Résumé biographique

Figure majeure des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, Jean-Baptiste Jourdan s’impose comme un maréchal d’Empire issu de la Révolution française, vainqueur de la bataille de Fleurus et acteur politique de premier plan entre Limoges, Paris, le Conseil des Cinq-Cents et l’Hôtel des Invalides.


Parcours

Né en 1762 à Limoges, Jean-Baptiste Jourdan commence comme commis en soieries avant de s’engager en 1778 dans l’armée royale et de participer à la guerre d’indépendance des États-Unis. Rendu à la vie civile en 1784, il devient mercier à Limoges. La Révolution française lui permet de reprendre du service comme officier de la Garde nationale, puis de commander un bataillon de volontaires. Général de division, il remporte plusieurs victoires, dont Fleurus en 1794, qui consacre sa réputation militaire. Sous le Directoire, il siège au Conseil des Cinq-Cents tout en conservant des commandements d’armée. En 1804, Napoléon le fait maréchal d’Empire et il devient ensuite conseiller militaire de Joseph Bonaparte à Naples puis en Espagne, avant de terminer sa carrière comme dignitaire et gouverneur des Invalides.


Repères de carrière

29 avril 1762 : Naissance à Limoges, dans une famille de chirurgien.
1778–1784 : Engagement dans l’armée royale et campagne en Amérique, notamment au siège de Savannah.
1788 : Installation comme mercier à Limoges et mariage avec Jeanne Nicolas.
1792 : Participation à la bataille de Jemappes avec les volontaires de la Haute-Vienne.
1793 : Promotion général de division, combats de Hondschoote et Wattignies.
26 juin 1794 : Victoire de Fleurus à la tête de l’armée de Sambre-et-Meuse.
1795 : Prise de Luxembourg et opérations sur le Rhin.
1797 : Député de la Haute-Vienne et président du Conseil des Cinq-Cents.
1799 : Commandement de l’armée du Danube pendant la guerre de la Deuxième Coalition.
1804 : Créé maréchal d’Empire et comte Jourdan.
1806 : Conseiller militaire de Joseph Bonaparte, roi de Naples.
1808–1813 : Major général auprès de Joseph, roi d’Espagne, jusqu’à la défaite de Vitoria.
1819 : Nommé pair de France sous la Restauration.
1830 : Soutien à la Révolution de Juillet et entrée au gouvernement comme éphémère ministre des Affaires étrangères.
1830–1833 : Gouverneur de l’Hôtel des Invalides jusqu’à sa mort.


Vie personnelle et engagements

Issu d’un milieu modeste, orphelin très tôt, Jean-Baptiste Jourdan est élevé par des oncles en Provence puis travaille à Lyon avant de revenir à Limoges. En 1788, il épouse Jeanne Nicolas, belle-sœur de son employeur, avec laquelle il fonde une famille nombreuse. Le couple a cinq filles, dont Angélique Catherine, Jeanne Madeleine Delphine, Camille, Sophie Catherine et Nina, qui s’allient à des familles militaires et notables du XIXe siècle. Politiquement, Jourdan adhère aux idées républicaines, soutient la conscription nationale avec la loi qui portera son nom et siège activement au Conseil des Cinq-Cents. Sous la Restauration puis la monarchie de Juillet, il reste engagé contre les courants royalistes les plus réactionnaires, tout en acceptant les fonctions de pair de France et de gouverneur des Invalides.


Anecdotes

1 – Son surnom de « vainqueur de Fleurus » vient de la bataille de 1794, décisive pour l’annexion de la Belgique par la France révolutionnaire.
2 – À Fleurus, un ballon d’observation captif est utilisé pour la première fois sur un champ de bataille afin de surveiller les mouvements ennemis.
3 – La loi de conscription de 1798, instaurant le service militaire obligatoire, est passée à la postérité sous le nom de « loi Jourdan-Delbrel ».
4 – À la bataille de Vitoria en 1813, la déroute de l’armée de Joseph Bonaparte entraîne la perte du bâton de maréchal de Jourdan dans le convoi capturé.
5 – Napoléon, depuis Sainte-Hélène, reconnaît rétrospectivement le patriotisme de Jourdan et estime l’avoir mal traité pendant l’Empire.
6 – Son nom est gravé sous l’Arc de triomphe de l’Étoile et il repose à l’Hôtel des Invalides, aux côtés d’autres grandes figures militaires françaises.


Lieux de mémoire

Né à Limoges, Jean-Baptiste Jourdan y revient régulièrement entre deux campagnes, et sa maison natale y est aujourd’hui signalée. Il séjourne à Lyon, puis à Naples et Madrid au service de Joseph Bonaparte, avant de se fixer à Paris. Mort en 1833, il est inhumé à l’Hôtel des Invalides, et son nom figure sur l’Arc de triomphe.


Contexte du décès

Jean-Baptiste Jourdan meurt le 23 novembre 1833 à Paris, à l’âge de 71 ans, alors qu’il exerce la fonction de gouverneur de l’Hôtel des Invalides. Décédé sous la monarchie de Juillet, il bénéficie d’obsèques officielles et d’une inhumation au sein même des Invalides, lieu de mémoire militaire majeur. Sa tombe y voisine avec celles d’autres maréchaux et chefs de guerre, et sa mémoire est entretenue par ce site et par les inscriptions honorifiques de la capitale.


Points clés

• Métier(s) : militaire, général de la Révolution française, maréchal d’Empire, homme politique, pair de France, gouverneur des Invalides
• Résidence principale : Paris, France (après une vie partagée entre Limoges, Lyon, Naples et Madrid)
• Relations : marié à Jeanne Nicolas (à partir de 1788)
• Enfants : Angélique Catherine (née 1791), Camille, Jeanne Madeleine Delphine (née 1797), Sophie Catherine, Nina (née 1800)
• Distinctions : maréchal d’Empire, grand-croix de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre de Saint-Louis, commandeur de l’ordre du Saint-Esprit, décorations étrangères (notamment ordre de Saint-Hubert de Bavière, ordre royal des Deux-Siciles)