Résumé biographique
Joop Zoetemelk, cycliste néerlandais légendaire, détient le record de participations et de finishs au Tour de France avec 16 éditions, symbole d’endurance et de constance sur la route. Joop Zoetemelk a conquis le maillot jaune en 1980 et le titre mondial en 1985, gravant son nom dans l’histoire du vélo aux côtés de Merckx et Hinault. Son palmarès illustre la domination des grimpeurs polyvalents des années 1970-1980.
Parcours
Né Hendrik Gerardus Joseph Zoetemelk le 3 décembre 1946 à La Haye aux Pays-Bas, Joop Zoetemelk grandit dans une famille d’agriculteurs à Rijpwetering en Hollande-Méridionale, où ses parents Gerard et Maria élèvent des porcs. Passionné initialement par le patinage de vitesse et la menuiserie, il se tourne vers le cyclisme à 17 ans et rejoint le club Swift de Leyde. En 1964, il remporte ses premières courses juniors. Amateur prometteur, il intègre l’équipe nationale et triomphe en 1968 aux Jeux olympiques de Mexico dans le contre-la-montre par équipes de 100 km aux côtés de Fedor den Hertog, Jan Krekels et René Pijnen, premier or néerlandais dans cette discipline. L’année suivante, en 1969, il gagne le Tour de l’Avenir et le Circuit de Lorraine. Il passe professionnel en 1970 avec Flandria-Mars et termine immédiatement deuxième du Tour de France, devancé par Eddy Merckx, marquant le début d’une rivalité emblématique. En 1971, champion national sur route, il finit deuxième du Tour et remporte le maillot à pois de meilleur grimpeur à la Vuelta, ainsi que la 16e étape. Les années 1972 et 1973 voient des places d’honneur : cinquième et quatrième au Tour, avec des victoires au Trophée des Grimpeurs et au championnat néerlandais. En 1974, il domine les courses par étapes avec des succès à Paris-Nice, au Tour de Romandie et à la Semaine catalane. Son style défensif et sa capacité à suivre les meilleurs sans toujours attaquer lui valent le surnom d’« Éternel Deuxième », mais sa régularité impose le respect. Il totalise 10 victoires d’étapes au Tour de France sur sa carrière.
Les années 1970 culminent en 1976 avec la Flèche wallonne et une deuxième place au Tour, où il remporte trois étapes. En 1977, il gagne Paris-Tours mais subit une controverse au Tour. L’apogée arrive en 1979 avec la victoire au classement général de la Vuelta a España, premier Néerlandais à l’emporter, et une deuxième place au Tour. En 1980, à 33 ans, il conquiert enfin le Tour de France avec TI-Raleigh, devançant Bernard Hinault blessé, grâce à deux chronos décisifs. Les années 1980 prolongent sa longévité : deuxième en 1982, champion du monde professionnel sur route en 1985 à Giavera del Montello à 38 ans, plus vieux vainqueur de l’histoire, et dernier succès à l’Amstel Gold Race en 1987. Il termine 16 Tours de France, record inégalé jusqu’en 2018, et accumule 62 885 km parcourus dans la Grande Boucle. Retiré en 1987, il devient directeur sportif chez Superconfex puis Rabobank jusqu’en 1996. Installé en France depuis ses 24 ans, il gère l’hôtel Le Richemont à Meaux avec son épouse. En 2025, à 78 ans, il participe à la Joop Zoetemelk Classic le 15 mars à Leyde, événement annuel qu’il honore de sa présence, et reçoit des hommages pour son 60e anniversaire de carrière professionnelle.
Controverse
En 1977, lors du Tour de France, Joop Zoetemelk est pénalisé de 10 minutes et son étape chronométrée en montagne (15B) est annulée pour infraction au dopage, détectant des substances interdites dans son urine. En 1979, il écope d’une nouvelle pénalité de 10 minutes après la dernière étape pour les mêmes raisons. En 1983, une autre sanction de dopage lui est infligée. Zoetemelk conteste, affirmant que ces produits servaient à « survivre » à l’effort extrême sans améliorer les performances, et n’encourt pas de suspension. Ces affaires, courantes à l’époque, ternissent partiellement son palmarès sans annuler ses victoires majeures.
Repères chronologiques
1946 : Naissance le 3 décembre à La Haye, Pays-Bas.
1968 : Or olympique au contre-la-montre par équipes aux JO de Mexico.
1969 : Victoire au Tour de l’Avenir ; champion espoirs néerlandais.
1970 : Début professionnel avec Flandria ; 2e du Tour de France.
1971 : Champion national sur route ; 2e du Tour ; maillot à pois à la Vuelta.
1974 : Victoires à Paris-Nice, Tour de Romandie, Semaine catalane.
1976 : Victoire à la Flèche wallonne ; 2e du Tour (3 étapes).
1979 : Vainqueur de la Vuelta a España ; 2e du Tour.
1980 : Vainqueur du Tour de France ; sportif néerlandais de l’année.
1985 : Champion du monde sur route à 38 ans ; sportif néerlandais de l’année.
1987 : Dernière victoire à l’Amstel Gold Race ; retraite professionnelle.
2002 : Introduction au Hall of Fame de l’Union cycliste internationale.
2015 : Prix Fanny Blankers-Koen pour l’ensemble de carrière ; chevalier de la Légion d’honneur.
2025 : Participation à la Joop Zoetemelk Classic le 15 mars à Leyde.
Vie personnelle et engagements
Fils de Gerard et Maria Zoetemelk, agriculteurs et éleveurs de porcs à Rijpwetering, Joop grandit avec quatre frères et une sœur dans une famille modeste de Hollande-Méridionale. Installé en France à 24 ans pour sa carrière, il épouse en 1987 Françoise Duchaussoy, fille de l’ancien directeur du Tour de France Jacques Duchaussoy, rencontrée dans le milieu cycliste. Le couple a un fils, Karl Zoetemelk, champion français de VTT et participant à des marathons avec son père, comme celui de Paris en 2010. La famille gère l’hôtel Le Richemont à Meaux depuis la retraite de Joop, privilégiant une vie discrète loin des projecteurs, marquée par la loyauté et le soutien mutuel face aux aléas du sport.
Engagé pour la promotion du cyclisme en Hollande, Joop Zoetemelk parraine la Joop Zoetemelk Classic depuis 2008, randonnée annuelle à Leyde attirant des centaines de participants pour des distances de 50 à 150 km dans le Groene Hart. Il collabore avec des clubs amateurs pour inspirer les jeunes via des clinics et des témoignages sur l’endurance. En 2025, il soutient des initiatives pour la santé par le vélo, comme des programmes anti-dopage éducatifs auprès des juniors néerlandais, et plaide pour la préservation des routes historiques du Tour de France lors d’événements commémoratifs.
Où le/la croiser ?
Installé à Germigny-l’Évêque près de Meaux en France, Joop Zoetemelk accueille les cyclotouristes à l’hôtel Le Richemont pour des séjours thématiques. On le rencontre lors de la Joop Zoetemelk Classic à Leyde le 15 mars 2025, où il signe des autographes et discute avec les participants. Il apparaît aussi à des galas cyclistes à Amsterdam ou des commémorations du Tour en juillet, entouré de fans et anciens rivaux.
Anecdotes
1 - Surnommé « l’Éternel Deuxième » pour ses six places de dauphin au Tour de France avant sa victoire en 1980, Joop Zoetemelk répondait avec humour que sa peau pâle venait de rouler toujours dans l’ombre d’Eddy Merckx.
2 - À 38 ans, il devient en 1985 le plus vieux champion du monde sur route de l’histoire, devançant Greg LeMond de trois secondes sur 265 km, record toujours inégalé en 2025.
3 - Seul vainqueur du Tour de France à avoir aussi décroché l’or olympique en amateur, il remporte les JO de 1968 avant de dominer les pros, prouvant sa longévité exceptionnelle.
4 - Retraité à 40 ans après l’Amstel Gold Race 1987, il refuse une 17e participation au Tour pour ne pas finir dans l’autobus, priorisant la dignité à la quantité.
Points clés
- Métier(s) : Cycliste professionnel retraité, directeur sportif retraité, hôtelier
- Résidence principale : Germigny-l’Évêque, France
- Relations : Marié à Françoise Duchaussoy (depuis 1987)
- Enfants : Karl Zoetemelk (champion de VTT)
- Distinctions : Tour de France 1980 ; Vuelta a España 1979 ; Champion du monde route 1985 ; Médaille d’or olympique 1968 ; Gerrit Schulte Trophy 9 fois (1972-1985) ; Hall of Fame UCI 2002