Joseph Brant

† à ~ 64 ans
en 1743
Décédé le 24 novembre 1807
Naissance :  États-Unis  

Biographie

Figure centrale des relations entre la Couronne britannique et les Premières Nations pendant la guerre d’Indépendance américaine, le chef mohawk Joseph Brant, aussi connu sous le nom de Thayendanegea, a joué un rôle stratégique dans les campagnes militaires, la diplomatie et l’installation des Six Nations sur les rives de la Grand River, près de l’actuelle Brantford en Ontario.


Parcours

Né vers mars 1742/1743 dans l’Ohio Country, sur les rives de la Cuyahoga, au sein du clan du Loup mohawk, Joseph Brant grandit ensuite à Canajoharie, dans la vallée de la Mohawk, dans un environnement multilingue marqué par les contacts avec colons germano-anglophones. Adolescent, il combat aux côtés des Britanniques durant la guerre de Sept Ans, notamment lors des campagnes vers Fort Niagara et Montréal. Il étudie de 1761 à 1763 à la Moor’s Indian Charity School, future base de Dartmouth College, où il apprend l’anglais écrit, les classiques et la religion anglicane. Devenu interprète puis officier du département des Affaires indiennes, il est nommé chef de guerre et principal porte-parole mohawk. Loyaliste, il commande des guerriers alliés à la Couronne pendant la Révolution américaine, puis participe à la mise en œuvre de la proclamation de Haldimand et à l’implantation d’une nouvelle communauté mohawk sur la Grand River, tout en poursuivant traductions et négociations politiques.


Repères de carrière

vers mars 1742/1743 : Naissance dans l’Ohio Country, sur les rives de la Cuyahoga, au sein du clan du Loup mohawk.
1755-1763 : Participe, comme jeune guerrier, aux campagnes britanniques de la guerre de Sept Ans en Amérique du Nord.
1761-1763 : Études à la Moor’s Indian Charity School de Lebanon (Connecticut), où il reçoit une formation chrétienne et classique.
22 juillet 1765 : Mariage avec Margaret « Peggie » à Canajoharie, dans la vallée de la Mohawk.
1775 : Devient officier et secrétaire du département des Affaires indiennes pour les guerriers mohawks alliés aux Britanniques.
6 août 1777 : Dirige des guerriers aux côtés des loyalistes lors de la bataille d’Oriskany, dans la vallée de la Mohawk.
1778-1780 : Conduit plusieurs raids et opérations de guérilla en soutien aux forces loyalistes dans l’État de New York et en Pennsylvanie.
vers 1780 : S’installe au fort Niagara et épouse Catharine Adonwentishon Croghan, future matrone du clan de la Tortue mohawk.
octobre 1784 : Joue un rôle déterminant dans la mise en œuvre de la proclamation de Haldimand et l’installation des Six Nations sur la Grand River (Grand River Tract).
1785-1786 : Voyage à Londres pour défendre les revendications territoriales et les compensations des Mohawks auprès du gouvernement britannique.
1787 : Parachève, avec le révérend John Stuart, la traduction en mohawk du livre de prières anglican et de l’Évangile selon Marc, publiés à Québec.
années 1790 : Intervient comme médiateur entre chefs autochtones, autorités britanniques et représentants américains dans le contexte des conflits de la frontière nord-ouest.
vers 1802 : S’installe dans un domaine au bord de Burlington Bay, à la tête du lac Ontario, tout en conservant son influence sur la communauté de la Grand River.
24 novembre 1807 : Meurt à son domicile près de Burlington, dans le Haut-Canada, après une courte maladie.
1850 : Ses restes sont transférés à la Royal Chapel of the Mohawks, à Brantford, dans un tombeau devenu lieu majeur de mémoire.


Vie personnelle et engagements

Issu d’une famille mohawk influente, Joseph Brant est le frère cadet de Molly Brant, figure diplomatique clé et compagne de Sir William Johnson. Il épouse d’abord Margaret « Peggie », avec qui il a deux enfants, Isaac et Christina, avant de devenir veuf en 1771. Il se remarie ensuite avec Susanna, décédée vers 1777, puis avec Catharine Adonwentishon Croghan, matrone du clan de la Tortue, avec laquelle il a sept enfants : Joseph, Jacob (né en 1786), Margaret, Catharine, Mary, John (né en 1794) et Elizabeth (née en 1796). Anglicane, sa famille est étroitement liée à la Royal Chapel of the Mohawks et à la vie religieuse de la Grand River. Brant possède des fermes importantes et recourt au travail d’esclaves africains, tout en installant sur ses terres d’anciens esclaves affranchis. Parallèlement, il consacre une part notable de son activité à la traduction de textes religieux et à la défense des droits fonciers des Six Nations.


Anecdotes

1 – Son nom mohawk Thayendanegea signifie « il met ensemble deux paris », en référence à la pratique consistant à lier les objets mis en jeu lors d’un pari, image fréquemment citée pour illustrer son rôle de médiateur entre mondes autochtone et européen.
2 – Élève à la Moor’s Indian Charity School dans les années 1760, il y étudie les classiques européens au point de surprendre plus tard des interlocuteurs britanniques en évoquant l’Odyssée dans ses conversations politiques.
3 – Au cours de ses séjours à Londres, il est reçu à la Cour, rencontre George III, fréquente les salons aristocratiques, dîne avec le prince de Galles et utilise ces contacts pour défendre les intérêts territoriaux des Six Nations.
4 – Avec le révérend John Stuart, il traduit le livre de prières anglican et l’Évangile selon Marc en mohawk ; cette édition devient l’un des premiers livres chrétiens imprimés entièrement dans cette langue et est diffusée dès la fin du XVIIIe siècle.
5 – Il meurt en 1807 après une courte maladie à Burlington Bay ; selon plusieurs récits, ses dernières paroles exhortent son neveu à « avoir pitié des pauvres Indiens » et à utiliser toute influence possible « pour leur bien ».
6 – En 1850, ses restes sont transportés sur plus de cinquante kilomètres jusqu’à la Royal Chapel of the Mohawks, portés en relais par de jeunes hommes de la Grand River, lors d’un cortège devenu un moment fondateur de la mémoire six nations.
7 – Propriétaire de domaines à la Grand River et à Burlington Bay, il fait bâtir ses maisons en s’inspirant des demeures coloniales britanniques, tandis qu’un important monument à son effigie est inauguré en 1886 à Brantford, sur une place aménagée en forme d’Union Jack.


Lieux de référence

Né lors d’une expédition de chasse dans l’Ohio Country, près de l’actuelle région d’Akron, Joseph Brant est étroitement associé à Canajoharie et Fort Hunter, dans la vallée de la Mohawk. Après 1784, il organise l’implantation des Six Nations sur la Grand River et réside à Brant’s Town, près de l’actuelle Brantford, puis sur un domaine à Burlington Bay. Ses restes reposent depuis 1850 dans un tombeau à la Royal Chapel of the Mohawks, à Brantford, où un monument commémoratif majeur rappelle également sa mémoire.


Contexte du décès

Joseph Brant meurt le 24 novembre 1807, à l’âge d’environ 64 ans, dans sa maison située au bord de Burlington Bay, au nord-ouest du lac Ontario, après une courte maladie. Ses proches et parents mohawks se rassemblent autour de lui, et plusieurs témoignages rapportent qu’il adresse à un neveu un dernier message demandant de plaider la cause des « pauvres Indiens » auprès des dirigeants coloniaux. Anglican convaincu, il reçoit des funérailles conformes à ce rite, et est d’abord inhumé près de sa demeure. En 1850, dans un geste symbolique fort, ses restes sont exhumés et portés en cortège jusqu’à la Royal Chapel of the Mohawks, à Brantford, où un tombeau dédié devient un lieu central de commémoration. Cette translation, ajoutée à l’érection ultérieure d’un grand monument au centre de Brantford, ancre durablement sa figure dans le paysage mémoriel canadien.


Points clés

• Métier(s) : chef de guerre et chef politique mohawk, officier loyaliste au service de la Couronne britannique, interprète, traducteur de textes religieux, diplomate autochtone, propriétaire terrien
• Résidence principale : Canajoharie (colonie de New York), puis Brant’s Town / Grand River près de l’actuelle Brantford et domaine de Burlington Bay, Haut-Canada (Ontario, Canada)
• Relations : Margaret « Peggie » (mariage 1765–1771), Susanna (vers fin des années 1770), Catharine Adonwentishon Croghan (vers 1780–1807), sœur Molly Brant (1736–1796), alliée de Sir William Johnson
• Enfants : Isaac (né avant 1769), Christina (née vers 1769), Joseph, Jacob (1786–1847), Margaret, Catharine, Mary, John (1794–1832), Elizabeth (1796–1845)
• Distinctions : chef de guerre reconnu des Mohawks alliés aux Britanniques, officier et pensionné de la Couronne, négociateur clé du territoire de la Grand River, figure commémorée par la Royal Chapel of the Mohawks et par un monument majeur inauguré en 1886 à Brantford

Autres divers

Questions autour de Joseph Brant

À quel âge est mort Joseph Brant ?
Joseph Brant est mort à environ 64 ans, le 24 novembre 1807.
Qui est mort le même jour que Joseph Brant ?
Jimmy Cliff, Georges Clemenceau, Lautréamont, Pat Morita et Danielle Volle sont morts le 24 novembre comme Joseph Brant.
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