Naissance
24 mai 1743
Boudry, Suisse
Décès
Nationalité
Astrologie

Biographie

Médecin, journaliste et homme politique français d'origine neuchâteloise, Jean-Paul Marat est l'une des figures les plus polarisantes de la Révolution française. Député montagnard à la Convention, il fonde et rédige le journal L'Ami du peuple. Il meurt assassiné dans sa baignoire le 13 juillet 1793.


Parcours

Né le 24 mai 1743 à Boudry, dans la principauté de Neuchâtel, Jean-Paul Marat quitte sa famille à seize ans pour devenir précepteur des enfants du grand armateur bordelais Pierre-Paul Nairac, expérience qui le marque sur la question de l'esclavage. Après des études à Paris entre 1762 et 1765, il s'installe en Angleterre, où il exerce comme médecin à Londres puis à Newcastle. Il publie anonymement en 1772 An Essay on the Human Soul, puis en 1773 A Philosophical Essay on Man, ouvrages dans lesquels il se présente en disciple de Jean-Jacques Rousseau et attaque Claude-Adrien Helvétius et Voltaire. En 1774, il fait paraître à Londres The Chains of Slavery, dans le contexte de la campagne électorale de John Wilkes. Il obtient son diplôme de médecin à l'université de St Andrews en juin 1775, puis s'installe à Paris l'année suivante.

En 1777, le comte d'Artois, frère de Louis XVI, lui octroie le brevet de médecin de ses gardes du corps. Marat ouvre un cabinet d'expériences où il mène des recherches en physique sur le feu, la lumière et l'électricité médicale, ses travaux étant couronnés par l'Académie de Rouen en 1783. En 1779, Benjamin Franklin assiste à ses expériences chez le marquis de L'Aubespine. Il perd sa charge auprès du comte d'Artois en 1784. À l'été 1789, il publie L'Offrande à la Patrie, puis lance en septembre le Publiciste parisien, rapidement connu sous le titre L'Ami du peuple. De septembre 1789 à septembre 1792, il fait paraître 685 numéros depuis lesquels il défend la cause des citoyens passifs, attaque Jacques Necker et appelle à des mesures de plus en plus radicales contre les ennemis présumés de la Révolution.


Controverse

Le rôle de Jean-Paul Marat dans les massacres de Septembre 1792 a fait l'objet d'un débat historiographique durable. Membre du Comité de surveillance de la Commune de Paris à partir du 2 septembre 1792, il signe la circulaire du 3 septembre, imprimée sur ses propres presses et envoyée aux départements pour appeler à la généralisation des exécutions de prisonniers. Environ 1 500 personnes périssent à Paris entre le 2 et le 6 septembre. Les historiens depuis les travaux de Louis Gottschalk dans les années 1930 et de Gérard Walter ont relativisé sa responsabilité directe sans la nier. Le 13 avril 1793, sur dénonciation des députés girondins Élie Guadet et Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède, la Convention décrète sa mise en accusation par 220 voix contre 93. Acquitté par le Tribunal révolutionnaire le 24 avril 1793, Marat est porté en triomphe par ses partisans.


Repères chronologiques

1743 : naissance à Boudry, principauté de Neuchâtel, le 24 mai.
1759 : départ de Neuchâtel, devient précepteur chez Pierre-Paul Nairac à Bordeaux.
1772 : publication anonyme à Londres d'An Essay on the Human Soul.
1774 : parution des Chains of Slavery à Londres.
1775 : obtention du diplôme de médecin à l'université de St Andrews.
1777 : nommé médecin des gardes du corps du comte d'Artois.
1780 : publication du Plan de législation criminelle.
1783 : ses travaux sur l'électricité médicale sont couronnés par l'Académie de Rouen.
1789 : lancement du Publiciste parisien, futur L'Ami du peuple, en septembre.
1792 : élu député de Paris à la Convention nationale en septembre.
1793 : acquittement par le Tribunal révolutionnaire le 24 avril.
1793 : assassinat par Charlotte Corday le 13 juillet, rue des Cordeliers à Paris.
1794 : transfert de ses restes au Panthéon le 21 septembre.
1795 : dépanthéonisation décidée par la Convention le 8 février.


Vie personnelle et engagements

Jean-Paul Marat est le fils aîné de Jean-Baptiste Marat, prêtre mercédaire défroqué d'origine sarde né à Cagliari en 1704, devenu dessinateur en indiennes après sa conversion au calvinisme, et de la Genevoise Louise Cabrol, dont la famille calviniste était originaire du Rouergue. La famille italienne Mara francise son nom en Marat. Son frère cadet David de Boudry, né en 1756, devient professeur de littérature française au lycée impérial de Tsarskoïe Selo, en Russie. Le futur conventionnel reçoit d'abord une instruction familiale avant de poursuivre ses études au collège de Neuchâtel, qu'il quitte en 1759. Sa compagne durant les dernières années de sa vie est Simone Évrard, dite la « veuve Marat », qui partage son domicile rue des Cordeliers à Paris.

Reçu franc-maçon à Londres dans une loge se réunissant à la taverne King's Head sur Gerrard Street à Soho, probablement la loge francophone Espérance, Marat noue à Paris des relations scientifiques avec Benjamin Franklin et Jean-Baptiste Le Roy, qui assistent à ses expériences sur la lumière en 1779. Dans les années 1780, il soigne la marquise Claire de Choiseul de L'Aubespine, qui le soutient financièrement. Disciple de Jean-Jacques Rousseau et lecteur attentif de Montesquieu, il s'engage publiquement contre l'esclavage dès 1785 dans un éloge présenté à l'Académie de Bordeaux, puis défend la cause des gens de couleur libres et soutient les insurgés de Saint-Domingue à partir de 1791.


Contexte du décès

Jean-Paul Marat souffre depuis 1792 d'une grave maladie de peau, longtemps attribuée à un eczéma, à la gale ou à une dermatite herpétiforme. Les analyses métagénomiques publiées en 2020 par l'équipe de Carles Lalueza-Fox et de Philippe Charlier, conduites sur le sang séché du journal qu'il annotait au moment de sa mort, ont retenu l'hypothèse d'une dermatite séborrhéique causée par le champignon Malassezia restricta, surinfectée par des bactéries opportunistes. Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday, originaire de Caen et proche des Girondins réfugiés, le poignarde dans sa baignoire au 30 rue des Cordeliers ; la lame traverse le poumon droit, l'aorte et le cœur. Le peintre Jacques-Louis David, conventionnel et dernier visiteur de Marat la veille, organise les funérailles et immortalise la scène dans La Mort de Marat.


Lieux de mémoire

Inhumé d'abord dans le jardin du couvent des Cordeliers, Jean-Paul Marat est transféré au Panthéon le 21 septembre 1794. Dépanthéonisé le 8 février 1795 sous la réaction thermidorienne, son corps est inhumé au cimetière de Saint-Étienne-du-Mont, sur la montagne Sainte-Geneviève à Paris. Lors de la suppression du cimetière, ses ossements ont été versés aux catacombes de Paris.


Anecdotes

1 - Avant la Révolution, Jean-Paul Marat tenta de se faire reconnaître une noblesse espagnole apocryphe et fit graver un blason que l'on retrouve sur sa correspondance entre 1778 et 1789, ornée d'une couronne de comte et de la signature « M. de Marat ».
2 - Croyant ses jours menacés par la maladie à l'été 1788, il rédigea son testament et le confia à l'horloger suisse Abraham Breguet, alors installé à Paris quai de l'Horloge.
3 - Pendant l'automne 1789, poursuivi par le marquis de La Fayette, Marat se cacha plusieurs semaines dans les caves et les égouts de Paris, expérience qu'il accusa plus tard d'avoir aggravé sa maladie de peau.
4 - L'analyse génétique de 2020 a établi sur 72 millions de séquences humaines une ascendance hétérogène cohérente avec ses origines familiales : mère française, père né en Sardaigne.
5 - En 1779, Benjamin Franklin assista à l'une de ses expériences sur le feu à l'aide d'un microscope solaire inventé par Marat, qui projeta sur le crâne chauve du savant américain des « vapeurs ondulantes » censées rendre visible la chaleur.
6 - Sous la Terreur, plusieurs communes furent rebaptisées en hommage à Marat, dont Saint-Maximin-la-Sainte-Baume devenue Marathon, et le cuirassé russe Petropavlovsk porta le nom de Marat de 1921 à 1952.


Points clés

- Métier(s) : médecin, physicien, journaliste, homme politique.
- Résidence principale : Paris, rue des Cordeliers.
- Relations de couple : Simone Évrard, compagne jusqu'à sa mort.
- Enfants : aucun enfant documenté.
- Distinctions : couronné par l'Académie de Rouen en 1783 ; panthéonisé du 21 septembre 1794 au 8 février 1795.


Postérité

17 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Autres médecins

Citations

« Qu'aurons-nous gagné à détruire l'aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l'aristocratie des riches ? »

— L'Ami du peuple, supplique du citoyen passif, 1789

« Tu te laisseras donc toujours duper, peuple babillard et stupide. Tu ne comprendras jamais qu'il faut te défier de ceux qui te flattent. »

— L'Ami du peuple, 1791 (citation gravée sur le socle de la statue de Vizille)

« La contre-révolution est dans la Convention nationale. Levons-nous, oui levons-nous tous ! Mettons en état d'arrestation tous les ennemis de notre Révolution et toutes les personnes suspectes. »

— Circulaire signée Marat, président des Jacobins, 5 avril 1793

« Le droit de posséder découle de celui de vivre : ainsi, tout ce qui est indispensable à notre existence est à nous, et rien de superflu ne saurait nous appartenir légitimement tandis que d'autres manquent du nécessaire. »

— Plan de législation criminelle, 1780

C'est par la violence que l'on doit établir la liberté.
Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir.
Tout pouvoir qui ne tolère que nos faiblesses doit être détruit.
Quelquefois les plus petits ressorts font mouvoir les plus grandes machines.
La trop grande sécurité des peuples est toujours l'avant coureur de leur servitude.
La trop grande sécurité des peuples est toujours l'avant-coureur de leur servitude.
Il semble que ce soit le sort inévitable de l'homme de ne pouvoir être libre nulle part.
« Qu'aurons-nous gagné à détruire l'aristocratie des nobles, si elle est remplacée par l'aristocratie des riches ? »

— L'Ami du peuple, supplique du citoyen passif, 1789

« Tu te laisseras donc toujours duper, peuple babillard et stupide. Tu ne comprendras jamais qu'il faut te défier de ceux qui te flattent. »

— L'Ami du peuple, 1791 (citation gravée sur le socle de la statue de Vizille)

« La contre-révolution est dans la Convention nationale. Levons-nous, oui levons-nous tous ! Mettons en état d'arrestation tous les ennemis de notre Révolution et toutes les personnes suspectes. »

— Circulaire signée Marat, président des Jacobins, 5 avril 1793

« Le droit de posséder découle de celui de vivre : ainsi, tout ce qui est indispensable à notre existence est à nous, et rien de superflu ne saurait nous appartenir légitimement tandis que d'autres manquent du nécessaire. »

— Plan de législation criminelle, 1780

C'est par la violence que l'on doit établir la liberté.
Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir.
Tout pouvoir qui ne tolère que nos faiblesses doit être détruit.
Quelquefois les plus petits ressorts font mouvoir les plus grandes machines.
La trop grande sécurité des peuples est toujours l'avant coureur de leur servitude.
La trop grande sécurité des peuples est toujours l'avant-coureur de leur servitude.
Il semble que ce soit le sort inévitable de l'homme de ne pouvoir être libre nulle part.

Questions autour de Jean-Paul Marat

Qui a tué Jean-Paul Marat ?
Jean-Paul Marat a été assassiné le 13 juillet 1793 par Charlotte Corday, une jeune femme de la noblesse de Caen sympathisante des Girondins, qui le poignarda dans sa baignoire au 30 rue des Cordeliers à Paris.
Pourquoi Jean-Paul Marat prenait-il des bains ?
Jean-Paul Marat souffrait d'une grave maladie de peau, identifiée par les analyses génétiques de 2020 comme une probable dermatite séborrhéique causée par le champignon Malassezia restricta. Les bains au soufre soulageaient ses démangeaisons et ses ulcères.
Quel journal Jean-Paul Marat a-t-il fondé ?
Jean-Paul Marat a fondé en septembre 1789 le Publiciste parisien, rapidement connu sous le titre L'Ami du peuple. Il en publia 685 numéros jusqu'en septembre 1792, en faisant l'un des journaux les plus lus de la Révolution.
Quel rôle a joué Jean-Paul Marat sous la Révolution française ?
Médecin devenu journaliste politique, Jean-Paul Marat fut député montagnard à la Convention nationale à partir de septembre 1792. Il défendit les sans-culottes, vota la mort de Louis XVI et combattit la faction girondine jusqu'à son assassinat.
Jean-Paul Marat est-il enterré au Panthéon ?
Jean-Paul Marat a été transféré au Panthéon le 21 septembre 1794, mais il en a été retiré le 8 février 1795 sous la réaction thermidorienne. Ses restes furent inhumés au cimetière de Saint-Étienne-du-Mont avant d'être versés aux catacombes de Paris.
Quelles études Jean-Paul Marat a-t-il faites ?
Jean-Paul Marat étudia les sciences naturelles et la médecine à Paris entre 1762 et 1765, puis exerça à Londres et à Newcastle. Il obtint son diplôme officiel de médecin à l'université de St Andrews, en Écosse, en juin 1775.
Qui est né le même jour que Jean-Paul Marat ?
Dominique Lavanant, Michael Lonsdale, Eric Close, Jackie Berroyer et Cecilia Cheung sont nés le 24 mai comme Jean-Paul Marat.
À quel âge est mort Jean-Paul Marat ?
Jean-Paul Marat est mort à 50 ans, le 13 juillet 1793.
Qui est mort le même jour que Jean-Paul Marat ?
Frida Kahlo, Rachi, Nancy Sinatra (Barbato), Shannen Doherty et Arnold Schönberg sont morts le 13 juillet comme Jean-Paul Marat.
Quels médecins français sont du signe Gémeaux comme Jean-Paul Marat ?
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