Jules Ferry, né en 1832, est un homme politique républicain français dont l'action a durablement transformé le paysage national. Avocat vosgien devenu pamphlétaire sous le Second Empire, puis ministre de l'Instruction publique sous la Troisième République, il a établi les bases de l'école publique moderne tout en s'engageant dans l'expansion coloniale. Sa trajectoire mêle engagement intellectuel, appartenance à la franc-maçonnerie, réformes scolaires fondatrices et controverses qui accompagnent encore aujourd'hui sa mémoire.
Né en 1832 à Saint-Dié dans une famille de la bourgeoisie vosgienne, Jules François Camille Ferry grandit dans un milieu libre-penseur. Formé au collège de sa ville natale puis au lycée impérial de Strasbourg, il poursuit des études de droit à Paris à partir de 1850. Avocat réputé, il collabore à plusieurs journaux dont Le Temps. Sa plume connaît un retentissement national en 1868 lorsqu'il publie une série d'articles satiriques réunis sous le titre Les Comptes fantastiques d'Haussmann, dénonçant la gestion du financement des grands travaux parisiens sous le Second Empire. Cette notoriété le propulse dans l'opposition républicaine.
Député en 1869, Jules Ferry participe activement aux combats parlementaires contre le régime impérial. Membre du gouvernement provisoire de la Défense nationale, il devient préfet de la Seine puis maire de Paris durant le siège prussien. Chargé du ravitaillement de la capitale assiégée, il impose des restrictions alimentaires qui lui valent les surnoms hostiles de « Ferry-Famine » et « Ferry l'affameur ». Lorsque la Commune éclate en mars 1871, il quitte la ville dès le premier jour de l'insurrection. Réélu député des Vosges à l'Assemblée nationale en 1871, il participe aux négociations frontalières avec l'Allemagne.
Ministre de l'Instruction publique à partir du 4 février 1879, Jules Ferry engage une série de réformes structurantes. Il crée l'École normale supérieure féminine de Sèvres, nomme Ferdinand Buisson directeur de l'enseignement primaire, et fait adopter entre 1881 et 1882 les lois instaurant l'instruction primaire gratuite, laïque et obligatoire. Deux fois président du Conseil des ministres, entre 1880 et 1881 puis entre 1883 et 1885, il poursuit une politique d'expansion coloniale, notamment en Indochine. L'affaire du Tonkin, marquée par l'évacuation de Lang Son en mars 1885, provoque sa chute. Élu sénateur des Vosges le 21 janvier 1893, il décède trois semaines plus tard d'un infarctus du myocarde.
La mémoire de Jules Ferry reste clivée autour de deux axes. Le premier concerne son rôle durant la Commune de Paris en 1871. Le second renvoie à son action coloniale. Ardent défenseur de l'expansion française en Afrique et en Asie, il développe une rhétorique justifiant la colonisation par une prétendue « mission civilisatrice » des « races supérieures » vis-à-vis des « races inférieures ». Ces propos, tenus notamment lors du discours du 28 juillet 1885, suscitent une opposition immédiate de Georges Clemenceau.
Jules Ferry épouse en 1875 Eugénie Risler, fille de l'industriel protestant Christian Risler. Le couple, sans descendance, réside principalement à Paris. Ferry adopte son neveu Abel Ferry, futur député, qu'il institue unique héritier. Son adhésion à la franc-maçonnerie, en 1875, revêt une solennité particulière : il est reçu à la loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France aux côtés d'Émile Littré et d'autres disciples d'Auguste Comte. Il affirme ainsi publiquement son positivisme.
Jules Ferry décède le 17 mars 1893 à Paris, à l'âge de 60 ans, des suites d'un infarctus du myocarde. Son élection au Sénat des Vosges remontait à trois semaines seulement. Des funérailles nationales sont organisées, marquant la reconnaissance officielle de son œuvre politique dans le domaine de l'instruction publique.
Jules Ferry est inhumé à Saint-Dié-des-Vosges. Sa résidence principale parisienne se situait au 1 rue Bayard dans le 8e arrondissement. Les lieux de sa carrière incluent le lycée impérial de Strasbourg, la Chambre des députés et le ministère de l'Instruction publique à Paris.
La chance sourit à ceux qui y sont préparés.
Messieurs, ce que nous vous demandons à tous, c'est de nous faire des hommes avant de nous faire des grammairiens !
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