Naissance
Castres (81), France
Nationalité
Astrologie

Biographie

Jean Jaurès, né le 3 septembre 1859 à Castres et assassiné le 31 juillet 1914 à Paris, est un homme politique, journaliste et philosophe français, figure fondatrice du socialisme républicain, co-fondateur de la SFIO et directeur du quotidien L'Humanité.


Parcours

Fils de Jules Jaurès (1819-1882), négociant possédant quelques hectares au domaine de la Fédial près de Castres, et d'Adélaïde Barbaza (1822-1906), issue d'industriels du textile, Jean Jaurès grandit dans le Tarn. Remarqué au collège de Castres par l'inspecteur général Félix Deltour, il obtient une bourse pour préparer l'École normale supérieure à Paris, au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis-le-Grand. En 1878, il est reçu premier au concours d'entrée à l'ENS en philosophie, devant Henri Bergson et Émile Durkheim. En 1881, il termine troisième à l'agrégation de philosophie, derrière Paul Lesbazeilles et Henri Bergson. Nommé professeur au lycée Lapérouse d'Albi, il rejoint Toulouse en 1882 comme maître de conférences à la faculté des lettres. En 1885, à vingt-six ans, il est élu député du Tarn, benjamin de la Chambre, siégeant parmi les républicains favorables à Jules Ferry. Battu en 1889, il soutient la grande grève des mineurs de Carmaux en 1892, aux côtés de Georges Clemenceau, et est réélu en 1893 comme socialiste indépendant.

Après sa défaite aux élections de 1898, liée à son engagement dreyfusard, Jaurès co-dirige La Petite République et publie Les Preuves, articles démontrant l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus. Réélu en 1902, il participe à la rédaction de la loi de séparation des Églises et de l'État en 1905 et co-fonde avec Jules Guesde la Section française de l'Internationale ouvrière, la SFIO. En 1904, il crée le quotidien L'Humanité, réunissant des collaborateurs tels qu'Anatole France, Octave Mirbeau, Jules Renard et Léon Blum. Parallèlement, il rédige une Histoire socialiste de la France contemporaine en treize volumes. Réélu en 1906, 1910 et 1914, il mène une campagne contre la loi des Trois ans et développe dans L'Armée nouvelle (1910) un projet de défense nationale fondé sur des milices citoyennes. Au printemps 1914, alors que les tensions européennes s'aggravent après l'attentat de Sarajevo, il multiplie les démarches pour éviter la guerre, cherchant à coordonner une réponse pacifiste des partis socialistes européens réunis au sein de l'Internationale ouvrière.


Repères chronologiques

1859 : naissance le 3 septembre à Castres, 5 rue Réclusane
1876 : obtient une bourse pour préparer l'ENS à Paris, au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis-le-Grand
1878 : reçu premier au concours d'entrée à l'École normale supérieure en philosophie, devant Henri Bergson
1881 : troisième à l'agrégation de philosophie ; nommé professeur au lycée Lapérouse d'Albi
1885 : élu député du Tarn, benjamin de la Chambre des députés
1892 : soutient la grande grève des mineurs de Carmaux ; soutient sa thèse de doctorat ès lettres à Toulouse
1893 : réélu député socialiste indépendant dans la circonscription de Carmaux
1898 : publie Les Preuves sur l'affaire Dreyfus ; battu aux législatives
1902 : réélu député ; participe à la fondation du Parti socialiste français
1904 : fonde le quotidien L'Humanité
1905 : co-fonde la SFIO avec Jules Guesde ; vote de la loi de séparation des Églises et de l'État
1910 : publie L'Armée nouvelle, proposition de réforme de la défense nationale
1913 : mène campagne contre la loi des Trois ans au rassemblement du Pré-Saint-Gervais devant 150 000 personnes
1914 : réélu en mai ; assassiné le 31 juillet au café du Croissant, rue Montmartre, Paris
1924 : transfert de sa dépouille au Panthéon, sur proposition d'Édouard Herriot


Vie personnelle et engagements

Jean Jaurès est le fils aîné de Jules Jaurès (1819-1882), négociant, et d'Adélaïde Barbaza (1822-1906). Son frère Louis Jaurès (1860-1937) devient contre-amiral et député républicain-socialiste. Formé au collège de Castres puis dans les établissements parisiens, Jaurès épouse en 1886 Louise Bois (1867-1931), fille d'un marchand d'Albi. Le domaine de Bessoulet, près de Villefranche-d'Albigeois, est attribué au couple lors du mariage. Ils ont deux enfants : Madeleine Jaurès (1886-1951) et Louis Paul Jaurès (1898-1918). Ce fils, engagé volontaire à dix-sept ans, est tué le 28 juillet 1918 lors de la seconde bataille de la Marne, reconnu mort pour la France. Une stèle est inaugurée à Chaudun en présence de Léon Blum.

Sur le plan intellectuel, Jaurès entretient des échanges décisifs avec Lucien Herr, bibliothécaire de l'ENS et pionnier du socialisme, qui lui inspire le titre de son futur journal et l'oriente vers le marxisme. Il fréquente également Lucien Lévy-Bruhl. Ardent abolitionniste, Jaurès intervient à la Chambre des députés le 28 novembre 1908 pour qualifier la peine capitale d'inutile et odieuse. En 1896, il dénonce devant la Chambre les massacres des Arméniens sous le sultan Abdülhamid II. Il défend l'enseignement des langues régionales et s'engage pour l'impôt sur le revenu. Il réside principalement à Paris, rue Eugène-Delacroix dans le 16e arrondissement, et conserve des attaches dans le Tarn, au domaine de Bessoulet.


Contexte du décès

Jean Jaurès est abattu le 31 juillet 1914 à 21h40 au café du Croissant, 146 rue Montmartre à Paris, alors qu'il dîne avec ses collaborateurs. Raoul Villain, étudiant nationaliste de vingt-neuf ans, tire deux coups de feu par la fenêtre ouverte ; une balle perfore le crâne de Jaurès. Son corps est ramené à son domicile de la villa de la Tour. Jugé en 1919 par la Cour d'assises de la Seine, Villain est acquitté le 29 mars, la veuve de Jaurès étant condamnée aux dépens. Le président de la Chambre Paul Deschanel et le président du Conseil René Viviani prononcent son éloge funèbre le 4 août 1914. Anatole France exprime ensuite son indignation dans les colonnes de L'Humanité.


Lieux de mémoire

Jean Jaurès repose au Panthéon depuis le 23 novembre 1924, sa dépouille y ayant été transférée depuis le cimetière des Planques d'Albi sur proposition d'Édouard Herriot après la victoire du Cartel des gauches. Le café du Croissant, rue Montmartre à Paris, conserve une plaque commémorative. À Castres, la place principale porte son nom depuis 1920 et le Centre national et musée Jean-Jaurès lui est consacré.


Anecdotes

1 - Reçu premier à l'ENS en 1878 devant Henri Bergson, Jaurès lui oppose en 1892 une thèse de doctorat, De la réalité du monde sensible, dénonçant chez le philosophe un culte du moi incommunicable, illustrant une rivalité intellectuelle qui traverse toute leur carrière parallèle.
2 - Le 26 novembre 1900 à l'hippodrome de Lille, devant 8 000 personnes, Jaurès et Jules Guesde prononcent des allocutions contradictoires connues sous le nom de discours des Deux méthodes, débat doctrinal resté fondateur dans l'histoire du socialisme français.
3 - Partisan de l'enseignement des langues régionales, Jaurès publie en 1911 deux articles dans La Dépêche de Toulouse proposant d'utiliser les langues occitane, basque et bretonne comme appui comparatif pour enseigner le français aux élèves des régions concernées.
4 - En 1913, lors du rassemblement du Pré-Saint-Gervais contre la loi des Trois ans, Jaurès prend la parole devant 150 000 personnes, rassemblement resté l'un des plus importants organisés par le mouvement ouvrier français avant 1914.
5 - En 2020, sa Lettre aux instituteurs et institutrices, rédigée en 1888, est lue dans les établissements scolaires français lors de la minute de silence organisée en hommage à l'enseignant assassiné Samuel Paty.


Points clés

- Métier(s) : homme politique, journaliste, philosophe, professeur
- Résidence principale : Paris (16e arrondissement, villa de la Tour) ; Bessoulet, Villefranche-d'Albigeois (Tarn)
- Relations de couple : Louise Bois (épouse, 1886-1914)
- Enfants : Madeleine Jaurès (1886-1951) ; Louis Paul Jaurès (1898-1918)
- Distinctions : transfert au Panthéon (1924)


Postérité

2 361 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Autres responsables politiques nés dans les années 1850

Citations

Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire.

— Discours à la jeunesse, Albi, 30 juillet 1903

C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source.

— Discours à la Chambre des députés, 10 et 24 janvier 1910

Quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots.

— Congrès socialiste international, Paris, 23-27 septembre 1900

Toujours votre société violente et chaotique, même quand elle veut la paix, porte en elle la guerre, comme la nuée dormante porte l'orage.

— Discours de Vaise, Lyon, 25 juillet 1914

N'ayant pas la force d'agir, ils dissertent.
L'abondance est le fruit d'une bonne administration.
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire.
L'affirmation de la paix est le plus grand des combats.
On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre.
C'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race : l'humanité.
La propriété foncière est mère d'inégalité et de brutalité.
L'armée française a une admirable tradition intellectuelle.
Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience.
'Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel.'
Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage.
Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène.
C'est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source.
Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots.
Il est bien vrai que la beauté de la science et de l'art est consolatrice.
Parce que le millionnaire n'a pas récolté sans peine, il s'imagine avoir semé.
Parce que le milliardaire n'a pas récolté sans peine, il s'imagine qu'il a semé.
L'oeuvre d'art, quand elle est vraiment belle, est quelque chose de complet, d'achevé.
Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle, la liberté de la pensée.
Nous avons conquis le suffrage universel. Il nous reste à conquérir la souveraineté populaire.
Est dirigeant celui qui accepte de prendre les risques que les dirigés ne veulent pas prendre.
Il n'y a qu'un moyen d'abolir la guerre entre les peuples, c'est d'abolir la guerre économique.
L'humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement.
Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise... En la donnant, on la retire.
On n'enseigne pas ce que l'on sait, On n'enseigne pas ce que l'on veut, On enseigne ce que l'on est !
La terre a été longtemps plus grande que l'homme, et elle a imposé à l'humanité la loi de la dispersion.
Les progrès de l'humanité se mesurent aux concessions que la folie des sages fait à la sagesse des fous.
C'est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s'affranchira et deviendra l'humanité.
Quel que soit l'être de chair et de sang qui vient à la vie, s'il a figure d'homme, il porte en lui le droit humain.
La peine de mort est contraire à ce que l'humanité depuis deux mille ans a pensé de plus haut et rêve de plus noble.
L'histoire humaine n'est qu'un effort incessant d'invention, et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.
La République c'est le droit de tout homme, quelle que soit sa croyance religieuse, à avoir sa part de la souveraineté.
Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir.
La cruauté est un geste de servitude : car elle atteste que la barbarie du régime oppresseur est encore présente en nous.
On n'enseigne pas ce que l'on sait ou ce que l'on croit savoir : on n'enseigne et on ne peut enseigner que ce que l'on est.
Donner la liberté au monde par la force est une étrange entreprise pleine de chances mauvaises. En la donnant on la retire.
Qu'est-ce que l'idéal ? C'est l'épanouissement de l'âme humaine. Qu'est-ce que l'âme humaine ? C'est la plus haute fleur de la nature.
Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail.
L'histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l'invincible espoir.
Le courage, c'est d'agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense.

Questions autour de Jean Jaurès

Pourquoi Jean Jaurès a-t-il été assassiné ?
Jean Jaurès a été assassiné le 31 juillet 1914 par Raoul Villain, un étudiant nationaliste qui lui reprochait son pacifisme et son opposition à la loi des Trois ans. L'assassinat survient trois jours avant l'entrée de la France dans la Première Guerre mondiale.
Jean Jaurès a-t-il fondé L'Humanité ?
Oui. Jean Jaurès fonde le quotidien L'Humanité en 1904 et le dirige jusqu'à son assassinat en 1914. Le titre du journal aurait été suggéré par son ami Lucien Herr, bibliothécaire de l'École normale supérieure.
Quel rôle Jean Jaurès a-t-il joué dans la création de la SFIO ?
Jean Jaurès est l'un des co-fondateurs de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO), créée en 1905 avec Jules Guesde. Il unifie ainsi les différentes familles du socialisme français sous une même organisation.
Jean Jaurès repose-t-il au Panthéon ?
Oui. La dépouille de Jean Jaurès est transférée au Panthéon le 23 novembre 1924, sur proposition du président du Conseil Édouard Herriot, après la victoire du Cartel des gauches aux élections législatives.
Jean Jaurès a-t-il défendu le capitaine Dreyfus ?
Oui, après une période d'hésitation. À partir de 1898, Jean Jaurès s'engage activement pour l'innocence d'Alfred Dreyfus, publiant notamment le recueil Les Preuves, et contribue à obtenir sa réhabilitation en 1906.
Qui est né le même jour que Jean Jaurès ?
Wally Gator, Zine el-Abidine Ben Ali, Alan Ladd, Pierre Maguelon et Macha Méril sont nés le 3 septembre comme Jean Jaurès.
À quel âge est mort Jean Jaurès ?
Jean Jaurès est mort à 54 ans, le 31 juillet 1914.
Qui est mort le même jour que Jean Jaurès ?
Jeanne Moreau, Baudouin, Christophe Izard, Jean-Yves Chatelais et Louis Hachette sont morts le 31 juillet comme Jean Jaurès.
Quels responsables politiques français sont du signe Vierge comme Jean Jaurès ?
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