Naissance
Saint-Béat (31), France
Nationalité
Astrologie

Biographie

Joseph Gallieni, né le 24 avril 1849 à Saint-Béat et mort le 27 mai 1916 à Versailles, est un général et administrateur colonial français. Gouverneur militaire de Paris en 1914, il ordonne la réquisition des taxis parisiens pendant la bataille de la Marne et reçoit la dignité de maréchal de France à titre posthume en 1921.


Parcours

Fils d'un officier d'infanterie italien naturalisé, Joseph Gallieni intègre le Prytanée militaire de La Flèche, puis l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1868, au sein de la 53e promotion dite « de Suez ». Nommé sous-lieutenant le 15 juillet 1870 dans l'infanterie de marine, il combat à Bazeilles avec le 3e régiment d'infanterie de marine, est blessé le 1er septembre 1870 et fait prisonnier en Allemagne jusqu'au 11 mars 1871. Après un séjour à La Réunion à partir de 1872, il rejoint le Sénégal où le général Louis Brière de l'Isle lui confie des missions d'exploration sur le Sénégal et le Niger. Le 29 mars 1880, il signe à Bafoulabe un traité plaçant la région sous protectorat français, puis négocie le traité de Nango avec le sultan Ahmadou. Cette mission, qui aboutit à la captivité de Gallieni après le guet-apens de Dio le 4 novembre 1880, le rend populaire auprès des sociétés de géographie.

Capitaine commandant en Martinique de 1883 à 1886, il devient gouverneur du Haut-Sénégal entre 1886 et 1888, puis colonel commandant du territoire militaire de Lang Son au Tonkin de 1892 à 1896, secondé par Hubert Lyautey. Nommé résident général à Madagascar le 28 septembre 1896, il fait abolir la royauté merina, exile la reine Ranavalona III et devient le premier gouverneur général de l'île jusqu'au 11 mai 1905. Il y développe la méthode dite de la « tâche d'huile » et de la « politique des races », exposée dans son Rapport d'ensemble sur la pacification, l'organisation et la colonisation de Madagascar publié en 1900. Général de division en 1899, il intègre le Conseil supérieur de la guerre en 1908 et exerce comme gouverneur militaire de Lyon de 1906 à 1908.


Controverse

L'action de Joseph Gallieni à Madagascar reste contestée par l'historiographie coloniale. La répression de l'insurrection des Menalamba s'accompagne d'exécutions sommaires, du travail forcé et de la destruction de villages. Le 8 octobre 1897, après une cour martiale présidée par Gallieni, le prince Ratsimamanga et l'ancien Premier ministre malgache Rainandriamampandry sont exécutés publiquement à Tananarive. En 1900, le député Paul Vigné d'Octon dénonce à la Chambre le massacre d'Ambiky, perpétré par les troupes du commandant Augustin Gérard contre les populations sakalava et leur chef, le roi Toera, désignant Gallieni comme supérieur hiérarchique responsable.


Repères chronologiques

1849 : naissance à Saint-Béat, en Haute-Garonne
1868 : entrée à Saint-Cyr, promotion de Suez
1870 : combat à Bazeilles, blessure et captivité en Allemagne
1880 : signature du traité de Bafoulabe et mission à Ségou
1882 : mariage avec Marthe Savelli à Saint-Raphaël
1886 : nomination comme gouverneur du Haut-Sénégal
1892 : commandement du territoire militaire de Lang Son au Tonkin
1896 : nomination à Madagascar comme résident général
1899 : promotion au grade de général de division
1905 : départ de Madagascar et grand-croix de la Légion d'honneur
1908 : entrée au Conseil supérieur de la guerre
1911 : attribution de la médaille militaire
1914 : nomination le 26 août comme gouverneur militaire de Paris et réquisition des taxis
1915 : nomination le 29 octobre comme ministre de la Guerre du cabinet Briand
1916 : démission le 10 mars puis décès le 27 mai à Versailles


Vie personnelle et engagements

Joseph Simon Gallieni naît à Saint-Béat, en Haute-Garonne, de Gaétan Marie Gallieni (1805-1894), officier d'infanterie né à Pogliano Milanese en Lombardie et naturalisé français en 1841, et de Françoise Périssé (1828-1902), originaire de Saint-Béat. Élève au Prytanée militaire de La Flèche dès l'âge de onze ans, il y reçoit le matricule 3522a avant de rejoindre Saint-Cyr en 1868. En poste à Toulon, il rencontre Marthe Savelli, fille du propriétaire Théodore Savelli de Saint-Raphaël, qu'il épouse le 27 août 1882. De cette union naît un fils, l'ingénieur Théodore François Gaëtan Gallieni (1887-1940), lui-même père du comédien et metteur en scène Michel de Ré.

Marthe Savelli reçoit en dot une villa à Fréjus, ancienne cabane à sel reconstruite plus tard sur les plans de l'architecte Jully, rencontré par Gallieni durant son proconsulat malgache. L'officier entretient des relations professionnelles étroites avec Hubert Lyautey, son adjoint au Tonkin puis à Madagascar, et conserve une rivalité durable avec Joseph Joffre, son ancien subordonné devenu commandant en chef en 1914. Élu correspondant de l'Académie des sciences le 28 décembre 1899, Gallieni publie plusieurs ouvrages sur ses campagnes, dont Voyage au Soudan français, Trois colonnes au Tonkin et Neuf ans à Madagascar. Son épouse meurt en 1914.


Contexte du décès

Atteint d'un cancer de la prostate diagnostiqué pendant son ministère, Joseph Gallieni démissionne le 10 mars 1916 et entre à la clinique du docteur Lardennois à Versailles. Il y subit deux interventions chirurgicales et meurt dans la nuit du 27 au 28 mai 1916. Le gouvernement d'Aristide Briand décrète des obsèques nationales, célébrées le 1er juin 1916 : le cortège funéraire part de l'hôtel de ville de Paris pour rejoindre la gare de Lyon en passant par la place de la Bastille. Le président du Conseil Aristide Briand prononce son éloge funèbre. Conformément à ses dernières volontés, sa dépouille est ensuite acheminée à Saint-Raphaël. Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume le 7 mai 1921.


Lieux de mémoire

Joseph Gallieni est inhumé au cimetière Alphonse Karr de Saint-Raphaël, aux côtés de son épouse Marthe Savelli. Sa tombe est ornée d'un médaillon de bronze. Une avenue traverse l'esplanade des Invalides à Paris et porte son nom, et la promotion 1927 de Saint-Cyr lui est dédiée.


Anecdotes

1 - Pendant ses six mois de captivité en Allemagne après Sedan, Gallieni apprend l'allemand, langue qu'il complétera plus tard par l'anglais et l'italien dans un carnet personnel intitulé Erinnerungen of my life di ragazzo, mêlant les trois langues.
2 - À sa sortie de Saint-Cyr en 1870, Gallieni se classe 146e sur 275 et choisit l'infanterie de marine, alors considérée comme l'arme la moins prestigieuse de l'armée française.
3 - Lors de la réquisition du 6 septembre 1914, 630 taxis parisiens, en majorité des Renault AG1 Landaulet, sont rassemblés aux Invalides à 22 heures pour transporter chacun cinq soldats à 25 km/h vers Nanteuil-le-Haudouin.
4 - Georges Clemenceau le surnomme « le sauveur de Paris » à la suite de la bataille de la Marne, formule reprise dans l'ouvrage de René Weiss L'hommage de Paris à Gallieni, son sauveur publié en 1927.
5 - L'armée française paie 70 012 francs à la Compagnie française des automobiles de place, fondée par André Walewski, pour le service rendu par les taxis lors des journées des 6 et 7 septembre 1914.


Points clés

- Métier(s) : général de division, administrateur colonial, ministre de la Guerre
- Résidence principale : Saint-Raphaël et Paris
- Relations de couple : marié à Marthe Savelli (1882-1914)
- Enfants : Théodore François Gaëtan Gallieni (1887-1940)
- Distinctions : grand-croix de la Légion d'honneur (1905), médaille militaire (1911), maréchal de France à titre posthume (1921)


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Autres militaires

Citations

« Quand je suis parti pour Madagascar, mes prescriptions me disaient de ramener l'ordre dans la colonie, de la soumettre à notre autorité, et pour le reste de me débrouiller. »

— Lettre de Gallieni citée dans la revue Outre-Mers, Persée, 1978 (note datée de fin 1903)

« L'action politique tire sa plus grande force de la connaissance du pays et de ses habitants : c'est à ce but que doivent tendre les premiers efforts de tout commandant territorial. »

— Rapport d'ensemble sur la pacification, l'organisation et la colonisation de Madagascar, Paris, 1900

« Le meilleur moyen pour arriver à la pacification dans notre nouvelle et immense colonie de Madagascar, avec les ressources restreintes dont nous disposons, est d'employer l'action combinée de la force et de la politique. »

— Instructions de mai 1898, citées dans le Rapport d'ensemble sur la pacification, l'organisation et la colonisation de Madagascar, 1900

« Aux colonies, il faut ménager le pays et ses habitants, puisque celui-là est destiné à recevoir nos entreprises de colonisation futures et que ceux-ci seront nos principaux agents et collaborateurs pour mener à bien ces entreprises. »

— Rapport d'ensemble sur la pacification, l'organisation et la colonisation de Madagascar, Paris, Charles-Lavauzelle, 1900

« Quand je suis parti pour Madagascar, mes prescriptions me disaient de ramener l'ordre dans la colonie, de la soumettre à notre autorité, et pour le reste de me débrouiller. »

— Lettre de Gallieni citée dans la revue Outre-Mers, Persée, 1978 (note datée de fin 1903)

« L'action politique tire sa plus grande force de la connaissance du pays et de ses habitants : c'est à ce but que doivent tendre les premiers efforts de tout commandant territorial. »

— Rapport d'ensemble sur la pacification, l'organisation et la colonisation de Madagascar, Paris, 1900

« Le meilleur moyen pour arriver à la pacification dans notre nouvelle et immense colonie de Madagascar, avec les ressources restreintes dont nous disposons, est d'employer l'action combinée de la force et de la politique. »

— Instructions de mai 1898, citées dans le Rapport d'ensemble sur la pacification, l'organisation et la colonisation de Madagascar, 1900

« Aux colonies, il faut ménager le pays et ses habitants, puisque celui-là est destiné à recevoir nos entreprises de colonisation futures et que ceux-ci seront nos principaux agents et collaborateurs pour mener à bien ces entreprises. »

— Rapport d'ensemble sur la pacification, l'organisation et la colonisation de Madagascar, Paris, Charles-Lavauzelle, 1900

Questions autour de Joseph Gallieni

Quel était le vrai nom de Joseph Gallieni ?
Son nom complet était Joseph Simon Gallieni. Il était fils de Gaétan Marie Gallieni, officier d'infanterie d'origine lombarde naturalisé français en 1841.
Pourquoi Joseph Gallieni est-il célèbre ?
Joseph Gallieni est principalement connu pour avoir réquisitionné les taxis parisiens lors de la bataille de la Marne en septembre 1914, en tant que gouverneur militaire de Paris. Il fut également administrateur colonial à Madagascar.
Quel rôle Joseph Gallieni a-t-il joué pendant la bataille de la Marne ?
Gouverneur militaire de Paris depuis le 26 août 1914, Joseph Gallieni ordonne les 6 et 7 septembre 1914 la réquisition d'environ 1 100 taxis parisiens pour transporter les fantassins de la 7e division d'infanterie en renfort sur le front.
Comment est mort Joseph Gallieni ?
Joseph Gallieni est mort le 27 mai 1916 à Versailles des suites de deux interventions chirurgicales liées à un cancer de la prostate.
Joseph Gallieni était-il maréchal de France ?
Joseph Gallieni a été élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume le 7 mai 1921, cinq ans après sa mort.
Quelle a été l'action de Joseph Gallieni à Madagascar ?
Nommé résident général en septembre 1896 puis gouverneur général de l'île jusqu'en mai 1905, Joseph Gallieni fait abolir la monarchie merina, exile la reine Ranavalona III et conduit une politique de « pacification » mêlant développement économique et répression armée.
Qui était l'épouse de Joseph Gallieni ?
Joseph Gallieni épouse Marthe Savelli le 27 août 1882 à Saint-Raphaël. Fille du propriétaire Théodore Savelli, elle apporte en dot une villa à Fréjus. Elle meurt en 1914.
Qui est né le même jour que Joseph Gallieni ?
Shirley MacLaine, Richard Donner, Jean Itard, Jean-Paul Gaultier et Philippe Pétain sont nés le 24 avril comme Joseph Gallieni.
À quel âge est mort Joseph Gallieni ?
Joseph Gallieni est mort à 67 ans, le 27 mai 1916.
Qui est mort le même jour que Joseph Gallieni ?
Quels militaires sont du signe Taureau comme Joseph Gallieni ?
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