Né à La Ferté-Milon, Jean Racine impose au XVIIe siècle une tragédie d’une précision psychologique rare. Entre Port-Royal, la scène parisienne et la cour de Louis XIV, il façonne un classicisme fondé sur la passion, la langue et la tension morale.
Orphelin très jeune, Racine est formé dans l’orbite de Port-Royal, où il acquiert une culture grecque et latine qui marque durablement sa poétique. Après des études à Paris, il s’oriente vers le théâtre et s’impose rapidement. Ses débuts avec La Thébaïde puis Alexandre le Grand ouvrent une période de création intense, dominée par l’analyse des passions et l’économie de l’action. Le succès d’Andromaque confirme sa place sur la scène parisienne et installe une écriture resserrée, attentive à la culpabilité, au désir et à la fatalité. Avec Britannicus et Bérénice, il met en jeu le pouvoir, la raison d’État et la renonciation amoureuse, sans renoncer à la clarté de l’alexandrin. Les tragédies Bajazet et Iphigénie élargissent encore son répertoire, entre exotisme de cour et réécriture des mythes antiques. Il explore aussi la comédie avec Les Plaideurs, exception dans une œuvre surtout tragique.
Élu à l’Académie française en 1673, Racine bénéficie du soutien de Louis XIV et devient historiographe du roi avec Boileau, ce qui ralentit sa production dramatique. En 1677, il donne Phèdre, sommet de sa réflexion sur le désir et la faute, puis se retire en grande partie du théâtre public. À la demande de Madame de Maintenon, il revient toutefois à la scène avec deux œuvres bibliques destinées aux pensionnaires de Saint-Cyr, Esther et Athalie, qui renouvellent le tragique par le chœur et la dimension spirituelle. Ses dernières années sont marquées par un rapprochement avec Port-Royal et par l’écriture d’un Abrégé de l’histoire de Port-Royal, publié après sa mort. Enterré d’abord à Port-Royal-des-Champs, il sera ensuite transféré à l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris. Ses tragédies restent parmi les plus jouées. Son influence, portée par la Comédie-Française et l’école, fait de son style une référence du classicisme.
1639 : naissance à La Ferté-Milon (Picardie, France)
1655 : retour aux Petites écoles de Port-Royal-des-Champs
1664 : création de La Thébaïde
1665 : création d’Alexandre le Grand
1667 : succès d’Andromaque
1668 : création de la comédie Les Plaideurs
1669 : création de Britannicus
1670 : création de Bérénice
1673 : élu à l’Académie française
1677 : création de Phèdre ; mariage avec Catherine de Romanet
1689 : création d’Esther pour Saint-Cyr
1699 : mort à Paris ; inhumation à Port-Royal-des-Champs
1711 : transfert des restes à l’église Saint-Étienne-du-Mont (Paris)
Fils de Jean Racine et de Jeanne Sconin, il perd sa mère en 1641 puis son père en 1643 et grandit sous la tutelle familiale, avec un lien durable à Port-Royal. Installé à Paris, il fréquente les milieux littéraires et la cour, tout en conservant une sensibilité religieuse issue de sa formation. En 1677, il épouse Catherine de Romanet. Le couple a sept enfants, dont plusieurs filles entreront dans les ordres. Il mène alors une vie familiale réputée régulière. Ses lettres et son testament témoignent d’une piété affirmée à la fin de sa vie.
Nommé historiographe du roi, il participe à la mise en récit officielle du règne, mission qu’il exerce aux côtés de Boileau. Dans les années 1680-1690, il soutient Port-Royal et tente d’obtenir des protections pour le monastère, engagement qui le met en délicatesse avec certains relais de pouvoir. Il écrit aussi, pour un cercle restreint, un Abrégé de l’histoire de Port-Royal, diffusé après sa disparition. Au sein de sa famille, il exhorte ses enfants à une discipline religieuse stricte. Ses pièces sacrées pour Saint-Cyr s’inscrivent dans ce retour public à une inspiration biblique et morale, sans abandonner les exigences de la scène.
À La Ferté-Milon (Aisne), la maison natale et le musée Jean-Racine rappellent ses origines. À Paris, la rue Visconti (ancienne rue des Marais-Saint-Germain) conserve une plaque signalant le lieu de sa mort, et la Comédie-Française demeure un repère pour ses représentations. L’église Saint-Étienne-du-Mont abrite sa sépulture actuelle. Le site de Port-Royal-des-Champs, à Magny-les-Hameaux, éclaire sa formation et ses liens spirituels.
À la fin de sa vie, Racine souffre d’une affection du foie décrite comme un abcès ou une tumeur. Il meurt à Paris, dans le quartier de Saint-Sulpice, après une aggravation progressive de son état. Conformément à son souhait, le roi autorise son inhumation à Port-Royal-des-Champs, près de son ancien maître Jean Hamon, signe public de l’importance que le lieu a gardée dans son parcours. Les cérémonies restent celles d’un homme de lettres proche de la cour, mais attaché à une sobriété religieuse.
On peut se recueillir à Paris, à l’église Saint-Étienne-du-Mont, où ses restes ont été transférés après la destruction de Port-Royal-des-Champs. Le site historique de Port-Royal-des-Champs, aujourd’hui lieu de mémoire et de visite, permet également d’évoquer encore son éducation, ses soutiens au monastère et la première inhumation accordée à sa demande.
1 - Seule incursion comique, Les Plaideurs (1668) tranche avec ses tragédies : Racine y transpose librement Aristophane et fait de la « chicane » un ressort burlesque, tout en gardant une langue très travaillée.
2 - Commandée pour l’institution de Saint-Cyr, Esther (1689) est jouée par les pensionnaires devant la cour ; l’œuvre illustre le retour de Racine à un théâtre biblique, adapté à un cadre éducatif et religieux.
3 - À Paris, une plaque au-dessus d’une ancienne blanchisserie de la rue Visconti indique le lieu traditionnellement retenu pour sa mort, rappel discret que l’écrivain a vécu et fini ses jours dans le tissu urbain de Saint-Germain.
4 - D’abord inhumé à Port-Royal-des-Champs, il est transféré ensuite à l’église Saint-Étienne-du-Mont : sa tombe se trouve près de celle de Blaise Pascal, autre figure associée à l’histoire de Port-Royal.
- Métier(s) : dramaturge, poète, historiographe du roi
- Résidence principale : Paris (France)
- Relations : Catherine de Romanet (épouse)
- Enfants : sept enfants
- Distinctions : Académie française (élu en 1673)
171 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
On ne peut vaincre sa destinée.
Point d'argent, point de Suisse.
On apprend à hurler avec les loups.
La vérité s'accorde avec la renommée.
Qui veut voyager loin ménage sa monture.
Si Titus est jaloux, Titus est amoureux.
Je l'ai trop aimé pour ne point le haïr.
La raison n'agit point sur une populace.
Si je la haïssais, je ne la fuirais pas.
Il commande au soleil d'animer la nature.
Ainsi que la vertu le crime a ses degrés.
Ainsi que par César, on jure par sa mère.
L'amour, toujours, n'attend pas la raison.
Mes rigueurs ne font qu'affermir ton amour.
Aimer un être, c'est le rendre transparent.
Une extrême justice est souvent une injure.
Qu'une âme généreuse est facile à séduire !
Que ne peut l'amitié conduite par l'amour ?
Je chéris ta personne et je hais ton erreur.
Vous n'avez qu'à marcher de vertus en vertus.
La foi d'un ennemi doit être un peu suspecte.
Si la foudre d'abord accablait les coupables !
Si la foudre d'abord accablait les coupables !
Pressez : demandez tout, pour ne rien obtenir.
L'amour avidement croit tout ce qui le flatte.
Et les plus malheureux osent pleurer le moins !
Il faut se croire aimé pour se croire infidèle.
Vous êtes empereur, seigneur, et vous pleurez !
Comptez-vous vos soldats pour autant de héros ?
Dieu vous ordonne-t-il de tenter l'impossible ?
Allez, le temps est cher : il le faut employer.
L'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère.
Le conseil le plus prompt est le plus salutaire.
Je crains votre silence, et non pas vos injures.
Qu'on hait un ennemi quand il est près de nous !
La vengeance trop faible attire un second crime.
Peut-on haïr sans cesse ? Et punit-on toujours ?
Mais sans argent l'honneur n'est qu'une maladie.
L'amour a d'autres yeux que le commun des hommes.
La foi qui n'agit point, est-ce une foi sincère ?
J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer.
Il n'est point de secrets que le temps ne révèle.
La douleur qui se tait n'en est que plus funeste.
S'il ne meurt aujourd'hui, je puis l'aimer demain.
La terre a moins de rois que le ciel n'a de dieux.
Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule.
Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.
Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle ?
J'aime... à ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre.
Un bienfait reproché tient toujours lieu d'offense.
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur.
Il ne faut point d'esprit pour être homme de guerre.
Les témoins sont fort chers, et n'en a pas qui veut.
Elle flotte, elle hésite : en un mot, elle est femme.
Ainsi de leurs flatteurs, les rois sont les victimes.
Quelques crimes précèdent toujours les grands crimes.
Qu'est-ce qu'un gentilhomme ? Un pilier d'antichambre.
Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense !
Plus l'offenseur m'est cher, plus je ressens l'injure.
Le lâche craint la mort, et c'est tout ce qu'il craint.
Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends.
Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contemple ?
Toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien.
Gardez de négligerUne amante en fureur qui cherche à se venger.
Et je dois d'autant moins oublier la vertuQu'elle-même s'oublie.
L'amour le plus discret Laisse par quelque marque échapper son secret.
Plus nous nous rabaissons extérieurement, plus on nous élève en effet.
L'amour le plus discret
Laisse par quelque marque échapper son secret.
Ma vengeance est perdue s'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue.
L'amour le plus discret laisse par quelques marques échapper son secret.
Ce qui est échappé aux spectateurs pourra être remarqué par les lecteurs.
L'Amour le plus discret, laisse par quelques marques échapper sont secret.
Un traître en nous quittantNous affaiblit bien moins qu'un lâche défenseur.
Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie ;Qui sait si nous serons demain ?
Et jamais on n'a vu la timide innocencePasser subitement à l'extrême licence.
Et les étoiles à leur tour, comme torches funèbres, font les funérailles du jour.
Chercherons-nous toujours de l'esprit dans les choses qui en demandent le moins ?
Et qui peut immoler sa haine à sa patrieLui pourrait bien aussi sacrifier sa vie.
Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera : Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
Les enfants ferment leurs oreilles aux conseils mais ouvrent leurs yeux aux exemples.
Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera :
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
C'est dans les villes les plus peuplées que l'on peut trouver la plus grande solitude.
Le bonheur de l'impie est toujours agité, il erre à la merci de sa propre inconstance.
Un père en punissant, Madame, est toujours père :Un supplice léger suffit à sa colère.
Un père en punissant, Madame, est toujours père :
Un supplice léger suffit à sa colère.
Puisse le ciel verser sur toutesvos annéesMille prospérités l'une à l'autre enchaînées !
Les vrais amis n'imitent que les vertus dans leurs amis. Les flatteurs imitent les vices.
Celui qui met un frein à la fureur des flotsSait aussi des méchants arrêter les complots.
Ne me suis point, si ton coeur en a larmesPrévoit qu'il ne pourra commander à tes larmes.
Elle eut soin de peindre et d'orner son visage.
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
Elle eut soin de peindre et d'orner son visage. Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
Cet ennemi barbare, injuste, sanguinaire, Songez, quoi qu'il ait fait, songez qu'il est mon
Tout ce que, pour jouir de leurs contentements, l'amour fait inventer aux vulgaires amants.
Et je saurai peut-être accorder quelque jour Les soins de ma grandeur et ceux de mon amour.
Que j'ai sur votre vie un empire suprême, que vous ne respiriez qu'autant que je vous aime ?
Au joug depuis longtemps, ils se sont façonnés ; ils adorent la main qui les tient enchaînés.
Le peuple aime les rois qui savent l'épargner - il estime encore plus ceux qui savent régner.
Un coeur noble ne peut soupçonner en autruiLa bassesse et la maliceQu'il ne sent point en lui.
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.
L'argent ne nous vient pas si vite que l'on pense.
Chacun de tes rubans me coûte une sentence.
Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureuxNe vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !
Belle, sans ornements, dans le simple appareil, d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil.
Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements, Que mon coeur démentait ma bouche à tous moments ?
Songez-y bien : il faut désormais que mon coeur,
S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur.
Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureux ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !
Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureux
Ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !
Je ne sais si mon coeur s'apaisera jamais :Ce n'est pas son orgueil, c'est lui seul que je hais.
Je ne sais de tout temps quelle injuste puissanceLaisse le crime en paix et poursuit l'innocence.
Que ma bouche et mon coeur, et tout ce que je suis, rendent honneur au Dieu qui m'a donné la vie.
Quand vous saurez parler de comédies et de romans, vous n'en serez guère plus avancé pour le monde.
On peut dire que le respect que l'on a pour les héros augmente à mesure qu'ils s'éloignent de nous.
Ce Dieu, maître absolu de la terre et des cieux, n'est point tel que l'erreur le figure à vos yeux.
Il faut des châtiments dont l'univers frémisse ;Qu'on tremble en comparant l'offense et le supplice.
La modération n'est qu'une vertu ordinaire quand elle ne se rencontre qu'avec des qualités ordinaires.
La peur d'un vain remords trouble cette grande âme, Elle flotte, elle hésite, en un mot elle est femme.
Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ? Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
Je peux vous assurer qu'entre vivre ou de mourir, s'il en m'était donné la possibilité, je ne saurais laquelle choisir.
Vous voulez sans pitié détruire cette terre, détruire cet empire afin de gagner ? Est- ce donc sur les morts que vous voulez régner ?
Fuyez vos ennemis et suivez votre époux. Libres dans nos malheurs, puisque le ciel l'ordonne, le don de notre foi ne dépend de personne.
Fuyez vos ennemis et suivez votre époux.
Libres dans nos malheurs, puisque le ciel l'ordonne,
Le don de notre foi ne dépend de personne.
L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme :Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux ;Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux.
On ne peut vaincre sa destinée.
Point d'argent, point de Suisse.
On apprend à hurler avec les loups.
La vérité s'accorde avec la renommée.
Qui veut voyager loin ménage sa monture.
Si Titus est jaloux, Titus est amoureux.
Je l'ai trop aimé pour ne point le haïr.
La raison n'agit point sur une populace.
Si je la haïssais, je ne la fuirais pas.
Il commande au soleil d'animer la nature.
Ainsi que la vertu le crime a ses degrés.
Ainsi que par César, on jure par sa mère.
L'amour, toujours, n'attend pas la raison.
Mes rigueurs ne font qu'affermir ton amour.
Aimer un être, c'est le rendre transparent.
Une extrême justice est souvent une injure.
Qu'une âme généreuse est facile à séduire !
Que ne peut l'amitié conduite par l'amour ?
Je chéris ta personne et je hais ton erreur.
Vous n'avez qu'à marcher de vertus en vertus.
La foi d'un ennemi doit être un peu suspecte.
Si la foudre d'abord accablait les coupables !
Si la foudre d'abord accablait les coupables !
Pressez : demandez tout, pour ne rien obtenir.
L'amour avidement croit tout ce qui le flatte.
Et les plus malheureux osent pleurer le moins !
Il faut se croire aimé pour se croire infidèle.
Vous êtes empereur, seigneur, et vous pleurez !
Comptez-vous vos soldats pour autant de héros ?
Dieu vous ordonne-t-il de tenter l'impossible ?
Allez, le temps est cher : il le faut employer.
L'on hait avec excès lorsque l'on hait un frère.
Le conseil le plus prompt est le plus salutaire.
Je crains votre silence, et non pas vos injures.
Qu'on hait un ennemi quand il est près de nous !
La vengeance trop faible attire un second crime.
Peut-on haïr sans cesse ? Et punit-on toujours ?
Mais sans argent l'honneur n'est qu'une maladie.
L'amour a d'autres yeux que le commun des hommes.
La foi qui n'agit point, est-ce une foi sincère ?
J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer.
Il n'est point de secrets que le temps ne révèle.
La douleur qui se tait n'en est que plus funeste.
S'il ne meurt aujourd'hui, je puis l'aimer demain.
La terre a moins de rois que le ciel n'a de dieux.
Le bonheur des méchants comme un torrent s'écoule.
Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.
Je t'aimais inconstant, qu'aurais-je fait fidèle ?
J'aime... à ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre.
Un bienfait reproché tient toujours lieu d'offense.
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon coeur.
Il ne faut point d'esprit pour être homme de guerre.
Les témoins sont fort chers, et n'en a pas qui veut.
Elle flotte, elle hésite : en un mot, elle est femme.
Ainsi de leurs flatteurs, les rois sont les victimes.
Quelques crimes précèdent toujours les grands crimes.
Qu'est-ce qu'un gentilhomme ? Un pilier d'antichambre.
Combien tout ce qu'on dit est loin de ce qu'on pense !
Plus l'offenseur m'est cher, plus je ressens l'injure.
Le lâche craint la mort, et c'est tout ce qu'il craint.
Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends.
Dieu veut-il qu'à toute heure on prie, on le contemple ?
Toute l'invention consiste à faire quelque chose de rien.
Gardez de négligerUne amante en fureur qui cherche à se venger.
Et je dois d'autant moins oublier la vertuQu'elle-même s'oublie.
L'amour le plus discret Laisse par quelque marque échapper son secret.
Plus nous nous rabaissons extérieurement, plus on nous élève en effet.
L'amour le plus discret
Laisse par quelque marque échapper son secret.
Ma vengeance est perdue s'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue.
L'amour le plus discret laisse par quelques marques échapper son secret.
Ce qui est échappé aux spectateurs pourra être remarqué par les lecteurs.
L'Amour le plus discret, laisse par quelques marques échapper sont secret.
Un traître en nous quittantNous affaiblit bien moins qu'un lâche défenseur.
Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie ;Qui sait si nous serons demain ?
Et jamais on n'a vu la timide innocencePasser subitement à l'extrême licence.
Et les étoiles à leur tour, comme torches funèbres, font les funérailles du jour.
Chercherons-nous toujours de l'esprit dans les choses qui en demandent le moins ?
Et qui peut immoler sa haine à sa patrieLui pourrait bien aussi sacrifier sa vie.
Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera : Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
Les enfants ferment leurs oreilles aux conseils mais ouvrent leurs yeux aux exemples.
Ma foi, sur l'avenir bien fou qui se fiera :
Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera.
C'est dans les villes les plus peuplées que l'on peut trouver la plus grande solitude.
Le bonheur de l'impie est toujours agité, il erre à la merci de sa propre inconstance.
Un père en punissant, Madame, est toujours père :Un supplice léger suffit à sa colère.
Un père en punissant, Madame, est toujours père :
Un supplice léger suffit à sa colère.
Puisse le ciel verser sur toutesvos annéesMille prospérités l'une à l'autre enchaînées !
Les vrais amis n'imitent que les vertus dans leurs amis. Les flatteurs imitent les vices.
Celui qui met un frein à la fureur des flotsSait aussi des méchants arrêter les complots.
Ne me suis point, si ton coeur en a larmesPrévoit qu'il ne pourra commander à tes larmes.
Elle eut soin de peindre et d'orner son visage.
Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
Elle eut soin de peindre et d'orner son visage. Pour réparer des ans l'irréparable outrage.
Cet ennemi barbare, injuste, sanguinaire, Songez, quoi qu'il ait fait, songez qu'il est mon
Tout ce que, pour jouir de leurs contentements, l'amour fait inventer aux vulgaires amants.
Et je saurai peut-être accorder quelque jour Les soins de ma grandeur et ceux de mon amour.
Que j'ai sur votre vie un empire suprême, que vous ne respiriez qu'autant que je vous aime ?
Au joug depuis longtemps, ils se sont façonnés ; ils adorent la main qui les tient enchaînés.
Le peuple aime les rois qui savent l'épargner - il estime encore plus ceux qui savent régner.
Un coeur noble ne peut soupçonner en autruiLa bassesse et la maliceQu'il ne sent point en lui.
Ce n'est plus une ardeur dans mes veines cachée :C'est Vénus tout entière à sa proie attachée.
L'argent ne nous vient pas si vite que l'on pense.
Chacun de tes rubans me coûte une sentence.
Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureuxNe vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !
Belle, sans ornements, dans le simple appareil, d'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil.
Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements, Que mon coeur démentait ma bouche à tous moments ?
Songez-y bien : il faut désormais que mon coeur,
S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur.
Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureux ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !
Craignez, seigneur, craignez que le ciel rigoureux
Ne vous haïsse assez pour exaucer vos voeux !
Je ne sais si mon coeur s'apaisera jamais :Ce n'est pas son orgueil, c'est lui seul que je hais.
Je ne sais de tout temps quelle injuste puissanceLaisse le crime en paix et poursuit l'innocence.
Que ma bouche et mon coeur, et tout ce que je suis, rendent honneur au Dieu qui m'a donné la vie.
Quand vous saurez parler de comédies et de romans, vous n'en serez guère plus avancé pour le monde.
On peut dire que le respect que l'on a pour les héros augmente à mesure qu'ils s'éloignent de nous.
Ce Dieu, maître absolu de la terre et des cieux, n'est point tel que l'erreur le figure à vos yeux.
Il faut des châtiments dont l'univers frémisse ;Qu'on tremble en comparant l'offense et le supplice.
La modération n'est qu'une vertu ordinaire quand elle ne se rencontre qu'avec des qualités ordinaires.
La peur d'un vain remords trouble cette grande âme, Elle flotte, elle hésite, en un mot elle est femme.
Hé bien ! filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ? Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
Je peux vous assurer qu'entre vivre ou de mourir, s'il en m'était donné la possibilité, je ne saurais laquelle choisir.
Vous voulez sans pitié détruire cette terre, détruire cet empire afin de gagner ? Est- ce donc sur les morts que vous voulez régner ?
Fuyez vos ennemis et suivez votre époux. Libres dans nos malheurs, puisque le ciel l'ordonne, le don de notre foi ne dépend de personne.
Fuyez vos ennemis et suivez votre époux.
Libres dans nos malheurs, puisque le ciel l'ordonne,
Le don de notre foi ne dépend de personne.
L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en une âme :Tout nous trahit, la voix, le silence, les yeux ;Et les feux mal couverts n'en éclatent que mieux.