Jean-Pierre Marielle, acteur français né le 12 avril 1932 à Paris et décédé le 24 avril 2019 à Saint-Cloud, est l'une des voix les plus singulières du cinéma national : grave, caverneuse, souvent imitée. Formé au Conservatoire aux côtés de Jean-Paul Belmondo et Jean Rochefort, il a joué dans plus d'une centaine de films en plus de cinquante ans de carrière.
Enfant élevé à Précy-le-Sec, dans l'Yonne, Jean-Pierre Marielle grandit avec sa mère et sa grand-mère tandis que son père, l'industriel Georges Marielle, travaille à Paris. Destiné à des études littéraires, il est encouragé par un professeur du lycée Carnot de Dijon à se tourner vers le théâtre après avoir monté quelques pièces de Tchekhov avec ses camarades. Arrivé à Paris au début des années 1950, il intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique, où il noue une amitié durable avec Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort et Bruno Cremer, fondateurs de la « bande du Conservatoire ». Il en sort en 1954 avec le second prix de comédie classique, avant d'intégrer la compagnie Grenier-Hussenot, où il contribue notamment à faire découvrir Harold Pinter au public français. Ses débuts au cinéma, à partir de 1957 dans des petits rôles sous la direction d'Henri Decoin, le laissent insatisfait : il se tourne un temps vers le cabaret aux côtés de Guy Bedos avant de revenir aux plateaux.
C'est dans les années 1970 que sa carrière prend son envol. Sous la direction de Philippe de Broca dans Le Diable par la queue (1969), puis de Bertrand Tavernier dans Que la fête commence (1974), il s'impose dans des rôles de composition à la fois truculents et précis. Les Galettes de Pont-Aven (1975) de Joël Séria, film avec lequel il obtient sa première nomination aux César, confirme son registre : l'homme ordinaire débordant de contradictions. La décennie suivante lui apporte des rôles marquants dans Coup de torchon (1981) de Tavernier — double composition où il joue deux frères aux antipodes — et Quelques jours avec moi (1988) de Claude Sautet, face à Daniel Auteuil et Sandrine Bonnaire. C'est en 1991 qu'il livre sa prestation la plus unanimement reconnue : le violiste Jean de Sainte-Colombe dans Tous les matins du monde d'Alain Corneau, film qui attire plus de deux millions de spectateurs et remporte sept César en 1992, sans que Marielle — grand favori — ne reçoive celui du meilleur acteur, attribué à Jacques Dutronc.
1932 : naissance le 12 avril à Paris 13e, de Georges Marielle, industriel, et de Josette Coulbois, couturière
1950 : intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris
1954 : obtient le second prix de comédie classique ; rejoint la compagnie Grenier-Hussenot
1957 : débuts au cinéma sous la direction d'Henri Decoin ; premier mariage avec la comédienne Noëlle Leiris (Noëlle Wolff)
1969 : rôle dans Le Diable par la queue de Philippe de Broca, premier grand rôle au cinéma
1974 : Que la fête commence de Bertrand Tavernier et La Valise de Georges Lautner, deux films qui l'installent dans le paysage du cinéma populaire
1975 : Les Galettes de Pont-Aven de Joël Séria ; première nomination aux César du meilleur acteur
1980 : naissance de son fils François-Arthur, de son union avec Catherine-Françoise Burette
1986 : chevalier de l'ordre national du Mérite
1987 : Les mois d'avril sont meurtriers de Laurent Heynemann ; prix d'interprétation au MystFest
1991 : Tous les matins du monde d'Alain Corneau ; sept César pour le film, Marielle nommé meilleur acteur
1992 : 7 d'or du meilleur comédien pour La Controverse de Valladolid (France 2) ; chevalier de la Légion d'honneur
1994 : Molière du comédien pour Le Retour d'Harold Pinter, mis en scène par Bernard Murat
1995 : commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres ; Gobelet d'or du meilleur acteur au Festival de Shanghai pour Les Milles
2003 : mariage avec la comédienne Agathe Natanson, le 14 octobre, à Florence
2007 : officier de la Légion d'honneur
2008 : Lumière d'honneur pour l'ensemble de sa carrière
2019 : décès le 24 avril à l'hôpital des Quatre Villes de Saint-Cloud, des suites d'une septicémie liée à la maladie d'Alzheimer
Jean-Pierre Marielle est le fils de Georges Marielle, industriel dirigeant une entreprise agroalimentaire à Paris, et de Josette Coulbois, couturière établie à Précy-le-Sec dans l'Yonne, où il passe son enfance. Il a été marié quatre fois : à la comédienne Noëlle Leiris (1957–1967), à Michelle Charlotte Bompart (1972–1973), à Catherine-Françoise Burette (1979–1983), avec qui il a son unique enfant, François-Arthur, né en 1980, et enfin à la comédienne Agathe Natanson, épousée en octobre 2003 à Florence. Cette dernière, ancienne compagne d'Henri Piégay et mère de deux enfants d'une précédente union, est rencontrée sur scène à la fin des années 1990 grâce à Jean-Paul Belmondo, ami commun de longue date.
Le couple Marielle-Natanson réside dans un appartement parisien proche du stade Roland-Garros. Les deux comédiens partagent la scène à plusieurs reprises, notamment dans Les Mots et la Chose de Jean-Claude Carrière (2007) et Love Letters d'A. R. Gurney (2014) au Théâtre Antoine. Discret sur sa maladie, Jean-Pierre Marielle apparaît publiquement en 2014 et 2017 lors des galas de l'Association pour la recherche sur Alzheimer, aux côtés de son ami Jean Rochefort. En 2014, il est membre du comité de soutien à la candidature d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris.
Atteint de la maladie d'Alzheimer depuis plusieurs années, Jean-Pierre Marielle décède le 24 avril 2019 à 16h24 à l'hôpital des Quatre Villes de Saint-Cloud, des suites d'une septicémie. Son épouse Agathe Natanson annonce le décès par communiqué, précisant que les obsèques se tiendraient dans la stricte intimité. Jean-Paul Belmondo, qui avait déclaré être « effondré », salue la mémoire d'un « grand comédien, une forte personnalité ». Fabrice Luchini lui rend hommage sur CNews, soulignant son caractère « singulier » et « très raffiné ». Le ministre de la Culture Franck Riester le qualifie d'« acteur généreux, toujours juste et inattendu ».
Jean-Pierre Marielle est inhumé à Précy-le-Sec, dans l'Yonne, village d'enfance où résidait sa mère, dans le caveau familial. Aucun mémorial public ni lieu de commémoration officielle n'a été établi à ce jour. En 2024, Agathe Natanson publie aux éditions du Seuil Chantons sous les larmes — Lettres à Jean-Pierre Marielle, témoignage consacré à l'acteur.
1 - Au Conservatoire dans les années 1950, Jean-Pierre Marielle devait jouer le personnage de Lafleur dans Cartouche aux côtés de Jean-Paul Belmondo. Ne pouvant honorer l'engagement, il suggère lui-même le nom de Jean Rochefort au réalisateur — lançant ainsi la carrière de ce dernier.
2 - Dans les exercices de Molière au Conservatoire, ses professeurs lui attribuaient systématiquement les rôles de vieillards, en raison de son timbre vocal précocement grave — une voix caverneuse qui lui permettra, dès les débuts, d'incarner des personnages bien plus âgés que lui.
3 - Nommé sept fois aux César sans jamais remporter la statuette, il revendique de n'avoir jamais assisté à la cérémonie : il déclare ne pas être « un acteur de tombola » et considère que la seule récompense est « quand le public passe un bon moment ».
4 - Tous les matins du monde (1991) devient le succès inattendu de l'année avec plus de deux millions d'entrées ; le César du meilleur acteur, que tous lui prédisent, est finalement décerné à Jacques Dutronc pour son interprétation de Van Gogh chez Maurice Pialat.
5 - En 2012, l'Académie Charles-Cros lui décerne un Coup de cœur pour sa lecture enregistrée de Cher amour de Bernard Giraudeau, illustrant un versant méconnu de son talent : la littérature sonore.
- Métier(s) : acteur de cinéma et de théâtre
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Noëlle Leiris (1957–1967), Michelle Charlotte Bompart (1972–1973), Catherine-Françoise Burette (1979–1983), Agathe Natanson (2003–2019)
- Enfants : François-Arthur Marielle (né en 1980, avec Catherine-Françoise Burette)
- Distinctions : 7 d'or du meilleur comédien (1992) ; Molière du comédien (1994) ; Gobelet d'or du meilleur acteur — Festival de Shanghai (1995) ; Lumière d'honneur (2008) ; chevalier puis officier de la Légion d'honneur (1992, 2007) ; officier de l'ordre national du Mérite (1997) ; commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (1995) ; sept nominations aux César
Portrait mis à jour le 10 avril 2026.
Avec moi, ça vient du cœur ou du fusil.
Un film, il faut que ce soit une rencontre.
J'ai le sentiment d'être toujours un peu cancre.
C'est ce que j'aime le plus dans la vie : trainer.
Je suis un misanthrope mondain, un solitaire bavard.
Les César ? J'en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola.
Franchement, Jean Dujardin, Gilles Lellouche : ils sont loin d'un Depardieu.
Mon intérêt pour ce métier ne faiblit pas ; quand on a eu la chance de le faire, il faut le reconnaître.
A quoi bon avoir des amis qui pourraient être n'importe qui ? C'est leur singularité qui les rend aimables.
Il faut avoir le respect du metteur en scène, mais si on tourne avec un nase ou un nul, on le sait tout de suite.
Ah ! Ah ! J'adore ça, jouer les cons ! Et puis ça me convient bien, en plus. J'ai pas à forcer sur la composition !
J'ai aimé jouer des personnages caricaturaux : il est plus simple d'ajouter des couches d'habits à sa personnalité plutôt que de la déshabiller d'emblée.
Pour un acteur, ce n'est pas très intéressant de jouer un type sympa. L'instabilité, le trouble sont beaucoup plus riches. Et surtout, c'est bien de varier.
Les gens me trouvent sympathique, oui. Ils sont très gentils avec moi. Je suppose qu'ils doivent se dire que je suis comme eux, j'en fais pas des tonnes, quoi.
Avec moi, ça vient du cœur ou du fusil.
Un film, il faut que ce soit une rencontre.
J'ai le sentiment d'être toujours un peu cancre.
C'est ce que j'aime le plus dans la vie : trainer.
Je suis un misanthrope mondain, un solitaire bavard.
Les César ? J'en ai rien à foutre, je ne suis pas un acteur de tombola.
Franchement, Jean Dujardin, Gilles Lellouche : ils sont loin d'un Depardieu.
Mon intérêt pour ce métier ne faiblit pas ; quand on a eu la chance de le faire, il faut le reconnaître.
A quoi bon avoir des amis qui pourraient être n'importe qui ? C'est leur singularité qui les rend aimables.
Il faut avoir le respect du metteur en scène, mais si on tourne avec un nase ou un nul, on le sait tout de suite.
Ah ! Ah ! J'adore ça, jouer les cons ! Et puis ça me convient bien, en plus. J'ai pas à forcer sur la composition !
J'ai aimé jouer des personnages caricaturaux : il est plus simple d'ajouter des couches d'habits à sa personnalité plutôt que de la déshabiller d'emblée.
Pour un acteur, ce n'est pas très intéressant de jouer un type sympa. L'instabilité, le trouble sont beaucoup plus riches. Et surtout, c'est bien de varier.
Les gens me trouvent sympathique, oui. Ils sont très gentils avec moi. Je suppose qu'ils doivent se dire que je suis comme eux, j'en fais pas des tonnes, quoi.