Naissance
28 juin 1712
Nationalité
Astrologie

Biographie

Jean-Jacques Rousseau, philosophe, écrivain et musicien né à Genève le 28 juin 1712, est l'un des penseurs politiques les plus influents du siècle des Lumières, auteur du Contrat social et fondateur de la théorie de la souveraineté populaire.


Parcours

Né le 28 juin 1712 dans la ville haute de Genève, Jean-Jacques Rousseau est le fils d'Isaac Rousseau, horloger, et de Suzanne Bernard, qui décède neuf jours après sa naissance. Orphelin de mère, il est élevé par son père jusqu'à ce que celui-ci doive fuir Genève en 1722 à la suite d'une altercation judiciaire. Confié à son oncle Gabriel Bernard, il est placé en pension chez le pasteur Lambercier à Bossey, puis en apprentissage chez un graveur, Abel Ducommun. À seize ans, il décide de fuir la ville et rejoint Annecy, où il rencontre Françoise-Louise de Warens, baronne catholique qui devient sa protectrice et sa maîtresse, qu'il nomme « Maman ». Il séjourne plusieurs années en Savoie, notamment aux Charmettes près de Chambéry, où il se forme à la lecture et à la musique. En 1740, il travaille comme précepteur auprès des fils de M. de Mably à Lyon, ce qui lui permet de fréquenter la bonne société lyonnaise grâce à Charles Borde, qui l'introduit ensuite dans la capitale.

Arrivé à Paris en 1742, Rousseau lie une amitié profonde avec Denis Diderot, qui lui confie la rédaction des articles de musique pour l'Encyclopédie. En 1743, il est nommé secrétaire de l'ambassadeur Pierre-François de Montaigu à Venise, expérience qui éveille son intérêt pour la politique. De retour à Paris, il rencontre Marie-Thérèse Levasseur, qui devient sa compagne. En 1749, une question de l'Académie de Dijon déclenche « l'illumination de Vincennes » : son Discours sur les sciences et les arts (1750) remporte le concours et le rend célèbre en Europe. Il publie ensuite le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755), puis Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), l'un des plus grands succès de librairie du XVIIIe siècle. En 1762 paraissent Du contrat social et Émile ou De l'éducation, qui lui valent une condamnation par le Parlement de Paris. Il fuit alors la France, se réfugie en Suisse, puis en Angleterre à l'invitation du philosophe David Hume, avant de rentrer en France en 1767.


Controverse

Entre 1747 et 1752, Rousseau confie à l'Hospice des Enfants-Trouvés de Paris cinq enfants nés de son union avec Marie-Thérèse Levasseur, fait qu'il reconnaît lui-même dans ses Confessions. Cette contradiction entre sa pratique privée et ses théories pédagogiques exposées dans Émile ou De l'éducation suscite de vives polémiques. En 1764, Voltaire publie clandestinement le pamphlet Le Sentiment des citoyens, qui révèle publiquement l'abandon des enfants, contraignant Rousseau à se justifier dans ses écrits autobiographiques. Par ailleurs, la publication de Du contrat social et d'Émile en 1762 entraîne leur condamnation par le Parlement de Paris et par les autorités de Genève et de Berne, conduisant Rousseau à un exil prolongé. En 1765, sa maison de Môtiers est lapidée par la population locale, excitée selon Rousseau par les publications de Voltaire contre lui.


Repères chronologiques

1712 : naissance le 28 juin à Genève ; décès de sa mère Suzanne Bernard neuf jours après
1722 : fuite du père Isaac Rousseau de Genève ; placement chez le pasteur Lambercier à Bossey
1728 : fuite de Genève à seize ans ; rencontre de Françoise-Louise de Warens à Annecy
1742 : arrivée à Paris ; soumission d'un nouveau système de notation musicale à l'Académie des sciences
1743 : poste de secrétaire d'ambassade à Venise auprès du comte de Montaigu
1745 : début de la vie commune avec Marie-Thérèse Levasseur à Paris
1750 : prix de l'Académie de Dijon pour le Discours sur les sciences et les arts
1752 : représentation du Devin du village à la cour de Fontainebleau
1755 : publication du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
1761 : publication de Julie ou la Nouvelle Héloïse, succès considérable
1762 : publication simultanée de Du contrat social et d'Émile ou De l'éducation ; condamnation par le Parlement de Paris
1766 : séjour en Angleterre à l'invitation de David Hume ; rupture avec ce dernier
1768 : mariage civil avec Marie-Thérèse Levasseur à Bourgoin-Jallieu
1778 : décès le 2 juillet à Ermenonville chez le marquis René-Louis de Girardin
1794 : transfert des cendres au Panthéon de Paris par décret de la Convention


Vie personnelle et engagements

Jean-Jacques Rousseau est issu d'une famille genevoise protestante et artisanale : son père Isaac Rousseau est horloger, comme l'avaient été son propre père et son grand-père. Sa mère, Suzanne Bernard, fille d'un horloger nommé Jacques Bernard, meurt neuf jours après la naissance. Son frère aîné François quitte le domicile familial très jeune et disparaît de sa vie. En 1745, Rousseau se met en ménage à Paris avec Marie-Thérèse Levasseur, lingère originaire d'Orléans, qu'il épouse civilement à Bourgoin-Jallieu en 1768. Entre 1747 et 1752, cinq enfants naissent de cette union ; Rousseau reconnaît dans ses Confessions les avoir confiés à l'Hospice des Enfants-Trouvés.

Rousseau entretient des relations intellectuelles intenses avec Denis Diderot et Jean Le Rond d'Alembert avant de rompre avec le cercle encyclopédiste. Il noue une amitié durable avec Bernardin de Saint-Pierre à partir de 1771, avec lequel il partage de longues promenades botaniques autour de Paris. Passionné de musique, il compose Le Devin du village (1752), opéra-comique joué à la cour de Fontainebleau. Il pratique également la botanique et entretient une correspondance scientifique avec la duchesse de Portland. Ses dernières années, marquées par une paranoïa croissante, sont consignées dans Rousseau juge de Jean-Jacques et Les Rêveries du promeneur solitaire.


Contexte du décès

Le 2 juillet 1778, après sa promenade matinale habituelle dans le parc d'Ermenonville où il s'était retiré chez le marquis René-Louis de Girardin, Rousseau s'effondre dans son pavillon et meurt de ce que l'autopsie pratiquée le lendemain par les chirurgiens Casterès, Chenu et Bouvet qualifie d'apoplexie séreuse : une quantité importante de sérosité était épanchée autour du cerveau. Le corps, embaumé sur décision du marquis de Girardin, est inhumé le 4 juillet dans l'île des Peupliers du parc. La reine Marie-Antoinette, le roi de Suède Gustave III et Bernardin de Saint-Pierre comptent parmi les visiteurs illustres du tombeau d'Ermenonville. En 1794, la Convention nationale décrète le transfert des cendres au Panthéon de Paris.


Lieux de mémoire

Les cendres de Jean-Jacques Rousseau sont déposées au Panthéon de Paris le 11 octobre 1794, dans le cadre d'un transfert solennel décrété par la Convention. À Ermenonville, l'île des Peupliers dans le parc demeure un cénotaphe, le tombeau sculpté par Jacques-Philippe Le Sueur sur des dessins d'Hubert Robert étant visible depuis la rive.


Anecdotes

1 - En apprentissage chez le graveur Abel Ducommun à Genève, Rousseau développe une passion pour la lecture en dérobant les livres de l'atelier, ce qui lui vaut régulièrement des punitions et contribue à sa décision de fuir la ville à l'âge de seize ans.
2 - En 1742, Rousseau soumet à l'Académie des sciences de Paris un nouveau système de notation musicale fondé sur des chiffres plutôt que sur la portée traditionnelle ; les académiciens le rejettent, estimant le procédé déjà inventé par le père Souhaitty au siècle précédent.
3 - Durant son exil en Angleterre en 1766, David Hume négocie une pension royale du roi George III pour Rousseau ; celui-ci refuse finalement cette faveur, convaincu d'être victime d'un complot dont il soupçonne Hume d'être l'instigateur.
4 - Le sculpteur Jean-Antoine Houdon réalise le masque mortuaire de Rousseau dès le lendemain de sa mort, le 3 juillet 1778, avant que le marquis René-Louis de Girardin ne fasse embaumer le corps et l'inhume à la lueur des torches dans l'île des Peupliers.
5 - Voltaire et Rousseau meurent la même année 1778, à quelques semaines d'intervalle, et reposent tous deux au Panthéon de Paris depuis 1794, malgré les violentes polémiques et attaques mutuelles qui ont ponctué leurs relations pendant près de trente ans.


Points clés

- Métier(s) : philosophe, écrivain, musicien, botaniste
- Résidence principale : Genève (origine), Paris (années de maturité), Ermenonville (fin de vie)
- Relations de couple : Françoise-Louise de Warens (protectrice et maîtresse, années 1728-1740) ; Marie-Thérèse Levasseur (compagne à partir de 1745, épouse civile à Bourgoin-Jallieu en 1768)
- Enfants : cinq enfants nés entre 1747 et 1752 avec Marie-Thérèse Levasseur, confiés à l'Hospice des Enfants-Trouvés
- Distinctions : prix de l'Académie de Dijon pour le Discours sur les sciences et les arts (1750) ; transfert au Panthéon par décret de la Convention (1794)


Postérité

678 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Autres écrivains nés dans les années 1710

Citations

« L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. »

— Du contrat social, Livre I, chapitre 1, 1762

« Je sens mon coeur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus ; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. »

— Les Confessions, Livre I, publication posthume 1782

« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. »

— Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, 1755

« Conscience ! Conscience ! Instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ; juge infaillible du bien et du mal, qui rend l'homme semblable à Dieu. »

— Émile ou De l'éducation, Livre IV, 1762

Tout afflue à Paris.
Un corps débile affaiblit l'âme.
Chacun met son être dans le paraître.
L'odorat est le sens de l'imagination.
Les vrais besoins n'ont jamais d'excès.
J'ai besoin de me recueillir pour aimer.
L'âme du gourmand est toute dans son palais.
Tout est bien sortant des mains de la nature.
Il n'y a pas de véritable action sans volonté.
J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes.
On ne déshonore point un homme qui sait mourir.
Un amour affamé ne se nourrit point de sermons.
On ne rit pas pour rire mais pour être applaudi.
Tout métier utile au public n'est-il pas honnête ?
On n'est curieux qu'à proportion qu'on est instruit.
Tant de gens parlent d'amour et si peu savent aimer.
Ah ! dignité, fille de l'orgueil et mère de l'ennui.
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers.
L'homme n'est point fait pour méditer, mais pour agir.
Ainsi nous tenons à tout, nous nous accrochons à tout.
C'est l'affluence des hôtes qui détruit l'hospitalité.
Le premier pas vers le bien est de ne pas faire le mal.
Je suis esclave par mes vices et libre par mes remords.
L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Il faut rougir de faire une faute, et non de la réparer.
J'aime mieux être homme à paradoxes, qu'homme à préjugés.
On n'a jamais vu personne se repentir d'une bonne action.
S'il n'y avait pas de luxe, il n'y aurait pas de pauvres.
Mentir, c'est cacher une vérité que l'on doit manifester.
Ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes.
Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme
La foi de beaucoup d'hommes est une affaire de géographie.
L'enfant doit aimer sa mère avant de savoir qu'il le doit.
J'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent.
Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe.
Il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre.
Les premiers actes de vertu sont toujours les plus pénibles.
En amour, une faveur qui n'est pas exclusive est une injure.
Tout homme est utile à l'humanité par cela seul qu'il existe.
Je prends acte, pour l'autre vie, de ma conduite en celle-ci.
Ce n'est pas d'argent seulement qu'ont besoin les infortunés.
Vouloir le bonheur de sa femme, n'est-ce pas l'avoir obtenu ?
Fais ton bien avec le moindre mal d'autrui qu'il est possible.
L'estime de soi-même est le plus grand mobile des âmes fières.
L'homme tire le bien qu'il fait de son coeur, non de sa bourse.
On jouit moins de tout ce qu'on obtient que de ce qu'on espère.
Nul ne veut le bien public que quand il s'accorde avec le sien.
Il n'y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat.
L'art d'assaisonner les plaisirs n'est que celui d'en être avare.
Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus.
C'est l'abus de nos facultés qui nous rend malheureux et méchants.
L'aiguille et l'épée ne sauraient être maniées par les mêmes mains.
La tempérance et le travail sont les meilleurs médecins de l'homme.
On a de tout avec l'argent, hormis des coeurs et des bons citoyens.
Qui rougit est déjà coupable, la vraie innocence n'a honte de rien.
Le pays des chimères est, en ce monde, le seul digne d'être habité.
Diminuez donc les désirs, c'est comme si vous augmentiez les forces.
Le devoir d'une éternelle fidélité ne sert qu'à faire des adultères.
On a fait l'Amour aveugle, parce qu'il a de meilleurs yeux que nous.
Les âmes humaines veulent être accouplées pour valoir tout leur prix.
L'enfant a-t-il moins besoin des soins d'une mère que de sa mamelle ?
Nous nous faisons plus de mal que les autres ne peuvent nous en faire.
Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.
Les hommes à qui l'on parle ne sont point ceux avec qui l'on converse.
Les esclaves perdent tout dans leurs fers, jusqu'au désir d'en sortir.
La liberté de l'homme consiste à ne jamais faire ce qu'il ne veut pas.
Souffre, meurs ou guéris ; mais surtout vis jusqu'à ta dernière heure.
La mode domine les provinciales, mais les parisiennes dominent la mode.
La conscience est la voix de l'âme, les passions sont la voix du corps.
Mon plus grand malheur fut toujours de ne pouvoir résister aux caresses.
Si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le sentiment qui le conduit.
Que vous donnez de force aux mots, et que vous en donnez peu aux choses.
Jamais la nature ne nous trompe ; c'est toujours nous qui nous trompons.
Les actes de la conscience ne sont pas des jugements mais des sentiments.
Qui ne peut remplir ses devoirs de père n'a point le droit de le devenir.
Vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne.
Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l'établir par la force.
Il ne faut rien accorder aux sens quand on veut leur refuser quelque chose.
Je haïs les livres ; ils n'apprennent qu'à parler de ce qu'on ne sait pas.
J'espère qu'un jour on jugera de ce que je fus par ce que j'ai su souffrir.
L'homme vraiment libre ne veut que ce qu'il peut, et fait ce qui lui plaît.
Qui de vous n'a pas regretté cet âge où le rire est toujours sur les lèvres.
La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule.
Le remords s'endort devant un destin prospère, et s'aigrit dans l'adversité.
L'ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions.
On ne demande plus à un homme s'il a de la probité, mais s'il a des talents.
N'étant pas capable de jugement les enfants n'ont point de véritable mémoire.
Je ne sais point apprendre à vivre, à qui ne songe qu'à s'empêcher de mourir.
Il y a souvent plus de stupidité que de courage dans une constance apparente.
Le bonheur est un état permanent qui ne semble pas fait ici-bas pour l'homme.
Les gouvernements qui se conduisent le mieux sont ceux dont on parle le moins.
Il ne faut point refuser pour refuser, mais pour faire valoir ce qu'on accorde.
Même dans le mariage, le plaisir n'est légitime que quand le désir est partagé.
Les enfants flattent quelquefois les vieillards, mais ils ne les aiment jamais.
L'âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu'à la tristesse prolongée.
Les seuls biens dont la privation coûte sont ceux auxquels on croit avoir droit.
Le langage figuré fut le premier à naître, le sens propre fut trouvé en dernier.
Le coeur s'attendrit plus volontiers à des maux feints qu'à des maux véritables.
Proposons-nous de grands exemples à imiter, plutôt que de vains systèmes à suivre.
Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s'en passer.
Otez à nos savants le plaisir de se faire écouter, le savoir ne sera rien pour eux.
Prévenir toujours les désirs n'est pas l'art de les contenter, mais de les éteindre.
Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l'imagination est sans frontières.
Il n'y a point naturellement pour l'homme de médecin plus sûr que son propre appétit.
Les idées générales et abstraites sont la source des plus grandes erreurs des hommes.
Vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites d'abord des polissons.
Le bonheur c'est un bon compte en banque, une bonne cuisinière et une bonne digestion.
La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à ne pas être soumis à celle d'autrui.
Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n'ont rien.
Tous nos soins à bien traiter et nourrir ces animaux n'aboutissent qu'à les abâtardir.
La seule habitude qu'on doit laisser prendre à l'enfant est de n'en contracter aucune.
Un diplomate est celui qui tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de se taire.
A moins qu'une belle femme ne soit un ange, son mari est le plus malheureux des hommes.
Il vaut toujours mieux trouver de soi-même les choses qu'on trouverait dans les livres.
Il faut avoir déjà beaucoup appris de choses pour savoir demander ce qu'on ne sait pas.
Le sang d'un seul homme est d'un plus grand prix que la liberté de tout le genre humain.
Un des premiers soins des enfants est de découvrir le faible de ceux qui les gouvernent.
Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle ; ce n'est point une loi.
Pourquoi voudrais-je être Caton qui déchire ses entrailles, plutôt que César triomphant ?
Il est contre l'ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné.
Souvenez-vous que les murs des villes ne se forment que du débris des maisons des champs.
La nature a fait l'homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable.
Jamais on n'aimera celui qu'on a mis en nourrice comme celui qu'on a nourri sous ses yeux.
Les femmes ne sont pas faites pour courir ; quand elles fuient, c'est pour être atteintes.
Les hommes disent que la vie est courte, et je vois qu'ils s'efforcent de la rendre telle.
De lui-même le peuple veut toujours le bien ; mais, de lui-même, il ne le voit pas toujours.
C'est surtout dans la solitude qu'on sent l'avantage de vivre avec quelqu'un qui sait penser.
Tenez votre âme en état de désirer toujours qu'il y ait un Dieu et vous n'en douterez jamais.
Soyez sûre qu'on me reprocherait moins de paradoxes, si l'on pouvait me reprocher des erreurs.
C'est pour parvenir au repos que chacun travaille ; c'est encore la paresse qui rend laborieux.
Qui veut conserver sa vie aux dépens des autres doit la donner aussi pour eux quand il le faut.
Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux.
Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le coeur humain puisse goûter.
Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens savent beaucoup parlent peu.
Presque tous les hommes connaissent leurs vrais intérêts, et ne les suivent pas mieux pour cela.
C'est en un sens à force d'étudier l'homme que nous nous sommes mis hors d'état de le connaître.
L'état de réflexion est un état contre nature et que l'homme qui médite est un animal dépravé...
La misère ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s'en fait sentir.
Qui croit devoir fermer les yeux sur quelque chose, se voit bientôt forcé de les fermer sur tout.
Tout est bien sortant des mains de l'Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l'homme.
Le faux est susceptible d'une infinité de combinaisons ; mais la vérité n'a qu'une manière d'être.
Si jamais la vanité fit quelque heureux sur la terre, à coup sûr cet heureux-là n'était qu'un sot.
L'impulsion du seul appétit est esclavage, l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Si l'on pouvait prolonger le bonheur de l'amour dans le mariage, on aurait le paradis sur la terre.
La personne la plus hésitante à faire une promesse est celle qui la respectera avec le plus de foi.
La critique est une chose bien commode : on attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre.
Depuis que le monde existe on n'a jamais vu deux amants en cheveux blancs soupirer l'un pour l'autre.
La critique est une chose bien facile ! On attaque avec un mot et il faut des pages pour se défendre.
Insensés qui vous plaignez sans cesse de la nature, apprenez que tous vos maux vous viennent de vous.
L'obéissance au seul appétit est esclavage et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Un homme vraiment heureux ne parle guère ; il resserre pour ainsi dire le bonheur autour de son coeur.
Un innocent persécuté prend longtemps pour un pur amour de la justice l'orgueil de son petit individu.
Les choses les plus difficiles à confesser ne sont pas les crimes, mais les actes ridicules et honteux.
Quand un homme ne peut croire ce qu'il trouve absurde, ce n'est pas sa faute, c'est celle de sa raison.
Je ne puis me persuader que, pour avoir raison, on soit indispensablement obligé de parler le dernier...
L'argent qu'on possède est l'instrument de la liberté, celui qu'on pourchasse est celui de la servitude.
Il importe de s'accoutumer d'abord à être mal couché ; c'est le moyen de ne plus trouver de mauvais lit.
Les citoyens d'un même Etat, les habitants d'une même ville ne sauraient vivre toujours seuls et séparés.
O vertu, science sublime des âmes simples, faut-il donc tant de peines et d'appareils pour te connaître ?
Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs.
De quelle adresse une femme n'a-t-elle pas besoin pour faire qu'on lui dérobe ce qu'elle brûle d'accorder !
Qu'est-il besoin d'aller chercher l'enfer dans l'autre vie ? Il est dès celle-ci dans le coeur des méchants.
Il n'est pas si facile qu'on pense de renoncer à la vertu ; elle tourmente longtemps ceux qui l'abandonnent.
Le plus malheureux effet de la politesse d'usage est d'enseigner l'art de se passer des vertus qu'elle imite.
Savez-vous quel est le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable ? C'est de l'accoutumer à tout obtenir.
L'on est jamais bien quand on n'est pas à sa place ; et, dès qu'on en sort, on ne sait plus comment y rentrer.
Ce sont presque toujours de bons sentiments mal dirigés qui font faire aux enfants le premier pas vers le mal.
Quand je paye une dette c'est un devoir que je remplis ; quand je fais un don c'est un plaisir que je me donne.
Le sauvage vit en lui-même ; l'homme sociable toujours hors de lui ne sait vivre que dans l'opinion des autres.
Un homme gai n'est souvent qu'un infortuné, qui cherche à donner le change aux autres, et à s'étourdir lui-même.
L'homme qui a le plus vécu n'est pas celui qui a compté le plus d'années, mais celui qui a le plus senti la vie.
Je connais trop les hommes pour ignorer que souvent l'offensé pardonne, mais que l'offenseur ne pardonne jamais.
La beauté s'use promptement par la possession ; au bout de six semaines, elle n'est plus rien pour le possesseur.
Il est dans la nature de l'homme d'endurer patiemment la nature des choses, mais non la mauvaise volonté d'autrui.
Le bonheur n'a point d'enseigne extérieure ; pour le connaître, il faudrait lire dans le coeur de l'homme heureux.
La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes ; elle se montre sans peine quand on en a.
En ce qu'ils ont de commun, les deux sexes sont égaux ; en ce qu'ils ont de différent, ils ne sont pas comparables.
L'espèce de bonheur qu'il me faut n'est pas tant de faire ce que je veux, que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
La feinte charité du riche n'est en lui qu'un luxe de plus ; il nourrit les pauvres comme des chiens et des chevaux.
Vous aurez beau ouvrir vos coffres, si vous n'ouvrez aussi votre coeur, celui des autres vous restera toujours fermé.
L'essentiel est d'être ce que nous fit la nature ; on n'est toujours que trop ce que les hommes veulent que l'on soit.
Quand je ne vis plus les hommes, je cessai de les mépriser ; quand je ne vis plus les méchants, je cessai de les haïr.
C'est l'imagination qui étend pour nous la mesure des possibles, et nourrit les désirs par l'espoir de les satisfaire.
Les peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant.
Les grands hommes ne s'abusent point sur leur supériorité; ils la voient, la sentent, et n'en sont pas moins modestes.
Gardons-nous d'annoncer la vérité à ceux qui ne sont pas en état de l'entendre, car c'est y vouloir substituer l'erreur.
L'épée use le fourreau, dit-on quelquefois. Voilà mon histoire. Mes passions m'ont fait vivre, et mes passions m'ont tué.
Tout homme veut être heureux ; mais pour parvenir à l'être, il faudrait commencer par savoir ce que c'est que le bonheur.
L'âme se proportionne insensiblement aux objets qui l'occupent, et ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes.
C'est la force et la liberté qui font les excellents hommes. La faiblesse et l'esclavage n'ont fait jamais que des méchants.
S'il faut obéir par la force on n'a pas besoin d'obéir par devoir et si l'on n'est plus forcé d'obéir on n'y est plus obligé.
Il n'y a point d'assujettissement si parfait que celui qui garde l'apparence de la liberté ; on captive ainsi la volonté même.
Comme le premier pas vers le bien est de ne point faire de mal, le premier pas vers le bonheur est de ne point faire souffrir.
Combien de vertus apparentes cachent souvent des vices réels ! Le sage est sobre par tempérance, le fourbe l'est par fausseté.
Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir.
Un homme ne doit jamais rougir d'avouer qu'il a tort ; car, en faisant cet aveu, il prouve qu'il est plus sage aujourd'hui qu'hier.
L'indifférence et la froideur trouvent aisément des paroles, mais la tristesse et le silence sont alors le vrai langage de l'amitié.
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit maître des autres, qui ne laisse pas d'être plus esclave qu'eux.
Les femmes sauvages n'ont pas de pudeur, car elles vont nues. Je réponds que les nôtres en ont encore moins : car elles s'habillent.
L'homme civil veut que les autres soient contents de lui, le solitaire est forcé de l'être lui-même ou sa vie lui est insupportable.
Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne.
Ce sont nos passions qui nous rendent faibles, parce qu'il faudrait pour les contenter plus de forces que ne nous en donna la nature.
J'appelle éducation positive ce qui tend à former l'esprit avant l'âge, et à donner à l'enfant la connaissance des devoirs de l'homme.
En n'asservissant les honnêtes femmes qu'à de tristes devoirs, on a banni du mariage tout ce qui pouvait le rendre agréable aux hommes.
La source du vrai bonheur est en nous, et il ne dépend pas des hommes de rendre vraiment misérable celui qui sait vouloir être heureux.
Les têtes se forment sur les langages, les pensées prennent la teinte des idiomes, l'esprit, en chaque langue, a sa forme particulière.
Le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l'accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l'aperçoit.
L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres.
Combien mérite de mépris et de haine tout homme qui abuse, pour le malheur du genre humain, du génie et des talents que lui donna la nature !
L'ignorance n'a jamais fait de mal ; l'erreur seule est funeste ; on ne s'égare point parce qu'on ne sait pas, mais parce qu'on croit savoir.
Dévoré du besoin d'aimer sans jamais l'avoir pu bien satisfaire, je me voyais atteindre aux portes de la vieillesse, et mourir sans avoir vécu.
Le chef est l'image du père, le peuple est l'image des enfants, et tous étant nés égaux et libres n'aliènent leur liberté que pour leur utilité.
Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux.
Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation ; c'est donc une entreprise aussi vaine que ridicule de vouloir les détruire.
Peuples, sachez donc une fois que la Nature a voulu vous préserver de la Science, comme une père arrache une arme dangereuse des mains de son enfant.
Si le grand nombre des mendiants est onéreux à l'Etat, de combien d'autres professions qu'on encourage et qu'on tolère n'en peut-on pas dire autant !
Oserai-je exprimer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre
Je vis partout le développement de son grand principe que la nature a fait l'homme heureux et bon, mais que la société le déprave et le rend misérable.
Oserais-je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre.
Oserais je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre.
Toutes les capitales se ressemblent ; tous les peuples s'y mêlent, toutes les moeurs s'y confondent ; ce n'est pas là qu'il faut aller étudier les nations.
Souvenez-vous qu'avant d'oser entreprendre de former un homme, il faut s'être fait homme soi-même ; il faut trouver en soi l'exemple qu'il se doit proposer.
La pitié est un sentiment naturel qui, modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi-même, concourt à la conservation mutuelle de toute espèce.
Ou le luxe est l'effet des richesses, ou il les rend nécessaires ; il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise.
L'intelligence humaine a ses bornes : et non seulement un homme ne peut pas tout savoir, il ne peut pas même savoir en entier le peu que savent les autres hommes.
Ignores-tu que tu ne saurais faire un pas sur la terre sans y trouver quelque devoir à remplir, et que tout homme est utile à l'humanité par cela seul qu'il existe ?
Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile.
L'on croit s'assembler au spectacle, et c'est là que chacun s'isole ; c'est là qu'on va oublier ses amis, ses voisins, ses proches, pour s'intéresser à des faibles.
Celui qui n'a rien désire peu de choses ; celui qui ne commande à personne a peu d'ambition. Mais le superflu éveille la convoitise : plus on obtient, plus on désire.
Toute méchanceté vient de faiblesse ; l'enfant n'est méchant que parce qu'il est faible ; rendez-le fort, il sera bon : celui qui pourrait tout ne ferait jamais de mal.
Si je retournais dans le monde, j'aurais toujours dans ma poche un bilboquet, et j'en jouerais toute la journée pour me dispenser de parler quand je n'aurais rien à dire.
Le ridicule est l'arme favorite du vice. C'est par elle qu'en attaquant dans le fond des coeurs le respect qu'on doit à la vertu, il éteint enfin l'amour qu'on lui porte.
La pudeur, n'est rien, elle n'est qu'une invention des lois sociales pour mettre à couvert les droits des pères et des époux et maintenir quelque ordre dans les familles.
Les voyages poussent le naturel vers sa pente, et achèvent de rendre l'homme bon ou mauvais. Quiconque revient de courir le monde est à son retour ce qu'il sera toute sa vie.
Si nous nous contentions d'être ce que nous sommes, nous n'aurions point à déplorer notre sort ; mais pour chercher un bien-être imaginaire, nous nous donnons mille maux réels.
On a longtemps cherché s'il y avait une langue naturelle et commune à tous les hommes ; sans doute, il y en a une ; et c'est celle que les enfants parlent avant de savoir parler.

Questions autour de Jean-Jacques Rousseau

Quelles sont les oeuvres principales de Jean-Jacques Rousseau ?
Jean-Jacques Rousseau est l'auteur du Contrat social (1762), d'Émile ou De l'éducation (1762), de Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755) et des Confessions (publication posthume en 1782).
Jean-Jacques Rousseau a-t-il eu des enfants ?
Jean-Jacques Rousseau reconnaît dans ses Confessions avoir eu cinq enfants avec Marie-Thérèse Levasseur entre 1747 et 1752, tous confiés à l'Hospice des Enfants-Trouvés de Paris peu après leur naissance.
Où est mort Jean-Jacques Rousseau ?
Jean-Jacques Rousseau est mort le 2 juillet 1778 à Ermenonville, dans l'Oise, où il s'était retiré chez le marquis René-Louis de Girardin. Ses cendres ont été transférées au Panthéon de Paris en 1794.
Quelle est la philosophie de Jean-Jacques Rousseau ?
Jean-Jacques Rousseau défend l'idée que l'homme est naturellement bon et que la société le corrompt. Sa philosophie politique repose sur le concept de contrat social et de volonté générale, faisant de lui l'un des premiers penseurs de la démocratie directe et de la souveraineté populaire.
Pourquoi Jean-Jacques Rousseau a-t-il été condamné par le Parlement de Paris ?
Jean-Jacques Rousseau a été condamné en 1762 par le Parlement de Paris en raison de la publication simultanée du Contrat social et d'Émile ou De l'éducation, jugés subversifs et contraires à l'autorité religieuse, ce qui le contraignit à fuir la France.
Qui est né le même jour que Jean-Jacques Rousseau ?
Anny Duperey, Jean-Paul Loth, Gil Bellows, Jessica Hecht et Pat Morita sont nés le 28 juin comme Jean-Jacques Rousseau.
À quel âge est mort Jean-Jacques Rousseau ?
Jean-Jacques Rousseau est mort à 66 ans, le 2 juillet 1778.
Qui est mort le même jour que Jean-Jacques Rousseau ?
Douglas Engelbart, Ernest Hemingway, Mario Puzo, Michael Cimino et Maurice Chevit sont morts le 2 juillet comme Jean-Jacques Rousseau.
Quels écrivains sont du signe Cancer comme Jean-Jacques Rousseau ?
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