Cette année marque le 1er anniversaire de sa disparition.
Figure majeure du reggae jamaïcain, Jimmy Cliff s’impose comme chanteur, auteur-compositeur et acteur emblématique, connu pour ses chansons engagées, son rôle dans le film The Harder They Come et des titres comme Many Rivers to Cross, You Can Get It If You Really Want ou sa reprise de I Can See Clearly Now, qui ont contribué à diffuser le reggae dans le monde entier.
Né James Chambers le 30 juillet 1944 dans le Somerton District, paroisse de Saint James en Jamaïque, Jimmy Cliff grandit dans un milieu rural avant de rejoindre Kingston à l’adolescence pour se lancer dans la musique. Il enregistre ses premiers titres au début des années 1960 et connaît un succès précoce avec le single Hurricane Hattie. Dans la seconde moitié des années 1960, il enchaîne les enregistrements de ska, rocksteady et reggae, puis s’impose à l’international avec Wonderful World, Beautiful People et Vietnam. En 1972, il tient le rôle principal et signe des titres clés de la bande originale du film The Harder They Come, qui fait connaître le reggae au public mondial. Par la suite, il poursuit une carrière internationale, obtient deux Grammy Awards, est décoré de l’Order of Merit en 2003, intronisé au Rock and Roll Hall of Fame en 2010 et continue de publier des albums, dont Rebirth (2012) et Refugees (2022).
30 juillet 1944 : Naissance de James Chambers à Somerton District, paroisse de Saint James, Jamaïque.
Début des années 1960 : Installation à Kingston et premiers enregistrements pour le producteur Leslie Kong.
1962 : Premier grand succès local avec le single Hurricane Hattie.
1964 : Représente la Jamaïque à la New York World’s Fair et apparaît dans l’émission musicale This Is Ska!.
1969–1970 : Succès internationaux avec Vietnam, Wonderful World, Beautiful People et Many Rivers to Cross.
1972 : Rôle principal et chansons pour le film The Harder They Come, œuvre pivot dans la diffusion du reggae.
1985–1986 : Sortie de l’album Cliff Hanger, récompensé par un Grammy du meilleur album reggae.
1993 : Reprise de I Can See Clearly Now pour la bande originale du film Cool Runnings, succès mondial.
20 octobre 2003 : Réception de l’Order of Merit jamaïcain pour sa contribution à la musique et au cinéma.
15 mars 2010 : Intronisation au Rock and Roll Hall of Fame.
2012 : Sortie de l’album Rebirth, salué par la critique et lauréat d’un Grammy du meilleur album reggae.
2022 : Parution de l’album Refugees, centré sur la thématique des personnes déplacées.
Issu d’une famille nombreuse et chrétienne de la paroisse de Saint James, Jimmy Cliff est élevé principalement par son père avant de rejoindre Kingston pour poursuivre sa carrière musicale. Au fil du temps, il explore différentes voies spirituelles, passant brièvement par le mouvement rastafari puis par l’islam, avant d’adopter une vision décrite comme plus universelle et indépendante des religions constituées. Il est marié à Latifa Chambers, avec qui il a au moins deux enfants, Lilty et Aken, et il est également le père de la chanteuse et actrice Nabiyah Be, née en 1992 au Brésil. Son œuvre témoigne d’un engagement constant pour les causes sociales et politiques, notamment à travers des chansons contre la guerre comme Vietnam, sa participation au projet Sun City contre l’apartheid et la mise en avant, avec l’album Refugees, de la situation des personnes contraintes à l’exil.
1 – Sa naissance a lieu pendant un violent ouragan dans la paroisse de Saint James, épisode souvent associé, plus tard, à son premier succès intitulé Hurricane Hattie.
2 – Bob Dylan a cité la chanson Vietnam comme l’une des plus fortes chansons de protestation jamais écrites sur la guerre du Viêt Nam.
3 – Le film The Harder They Come, dans lequel il tient le rôle principal, est considéré comme l’un des principaux vecteurs de la découverte du reggae et de la réalité jamaïcaine par le public international.
4 – Son titre Trapped, peu connu à l’origine, gagne une grande visibilité lorsqu’il est repris en concert par Bruce Springsteen et inclus sur l’album caritatif We Are the World.
5 – La chanson You Can Get It If You Really Want a été utilisée dans plusieurs contextes politiques, notamment par le Front sandiniste au Nicaragua et lors d’un congrès du Parti conservateur britannique, alors même que Jimmy Cliff se disait indépendant de tout parti.
6 – L’album Rebirth apparaît dans la liste des meilleurs albums de 2012 de plusieurs médias internationaux et reçoit le Grammy du meilleur album reggae, confirmant son retour au premier plan à plus de quarante ans de carrière.
Les principaux lieux associés à Jimmy Cliff sont le Somerton District, dans la paroisse de Saint James, où il naît et grandit, puis Kingston, capitale jamaïcaine où il développe sa carrière et enregistre de nombreux titres. Ses tournées et prestations dans des villes comme Londres, New York ou Rio de Janeiro ont aussi contribué à ancrer sa mémoire sur plusieurs scènes internationales. Son décès à Kingston, le 24 novembre 2025, fait de la ville un point central de l’hommage qui lui est rendu.
Le 24 novembre 2025, Jimmy Cliff meurt à 81 ans à Kingston, Jamaïque, à la suite d’une crise convulsive suivie d’une pneumonie. L’annonce est faite par son épouse, Latifa Chambers, dans un message publié sur les réseaux sociaux officiels de l’artiste et co-signé par leurs enfants. La nouvelle déclenche une série d’hommages en Jamaïque et à l’étranger.
• Métier(s) : musicien, chanteur, auteur-compositeur, acteur
• Résidence principale : Jamaïque
• Relations : mariage avec Latifa Chambers (date non communiquée publiquement)
• Enfants : Lilty Cliff ; Aken Cliff ; Nabiyah Be (née en 1992)
• Distinctions : Order of Merit de la Jamaïque (2003) ; deux Grammy Awards du meilleur album reggae (pour Cliff Hanger et Rebirth) ; intronisation au Rock and Roll Hall of Fame (2010)