Jean de La Fontaine

† à 73 ans
le 8 juillet 1621
Décédé le 13 avril 1695
Naissance :  Château-Thierry (Aisne, 02)France  
Nationalité : française
Astrologie

Biographie

Jean de La Fontaine, poète français né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry et mort le 13 avril 1695 à Paris, est le principal fabuliste du classicisme français, auteur de 243 fables en vers publiées entre 1668 et 1694 qui constituent l'un des ensembles les plus lus de la littérature française.


Parcours

Jean de La Fontaine naît dans une famille de la bourgeoisie provinciale d'officiers. Son père, Charles de La Fontaine, est maître des Eaux et Forêts du duché de Château-Thierry et capitaine des chasses ; sa mère, Françoise Pidoux, est d'origine poitevine, veuve d'un premier mari. Jean reçoit au collège de Château-Thierry une formation en rhétorique latine, où il se lie avec François de Maucroix, qui restera son ami le plus proche jusqu'à la mort. En 1641, il entre à l'Oratoire de Paris pour une carrière religieuse, qu'il abandonne dix-huit mois plus tard. Il entreprend alors des études de droit et obtient son diplôme d'avocat au Parlement de Paris en 1649. Pendant ces années parisiennes, il fréquente un cercle de jeunes gens de lettres, les « chevaliers de la table ronde », et compose ses premiers vers. En 1652, il achète la charge de maître particulier triennal des Eaux et Forêts, héritant à la mort de son père, en 1658, de la fonction de celui-ci, qu'il exerce sans enthousiasme jusqu'à la revente des deux charges en 1672.

La vocation littéraire de La Fontaine prend une direction décisive à partir de 1658, lorsque Jannart, oncle de sa femme, le présente au surintendant des Finances Nicolas Fouquet. La Fontaine entre sous la protection de ce dernier et compose pour lui plusieurs poèmes, dont Adonis et le Songe de Vaux. L'arrestation et la condamnation de Fouquet en 1661 l'affectent profondément : il lui reste fidèle et écrit en sa faveur, attitude qui lui vaut l'hostilité de Colbert et, de fait, celle de Louis XIV. De retour à Paris en 1664 après un séjour en Limousin, il entre au service de la duchesse douairière d'Orléans à titre de gentilhomme. Dès 1664, ses premiers Contes et Nouvelles en vers lui apportent une notoriété dans les salons. En 1668, le premier recueil des Fables choisies — livres I à VI, dédicacé au Dauphin — connaît un succès considérable. Le deuxième recueil (livres VII à XI) paraît en 1678-1679, dédié à Madame de Montespan. En 1684, après une première tentative échouée l'année précédente en raison de l'hostilité du roi, La Fontaine est élu à l'Académie française au siège de Colbert. Il se range dans la querelle des Anciens et des Modernes aux côtés de Jean Racine et de Nicolas Boileau. Le douzième et dernier livre des Fables paraît en 1694, dédié au duc de Bourgogne.


Repères chronologiques

1621 : naissance le 8 juillet à Château-Thierry, baptême le même jour en l'église Saint-Crépin-hors-les-murs
1641 : entrée à l'Oratoire de Paris pour des études religieuses, abandonnées dix-huit mois plus tard
1647 : mariage arrangé par son père avec Marie Héricart, âgée de quatorze ans, à la Ferté-Milon
1649 : obtention du diplôme d'avocat au Parlement de Paris
1652 : achat de la charge de maître particulier des Eaux et Forêts de Château-Thierry
1654 : première publication, L'Eunuque, comédie en vers adaptée de Térence
1658 : mort du père ; présentation à Nicolas Fouquet par Jannart
1661 : arrestation de Fouquet ; La Fontaine lui reste fidèle et écrit en sa faveur
1664 : publication des premiers Contes et Nouvelles en vers ; entrée au service de la duchesse douairière d'Orléans
1668 : parution des livres I à VI des Fables choisies, dédicacés au Dauphin
1672 : accueil chez Marguerite de La Sablière, où il résidera vingt ans
1674 : interdiction des Nouveaux Contes jugés licencieux par la censure
1678 : parution des livres VII à XI des Fables, dédicacés à Madame de Montespan
1684 : élection à l'Académie française au fauteuil de Colbert, reçu le 2 mai
1694 : parution du livre XII des Fables, dernier recueil, dédié au duc de Bourgogne


Vie personnelle et engagements

Jean de La Fontaine est le fils de Charles de La Fontaine, maître des Eaux et Forêts, et de Françoise Pidoux, d'origine poitevine. Il a un frère cadet, Claude, qui le rejoint brièvement à l'Oratoire, et une demi-sœur aînée, Anne de Jouy, née du premier mariage de sa mère. En 1647, son père lui arrange un mariage avec Marie Héricart (1633-1709), fille d'un lieutenant de baillis, alors âgée de quatorze ans. L'union est sans amour. Un fils unique, Charles de La Fontaine, naît en octobre 1653 et est baptisé le 30 octobre à Château-Thierry, avec François de Maucroix pour parrain. La Fontaine ne s'occupe guère de cet enfant, dont l'éducation est de fait assurée par Maucroix. Une séparation de biens est formalisée à partir de 1658 ; les époux cessent progressivement de cohabiter.

La Fontaine fréquente assidûment les salons parisiens, notamment celui de Marguerite de La Sablière, femme de lettres et scientifique, qui l'héberge de 1673 à sa mort en 1693. Il entretient des relations durables avec Molière, Jean Racine et Nicolas Boileau, formant avec eux un cercle de lettrés qui débat des questions esthétiques de l'époque. À la mort de Madame de La Sablière, il est recueilli par le financier Anne d'Hervart, rue de la Plâtrière à Paris. Gravement malade à partir de 1692, il est conduit par son confesseur, l'abbé Pouget, à abjurer publiquement ses Contes lors d'une séance en présence d'académiciens, et à détruire une comédie inachevée.


Contexte du décès

Jean de La Fontaine tombe gravement malade fin 1692, vraisemblablement de la tuberculose. Il est pris d'une faiblesse en revenant de l'Académie le 8 février 1695 et meurt le 13 avril 1695 dans l'hôtel parisien de son ami Anne d'Hervart, rue de la Plâtrière — actuelle rue Jean-Jacques-Rousseau. En procédant à la toilette mortuaire, on trouve sur son corps un cilice, pénitence que l'abbé Pouget déclare n'avoir pas ordonnée. Charles Perrault, académicien contemporain et témoin de sa fin, rapporte qu'il meurt avec calme. Son acte de décès, reconstitué après l'incendie de l'Hôtel de Ville en 1871 grâce aux registres de la paroisse Saint-Eustache, atteste l'inhumation le 14 avril 1695 au cimetière des Saints-Innocents à Paris.


Lieux de mémoire

Inhumé initialement au cimetière des Saints-Innocents, les restes supposés de Jean de La Fontaine sont transférés en 1817 au cimetière du Père-Lachaise à Paris (25e division), où son monument funéraire en pierre, orné de bas-reliefs illustrant Le Loup et l'agneau et Le Loup et la cigogne, jouxte celui de Molière. Le monument est considéré par les historiens comme un cénotaphe probable. Sa maison natale de Château-Thierry, classée monument historique en 1886, abrite le Musée Jean de La Fontaine.


Anecdotes

1 - La Fontaine compose lui-même son épitaphe de son vivant, dans laquelle il s'attribue un caractère désinvolte et paresseux : il y décrit sa vie comme partagée « l'une à dormir, et l'autre à ne rien faire », formule qui contraste avec une production littéraire de plus de 240 fables et plusieurs recueils de contes.
2 - À la mort de Madame de La Sablière en 1693, alors que La Fontaine cherche un nouveau logement, c'est le financier Anne d'Hervart qui l'accueille spontanément. Le poète aurait répondu à un ami qui s'étonnait de sa prompte relocation : « J'y pensais aussi. »
3 - Marie Héricart, l'épouse dont La Fontaine se sépare de fait dans les années 1660, est cousine de Jean Racine. Ce lien familial n'empêche pas les deux hommes de devenir amis et collaborateurs intellectuels au sein du même cercle littéraire parisien.
4 - La Fontaine n'apprend pas le grec au collège de Château-Thierry et compose pourtant des fables directement inspirées d'Ésope, qu'il lit en traductions latines. Il revendique explicitement cette médiation dans ses préfaces, affirmant que son imitation n'est « point un esclavage ».
5 - À sa mort, on découvre sur son corps un cilice que l'abbé Pouget, son confesseur, affirme sous serment ne pas lui avoir imposé, suggérant que La Fontaine s'était lui-même imposé cette pénitence discrète en dehors de toute instruction cléricale.


Points clés

- Métier(s) : poète, fabuliste, auteur de contes, dramaturge, membre de l'Académie française
- Résidence principale : Paris (dernier domicile rue de la Plâtrière, chez Anne d'Hervart)
- Relations de couple : marié en 1647 à Marie Héricart ; séparation de fait à partir des années 1660
- Enfants : Charles de La Fontaine (né en octobre 1653)
- Distinctions : élu à l'Académie française le 15 novembre 1683, reçu le 2 mai 1684 au fauteuil de Colbert


Portrait mis à jour le 13 avril 2026.

Citations

Je plie, et ne romps pas.
Ne t'attends qu'à toi seul.
Aide-toi, le ciel t'aidera.
Dieu fait bien ce qu'il fait.
Tout est mystère dans l'Amour.
Aucun n'est prophète chez soi.
Mots dorés en amour font tout.
La vieillesse est impitoyable.
Petit poisson deviendra grand.
Plus fait douceur que violence.
Autant de têtes, autant d'avis.
Quel esprit ne bat la campagne ?
Les longs ouvrages me font peur.
Deux sûretés valent mieux qu'une.
Tel est pris qui croyait prendre.
De tout inconnu le sage se méfie.
A l'oeuvre, on connaît l'artisan.
La méfiance est mère de la sûreté.
Ventre affamé n'a point d'oreilles.
Quiconque est loup, agisse en loup.
L'absence est le plus grand des maux.
Beaucoup mieux seul qu'avec des sots.
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
Fortune aveugle suit aveugle hardiesse.
Bien adresser n'est pas petite affaire.
Le besoin est un docteur en stratagème.
On tient toujours du lieu dont on vient.
Il est bien malaisé de régler ses désirs.
Le coeur fait tout, le reste est inutile.
Il n'est pour voir, que l'oeil du maître.
Il connaît l'univers et ne se connaît pas.
En toute chose, il faut considérer la fin.
La grâce, plus belle encore que la beauté.
Tout mal a son remède au sein de la nature.
La rareté du fait donne du prix à la chose.
L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Le trop d'expédients peut gâter une affaire.
C'est double plaisir de tromper le trompeur.
Chacun a son défaut, où toujours il revient.
Laissez dire les sots, le savoir a son prix.
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
Il accusait toujours les miroirs d'être faux.
Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée.
Otez-nous de ces biens l'affluence importune.
Sur les ailes du Temps, la tristesse s'envole
Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même.
Chacun à son métier doit toujours s'attacher.
Nous ne croyons le mal que quand il est venu.
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré.
La fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne.
Il est bon de parler et meilleur de se taire.
Il avait du bon sens ; le reste vient ensuite.
On ne suit pas toujours ses aïeux ni son père.
Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire.
Quiconque ne voit guère N'a guère à dire aussi.
Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.
La plus belle victoire est de vaincre son coeur.
Il ne faut à la cour ni trop voir, ni trop dire.
Notre âme, c'est cet homme amoureux de lui-même.
Gens trop heureux font toujours quelque faute...
Pour sauver son crédit, il faut cacher sa perte.
En toute bonne chose, il faut considérer la fin.
Ne pas louer son siècle est parler à des sourds.
La raison du plus fort est toujours la meilleure.
Je me sers des animaux pour instruire les hommes.
Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile.
D'un magistrat ignorantC'est la robe qu'on salue.
Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire.
Il se faut s'entraider, c'est la loi de la nature.
Il me faut du nouveau, n'en fut-il point au monde.
Se croire un personnage est fort commun en France.
Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret.
Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse.
La douleur est toujours moins forte que la plainte.
Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Toute puissance est faible, à moins que d'être unie.
Nous nous pardonnons tout et rien aux autres hommes.
Puisqu'il est des vivants, ne songez plus aux morts.
Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette.
Un sot plein de savoir est plus sot qu'un autre homme.
On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain.
Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre.
Plutôt souffrir que mourir, c'est la devise des hommes.
Chacun croit aisément ce qu'il craint et ce qu'il désire.
Les ouvrages les plus courts sont toujours les meilleurs.
Les délicats sont malheureuxRien ne saurait les satisfaire.
De tout temps, les petits ont pâti des sottises des grands.
Les délicats sont malheureux
Rien ne saurait les satisfaire.
La République a bien affaireDes gens qui ne dépensent rien !
Propos, conseil, enseignement,
Rien ne change un tempérament.
Les ennuis d'amour ont cela de bon que ils n'ennuient jamais.
Propos, conseil, enseignement, rien ne change un tempérament.
Garde toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine.
Si quelque affaire t'importe, Ne la fais point par procureur.
Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.
Rien n'a d'empire sur l'amour, l'amour en a sur toutes choses.
Loin d'épuiser une matière, On n'en doit prendre que la fleur.
Tout parle dans l'univers ;Il n'est rien qui n'ait son langage.
Ne forçons point notre talent, nous ne ferions rien avec grâce.
Les vertus devraient être soeursAinsi que les vices sont frères.
Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Tout parle dans l'univers ; il n'est rien qui n'ait son langage.
Oh ! Que de grands seigneurs n'ont que l'habit pour tous talents!
Les vertus devraient être soeurs
Ainsi que les vices sont frères.
Il est bon d'être charitable ;Mais envers qui ? C'est là le point.
Travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le moins.
Concluons que la ProvidenceSait ce qu'il nous faut mieux que nous.
La mort ne surprend point le sage : il est toujours prêt à partir.
Entre nos ennemisLes plus à craindre sont souvent les plus petits.
Travaillez, prenez de la peine,
C'est le fond qui manque le moins.
Qu'importe à ceux du firmamentQu'on soit mouche ou bien éléphant ?
Les gens sans bruit sont dangereuxIl n'en est pas ainsi des autres.
Concluons que la Providence
Sait ce qu'il nous faut mieux que nous.
Certains compliments de consolation Qui sont surcroît d'affliction.
Entre nos ennemis
Les plus à craindre sont souvent les plus petits.
L'homme est de glace aux vérités ;Il est de feu pour les mensonges.
L'adversaire d'une vraie liberté est un désir excessif de sécurité.
Qu'importe à ceux du firmament
Qu'on soit mouche ou bien éléphant ?
Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, Ne saurait passer pour galant.
La dispute est d'un grand secours. Sans elle, on dormirait toujours.
Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne change le destin.
Les gens sans bruit sont dangereux
Il n'en est pas ainsi des autres.
Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse,
Ne saurait passer pour galant.
Les gens sans bruit sont dangereux ; il n'en est pas ainsi des autres.
Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : Adieu prudence.
Tout l'univers obéit à l'Amour; Aimez, aimez, tout le reste n'est rien.
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.
Laissez-leur prendre un pied chez vous, ils en auront bientôt pris quatre.
On rencontre sa destinée souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter.
L'absence est aussi bien un remède à la haineQu'un appareil contre l'amour.
Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami ; Mieux vaudrait un sage ennemi.
Deux coqs vivaient en paix : une poule survint, et voilà la guerre allumée.
L'absence est aussi bien un remède à la haine qu'un appareil contre l'amour.
Rien de trop est un point dont on parle sans cesse et qu'on n'observe point.
Ne soyons pas si difficiles :Les plus accommodants, ce sont les plus habiles.
Hélas ! On voit que de tout tempsles petits ont pâti des sottises des grands.
Une morale nue apporte de l'ennui ; le conte fait passer le précepte avec lui.
Le trop d'attention qu'on a pour le danger fait le plus souvent qu'on y tombe.
Je le répète, et dis, vaille que vaille, le monde n'est que franche moutonnaille.
Le bien n'est bien qu'en tant que l'on s'en peut défaire ;Sans cela, c'est un mal.
La sotte vanité, jointe avec l'envie, Deux pivots sui roule aujourd'hui notre vie.
La sotte vanité, jointe avec l'envie,
Deux pivots sui roule aujourd'hui notre vie.
Et, si d'agréer je n'emporte le prix, j'aurais du moins l'honneur de l'avoir entrepris.
Les petits, en toute affaire, Esquivent fort aisément : Les grands ne le peuvent faire.
Un Tiens vaut, se dit-on, mieux que deux Tu l'auras :L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.
Ménélas rencontra des charmes dans Hélène, qu'avant d'être à Pâris la belle n'avait pas.
S'il fallait condamner tous les ingrats qui sont au monde, à qui pourrait-on pardonner ?
Un Tiens vaut, se dit-on, mieux que deux Tu l'auras :
L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.
L'amour à ce qu'on dit empêche de dormir :S'il a quelque plaisir il ne l'a pas sans peine.
C'est souvent du hasard que naît l'opinion,
Et c'est l'opinion qui fait toujours la vogue.
C'est souvent du hasard que naît l'opinion, et c'est l'opinion qui fait toujours la vogue.
Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins...
Chose étrange ! On apprend la tempérance aux chiens, et l'on ne peut l'apprendre aux hommes !
Il ne faut jamais se moquer des misérables : Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux ?
Les ruines d'une maisonSe peuvent réparer : que n'est cet avantagePour les ruines du visage !
De tous les plaisirs, le plaisir le plus doux, c'est de se voir loué de ceux que chacun loue.
Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Les ruines d'une maison
Se peuvent réparer : que n'est cet avantage
Pour les ruines du visage !
Il n'est, je le vois bien, si poltron sur la terre, qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.
Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ;On a toujours raison, le destin toujours tort.
On se voit d'un autre Ïil qu'on ne voit son prochain, lynx envers nos pareils et taupe envers nous.
Quand le moment viendra d'aller trouver les morts,
J'aurai vécu sans soin, et mourrai sans remords.
La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur ; Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur.
Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ;
On a toujours raison, le destin toujours tort.
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres,
Et ne croyons le mal que quand il est venu.
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres, et ne croyons le mal que quand il est venu.
Défendez-vous par la grandeur, Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse : La Mort ravit tout sans pudeur.
Chacun se dit ami : mais fou qui s'y repose ;Rien n'est plus commun que le nom, Rien n'est plus rare que la chose.
Ne faut-il que délibérer, la cour en conseillers foisonne ;Est-il besoin d'exécuter, l'on ne rencontre plus personne.
Chacun se trompe ici-bas :On voit courir après l'ombreTant de fous qu'on ne sait pas, La plupart du temps, le nombre.
Chacun se trompe ici-bas :
On voit courir après l'ombre
Tant de fous qu'on ne sait pas,
La plupart du temps, le nombre.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs. Tout prince a des ambassadeurs, tout marquis veut avoir des pages.
Chez les amis, tout s'excuse, tout passe ;Chez les amants, tout plaît, tout est parfait ;Chez les époux, tout ennuie et tout lasse.
Rien ne pèse tant qu'un secret ; le porter loin est difficile aux dames, et je sais même sur ce fait bon nombre d'hommes qui sont femmes.
Tenez toujours divisés les méchants : la sûreté du reste de la terre dépend de là. Semez entre eux la guerre, ou vous n'aurez avec eux nulle paix.
L'amour s'éteint par le bien qu'il souhaite,
L'amant alors se comporte en époux.
Ne saurait-on établir le contraire
Et renverser cette maudite loi ?
L'amour s'éteint par le bien qu'il souhaite, l'amant alors se comporte en époux. Ne saurait-on établir le contraire et renverser cette maudite loi ?
Ce n'est pas sur l'habit Que la diversité me plaît ; c'est dans l'esprit : L'une fournit toujours des choses agréables ; L'autre, en moins d'un moment, lasse les regardants.
Ce n'est pas sur l'habit
Que la diversité me plaît ; c'est dans l'esprit :
L'une fournit toujours des choses agréables ;
L'autre, en moins d'un moment, lasse les regardants.
Je plie, et ne romps pas.
Ne t'attends qu'à toi seul.
Aide-toi, le ciel t'aidera.
Dieu fait bien ce qu'il fait.
Tout est mystère dans l'Amour.
Aucun n'est prophète chez soi.
Mots dorés en amour font tout.
La vieillesse est impitoyable.
Petit poisson deviendra grand.
Plus fait douceur que violence.
Autant de têtes, autant d'avis.
Quel esprit ne bat la campagne ?
Les longs ouvrages me font peur.
Deux sûretés valent mieux qu'une.
Tel est pris qui croyait prendre.
De tout inconnu le sage se méfie.
A l'oeuvre, on connaît l'artisan.
La méfiance est mère de la sûreté.
Ventre affamé n'a point d'oreilles.
Quiconque est loup, agisse en loup.
L'absence est le plus grand des maux.
Beaucoup mieux seul qu'avec des sots.
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.
Fortune aveugle suit aveugle hardiesse.
Bien adresser n'est pas petite affaire.
Le besoin est un docteur en stratagème.
On tient toujours du lieu dont on vient.
Il est bien malaisé de régler ses désirs.
Le coeur fait tout, le reste est inutile.
Il n'est pour voir, que l'oeil du maître.
Il connaît l'univers et ne se connaît pas.
En toute chose, il faut considérer la fin.
La grâce, plus belle encore que la beauté.
Tout mal a son remède au sein de la nature.
La rareté du fait donne du prix à la chose.
L'avarice perd tout en voulant tout gagner.
On hasarde de perdre en voulant trop gagner.
Le trop d'expédients peut gâter une affaire.
C'est double plaisir de tromper le trompeur.
Chacun a son défaut, où toujours il revient.
Laissez dire les sots, le savoir a son prix.
On a souvent besoin d'un plus petit que soi.
Il accusait toujours les miroirs d'être faux.
Chien hargneux a toujours l'oreille déchirée.
Otez-nous de ces biens l'affluence importune.
Sur les ailes du Temps, la tristesse s'envole
Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même.
Chacun à son métier doit toujours s'attacher.
Nous ne croyons le mal que quand il est venu.
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré.
La fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne.
Il est bon de parler et meilleur de se taire.
Il avait du bon sens ; le reste vient ensuite.
On ne suit pas toujours ses aïeux ni son père.
Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire.
Quiconque ne voit guère N'a guère à dire aussi.
Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.
La plus belle victoire est de vaincre son coeur.
Il ne faut à la cour ni trop voir, ni trop dire.
Notre âme, c'est cet homme amoureux de lui-même.
Gens trop heureux font toujours quelque faute...
Pour sauver son crédit, il faut cacher sa perte.
En toute bonne chose, il faut considérer la fin.
Ne pas louer son siècle est parler à des sourds.
La raison du plus fort est toujours la meilleure.
Je me sers des animaux pour instruire les hommes.
Nous faisons cas du beau, nous méprisons l'utile.
D'un magistrat ignorantC'est la robe qu'on salue.
Un auteur gâte tout quand il veut trop bien faire.
Il se faut s'entraider, c'est la loi de la nature.
Il me faut du nouveau, n'en fut-il point au monde.
Se croire un personnage est fort commun en France.
Le plus semblable aux morts meurt le plus à regret.
Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse.
La douleur est toujours moins forte que la plainte.
Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Toute puissance est faible, à moins que d'être unie.
Nous nous pardonnons tout et rien aux autres hommes.
Puisqu'il est des vivants, ne songez plus aux morts.
Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette.
Un sot plein de savoir est plus sot qu'un autre homme.
On se voit d'un autre oeil qu'on ne voit son prochain.
Il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre.
Plutôt souffrir que mourir, c'est la devise des hommes.
Chacun croit aisément ce qu'il craint et ce qu'il désire.
Les ouvrages les plus courts sont toujours les meilleurs.
Les délicats sont malheureuxRien ne saurait les satisfaire.
De tout temps, les petits ont pâti des sottises des grands.
Les délicats sont malheureux
Rien ne saurait les satisfaire.
La République a bien affaireDes gens qui ne dépensent rien !
Propos, conseil, enseignement,
Rien ne change un tempérament.
Les ennuis d'amour ont cela de bon que ils n'ennuient jamais.
Propos, conseil, enseignement, rien ne change un tempérament.
Garde toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine.
Si quelque affaire t'importe, Ne la fais point par procureur.
Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.
Rien n'a d'empire sur l'amour, l'amour en a sur toutes choses.
Loin d'épuiser une matière, On n'en doit prendre que la fleur.
Tout parle dans l'univers ;Il n'est rien qui n'ait son langage.
Ne forçons point notre talent, nous ne ferions rien avec grâce.
Les vertus devraient être soeursAinsi que les vices sont frères.
Apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Tout parle dans l'univers ; il n'est rien qui n'ait son langage.
Oh ! Que de grands seigneurs n'ont que l'habit pour tous talents!
Les vertus devraient être soeurs
Ainsi que les vices sont frères.
Il est bon d'être charitable ;Mais envers qui ? C'est là le point.
Travaillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le moins.
Concluons que la ProvidenceSait ce qu'il nous faut mieux que nous.
La mort ne surprend point le sage : il est toujours prêt à partir.
Entre nos ennemisLes plus à craindre sont souvent les plus petits.
Travaillez, prenez de la peine,
C'est le fond qui manque le moins.
Qu'importe à ceux du firmamentQu'on soit mouche ou bien éléphant ?
Les gens sans bruit sont dangereuxIl n'en est pas ainsi des autres.
Concluons que la Providence
Sait ce qu'il nous faut mieux que nous.
Certains compliments de consolation Qui sont surcroît d'affliction.
Entre nos ennemis
Les plus à craindre sont souvent les plus petits.
L'homme est de glace aux vérités ;Il est de feu pour les mensonges.
L'adversaire d'une vraie liberté est un désir excessif de sécurité.
Qu'importe à ceux du firmament
Qu'on soit mouche ou bien éléphant ?
Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, Ne saurait passer pour galant.
La dispute est d'un grand secours. Sans elle, on dormirait toujours.
Quand le mal est certain, La plainte ni la peur ne change le destin.
Les gens sans bruit sont dangereux
Il n'en est pas ainsi des autres.
Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse,
Ne saurait passer pour galant.
Les gens sans bruit sont dangereux ; il n'en est pas ainsi des autres.
Amour, amour, quand tu nous tiens, on peut bien dire : Adieu prudence.
Tout l'univers obéit à l'Amour; Aimez, aimez, tout le reste n'est rien.
Laissez-leur prendre un pied chez vous,
Ils en auront bientôt pris quatre.
Laissez-leur prendre un pied chez vous, ils en auront bientôt pris quatre.
On rencontre sa destinée souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter.
L'absence est aussi bien un remède à la haineQu'un appareil contre l'amour.
Rien n'est si dangereux qu'un ignorant ami ; Mieux vaudrait un sage ennemi.
Deux coqs vivaient en paix : une poule survint, et voilà la guerre allumée.
L'absence est aussi bien un remède à la haine qu'un appareil contre l'amour.
Rien de trop est un point dont on parle sans cesse et qu'on n'observe point.
Ne soyons pas si difficiles :Les plus accommodants, ce sont les plus habiles.
Hélas ! On voit que de tout tempsles petits ont pâti des sottises des grands.
Une morale nue apporte de l'ennui ; le conte fait passer le précepte avec lui.
Le trop d'attention qu'on a pour le danger fait le plus souvent qu'on y tombe.
Je le répète, et dis, vaille que vaille, le monde n'est que franche moutonnaille.
Le bien n'est bien qu'en tant que l'on s'en peut défaire ;Sans cela, c'est un mal.
La sotte vanité, jointe avec l'envie, Deux pivots sui roule aujourd'hui notre vie.
La sotte vanité, jointe avec l'envie,
Deux pivots sui roule aujourd'hui notre vie.
Et, si d'agréer je n'emporte le prix, j'aurais du moins l'honneur de l'avoir entrepris.
Les petits, en toute affaire, Esquivent fort aisément : Les grands ne le peuvent faire.
Un Tiens vaut, se dit-on, mieux que deux Tu l'auras :L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.
Ménélas rencontra des charmes dans Hélène, qu'avant d'être à Pâris la belle n'avait pas.
S'il fallait condamner tous les ingrats qui sont au monde, à qui pourrait-on pardonner ?
Un Tiens vaut, se dit-on, mieux que deux Tu l'auras :
L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.
L'amour à ce qu'on dit empêche de dormir :S'il a quelque plaisir il ne l'a pas sans peine.
C'est souvent du hasard que naît l'opinion,
Et c'est l'opinion qui fait toujours la vogue.
C'est souvent du hasard que naît l'opinion, et c'est l'opinion qui fait toujours la vogue.
Qui mieux que vous sait vos besoins ? Apprendre à se connaître est le premier des soins...
Chose étrange ! On apprend la tempérance aux chiens, et l'on ne peut l'apprendre aux hommes !
Il ne faut jamais se moquer des misérables : Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux ?
Les ruines d'une maisonSe peuvent réparer : que n'est cet avantagePour les ruines du visage !
De tous les plaisirs, le plaisir le plus doux, c'est de se voir loué de ceux que chacun loue.
Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
Les ruines d'une maison
Se peuvent réparer : que n'est cet avantage
Pour les ruines du visage !
Il n'est, je le vois bien, si poltron sur la terre, qui ne puisse trouver un plus poltron que soi.
Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ;On a toujours raison, le destin toujours tort.
On se voit d'un autre Ïil qu'on ne voit son prochain, lynx envers nos pareils et taupe envers nous.
Quand le moment viendra d'aller trouver les morts,
J'aurai vécu sans soin, et mourrai sans remords.
La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur ; Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur.
Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ;
On a toujours raison, le destin toujours tort.
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres,
Et ne croyons le mal que quand il est venu.
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres, et ne croyons le mal que quand il est venu.
Défendez-vous par la grandeur, Alléguez la beauté, la vertu, la jeunesse : La Mort ravit tout sans pudeur.
Chacun se dit ami : mais fou qui s'y repose ;Rien n'est plus commun que le nom, Rien n'est plus rare que la chose.
Ne faut-il que délibérer, la cour en conseillers foisonne ;Est-il besoin d'exécuter, l'on ne rencontre plus personne.
Chacun se trompe ici-bas :On voit courir après l'ombreTant de fous qu'on ne sait pas, La plupart du temps, le nombre.
Chacun se trompe ici-bas :
On voit courir après l'ombre
Tant de fous qu'on ne sait pas,
La plupart du temps, le nombre.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs. Tout prince a des ambassadeurs, tout marquis veut avoir des pages.
Chez les amis, tout s'excuse, tout passe ;Chez les amants, tout plaît, tout est parfait ;Chez les époux, tout ennuie et tout lasse.
Rien ne pèse tant qu'un secret ; le porter loin est difficile aux dames, et je sais même sur ce fait bon nombre d'hommes qui sont femmes.
Tenez toujours divisés les méchants : la sûreté du reste de la terre dépend de là. Semez entre eux la guerre, ou vous n'aurez avec eux nulle paix.
L'amour s'éteint par le bien qu'il souhaite,
L'amant alors se comporte en époux.
Ne saurait-on établir le contraire
Et renverser cette maudite loi ?
L'amour s'éteint par le bien qu'il souhaite, l'amant alors se comporte en époux. Ne saurait-on établir le contraire et renverser cette maudite loi ?
Ce n'est pas sur l'habit Que la diversité me plaît ; c'est dans l'esprit : L'une fournit toujours des choses agréables ; L'autre, en moins d'un moment, lasse les regardants.
Ce n'est pas sur l'habit
Que la diversité me plaît ; c'est dans l'esprit :
L'une fournit toujours des choses agréables ;
L'autre, en moins d'un moment, lasse les regardants.

Autres poètes

Questions autour de Jean de La Fontaine

Qui est né le même jour que Jean de La Fontaine ?
Kevin Bacon, Jacques Martineau, Odie, Philippe Vasseur et Mimie Mathy sont nés le 8 juillet comme Jean de La Fontaine.
À quel âge est mort Jean de La Fontaine ?
Jean de La Fontaine est mort à 73 ans, le 13 avril 1695.
Qui est mort le même jour que Jean de La Fontaine ?
Mario Vargas Llosa, Mary Quant, Miloš Forman, Georges Duhamel et Michel Bouquet sont morts le 13 avril comme Jean de La Fontaine.
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