Naissance
Grande-Riviere-du-Nord, Haïti
Décès
17 oct. 1806
Nationalité
haïtienne
Astrologie

Biographie

Jean-Jacques Dessalines, général et homme d'État haïtien né esclave vers 1758, proclame l'indépendance d'Haïti le 1er janvier 1804 avant de devenir le premier empereur du pays sous le nom de Jacques Ier, jusqu'à son assassinat le 17 octobre 1806.


Parcours

Né vers 1758 sur la plantation du Cormier, près de Grande-Rivière-du-Nord, en Saint-Domingue, Jean-Jacques Dessalines reçoit à sa naissance le nom de Duclos ; certaines sources évoquent plutôt une naissance en Afrique de l'Ouest, mais les témoignages les plus détaillés situent sa petite enfance sur cette plantation. Les noms de ses parents, esclaves eux aussi, ne sont pas connus. Encore enfant, il est élevé sous la surveillance de sa tante, Victoria Montou, elle-même esclave, qui lui enseigne très tôt les rudiments du combat. Racheté ensuite par un affranchi du nom de Dessalines, il adopte définitivement ce patronyme. En 1791, il rejoint l'insurrection des esclaves du Nord de Saint-Domingue et gravit rapidement les échelons sous l'autorité de Toussaint Louverture, devenant colonel en 1795 puis général de brigade en 1799. Lorsque Louverture est capturé par les troupes françaises en 1802, Dessalines prend la tête de l'armée indigène et poursuit la lutte contre l'expédition envoyée par Napoléon Bonaparte.

Après la capitulation des troupes de Rochambeau à Vertières, le 18 novembre 1803, Dessalines proclame l'indépendance d'Haïti à Gonaïves, le 1er janvier 1804, un texte rédigé et lu en son nom par son secrétaire Louis Boisrond-Tonnerre. Quelques mois plus tôt, lors du congrès de l'Arcahaie, il avait fait coudre par Catherine Flon le premier drapeau du pays, après avoir arraché la bande blanche du drapeau français. Proclamé empereur sous le nom de Jacques Ier en septembre 1804, il est couronné au Cap-Haïtien le 8 octobre suivant par l'archevêque Jean-Baptiste-Joseph Brelle. Entouré de généraux comme Alexandre Pétion, Henri Christophe et Jean-Pierre Boyer, il promulgue le 20 mai 1805 la Constitution impériale, qui abolit définitivement l'esclavage, puis lance une campagne militaire contre la partie espagnole de l'île. Son autorité sans partage et sa politique de confiscation des terres finissent par dresser contre lui une partie de l'élite mulâtre du pays.


Controverse

Au lendemain de l'indépendance, Dessalines ordonne, entre février et avril 1804, le massacre de la population française restée dans le pays, après avoir accusé certains colons de comploter contre le nouveau gouvernement. Les estimations du nombre de victimes varient selon les historiens, certaines allant jusqu'à plusieurs milliers de personnes. Une proclamation du 28 avril 1804 met officiellement fin aux tueries. Cet épisode, documenté par des témoignages d'époque et par l'historiographie contemporaine, a longtemps servi à présenter Dessalines comme une figure sanguinaire dans la presse et les récits occidentaux du XIXe siècle, et continue aujourd'hui de nourrir un débat historique sur sa qualification, certains auteurs employant le terme de génocide quand d'autres y voient un acte de guerre dans le contexte de la révolution haïtienne. Il a également valu à Haïti un isolement diplomatique durable vis-à-vis des puissances occidentales.


Repères chronologiques

1758 : naissance présumée, le 20 septembre, sur la plantation du Cormier, près de Grande-Rivière-du-Nord, en Saint-Domingue
1791 : rejoint l'insurrection des esclaves du Nord de Saint-Domingue
1795 : devient colonel dans l'armée de Toussaint Louverture
1799 : promu général de brigade
1801 : épouse Marie-Claire Heureuse Félicité Bonheur à Léogane, le 21 octobre
1802 : prend le commandement des forces insurgées après la capture de Toussaint Louverture
1803 : fait coudre le premier drapeau haïtien par Catherine Flon lors du congrès de l'Arcahaie, le 18 mai
1803 : remporte la bataille de Vertières, le 18 novembre
1804 : proclame l'indépendance d'Haïti à Gonaïves, le 1er janvier
1804 : ordonne le massacre de la population française restée dans le pays, entre février et avril
1804 : se proclame empereur sous le nom de Jacques Ier, en septembre
1804 : est couronné empereur au Cap-Haïtien, le 8 octobre
1805 : promulgue la Constitution impériale d'Haïti, le 20 mai
1806 : est assassiné au Pont-Rouge, près de Port-au-Prince, le 17 octobre


Vie personnelle et engagements

Les noms de ses parents, réduits eux-mêmes en esclavage, n'ont pas été conservés par l'histoire, et Jean-Jacques Dessalines ne reçoit aucune instruction formelle durant son enfance, restant illettré toute sa vie. Il est élevé par sa tante Victoria Montou. Le 21 octobre 1801, à Léogane, il épouse Marie-Claire Heureuse Félicité Bonheur, fille d'un couple d'affranchis, après l'avoir rencontrée alors qu'elle soignait des soldats blessés. De cette union naît un fils, Jacques, dit « le Bien-Aimé », reconnu plus tard comme prince impérial et héritier de la couronne. Dessalines a par ailleurs deux frères, Louis et Joseph, qui prennent eux aussi le nom de Dessalines.

Officier sous les ordres de Toussaint Louverture, dont il reste l'un des lieutenants les plus loyaux jusqu'à la déportation de celui-ci en 1802, Dessalines partage ensuite le commandement de la révolution avec Alexandre Pétion et Henri Christophe, deux généraux qui deviendront par la suite ses adversaires. Devenu empereur, il fait de l'abolition définitive de l'esclavage, inscrite dans la Constitution de 1805, l'engagement central de son règne. Sa vie privée est également marquée par plusieurs liaisons, notamment avec Euphémie Daguilh, dont les enfants sont légitimés avec l'accord de l'impératrice Marie-Claire et portent eux aussi le nom de Dessalines.


Contexte du décès

Jean-Jacques Dessalines est tué le 17 octobre 1806 au Pont-Rouge (alors appelé Pont Larnage), sur la route menant à Port-au-Prince, où il est attiré dans une embuscade, abattu puis poignardé par une partie de ses propres généraux, dont Alexandre Pétion, Jean-Pierre Boyer et Bruno Blanchet, avec la complicité tacite d'Henri Christophe. Son corps, mutilé par la foule, n'est l'objet d'aucune cérémonie officielle : il est inhumé sommairement sur place le jour même par une femme connue sous le nom de Défilée. Aboli dès le lendemain par les conspirateurs, l'Empire laisse place à une partition du pays entre un royaume au Nord et une république au Sud. En 2026, le 17 octobre marque le deux cent vingtième anniversaire de sa mort.


Lieux de mémoire

Les restes de Dessalines, inhumés à la hâte sur le lieu de son assassinat, ne font l'objet d'aucun monument funéraire durant des décennies. Sa mémoire est aujourd'hui portée par la statue inaugurée en 1910 sur le Champ-de-Mars, à Port-au-Prince, ainsi que par la ville de Dessalines (ancienne Marchand), dans l'Artibonite, où se trouvait l'un de ses quartiers généraux.


Anecdotes

1 - Dessalines ne sait ni lire ni écrire et maîtrise mal le français : l'acte fondateur de l'indépendance, proclamé en son nom le 1er janvier 1804, est en réalité rédigé et lu à sa place par son secrétaire, Louis Boisrond-Tonnerre.
2 - Son patronyme ne vient pas de sa famille : né Duclos, il prend le nom de l'affranchi qui l'a racheté comme esclave, un certain Dessalines, et le conserve après avoir affranchi tout un pays.
3 - C'est sa tante, Victoria Montou, esclave comme lui, qui lui enseigne dans son enfance les rudiments du maniement des armes, bien avant que n'éclate la révolte générale des esclaves de 1791 qui changera le cours de sa vie.
4 - L'article 14 de sa Constitution de 1805 proclame que tous les Haïtiens, quelle que soit leur couleur de peau, seront désormais désignés sous le terme générique de Noirs, y compris les quelques soldats polonais et allemands naturalisés.
5 - Selon un témoignage conservé par les historiens haïtiens, Dessalines était un danseur passionné : son mariage avec Marie-Claire Heureuse Félicité Bonheur, célébré à Léogane en 1801, aurait donné lieu à trois jours de festivités.
6 - Après l'assassinat, c'est une femme restée dans la mémoire collective sous le seul nom de Défilée qui récupère les restes mutilés de l'empereur et leur offre une sépulture, de ses propres mains, près du lieu du crime.


Points clés

- Métier(s) : général, homme d'État, premier empereur d'Haïti
- Résidence principale : Haïti (quartier général à Marchand, aujourd'hui ville de Dessalines)
- Relations de couple : marié à Marie-Claire Heureuse Félicité Bonheur (1801-1806)
- Enfants : un fils légitime reconnu, Jacques dit « le Bien-Aimé », ainsi que plusieurs enfants naturels légitimés
- Distinctions : premier chef d'État de la première république noire indépendante des Amériques


Autres militaires nés dans les années 1750

Citations

Liberté ou la Mort

— Devise inscrite sur le premier drapeau haïtien, congrès de l'Arcahaie, 18 mai 1803

J'ai vengé l'Amérique.

— Proclamation de 1804, citée par l'historiographie (J. Michael Dash, The Disappearing Island, 2004)

Indépendance ou la mort, que ces mots sacrés nous rallient.

— Acte de l'Indépendance d'Haïti, Gonaïves, 1er janvier 1804

Les Haïtiens ne seront désormais connus que sous la dénomination générique de Noirs.

— Constitution impériale d'Haïti, article 14, 20 mai 1805

Questions autour de Jean-Jacques Dessalines

Jean-Jacques Dessalines a-t-il réellement proclamé l'indépendance d'Haïti ?
Oui. Le 1er janvier 1804, à Gonaïves, Jean-Jacques Dessalines proclame l'indépendance d'Haïti, mettant fin à treize années de guerre contre la France.
Qui a assassiné Jean-Jacques Dessalines ?
Jean-Jacques Dessalines est tué le 17 octobre 1806 au Pont-Rouge, près de Port-au-Prince, dans une embuscade tendue par plusieurs de ses propres généraux, dont Alexandre Pétion et Jean-Pierre Boyer, avec la complicité tacite d'Henri Christophe.
Jean-Jacques Dessalines a-t-il eu des enfants ?
Jean-Jacques Dessalines a un fils légitime reconnu, Jacques dit « le Bien-Aimé », ainsi que plusieurs enfants naturels nés de liaisons extraconjugales, légitimés par la suite avec l'accord de l'impératrice Marie-Claire.
Pourquoi Jean-Jacques Dessalines a-t-il renommé le pays Haïti ?
En proclamant l'indépendance, Jean-Jacques Dessalines restaure le nom arawak de l'île, Haïti, par opposition au nom colonial français de Saint-Domingue.
D'où vient le nom de famille de Jean-Jacques Dessalines ?
Né sous le nom de Duclos, Jean-Jacques Dessalines prend le patronyme de l'affranchi qui l'avait racheté comme esclave, un homme du nom de Dessalines.
Jean-Jacques Dessalines a-t-il créé le drapeau haïtien ?
Lors du congrès de l'Arcahaie, le 18 mai 1803, Jean-Jacques Dessalines arrache la bande blanche du drapeau français et fait coudre les bandes restantes par Catherine Flon pour créer le premier drapeau haïtien.
Quel rôle Jean-Jacques Dessalines a-t-il joué dans l'abolition de l'esclavage ?
La Constitution impériale que Jean-Jacques Dessalines promulgue le 20 mai 1805 abolit définitivement l'esclavage sur le territoire haïtien.
Qui est né le même jour que Jean-Jacques Dessalines ?
Dany Carrel, Asia Argento, Fernando Rey, Élisabeth Moreno et Brian Joubert sont nés le 20 septembre comme Jean-Jacques Dessalines.
À quel âge est mort Jean-Jacques Dessalines ?
Jean-Jacques Dessalines est mort à 48 ans, le 17 octobre 1806.
Qui est mort le même jour que Jean-Jacques Dessalines ?
Danièle Delorme, Danielle Darrieux, Alicia Alonso, Patrice de Mac Mahon et Sylvia Kristel sont morts le 17 octobre comme Jean-Jacques Dessalines.
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