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Biographie

Jean Moulin, haut fonctionnaire et résistant français né le 20 juin 1899 à Béziers, est le fondateur et premier président du Conseil national de la Résistance. Révoqué par Vichy en 1940, torturé à mort par la Gestapo en 1943, il entra au Panthéon en 1964.


Parcours

Né à Béziers le 20 juin 1899 dans une famille de tradition radicale-socialiste, Jean Moulin suit des études de droit à la faculté de Montpellier, qu'il intègre en 1917. Grâce à l'entregent de son père, Antoine-Emile Moulin, professeur d'histoire-géographie et conseiller général de l'Hérault, il entre dès 1917 au cabinet du préfet de l'Hérault. En 1922, il rejoint l'administration préfectorale comme chef de cabinet du préfet de la Savoie à Chambéry. De 1925 à 1930, il est sous-préfet d'Albertville, devenant alors le plus jeune sous-préfet de France. Il passe ensuite par Châteaulin, Thonon-les-Bains et Montargis, puis rejoint en 1936 le cabinet du ministre de l'Air Pierre Cot comme chef de cabinet, assistant à la création d'Air France et participant à l'aide clandestine aux républicains espagnols. En janvier 1937, il est nommé préfet de l'Aveyron à Rodez, devenant à 37 ans le plus jeune préfet de France. Quelques mois plus tard, il est muté préfet d'Eure-et-Loir, à Chartres.

Le 17 juin 1940, Jean Moulin refuse de signer un document accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres sur des civils. Battu et emprisonné, il tente de se suicider pour ne pas céder, en se tranchant la gorge avec un tesson de verre. Révoqué par Vichy le 2 novembre 1940, il gagne la zone libre et noue des contacts avec des réseaux résistants naissants. En septembre 1941, muni d'un faux passeport, il rejoint Londres via Lisbonne. Reçu le 25 octobre par le général Charles de Gaulle, il est nommé délégué pour la zone libre. Parachuté en Provence le 2 janvier 1942, il unifie les trois grands mouvements de la zone sud -- Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur -- au sein des Mouvements unis de la Résistance. Il préside le 27 mai 1943 la première réunion du CNR au 47 rue du Four à Paris. Arrêté le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire par la Gestapo de Klaus Barbie, torturé, il meurt le 8 juillet 1943 en gare de Metz.


Repères chronologiques

1899 : 20 juin, naissance au 6 rue d'Alsace à Béziers (Hérault).
1917 : Inscription à la faculté de droit de Montpellier ; attaché au cabinet du préfet de l'Hérault.
1922 : Chef de cabinet du préfet de la Savoie à Chambéry.
1925 : Sous-préfet d'Albertville, plus jeune sous-préfet de France.
1926 : Mariage avec Marguerite Cerruti (divorce prononcé en 1928).
1936 : Chef de cabinet du ministre de l'Air Pierre Cot au gouvernement du Front populaire.
1937 : Nommé préfet de l'Aveyron, plus jeune préfet de France.
1940 : 17 juin, refuse de signer le document accusant les tirailleurs sénégalais ; tentative de suicide. 2 novembre, révoqué par Vichy.
1941 : Septembre, quitte la France via Marseille et Lisbonne. 25 octobre, reçu par le général de Gaulle à Londres.
1942 : 2 janvier, parachuté en Provence. 17 octobre, fait Compagnon de la Libération.
1943 : 27 janvier, création des Mouvements unis de la Résistance. 27 mai, préside la première réunion du Conseil national de la Résistance à Paris. 21 juin, arrêté à Caluire-et-Cuire par Klaus Barbie. 8 juillet, mort en gare de Metz.
1944 : 11 février, inhumation au cimetière du Père-Lachaise.
1946 : 14 novembre, nommé à titre posthume général de division.
1964 : 19 décembre, transfert de ses cendres présumées au Panthéon ; discours prononcé par André Malraux.


Vie personnelle et engagements

Jean Pierre Moulin nait le 20 juin 1899 au 6 rue d'Alsace à Béziers, fils d'Antoine-Emile Moulin, professeur d'histoire-géographie au lycée Henri-IV, et de Blanche Elisabeth Pègue. Son frère Joseph meurt d'une pneumonie en 1907 ; seule sa soeur Laure Moulin lui survivra. Jean Moulin épouse Marguerite Cerruti le 27 septembre 1926 à Betton-Bettonet, en Savoie ; le divorce est prononcé le 19 juin 1928 par le tribunal de Chambéry aux torts de l'épouse. Il n'a pas d'enfants documentés. Il entretient une longue liaison avec Marie-Gilberte Riedlinger, dite "Madame Lloyd", de 1937 jusqu'à leur rupture en février 1943, ainsi que des relations avec l'artiste Antoinette Sachs de 1936 à 1943.

Parallèlement à sa carrière, Jean Moulin pratique la caricature et le dessin depuis l'adolescence, publiant dès 1915 sous le pseudonyme Romanin dans la presse satirique, dont La Baïonnette et Le Rire. Amateur d'art contemporain, il se lie avec le poète et peintre Max Jacob lors de son séjour à Châteaulin (1930-1933) et constitue une collection personnelle incluant des oeuvres de Raoul Dufy et Othon Friesz. En couverture de sa mission clandestine, il ouvre en février 1943 la galerie Romanin au 22 rue de France à Nice, confiée à Colette Pons, qui sert de boite aux lettres pour les agents de la France libre et des Mouvements unis de la Résistance.


Contexte du décès

Jean Moulin est arrêté le 21 juin 1943 au cabinet du docteur Frédéric Dugoujon à Caluire-et-Cuire, lors d'une réunion de l'état-major résistant. Identifié comme "Max" par la Gestapo de Lyon dirigée par Klaus Barbie, il est torturé au siège de la Gestapo à Lyon, puis transféré à Paris. Il meurt vraisemblablement le 8 juillet 1943 en gare de Metz, lors de son transfert en Allemagne. Son corps, rapatrié à Paris le 9 juillet et incinéré aussitôt, n'a jamais été identifié avec certitude. Les hommages institutionnels sont rendus par André Malraux et le général de Gaulle lors du transfert de ses cendres présumées au Panthéon le 19 décembre 1964.


Lieux de mémoire

Les cendres présumées de Jean Moulin reposent dans un cénotaphe au Panthéon à Paris depuis le 19 décembre 1964. Une plaque commémorative a été posée en 2020 sur l'ancien emplacement de l'urne au columbarium du Père-Lachaise. Quatre musées lui consacrent un espace spécifique en France, dont le musée Jean Moulin de Paris.


Anecdotes

1 - Dès 15 ans, Jean Moulin publie des dessins dans la presse satirique parisienne : le premier parut dans La Baïonnette le 28 octobre 1915, plusieurs années avant l'ouverture de sa carrière administrative.
2 - Son journal écrit à Chartres en juin 1940, publié sous le titre Premier combat aux Editions de Minuit en 1947, relate heure par heure le refus de signer le document allemand et la tentative de suicide qui s'ensuit. Le manuscrit avait été confié à sa soeur Laure pour mise en sécurité.
3 - La galerie Romanin de Nice, inaugurée le 9 février 1943, exposait lors de sa dernière programmation, du 3 au 30 juin 1943, des oeuvres de Renoir, Picasso, Utrillo et Valadon. Jean Moulin fut arrêté dix-huit jours avant la clôture prévue.
4 - Son corps n'ayant jamais été identifié avec certitude, l'urne transférée au Panthéon le 19 décembre 1964 ne contient que ses "cendres présumées", selon la formulation officielle retenue par l'Etat français.
5 - Les insignes de Compagnon de la Libération lui sont remis par le général de Gaulle en personne dans son salon de Hampstead à Londres, en février 1943, lors de son second séjour londonien, avant son départ pour la mission qui lui sera fatale.


Points clés

- Métier(s) : haut fonctionnaire (préfet), résistant, dessinateur-caricaturiste
- Résidence principale : Béziers, puis Saint-Andiol (résidence familiale), Chartres (fonction)
- Relations de couple : marié à Marguerite Cerruti (1926-1928, divorce) ; liaison avec Marie-Gilberte Riedlinger (1937-1943)
- Enfants : aucun documenté
- Distinctions : Compagnon de la Libération (1942), officier de la Légion d'honneur, Médaille militaire, Croix de guerre 1939-45, général de division à titre posthume (1946)


Postérité

2 279 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des personnalités avec le plus de voies à leur nom en France

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Autres responsables politiques nés dans les années 1890

Citations

Je suis de ceux qui pensent que la Republique ne doit pas renier ses origines et qu'elle doit, tout au contraire, se pencher avec fidelite, avec respect, sur les grandes heures qui ont marque sa naissance.

— Discours au banquet Marceau, 5 mars 1939 (reproduit par la LICRA)

Il est des heures ou servir son pays, a quelque poste que ce soit, a un tel caractere d'imperieuse obligation que c'est tout naturellement et avec enthousiasme que les hommes de bonne volonte trouvent les forces necessaires a l'accomplissement de leur tache.

— Discours au banquet Marceau, 5 mars 1939, cite dans Premier combat

Pendant sept heures j'ai ete mis a la torture physiquement et mentalement. Je sais qu'aujourd'hui je suis alle jusqu'a la limite de la resistance. Je sais aussi que demain, si cela recommence, je finirai par signer. Et pourtant, je ne peux pas etre complice de cette monstrueuse machination.

— Premier combat, Editions de Minuit, 1947 (ecrit a Saint-Andiol en 1941)

Je ne savais pas que c'était si simple de faire son devoir quand on est en danger.
Je suis de ceux qui pensent que la Republique ne doit pas renier ses origines et qu'elle doit, tout au contraire, se pencher avec fidelite, avec respect, sur les grandes heures qui ont marque sa naissance.

— Discours au banquet Marceau, 5 mars 1939 (reproduit par la LICRA)

Il est des heures ou servir son pays, a quelque poste que ce soit, a un tel caractere d'imperieuse obligation que c'est tout naturellement et avec enthousiasme que les hommes de bonne volonte trouvent les forces necessaires a l'accomplissement de leur tache.

— Discours au banquet Marceau, 5 mars 1939, cite dans Premier combat

Pendant sept heures j'ai ete mis a la torture physiquement et mentalement. Je sais qu'aujourd'hui je suis alle jusqu'a la limite de la resistance. Je sais aussi que demain, si cela recommence, je finirai par signer. Et pourtant, je ne peux pas etre complice de cette monstrueuse machination.

— Premier combat, Editions de Minuit, 1947 (ecrit a Saint-Andiol en 1941)

Je ne savais pas que c'était si simple de faire son devoir quand on est en danger.

Questions autour de Jean Moulin

Quel était le pseudonyme de Jean Moulin dans la Résistance ?
Jean Moulin opérait sous plusieurs pseudonymes successifs, dont Régis, Rex et Max, ce dernier étant celui sous lequel il fut identifié et arrêté par la Gestapo en 1943.
Pourquoi Jean Moulin est-il entré au Panthéon ?
Jean Moulin a été transféré au Panthéon le 19 décembre 1964, lors du vingtième anniversaire de la Libération, sur décision du président Charles de Gaulle. André Malraux a prononcé le discours de panthéonisation.
Qu'a créé Jean Moulin pendant la Résistance ?
Jean Moulin a fondé le Conseil national de la Résistance (CNR), dont il a présidé la première réunion le 27 mai 1943 à Paris. Il a également unifié les mouvements de résistance de la zone sud au sein des Mouvements unis de la Résistance en janvier 1943.
Jean Moulin a-t-il exercé une activité artistique ?
Oui. Sous le pseudonyme Romanin, Jean Moulin a publié des caricatures et dessins dans la presse satirique (Le Rire, La Baïonnette, Gringoire) à partir de 1915. Il était également collectionneur d'art contemporain et a ouvert en 1943 la galerie Romanin à Nice, qui lui servait de couverture pour ses activités clandestines.
Jean Moulin a-t-il été marié ?
Jean Moulin a épousé Marguerite Cerruti le 27 septembre 1926 à Betton-Bettonet, en Savoie. Le divorce a été prononcé le 19 juin 1928 par le tribunal de Chambéry. Il n'a pas eu d'enfants documentés.
Qui est né le même jour que Jean Moulin ?
Martin Landau, Gonçalo Ramos, Tonya Kinzinger, Olympia Dukakis et Les Minions sont nés le 20 juin comme Jean Moulin.
À quel âge est mort Jean Moulin ?
Jean Moulin est mort à 44 ans, le 8 juillet 1943.
Qui est mort le même jour que Jean Moulin ?
Pete Conrad, José Eduardo dos Santos, Gérard Bourgeois, Vivien Leigh et Brassaï sont morts le 8 juillet comme Jean Moulin.
Quels responsables politiques sont nés à Béziers comme Jean Moulin ?
Quels responsables politiques français sont du signe Gémeaux comme Jean Moulin ?
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