pas comme cela dans le monde et qui sont là bien tranquilles, bien énormes, comme la mer.
Plus notre ennemi est petit et fragile, plus il est tendre, plus il est pur, plus il est innocent, plus il est redoutable...
Nous voulons tous louer à l'année et nous ne pouvons jamais louer que pour une semaine ou un jour : c'est l'image de la vie.
Pourquoi perdre son temps à vouloir contredire son épouse ? Il est beaucoup plus simple d'attendre qu'elle ait changé d'avis.
D'ailleurs, je crois à l'indissolubilité du mariage : c'est la seule garantie qu'on ait, de ne pas faire l'imbécile deux fois.
Si Dieu avait voulu que l'amour soit éternel, je suis sûr qu'il se serait arrangé pour que les conditions du désir le demeurent.
Tu sais, c'est toujours dur à porter la jeunesse. Un sale moment à passer, quoi ! avant d'admettre les choses comme elles sont...
Qu'est-ce que gouverner le monde sinon faire croire à des imbéciles qu'ils pensent d'eux-mêmes, ce que nous leur faisons penser ?
Même quand on sent la faiblesse momentanée de l'adversaire, il ne faut jamais s'entêter sur une position qui n'est pas raisonnable.
Pauvres enfants ! C'est toujours eux qui paient les bêtises des grands, en attendant d'être en âge de faire soigneusement les mêmes.
Je me demande si je ne vais pas me laisser pousser la barbe. C'est déjà si ennuyeux d'être désespéré... S'il faut se raser en plus !
Il faut que les peuples aient peur. À la minute où ils cessent d'avoir peur, ils n'ont qu'une idée, c'est de faire peur à leur tour.
Toute notre vie, avec notre beau code moral et notre précieuse liberté, ne consiste en rien d'autre qu'à s'accepter tel que l'on est.
Ce qui prouve bien que les femmes savent garder un secret, c'est le nombre considérable de maris qui se disent les maîtres chez eux !
Toute notre vie avec notre belle morale et notre chère liberté, cela consiste en fin de compte à nous accepter tels que nous sommes...
Les malheureux devraient se réjouir de leur excellent estomac au lieu de se plaindre, quant il y a tant de millionnaires gastralgiques.
L'illusion du plaisir et la peur de la mort sont les seules industries où l'on peut faire lâcher jusqu'à leur dernier sou aux hommes...
Il ne faut pas croire que c'est très compliqué d'être mystérieuse. Il suffit de ne penser à rien, c'est à la portée de toutes les femmes.
C'est laid, c'est obscène, les regards des hommes ! Cela se pose sur vous comme des chenilles, comme des limaces, cela se glisse partout.
Ce n'est pas tout d'avoir de jolis yeux, il faut qu'une petite lampe s'allume derrière. C'est cette petite lueur qui fait la vraie beauté.
Dieu nous garde des hommes sincères ! Ils font autant de bêtises que les autres - tout le monde en fait - et ils vous empoisonnent la vie...
La Comtesse : Vous leur dites que vous les aimez d'amour, à vos maîtresses ? Le Comte : Il faut bien. Les femmes sont tellement formalistes.
Ce qui est doux, c'est d'être arrivé quelque part, fût-ce au bout du désespoir, et de dire : Ah ! bon, c'était là. Je suis arrivé maintenant.
Je m'intéresse assez peu, personnellement, aux confidences. C'est toujours à peu près la même chose et cela ne soulage que celui qui les fait.
Oh ! il ne faut par croire que c'est très compliqué d'être mystérieuse. Il suffit de ne penser à rien, c'est à la portée de toutes les femmes.
J'aurai beau tricher et fermer les yeux de toutes mes forces... Il y aura toujours un chien perdu quelque part qui m'empêchera d'être heureuse...
Je crois qu'on ne peut rien trouver de plus consolant, quand on est devenu un homme, qu'un reflet de son enfance dans les yeux d'un ami d'enfance.
Dieu, en donnant le désir, aurait pu donner en même temps aux hommes un peu plus de discernement. Ce n'est pas tout à fait au point son invention !
La vie est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la.
LE ROI : Pourquoi mets-tu des étiquettes sur tout, pour justifier tes sentiments ? BECKET : Parce que, sans étiquettes, le monde n'aurait plus de forme
Il ne faut pas avoir peur des gens méchants, Mademoiselle, ce sont de pauvres diables comme les autres. Les imbéciles seuls sont vraiment redoutables !
Mais je veux profiter de mes dernières années et rire un peu. J'ai cru pendant soixante ans qu'il fallait prendre la vie au sérieux. C'est beaucoup trop.
C'est en habit que je me sens à l'aise. Nous sommes tous devenus des lâches depuis l'invention des pull-overs et des pantoufles. Nous manquons de carcans.
Le talent est comme un robinet. Quand il est ouvert, on peut écrire. L'inspiration est une farce que les poètes ont inventée pour se donner de l'importance.
Si les hommes se donnaient pour oublier le centième du mal qu'ils se donnent pour se souvenir, je suis certain que le monde serait depuis longtemps en paix.
C'est toujours dommage de ne pas avoir du génie. Mais c'est moins grave, en fin de compte, qu'on ne se l'imagine. Il suffit que les autres croient qu'on en a.
Il y a trois périodes dans la vie d'un homme : celle où il travaille pour les autres, celle où il travaille pour lui et celle où il fait travailler les autres.
La vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison.
Nous avons une grande force, c'est de ne pas savoir exactement ce que nous voulons. De l'incertitude profonde des desseins naît une étonnante liberté de manoeuvre.
Eh bien, tu verras en grandissant que dans la vie, même quand ça a l'air d'être sérieux, ce n'est tout de même que du guignol. Et qu'on joue toujours la même pièce.
Les vraies révolutions sont lentes et elles ne sont jamais sanglantes. Le sang, c'est toujours pour payer la hâte de quelques hommes pressés de jouer leur petit rôle.
Vous êtes tous les mêmes. Vous avez soif d'éternité et dès le premier baiser vous êtes verts d'épouvante parce que vous sentez obscurément que cela ne pourra pas durer.
Ah ! l'incertain, le troublant premier jour. On se cherche, on se sent, on se devine, on ne se connaît pas encore et on sait pourtant déjà que cela durera toute la vie...
On ne s'aime jamais comme dans les histoires; tout nu et pour toujours. S'aimer, c'est lutter constamment contre des milliers de forces qui viennent de nous ou des autres.
Je parle tout le temps, mais je ne sais pas répondre. C'est d'ailleurs pour cela que je parle tout le temps, pour empêcher qu'on me questionne. C'est ma façon d'être muette.
Ceux qui vous diront que la jeunesse a besoin d'un idéal sont des imbéciles. Croyez-moi, tout le mal vient des vieillards, ils se nourrissent d'idées et les jeunes en meurent.
Toutes les femmes ont un amant un jour ou l'autre, parce que toutes les femmes ont le droit d'être un peu elles-mêmes, sans être obligées de subir la tyrannie muette des leurs.
Il ne faut jamais désespérer son ennemi. Cela le rend fort. La douceur est une meilleure politique. Elle dévirilise. Une bonne occupation ne doit pas briser, elle doit pourrir.
On ne s'aime jamais comme dans les histoires, tout nus et pour toujours. S'aimer, c'est lutter constamment contre des milliers de forces cachées qui viennent de vous ou du monde.