Naissance
28 juin 1712
Nationalité
Astrologie

Résumé biographique

Jean-Jacques Rousseau, né le 28 juin 1712 à Genève et mort le 2 juillet 1778 à Ermenonville, est un écrivain, philosophe et musicien. Orphelin de mère très jeune, éduqué dans un milieu populaire, il mène une vie marquée par l'errance. Si ses ouvrages l'ont rendu célèbre dans toute l'Europe, ils lui valent aussi des conflits avec l'Église catholique et la République de Genève, ce qui l'oblige à souvent changer de résidence et alimente un sentiment de persécution de plus en plus aigu.

Passionné par la musique, Rousseau tente d'abord de se faire connaître en ce domaine. Il rencontre un réel succès avec Le Devin du village (1752), premier opéra-comique français. Son ami Diderot lui confie la responsabilité de la section de l'Encyclopédie consacrée à la musique. Dès lors associé par le public au mouvement philosophique des Lumières, il s'en démarque progressivement en affirmant l'importance du sentiment et de la sensibilité par opposition à la froide raison voltairienne. Loin de partager le matérialisme athée de Diderot, il affirme l'existence de Dieu en se fondant sur le sentiment et l'émotion en face du mystère de la nature, le sens inné du bien et du mal et l'aspiration à une transcendance. Il expose son credo dans La Profession de foi du vicaire savoyard.

Dès 1750, Rousseau commence à s'affirmer comme un penseur de premier plan avec le Discours sur les sciences et les arts. Sa pensée se précise et s'affermit avec le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755) puis Du contrat social (1762). Sa philosophie politique est bâtie autour de l'idée que l'Homme est naturellement bon et que la société le corrompt, les interactions avec les autres individus rendant les êtres humains « méchants » et conduisant inéluctablement à l'accroissement des inégalités. Pour établir une société juste et plus égalitaire, l'homme doit avoir recours à un contrat social et être gouverné par des lois découlant nécessairement de la « volonté générale » exprimée par le peuple. Ces lois ne sont pas universelles mais propres à chaque État et corps politique particulier, en fonction de son histoire et de ses coutumes. Rousseau est ainsi le premier à conférer la souveraineté au peuple, ce qui fait de lui un des penseurs de la démocratie (et notamment de la démocratie directe), même si, dans le domaine du pouvoir exécutif, il est favorable à une aristocratie élective mais non héréditaire.

Dans le domaine littéraire, Jean-Jacques connaît un énorme succès avec le roman épistolaire Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), qui séduit ses lecteurs par sa peinture préromantique de la primauté du sentiment amoureux sur les différences de condition sociale et de revenu — poursuivant ainsi au moyen de la fiction sa lutte contre les inégalités. Convaincu de la perfectibilité de l'espèce humaine, il attache une importance fondamentale à l'éducation et propose un programme pédagogique détaillé dans Émile ou De l'éducation (1762), qui suit les grandes étapes de la croissance, depuis le berceau jusqu'à l'âge adulte. Cet ouvrage connaît lui aussi un énorme retentissement, mais l'aura de son auteur sera quelque peu ternie quand ses adversaires révéleront qu'il a mis aux Enfants-Trouvés les cinq enfants qu'il a eus avec Thérèse Levasseur, une servante d'auberge qu'il a finalement épousée après plus de trente ans de vie commune en marge des conventions sociales. En 1766, poursuivi par les autorités françaises et interdit de séjour à Genève et à Berne, il se réfugie durant plus d'un an en Angleterre, où il se met à écrire Les Confessions, qui seront publiées après sa mort. Un des premiers écrivains à rédiger une autobiographie, il retrace dans cet ouvrage son évolution intellectuelle et sa formation amoureuse sans hésiter à confesser même des actions dont il éprouve encore une brûlante honte. Sur la fin de sa vie, il exprime son amour de la nature dans Les Rêveries du promeneur solitaire tout en se livrant à une observation approfondie de ses sentiments intimes.

Dès sa mort, il devient l'objet d'un véritable culte, et sa tombe est assidûment visitée, tant par des visiteurs français que prussiens ou anglais. Lors de la Révolution, il devient une référence majeure en raison de ses idées sur la structure du lien social et la formation du sentiment national. Son corps est transféré au Panthéon en 1794.

Sa philosophie politique s'appuie sur des lectures étendues tant d'auteurs de l'Antiquité que de philosophes, de juristes et d'économistes contemporains, notamment Hobbes et surtout Locke. Il est toutefois critique à l'égard de ces deux derniers, car il estime que les systèmes politiques fondés sur l'interdépendance économique et l'intérêt conduisent à l'inégalité et à l'égoïsme généralisé.

Sa pensée a exercé une influence considérable sur la philosophie, la politique, l’éducation, le goût et les mœurs. Il est considéré comme le véritable fondateur de l'anthropologie car il a posé le problème du passage de la nature à la culture. Il a influencé profondément le mouvement républicain français ainsi que la philosophie de Kant. Il a marqué la littérature par sa prose remarquablement persuasive et son engagement en faveur de la subjectivité de l'auteur. Il s'est aussi imposé comme un être profondément sincère et fidèle à ses origines, revendiquant fièrement une totale autonomie par rapport au pouvoir.

Au XXe siècle, une controverse oppose ceux qui estiment que ses écrits ont inspiré les totalitarismes et ceux qui l'en exonèrent. Après avoir été longtemps une icône de la gauche française, Rousseau est maintenant adopté par une droite nostalgique des petites patries parfaitement homogènes, tout en continuant à inspirer de par le monde des intellectuels inquiets de la montée des inégalités.

Extrait de Wikipédia
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Autres écrivains nés dans les années 1710

Citations

Tout afflue à Paris.
Un corps débile affaiblit l'âme.
Chacun met son être dans le paraître.
L'odorat est le sens de l'imagination.
Les vrais besoins n'ont jamais d'excès.
J'ai besoin de me recueillir pour aimer.
L'âme du gourmand est toute dans son palais.
Tout est bien sortant des mains de la nature.
Il n'y a pas de véritable action sans volonté.
J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes.
On ne déshonore point un homme qui sait mourir.
Un amour affamé ne se nourrit point de sermons.
On ne rit pas pour rire mais pour être applaudi.
Tout métier utile au public n'est-il pas honnête ?
On n'est curieux qu'à proportion qu'on est instruit.
Tant de gens parlent d'amour et si peu savent aimer.
Ah ! dignité, fille de l'orgueil et mère de l'ennui.
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers.
L'homme n'est point fait pour méditer, mais pour agir.
Ainsi nous tenons à tout, nous nous accrochons à tout.
C'est l'affluence des hôtes qui détruit l'hospitalité.
Le premier pas vers le bien est de ne pas faire le mal.
Je suis esclave par mes vices et libre par mes remords.
L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Il faut rougir de faire une faute, et non de la réparer.
J'aime mieux être homme à paradoxes, qu'homme à préjugés.
On n'a jamais vu personne se repentir d'une bonne action.
S'il n'y avait pas de luxe, il n'y aurait pas de pauvres.
Mentir, c'est cacher une vérité que l'on doit manifester.
Ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes.
Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme
La foi de beaucoup d'hommes est une affaire de géographie.
L'enfant doit aimer sa mère avant de savoir qu'il le doit.
J'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent.
Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe.
Il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre.
Les premiers actes de vertu sont toujours les plus pénibles.
En amour, une faveur qui n'est pas exclusive est une injure.
Tout homme est utile à l'humanité par cela seul qu'il existe.
Je prends acte, pour l'autre vie, de ma conduite en celle-ci.
Ce n'est pas d'argent seulement qu'ont besoin les infortunés.
Vouloir le bonheur de sa femme, n'est-ce pas l'avoir obtenu ?
Fais ton bien avec le moindre mal d'autrui qu'il est possible.
L'estime de soi-même est le plus grand mobile des âmes fières.
L'homme tire le bien qu'il fait de son coeur, non de sa bourse.
On jouit moins de tout ce qu'on obtient que de ce qu'on espère.
Nul ne veut le bien public que quand il s'accorde avec le sien.
Il n'y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat.
L'art d'assaisonner les plaisirs n'est que celui d'en être avare.
Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus.
C'est l'abus de nos facultés qui nous rend malheureux et méchants.
L'aiguille et l'épée ne sauraient être maniées par les mêmes mains.
La tempérance et le travail sont les meilleurs médecins de l'homme.
On a de tout avec l'argent, hormis des coeurs et des bons citoyens.
Qui rougit est déjà coupable, la vraie innocence n'a honte de rien.
Le pays des chimères est, en ce monde, le seul digne d'être habité.
Diminuez donc les désirs, c'est comme si vous augmentiez les forces.
Le devoir d'une éternelle fidélité ne sert qu'à faire des adultères.
On a fait l'Amour aveugle, parce qu'il a de meilleurs yeux que nous.
Les âmes humaines veulent être accouplées pour valoir tout leur prix.
L'enfant a-t-il moins besoin des soins d'une mère que de sa mamelle ?
Nous nous faisons plus de mal que les autres ne peuvent nous en faire.
Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.
Les hommes à qui l'on parle ne sont point ceux avec qui l'on converse.
Les esclaves perdent tout dans leurs fers, jusqu'au désir d'en sortir.
La liberté de l'homme consiste à ne jamais faire ce qu'il ne veut pas.
Souffre, meurs ou guéris ; mais surtout vis jusqu'à ta dernière heure.
La mode domine les provinciales, mais les parisiennes dominent la mode.
La conscience est la voix de l'âme, les passions sont la voix du corps.
Mon plus grand malheur fut toujours de ne pouvoir résister aux caresses.
Si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le sentiment qui le conduit.
Que vous donnez de force aux mots, et que vous en donnez peu aux choses.
Jamais la nature ne nous trompe ; c'est toujours nous qui nous trompons.
Les actes de la conscience ne sont pas des jugements mais des sentiments.
Qui ne peut remplir ses devoirs de père n'a point le droit de le devenir.
Vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne.
Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l'établir par la force.
Il ne faut rien accorder aux sens quand on veut leur refuser quelque chose.
Je haïs les livres ; ils n'apprennent qu'à parler de ce qu'on ne sait pas.
J'espère qu'un jour on jugera de ce que je fus par ce que j'ai su souffrir.
L'homme vraiment libre ne veut que ce qu'il peut, et fait ce qui lui plaît.
Qui de vous n'a pas regretté cet âge où le rire est toujours sur les lèvres.
La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule.
Le remords s'endort devant un destin prospère, et s'aigrit dans l'adversité.
L'ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions.
On ne demande plus à un homme s'il a de la probité, mais s'il a des talents.
N'étant pas capable de jugement les enfants n'ont point de véritable mémoire.
Je ne sais point apprendre à vivre, à qui ne songe qu'à s'empêcher de mourir.
Il y a souvent plus de stupidité que de courage dans une constance apparente.
Le bonheur est un état permanent qui ne semble pas fait ici-bas pour l'homme.
Les gouvernements qui se conduisent le mieux sont ceux dont on parle le moins.
Il ne faut point refuser pour refuser, mais pour faire valoir ce qu'on accorde.
Même dans le mariage, le plaisir n'est légitime que quand le désir est partagé.
Les enfants flattent quelquefois les vieillards, mais ils ne les aiment jamais.
L'âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu'à la tristesse prolongée.
Les seuls biens dont la privation coûte sont ceux auxquels on croit avoir droit.
Le langage figuré fut le premier à naître, le sens propre fut trouvé en dernier.
Le coeur s'attendrit plus volontiers à des maux feints qu'à des maux véritables.
Proposons-nous de grands exemples à imiter, plutôt que de vains systèmes à suivre.
Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s'en passer.
Otez à nos savants le plaisir de se faire écouter, le savoir ne sera rien pour eux.
Prévenir toujours les désirs n'est pas l'art de les contenter, mais de les éteindre.
Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l'imagination est sans frontières.
Il n'y a point naturellement pour l'homme de médecin plus sûr que son propre appétit.
Les idées générales et abstraites sont la source des plus grandes erreurs des hommes.
Vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites d'abord des polissons.
Le bonheur c'est un bon compte en banque, une bonne cuisinière et une bonne digestion.
La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à ne pas être soumis à celle d'autrui.
Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n'ont rien.
Tous nos soins à bien traiter et nourrir ces animaux n'aboutissent qu'à les abâtardir.
La seule habitude qu'on doit laisser prendre à l'enfant est de n'en contracter aucune.
Un diplomate est celui qui tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de se taire.
A moins qu'une belle femme ne soit un ange, son mari est le plus malheureux des hommes.
Il vaut toujours mieux trouver de soi-même les choses qu'on trouverait dans les livres.
Il faut avoir déjà beaucoup appris de choses pour savoir demander ce qu'on ne sait pas.
Le sang d'un seul homme est d'un plus grand prix que la liberté de tout le genre humain.
Un des premiers soins des enfants est de découvrir le faible de ceux qui les gouvernent.
Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle ; ce n'est point une loi.
Pourquoi voudrais-je être Caton qui déchire ses entrailles, plutôt que César triomphant ?
Il est contre l'ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné.
Souvenez-vous que les murs des villes ne se forment que du débris des maisons des champs.
La nature a fait l'homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable.
Jamais on n'aimera celui qu'on a mis en nourrice comme celui qu'on a nourri sous ses yeux.
Les femmes ne sont pas faites pour courir ; quand elles fuient, c'est pour être atteintes.
Les hommes disent que la vie est courte, et je vois qu'ils s'efforcent de la rendre telle.
De lui-même le peuple veut toujours le bien ; mais, de lui-même, il ne le voit pas toujours.
C'est surtout dans la solitude qu'on sent l'avantage de vivre avec quelqu'un qui sait penser.
Tenez votre âme en état de désirer toujours qu'il y ait un Dieu et vous n'en douterez jamais.
Soyez sûre qu'on me reprocherait moins de paradoxes, si l'on pouvait me reprocher des erreurs.
C'est pour parvenir au repos que chacun travaille ; c'est encore la paresse qui rend laborieux.
Qui veut conserver sa vie aux dépens des autres doit la donner aussi pour eux quand il le faut.
Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux.
Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le coeur humain puisse goûter.
Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens savent beaucoup parlent peu.
Presque tous les hommes connaissent leurs vrais intérêts, et ne les suivent pas mieux pour cela.
C'est en un sens à force d'étudier l'homme que nous nous sommes mis hors d'état de le connaître.
L'état de réflexion est un état contre nature et que l'homme qui médite est un animal dépravé...
La misère ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s'en fait sentir.
Qui croit devoir fermer les yeux sur quelque chose, se voit bientôt forcé de les fermer sur tout.
Tout est bien sortant des mains de l'Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l'homme.
Le faux est susceptible d'une infinité de combinaisons ; mais la vérité n'a qu'une manière d'être.
Si jamais la vanité fit quelque heureux sur la terre, à coup sûr cet heureux-là n'était qu'un sot.
L'impulsion du seul appétit est esclavage, l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Si l'on pouvait prolonger le bonheur de l'amour dans le mariage, on aurait le paradis sur la terre.
La personne la plus hésitante à faire une promesse est celle qui la respectera avec le plus de foi.
La critique est une chose bien commode : on attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre.
Depuis que le monde existe on n'a jamais vu deux amants en cheveux blancs soupirer l'un pour l'autre.
La critique est une chose bien facile ! On attaque avec un mot et il faut des pages pour se défendre.
Insensés qui vous plaignez sans cesse de la nature, apprenez que tous vos maux vous viennent de vous.
L'obéissance au seul appétit est esclavage et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Un homme vraiment heureux ne parle guère ; il resserre pour ainsi dire le bonheur autour de son coeur.
Un innocent persécuté prend longtemps pour un pur amour de la justice l'orgueil de son petit individu.
Les choses les plus difficiles à confesser ne sont pas les crimes, mais les actes ridicules et honteux.
Quand un homme ne peut croire ce qu'il trouve absurde, ce n'est pas sa faute, c'est celle de sa raison.
Je ne puis me persuader que, pour avoir raison, on soit indispensablement obligé de parler le dernier...
L'argent qu'on possède est l'instrument de la liberté, celui qu'on pourchasse est celui de la servitude.
Il importe de s'accoutumer d'abord à être mal couché ; c'est le moyen de ne plus trouver de mauvais lit.
Les citoyens d'un même Etat, les habitants d'une même ville ne sauraient vivre toujours seuls et séparés.
O vertu, science sublime des âmes simples, faut-il donc tant de peines et d'appareils pour te connaître ?
Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs.
De quelle adresse une femme n'a-t-elle pas besoin pour faire qu'on lui dérobe ce qu'elle brûle d'accorder !
Qu'est-il besoin d'aller chercher l'enfer dans l'autre vie ? Il est dès celle-ci dans le coeur des méchants.
Il n'est pas si facile qu'on pense de renoncer à la vertu ; elle tourmente longtemps ceux qui l'abandonnent.
Le plus malheureux effet de la politesse d'usage est d'enseigner l'art de se passer des vertus qu'elle imite.
Savez-vous quel est le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable ? C'est de l'accoutumer à tout obtenir.
L'on est jamais bien quand on n'est pas à sa place ; et, dès qu'on en sort, on ne sait plus comment y rentrer.
Ce sont presque toujours de bons sentiments mal dirigés qui font faire aux enfants le premier pas vers le mal.
Quand je paye une dette c'est un devoir que je remplis ; quand je fais un don c'est un plaisir que je me donne.
Le sauvage vit en lui-même ; l'homme sociable toujours hors de lui ne sait vivre que dans l'opinion des autres.
Un homme gai n'est souvent qu'un infortuné, qui cherche à donner le change aux autres, et à s'étourdir lui-même.
L'homme qui a le plus vécu n'est pas celui qui a compté le plus d'années, mais celui qui a le plus senti la vie.
Je connais trop les hommes pour ignorer que souvent l'offensé pardonne, mais que l'offenseur ne pardonne jamais.
La beauté s'use promptement par la possession ; au bout de six semaines, elle n'est plus rien pour le possesseur.
Il est dans la nature de l'homme d'endurer patiemment la nature des choses, mais non la mauvaise volonté d'autrui.
Le bonheur n'a point d'enseigne extérieure ; pour le connaître, il faudrait lire dans le coeur de l'homme heureux.
La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes ; elle se montre sans peine quand on en a.
En ce qu'ils ont de commun, les deux sexes sont égaux ; en ce qu'ils ont de différent, ils ne sont pas comparables.
L'espèce de bonheur qu'il me faut n'est pas tant de faire ce que je veux, que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
La feinte charité du riche n'est en lui qu'un luxe de plus ; il nourrit les pauvres comme des chiens et des chevaux.
Vous aurez beau ouvrir vos coffres, si vous n'ouvrez aussi votre coeur, celui des autres vous restera toujours fermé.
L'essentiel est d'être ce que nous fit la nature ; on n'est toujours que trop ce que les hommes veulent que l'on soit.
Quand je ne vis plus les hommes, je cessai de les mépriser ; quand je ne vis plus les méchants, je cessai de les haïr.
C'est l'imagination qui étend pour nous la mesure des possibles, et nourrit les désirs par l'espoir de les satisfaire.
Les peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant.
Les grands hommes ne s'abusent point sur leur supériorité; ils la voient, la sentent, et n'en sont pas moins modestes.
Gardons-nous d'annoncer la vérité à ceux qui ne sont pas en état de l'entendre, car c'est y vouloir substituer l'erreur.
L'épée use le fourreau, dit-on quelquefois. Voilà mon histoire. Mes passions m'ont fait vivre, et mes passions m'ont tué.
Tout homme veut être heureux ; mais pour parvenir à l'être, il faudrait commencer par savoir ce que c'est que le bonheur.
L'âme se proportionne insensiblement aux objets qui l'occupent, et ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes.
C'est la force et la liberté qui font les excellents hommes. La faiblesse et l'esclavage n'ont fait jamais que des méchants.
S'il faut obéir par la force on n'a pas besoin d'obéir par devoir et si l'on n'est plus forcé d'obéir on n'y est plus obligé.
Il n'y a point d'assujettissement si parfait que celui qui garde l'apparence de la liberté ; on captive ainsi la volonté même.
Comme le premier pas vers le bien est de ne point faire de mal, le premier pas vers le bonheur est de ne point faire souffrir.
Combien de vertus apparentes cachent souvent des vices réels ! Le sage est sobre par tempérance, le fourbe l'est par fausseté.
Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir.
Un homme ne doit jamais rougir d'avouer qu'il a tort ; car, en faisant cet aveu, il prouve qu'il est plus sage aujourd'hui qu'hier.
L'indifférence et la froideur trouvent aisément des paroles, mais la tristesse et le silence sont alors le vrai langage de l'amitié.
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit maître des autres, qui ne laisse pas d'être plus esclave qu'eux.
Les femmes sauvages n'ont pas de pudeur, car elles vont nues. Je réponds que les nôtres en ont encore moins : car elles s'habillent.
L'homme civil veut que les autres soient contents de lui, le solitaire est forcé de l'être lui-même ou sa vie lui est insupportable.
Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne.
Ce sont nos passions qui nous rendent faibles, parce qu'il faudrait pour les contenter plus de forces que ne nous en donna la nature.
J'appelle éducation positive ce qui tend à former l'esprit avant l'âge, et à donner à l'enfant la connaissance des devoirs de l'homme.
En n'asservissant les honnêtes femmes qu'à de tristes devoirs, on a banni du mariage tout ce qui pouvait le rendre agréable aux hommes.
La source du vrai bonheur est en nous, et il ne dépend pas des hommes de rendre vraiment misérable celui qui sait vouloir être heureux.
Les têtes se forment sur les langages, les pensées prennent la teinte des idiomes, l'esprit, en chaque langue, a sa forme particulière.
Le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l'accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l'aperçoit.
L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres.
Combien mérite de mépris et de haine tout homme qui abuse, pour le malheur du genre humain, du génie et des talents que lui donna la nature !
L'ignorance n'a jamais fait de mal ; l'erreur seule est funeste ; on ne s'égare point parce qu'on ne sait pas, mais parce qu'on croit savoir.
Dévoré du besoin d'aimer sans jamais l'avoir pu bien satisfaire, je me voyais atteindre aux portes de la vieillesse, et mourir sans avoir vécu.
Le chef est l'image du père, le peuple est l'image des enfants, et tous étant nés égaux et libres n'aliènent leur liberté que pour leur utilité.
Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux.
Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation ; c'est donc une entreprise aussi vaine que ridicule de vouloir les détruire.
Peuples, sachez donc une fois que la Nature a voulu vous préserver de la Science, comme une père arrache une arme dangereuse des mains de son enfant.
Si le grand nombre des mendiants est onéreux à l'Etat, de combien d'autres professions qu'on encourage et qu'on tolère n'en peut-on pas dire autant !
Oserai-je exprimer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre
Je vis partout le développement de son grand principe que la nature a fait l'homme heureux et bon, mais que la société le déprave et le rend misérable.
Oserais-je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre.
Oserais je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre.
Toutes les capitales se ressemblent ; tous les peuples s'y mêlent, toutes les moeurs s'y confondent ; ce n'est pas là qu'il faut aller étudier les nations.
Souvenez-vous qu'avant d'oser entreprendre de former un homme, il faut s'être fait homme soi-même ; il faut trouver en soi l'exemple qu'il se doit proposer.
La pitié est un sentiment naturel qui, modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi-même, concourt à la conservation mutuelle de toute espèce.
Ou le luxe est l'effet des richesses, ou il les rend nécessaires ; il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise.
L'intelligence humaine a ses bornes : et non seulement un homme ne peut pas tout savoir, il ne peut pas même savoir en entier le peu que savent les autres hommes.
Ignores-tu que tu ne saurais faire un pas sur la terre sans y trouver quelque devoir à remplir, et que tout homme est utile à l'humanité par cela seul qu'il existe ?
Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile.
L'on croit s'assembler au spectacle, et c'est là que chacun s'isole ; c'est là qu'on va oublier ses amis, ses voisins, ses proches, pour s'intéresser à des faibles.
Celui qui n'a rien désire peu de choses ; celui qui ne commande à personne a peu d'ambition. Mais le superflu éveille la convoitise : plus on obtient, plus on désire.
Toute méchanceté vient de faiblesse ; l'enfant n'est méchant que parce qu'il est faible ; rendez-le fort, il sera bon : celui qui pourrait tout ne ferait jamais de mal.
Si je retournais dans le monde, j'aurais toujours dans ma poche un bilboquet, et j'en jouerais toute la journée pour me dispenser de parler quand je n'aurais rien à dire.
Le ridicule est l'arme favorite du vice. C'est par elle qu'en attaquant dans le fond des coeurs le respect qu'on doit à la vertu, il éteint enfin l'amour qu'on lui porte.
La pudeur, n'est rien, elle n'est qu'une invention des lois sociales pour mettre à couvert les droits des pères et des époux et maintenir quelque ordre dans les familles.
Les voyages poussent le naturel vers sa pente, et achèvent de rendre l'homme bon ou mauvais. Quiconque revient de courir le monde est à son retour ce qu'il sera toute sa vie.
Si nous nous contentions d'être ce que nous sommes, nous n'aurions point à déplorer notre sort ; mais pour chercher un bien-être imaginaire, nous nous donnons mille maux réels.
On a longtemps cherché s'il y avait une langue naturelle et commune à tous les hommes ; sans doute, il y en a une ; et c'est celle que les enfants parlent avant de savoir parler.
Tout afflue à Paris.
Un corps débile affaiblit l'âme.
Chacun met son être dans le paraître.
L'odorat est le sens de l'imagination.
Les vrais besoins n'ont jamais d'excès.
J'ai besoin de me recueillir pour aimer.
L'âme du gourmand est toute dans son palais.
Tout est bien sortant des mains de la nature.
Il n'y a pas de véritable action sans volonté.
J'aurais aimé les hommes en dépit d'eux-mêmes.
On ne déshonore point un homme qui sait mourir.
Un amour affamé ne se nourrit point de sermons.
On ne rit pas pour rire mais pour être applaudi.
Tout métier utile au public n'est-il pas honnête ?
On n'est curieux qu'à proportion qu'on est instruit.
Tant de gens parlent d'amour et si peu savent aimer.
Ah ! dignité, fille de l'orgueil et mère de l'ennui.
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers.
L'homme n'est point fait pour méditer, mais pour agir.
Ainsi nous tenons à tout, nous nous accrochons à tout.
C'est l'affluence des hôtes qui détruit l'hospitalité.
Le premier pas vers le bien est de ne pas faire le mal.
Je suis esclave par mes vices et libre par mes remords.
L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Il faut rougir de faire une faute, et non de la réparer.
J'aime mieux être homme à paradoxes, qu'homme à préjugés.
On n'a jamais vu personne se repentir d'une bonne action.
S'il n'y avait pas de luxe, il n'y aurait pas de pauvres.
Mentir, c'est cacher une vérité que l'on doit manifester.
Ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes.
Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme
La foi de beaucoup d'hommes est une affaire de géographie.
L'enfant doit aimer sa mère avant de savoir qu'il le doit.
J'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent.
Jamais on ne corrompt le peuple, mais souvent on le trompe.
Il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre.
Les premiers actes de vertu sont toujours les plus pénibles.
En amour, une faveur qui n'est pas exclusive est une injure.
Tout homme est utile à l'humanité par cela seul qu'il existe.
Je prends acte, pour l'autre vie, de ma conduite en celle-ci.
Ce n'est pas d'argent seulement qu'ont besoin les infortunés.
Vouloir le bonheur de sa femme, n'est-ce pas l'avoir obtenu ?
Fais ton bien avec le moindre mal d'autrui qu'il est possible.
L'estime de soi-même est le plus grand mobile des âmes fières.
L'homme tire le bien qu'il fait de son coeur, non de sa bourse.
On jouit moins de tout ce qu'on obtient que de ce qu'on espère.
Nul ne veut le bien public que quand il s'accorde avec le sien.
Il n'y a point de bonheur sans courage, ni de vertu sans combat.
L'art d'assaisonner les plaisirs n'est que celui d'en être avare.
Ce sont les petites précautions qui conservent les grandes vertus.
C'est l'abus de nos facultés qui nous rend malheureux et méchants.
L'aiguille et l'épée ne sauraient être maniées par les mêmes mains.
La tempérance et le travail sont les meilleurs médecins de l'homme.
On a de tout avec l'argent, hormis des coeurs et des bons citoyens.
Qui rougit est déjà coupable, la vraie innocence n'a honte de rien.
Le pays des chimères est, en ce monde, le seul digne d'être habité.
Diminuez donc les désirs, c'est comme si vous augmentiez les forces.
Le devoir d'une éternelle fidélité ne sert qu'à faire des adultères.
On a fait l'Amour aveugle, parce qu'il a de meilleurs yeux que nous.
Les âmes humaines veulent être accouplées pour valoir tout leur prix.
L'enfant a-t-il moins besoin des soins d'une mère que de sa mamelle ?
Nous nous faisons plus de mal que les autres ne peuvent nous en faire.
Riche ou pauvre, puissant ou faible, tout citoyen oisif est un fripon.
Les hommes à qui l'on parle ne sont point ceux avec qui l'on converse.
Les esclaves perdent tout dans leurs fers, jusqu'au désir d'en sortir.
La liberté de l'homme consiste à ne jamais faire ce qu'il ne veut pas.
Souffre, meurs ou guéris ; mais surtout vis jusqu'à ta dernière heure.
La mode domine les provinciales, mais les parisiennes dominent la mode.
La conscience est la voix de l'âme, les passions sont la voix du corps.
Mon plus grand malheur fut toujours de ne pouvoir résister aux caresses.
Si c'est la raison qui fait l'homme, c'est le sentiment qui le conduit.
Que vous donnez de force aux mots, et que vous en donnez peu aux choses.
Jamais la nature ne nous trompe ; c'est toujours nous qui nous trompons.
Les actes de la conscience ne sont pas des jugements mais des sentiments.
Qui ne peut remplir ses devoirs de père n'a point le droit de le devenir.
Vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n'est à personne.
Moins un culte est raisonnable, plus on cherche à l'établir par la force.
Il ne faut rien accorder aux sens quand on veut leur refuser quelque chose.
Je haïs les livres ; ils n'apprennent qu'à parler de ce qu'on ne sait pas.
J'espère qu'un jour on jugera de ce que je fus par ce que j'ai su souffrir.
L'homme vraiment libre ne veut que ce qu'il peut, et fait ce qui lui plaît.
Qui de vous n'a pas regretté cet âge où le rire est toujours sur les lèvres.
La raison, le jugement, viennent lentement, les préjugés accourent en foule.
Le remords s'endort devant un destin prospère, et s'aigrit dans l'adversité.
L'ordre social ne vient pas de la nature ; il est fondé sur des conventions.
On ne demande plus à un homme s'il a de la probité, mais s'il a des talents.
N'étant pas capable de jugement les enfants n'ont point de véritable mémoire.
Je ne sais point apprendre à vivre, à qui ne songe qu'à s'empêcher de mourir.
Il y a souvent plus de stupidité que de courage dans une constance apparente.
Le bonheur est un état permanent qui ne semble pas fait ici-bas pour l'homme.
Les gouvernements qui se conduisent le mieux sont ceux dont on parle le moins.
Il ne faut point refuser pour refuser, mais pour faire valoir ce qu'on accorde.
Même dans le mariage, le plaisir n'est légitime que quand le désir est partagé.
Les enfants flattent quelquefois les vieillards, mais ils ne les aiment jamais.
L'âme résiste bien plus aisément aux vives douleurs qu'à la tristesse prolongée.
Les seuls biens dont la privation coûte sont ceux auxquels on croit avoir droit.
Le langage figuré fut le premier à naître, le sens propre fut trouvé en dernier.
Le coeur s'attendrit plus volontiers à des maux feints qu'à des maux véritables.
Proposons-nous de grands exemples à imiter, plutôt que de vains systèmes à suivre.
Les peuples une fois accoutumés à des maîtres ne sont plus en état de s'en passer.
Otez à nos savants le plaisir de se faire écouter, le savoir ne sera rien pour eux.
Prévenir toujours les désirs n'est pas l'art de les contenter, mais de les éteindre.
Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l'imagination est sans frontières.
Il n'y a point naturellement pour l'homme de médecin plus sûr que son propre appétit.
Les idées générales et abstraites sont la source des plus grandes erreurs des hommes.
Vous ne parviendrez jamais à faire des sages si vous ne faites d'abord des polissons.
Le bonheur c'est un bon compte en banque, une bonne cuisinière et une bonne digestion.
La liberté consiste moins à faire sa volonté qu'à ne pas être soumis à celle d'autrui.
Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n'ont rien.
Tous nos soins à bien traiter et nourrir ces animaux n'aboutissent qu'à les abâtardir.
La seule habitude qu'on doit laisser prendre à l'enfant est de n'en contracter aucune.
Un diplomate est celui qui tourne sept fois sa langue dans sa bouche avant de se taire.
A moins qu'une belle femme ne soit un ange, son mari est le plus malheureux des hommes.
Il vaut toujours mieux trouver de soi-même les choses qu'on trouverait dans les livres.
Il faut avoir déjà beaucoup appris de choses pour savoir demander ce qu'on ne sait pas.
Le sang d'un seul homme est d'un plus grand prix que la liberté de tout le genre humain.
Un des premiers soins des enfants est de découvrir le faible de ceux qui les gouvernent.
Toute loi que le peuple en personne n'a pas ratifiée est nulle ; ce n'est point une loi.
Pourquoi voudrais-je être Caton qui déchire ses entrailles, plutôt que César triomphant ?
Il est contre l'ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné.
Souvenez-vous que les murs des villes ne se forment que du débris des maisons des champs.
La nature a fait l'homme heureux et bon, mais la société le déprave et le rend misérable.
Jamais on n'aimera celui qu'on a mis en nourrice comme celui qu'on a nourri sous ses yeux.
Les femmes ne sont pas faites pour courir ; quand elles fuient, c'est pour être atteintes.
Les hommes disent que la vie est courte, et je vois qu'ils s'efforcent de la rendre telle.
De lui-même le peuple veut toujours le bien ; mais, de lui-même, il ne le voit pas toujours.
C'est surtout dans la solitude qu'on sent l'avantage de vivre avec quelqu'un qui sait penser.
Tenez votre âme en état de désirer toujours qu'il y ait un Dieu et vous n'en douterez jamais.
Soyez sûre qu'on me reprocherait moins de paradoxes, si l'on pouvait me reprocher des erreurs.
C'est pour parvenir au repos que chacun travaille ; c'est encore la paresse qui rend laborieux.
Qui veut conserver sa vie aux dépens des autres doit la donner aussi pour eux quand il le faut.
Ce n'est pas ce qui est criminel qui coûte le plus à dire, c'est ce qui est ridicule et honteux.
Je sais et je sens que faire du bien est le plus vrai bonheur que le coeur humain puisse goûter.
Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens savent beaucoup parlent peu.
Presque tous les hommes connaissent leurs vrais intérêts, et ne les suivent pas mieux pour cela.
C'est en un sens à force d'étudier l'homme que nous nous sommes mis hors d'état de le connaître.
L'état de réflexion est un état contre nature et que l'homme qui médite est un animal dépravé...
La misère ne consiste pas dans la privation des choses, mais dans le besoin qui s'en fait sentir.
Qui croit devoir fermer les yeux sur quelque chose, se voit bientôt forcé de les fermer sur tout.
Tout est bien sortant des mains de l'Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l'homme.
Le faux est susceptible d'une infinité de combinaisons ; mais la vérité n'a qu'une manière d'être.
Si jamais la vanité fit quelque heureux sur la terre, à coup sûr cet heureux-là n'était qu'un sot.
L'impulsion du seul appétit est esclavage, l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Si l'on pouvait prolonger le bonheur de l'amour dans le mariage, on aurait le paradis sur la terre.
La personne la plus hésitante à faire une promesse est celle qui la respectera avec le plus de foi.
La critique est une chose bien commode : on attaque avec un mot, il faut des pages pour se défendre.
Depuis que le monde existe on n'a jamais vu deux amants en cheveux blancs soupirer l'un pour l'autre.
La critique est une chose bien facile ! On attaque avec un mot et il faut des pages pour se défendre.
Insensés qui vous plaignez sans cesse de la nature, apprenez que tous vos maux vous viennent de vous.
L'obéissance au seul appétit est esclavage et l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté.
Un homme vraiment heureux ne parle guère ; il resserre pour ainsi dire le bonheur autour de son coeur.
Un innocent persécuté prend longtemps pour un pur amour de la justice l'orgueil de son petit individu.
Les choses les plus difficiles à confesser ne sont pas les crimes, mais les actes ridicules et honteux.
Quand un homme ne peut croire ce qu'il trouve absurde, ce n'est pas sa faute, c'est celle de sa raison.
Je ne puis me persuader que, pour avoir raison, on soit indispensablement obligé de parler le dernier...
L'argent qu'on possède est l'instrument de la liberté, celui qu'on pourchasse est celui de la servitude.
Il importe de s'accoutumer d'abord à être mal couché ; c'est le moyen de ne plus trouver de mauvais lit.
Les citoyens d'un même Etat, les habitants d'une même ville ne sauraient vivre toujours seuls et séparés.
O vertu, science sublime des âmes simples, faut-il donc tant de peines et d'appareils pour te connaître ?
Renoncer à sa liberté, c'est renoncer à sa qualité d'homme, aux droits de l'humanité, même à ses devoirs.
De quelle adresse une femme n'a-t-elle pas besoin pour faire qu'on lui dérobe ce qu'elle brûle d'accorder !
Qu'est-il besoin d'aller chercher l'enfer dans l'autre vie ? Il est dès celle-ci dans le coeur des méchants.
Il n'est pas si facile qu'on pense de renoncer à la vertu ; elle tourmente longtemps ceux qui l'abandonnent.
Le plus malheureux effet de la politesse d'usage est d'enseigner l'art de se passer des vertus qu'elle imite.
Savez-vous quel est le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable ? C'est de l'accoutumer à tout obtenir.
L'on est jamais bien quand on n'est pas à sa place ; et, dès qu'on en sort, on ne sait plus comment y rentrer.
Ce sont presque toujours de bons sentiments mal dirigés qui font faire aux enfants le premier pas vers le mal.
Quand je paye une dette c'est un devoir que je remplis ; quand je fais un don c'est un plaisir que je me donne.
Le sauvage vit en lui-même ; l'homme sociable toujours hors de lui ne sait vivre que dans l'opinion des autres.
Un homme gai n'est souvent qu'un infortuné, qui cherche à donner le change aux autres, et à s'étourdir lui-même.
L'homme qui a le plus vécu n'est pas celui qui a compté le plus d'années, mais celui qui a le plus senti la vie.
Je connais trop les hommes pour ignorer que souvent l'offensé pardonne, mais que l'offenseur ne pardonne jamais.
La beauté s'use promptement par la possession ; au bout de six semaines, elle n'est plus rien pour le possesseur.
Il est dans la nature de l'homme d'endurer patiemment la nature des choses, mais non la mauvaise volonté d'autrui.
Le bonheur n'a point d'enseigne extérieure ; pour le connaître, il faudrait lire dans le coeur de l'homme heureux.
La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes ; elle se montre sans peine quand on en a.
En ce qu'ils ont de commun, les deux sexes sont égaux ; en ce qu'ils ont de différent, ils ne sont pas comparables.
L'espèce de bonheur qu'il me faut n'est pas tant de faire ce que je veux, que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
La feinte charité du riche n'est en lui qu'un luxe de plus ; il nourrit les pauvres comme des chiens et des chevaux.
Vous aurez beau ouvrir vos coffres, si vous n'ouvrez aussi votre coeur, celui des autres vous restera toujours fermé.
L'essentiel est d'être ce que nous fit la nature ; on n'est toujours que trop ce que les hommes veulent que l'on soit.
Quand je ne vis plus les hommes, je cessai de les mépriser ; quand je ne vis plus les méchants, je cessai de les haïr.
C'est l'imagination qui étend pour nous la mesure des possibles, et nourrit les désirs par l'espoir de les satisfaire.
Les peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant.
Les grands hommes ne s'abusent point sur leur supériorité; ils la voient, la sentent, et n'en sont pas moins modestes.
Gardons-nous d'annoncer la vérité à ceux qui ne sont pas en état de l'entendre, car c'est y vouloir substituer l'erreur.
L'épée use le fourreau, dit-on quelquefois. Voilà mon histoire. Mes passions m'ont fait vivre, et mes passions m'ont tué.
Tout homme veut être heureux ; mais pour parvenir à l'être, il faudrait commencer par savoir ce que c'est que le bonheur.
L'âme se proportionne insensiblement aux objets qui l'occupent, et ce sont les grandes occasions qui font les grands hommes.
C'est la force et la liberté qui font les excellents hommes. La faiblesse et l'esclavage n'ont fait jamais que des méchants.
S'il faut obéir par la force on n'a pas besoin d'obéir par devoir et si l'on n'est plus forcé d'obéir on n'y est plus obligé.
Il n'y a point d'assujettissement si parfait que celui qui garde l'apparence de la liberté ; on captive ainsi la volonté même.
Comme le premier pas vers le bien est de ne point faire de mal, le premier pas vers le bonheur est de ne point faire souffrir.
Combien de vertus apparentes cachent souvent des vices réels ! Le sage est sobre par tempérance, le fourbe l'est par fausseté.
Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir.
Un homme ne doit jamais rougir d'avouer qu'il a tort ; car, en faisant cet aveu, il prouve qu'il est plus sage aujourd'hui qu'hier.
L'indifférence et la froideur trouvent aisément des paroles, mais la tristesse et le silence sont alors le vrai langage de l'amitié.
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit maître des autres, qui ne laisse pas d'être plus esclave qu'eux.
Les femmes sauvages n'ont pas de pudeur, car elles vont nues. Je réponds que les nôtres en ont encore moins : car elles s'habillent.
L'homme civil veut que les autres soient contents de lui, le solitaire est forcé de l'être lui-même ou sa vie lui est insupportable.
Gardez-vous d'écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne.
Ce sont nos passions qui nous rendent faibles, parce qu'il faudrait pour les contenter plus de forces que ne nous en donna la nature.
J'appelle éducation positive ce qui tend à former l'esprit avant l'âge, et à donner à l'enfant la connaissance des devoirs de l'homme.
En n'asservissant les honnêtes femmes qu'à de tristes devoirs, on a banni du mariage tout ce qui pouvait le rendre agréable aux hommes.
La source du vrai bonheur est en nous, et il ne dépend pas des hommes de rendre vraiment misérable celui qui sait vouloir être heureux.
Les têtes se forment sur les langages, les pensées prennent la teinte des idiomes, l'esprit, en chaque langue, a sa forme particulière.
Le contentement se lit dans les yeux, dans le maintien, dans l'accent, dans la démarche, et semble se communiquer à celui qui l'aperçoit.
L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres.
Combien mérite de mépris et de haine tout homme qui abuse, pour le malheur du genre humain, du génie et des talents que lui donna la nature !
L'ignorance n'a jamais fait de mal ; l'erreur seule est funeste ; on ne s'égare point parce qu'on ne sait pas, mais parce qu'on croit savoir.
Dévoré du besoin d'aimer sans jamais l'avoir pu bien satisfaire, je me voyais atteindre aux portes de la vieillesse, et mourir sans avoir vécu.
Le chef est l'image du père, le peuple est l'image des enfants, et tous étant nés égaux et libres n'aliènent leur liberté que pour leur utilité.
Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux.
Nos passions sont les principaux instruments de notre conservation ; c'est donc une entreprise aussi vaine que ridicule de vouloir les détruire.
Peuples, sachez donc une fois que la Nature a voulu vous préserver de la Science, comme une père arrache une arme dangereuse des mains de son enfant.
Si le grand nombre des mendiants est onéreux à l'Etat, de combien d'autres professions qu'on encourage et qu'on tolère n'en peut-on pas dire autant !
Oserai-je exprimer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre
Je vis partout le développement de son grand principe que la nature a fait l'homme heureux et bon, mais que la société le déprave et le rend misérable.
Oserais-je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre.
Oserais je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre.
Toutes les capitales se ressemblent ; tous les peuples s'y mêlent, toutes les moeurs s'y confondent ; ce n'est pas là qu'il faut aller étudier les nations.
Souvenez-vous qu'avant d'oser entreprendre de former un homme, il faut s'être fait homme soi-même ; il faut trouver en soi l'exemple qu'il se doit proposer.
La pitié est un sentiment naturel qui, modérant dans chaque individu l'activité de l'amour de soi-même, concourt à la conservation mutuelle de toute espèce.
Ou le luxe est l'effet des richesses, ou il les rend nécessaires ; il corrompt à la fois le riche et le pauvre, l'un par la possession, l'autre par la convoitise.
L'intelligence humaine a ses bornes : et non seulement un homme ne peut pas tout savoir, il ne peut pas même savoir en entier le peu que savent les autres hommes.
Ignores-tu que tu ne saurais faire un pas sur la terre sans y trouver quelque devoir à remplir, et que tout homme est utile à l'humanité par cela seul qu'il existe ?
Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile.
L'on croit s'assembler au spectacle, et c'est là que chacun s'isole ; c'est là qu'on va oublier ses amis, ses voisins, ses proches, pour s'intéresser à des faibles.
Celui qui n'a rien désire peu de choses ; celui qui ne commande à personne a peu d'ambition. Mais le superflu éveille la convoitise : plus on obtient, plus on désire.
Toute méchanceté vient de faiblesse ; l'enfant n'est méchant que parce qu'il est faible ; rendez-le fort, il sera bon : celui qui pourrait tout ne ferait jamais de mal.
Si je retournais dans le monde, j'aurais toujours dans ma poche un bilboquet, et j'en jouerais toute la journée pour me dispenser de parler quand je n'aurais rien à dire.
Le ridicule est l'arme favorite du vice. C'est par elle qu'en attaquant dans le fond des coeurs le respect qu'on doit à la vertu, il éteint enfin l'amour qu'on lui porte.
La pudeur, n'est rien, elle n'est qu'une invention des lois sociales pour mettre à couvert les droits des pères et des époux et maintenir quelque ordre dans les familles.
Les voyages poussent le naturel vers sa pente, et achèvent de rendre l'homme bon ou mauvais. Quiconque revient de courir le monde est à son retour ce qu'il sera toute sa vie.
Si nous nous contentions d'être ce que nous sommes, nous n'aurions point à déplorer notre sort ; mais pour chercher un bien-être imaginaire, nous nous donnons mille maux réels.
On a longtemps cherché s'il y avait une langue naturelle et commune à tous les hommes ; sans doute, il y en a une ; et c'est celle que les enfants parlent avant de savoir parler.

Questions autour de Jean-Jacques Rousseau

Qui est né le même jour que Jean-Jacques Rousseau ?
Markiplier, Pierre Laval, Jean-Paul Loth, John Cusack et Pat Morita sont nés le 28 juin comme Jean-Jacques Rousseau.
À quel âge est mort Jean-Jacques Rousseau ?
Jean-Jacques Rousseau est mort à 66 ans, le 2 juillet 1778.
Qui est mort le même jour que Jean-Jacques Rousseau ?
Émile Coué, Nostradamus, Michael Cimino, Vladimir Nabokov et James Stewart sont morts le 2 juillet comme Jean-Jacques Rousseau.
Quels écrivains sont du signe Cancer comme Jean-Jacques Rousseau ?
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