Homme d'État soviétique, Joseph Staline dirige l'URSS de la fin des années 1920 jusqu'à sa mort en 1953. Son exercice du pouvoir est associé à une industrialisation accélérée, à la victoire soviétique dans la Seconde Guerre mondiale et à une répression politique de masse.
Né à Gori dans l'Empire russe, Iossif Djougachvili grandit en Géorgie et suit une formation au séminaire de Tiflis avant de rejoindre le mouvement social-démocrate russe. Engagé du côté bolchevique, il mène des activités clandestines, connaît l'exil et des arrestations, puis s'impose dans l'appareil du parti. Après la révolution de 1917, il occupe des postes au gouvernement soviétique. Nommé secrétaire général du Parti communiste en avril 1922, il consolide son autorité après la mort de Lénine. À la fin des années 1920, il impose le premier plan quinquennal, la collectivisation et une industrialisation rapide, au prix de famines importantes, dont celle de 1932-1933. Ses écrits doctrinaux, dont Le marxisme et la question nationale et Les fondements du léninisme, servent de références pour la direction du parti.
Dans les années 1930, la répression politique s'intensifie avec la Grande Terreur de 1936-1938 et l'extension du système concentrationnaire du Goulag. En 1938, la version dite « cours abrégé » de Histoire du Parti communiste (bolchevik) de l'URSS devient un manuel officiel. L'URSS signe le pacte germano-soviétique en 1939 avant l'invasion allemande de 1941. Staline dirige l'effort de guerre jusqu'à la victoire de 1945 et participe aux grandes conférences alliées. Après 1945, il supervise la reconstruction et l'instauration d'un système d'alliances en Europe de l'Est, dans le contexte de la guerre froide naissante. Ses distinctions incluent le titre de Héros du travail socialiste (1939), l'ordre de la Victoire (1944 et 1945) et le titre de Héros de l'Union soviétique (1945).
Son exercice du pouvoir est associé à des politiques de répression de masse, notamment la Grande Terreur de 1936-1938 (arrestations, procès, exécutions et déportations), ainsi qu'à l'extension du système du Goulag. La collectivisation forcée s'inscrit dans un contexte de famines meurtrières en 1932-1933 dans plusieurs régions de l'URSS, dont l'Ukraine. En 1940, l'exécution de milliers d'officiers polonais lors du massacre de Katyń est attribuée à l'appareil soviétique, responsabilité officiellement reconnue par l'URSS en 1990.
1878 : Naissance à Gori (Empire russe, actuelle Géorgie).
1899 : Rupture avec le séminaire de Tiflis et engagement révolutionnaire.
1906 : Mariage avec Ekaterine « Kato » Svanidzé.
1907 : Naissance de Yakov Djougachvili ; décès de Kato Svanidzé.
1917 : Participation aux événements révolutionnaires.
1922 : Nommé secrétaire général du Parti communiste.
1928 : Lancement du premier plan quinquennal.
1936 : Début de la phase principale de la Grande Terreur (1936-1938).
1939 : Signature du pacte germano-soviétique ; titre de Héros du travail socialiste.
1941 : Direction de l'URSS pendant la guerre après l'invasion allemande.
1953 : Mort à Moscou.
Fils de Besarion Djougachvili, cordonnier, et d'Ekaterine Geladze, couturière, il se marie avec Ekaterine « Kato » Svanidzé en 1906. De cette union naît Yakov Djougachvili (1907-1943). Devenu veuf, il épouse Nadejda Allilouïeva en 1919 ; le couple a deux enfants, Vassili (1921-1962) et Svetlana (1926-2011), et adopte Artiom Sergueïev en 1921. Allilouïeva meurt par suicide en 1932. Après 1953, Svetlana prend le nom d'Allilouïeva et quitte l'URSS en 1967.
Son engagement public est celui d'un militant bolchevique devenu dirigeant d'un parti unique et chef d'État. Il promeut le marxisme-léninisme comme doctrine officielle, l'athéisme d'État et une économie planifiée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il assume la direction politique et militaire suprême de l'URSS. Son pouvoir s'accompagne d'un culte de la personnalité organisé et d'un contrôle de la vie culturelle et scientifique.
Ses principaux lieux associés se situent entre la Géorgie et Moscou : Gori, sa ville natale, où se trouve le musée Staline, et Tbilissi. À Moscou, le Kremlin, la datcha de Kountsevo et la place Rouge concentrent les repères publics liés à son pouvoir.
Retiré à la datcha de Kountsevo, il est retrouvé inanimé dans sa chambre après un accident vasculaire. L'autopsie conclut à une hémorragie cérébrale. Son corps est embaumé et exposé à la Maison des syndicats. Les funérailles d'État se déroulent sur la place Rouge, avant son inhumation officielle.
Joseph Staline repose dans la nécropole du mur du Kremlin, à Moscou, derrière le mausolée de Lénine. Le site se visite sur la place Rouge. À Gori, le musée Staline constitue un lieu de mémoire.
1 - Son nom de guerre « Staline », dérivé du mot russe signifiant « acier », s'impose avant 1917 et éclipse largement son patronyme Djougachvili dans la mémoire publique.
2 - Le 20 décembre 1939, il reçoit le titre de Héros du travail socialiste en même temps qu'un ordre de Lénine.
3 - Après sa mort, son corps est placé au mausolée de Lénine sur la place Rouge, avant d'être retiré en 1961 et réinhumé dans la nécropole du mur du Kremlin.
4 - Sa fille Svetlana quitte l'URSS en 1967 ; son départ attire une forte attention internationale.
- Métier(s) : Homme d'État soviétique, dirigeant du Parti communiste.
- Résidence principale : Moscou (Kremlin).
- Relations : Ekaterine « Kato » Svanidzé ; Nadejda Allilouïeva.
- Enfants : Yakov Djougachvili ; Vassili Staline ; Svetlana Allilouïeva.
- Distinctions : Héros du travail socialiste (1939) ; Héros de l'Union soviétique (1945) ; ordre de la Victoire (1944, 1945).
La mort résout tous les problèmes. Pas d'hommes, pas de problèmes.
Ceux qui votent ne décident de rien. Ceux qui les comptent décident de tout.
La mort d'un homme est une tragédie, celle d'un million d'hommes est une statistique.
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