Klaus Barbie, officier SS allemand né le 25 octobre 1913 à Bad Godesberg, surnommé le « boucher de Lyon », dirige la Gestapo lyonnaise de 1942 à 1944. Il est en 1987 le premier condamné à perpétuité pour crime contre l'humanité en France.
Nikolaus Barbie naît hors mariage le 25 octobre 1913 à Bad Godesberg, de Nikolaus Barbie, employé de bureau puis instituteur, blessé au cou à Verdun lors de la Première Guerre mondiale, et d'Anna Hees, institutrice. Ses parents se marient en janvier 1914. Après avoir fréquenté l'école où son père enseigne jusqu'en 1923, il part pensionnaire au lycée de Trèves en 1925 et envisage des études de théologie. Ses deux parents décèdent en 1933. Il obtient son baccalauréat (Abitur) en 1934. Il adhère aux Jeunesses hitlériennes puis rejoint le Sicherheitsdienst (SD), branche de renseignement de la SS, en septembre 1935, où il reçoit une formation d'interrogateur. En mai 1937, il adhère au parti nazi (NSDAP). Affecté dès 1940 aux Pays-Bas, il participe aux opérations contre les Juifs, les résistants et les francs-maçons à Amsterdam. En avril 1940, il est promu SS-Untersturmführer et épouse Regina Willms, également membre du NSDAP.
En mai 1942, Barbie est nommé chef du Kommando de Gex (Ain), puis en novembre 1942 prend la tête de la section IV de la Gestapo à Lyon, centre vital de la Résistance française. Il installe son poste de commandement à l'Hôtel Terminus, siège du KDS lyonnais, où se déroulent interrogatoires et séances de torture. Le 21 juin 1943, à Caluire, ses hommes arrêtent Jean Moulin, représentant du général Charles de Gaulle en France, avec six autres responsables de la Résistance. Moulin meurt des suites des violences subies lors de sa détention. En septembre 1943, le Reichsführer-SS Heinrich Himmler lui adresse une lettre de félicitations personnelle pour ses résultats. Le 6 avril 1944, Barbie ordonne la rafle d'Izieu et la déportation de 44 enfants juifs et 7 adultes vers Auschwitz. En août 1944, il supervise l'un des derniers convois de déportés quittant Lyon avant la Libération. Sous ses ordres, environ 14 000 personnes sont estimées déportées ou exécutées.
Les crimes de Klaus Barbie à Lyon entre 1942 et 1944 sont documentés par les archives nazies elles-mêmes et par des centaines de témoignages. Il est condamné à mort par contumace en France en 1952 et 1954 pour crimes de guerre, notamment pour l'arrestation et la torture de Jean Moulin. Ces condamnations sont prescrites au moment de son retour en France. Le 11 mai 1987 s'ouvre à Lyon le premier procès pour crimes contre l'humanité jamais tenu en France. Barbie, sur les conseils de son avocat Jacques Vergès, refuse d'assister aux audiences. La cour d'assises du Rhône, présidée par André Cerdini, entend 106 témoins. Le procureur général Pierre Truche requiert la réclusion à perpétuité. Le 4 juillet 1987, Barbie est reconnu coupable de 17 chefs de crimes contre l'humanité, dont la rafle d'Izieu, les déportations vers Auschwitz et la rafle de l'UGIF rue Sainte-Catherine à Lyon, et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. En 1983, les autorités américaines reconnaissent avoir recruté Barbie comme agent anticommuniste entre 1947 et 1951 et avoir refusé de le livrer à la France en 1949 malgré des demandes d'extradition.
1913 : naissance le 25 octobre à Bad Godesberg, Empire allemand
1925 : départ pour l'internat au lycée de Trèves
1933 : décès de ses deux parents
1935 : entrée dans le Sicherheitsdienst (SD), branche de renseignement de la SS
1937 : adhésion au parti nazi (NSDAP)
1940 : mariage avec Regina Willms ; affectation aux Pays-Bas
1942 : nomination à la tête de la section IV de la Gestapo à Lyon (novembre)
1943 : arrestation de Jean Moulin à Caluire (21 juin)
1944 : rafle des enfants d'Izieu (6 avril) ; dernier convoi de déportés de Lyon (11 août)
1947 : recrutement comme agent par le Counterintelligence Corps américain
1951 : fuite en Bolivie sous le nom de Klaus Altmann
1971 : identification par Serge et Beate Klarsfeld
1983 : arrestation en Bolivie le 25 janvier ; extradition vers la France
1987 : procès à Lyon (11 mai-4 juillet) ; condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité
1991 : décès à la prison Saint-Joseph de Lyon (25 septembre)
Klaus Barbie naît hors mariage de Nikolaus Barbie, instituteur, et d'Anna Hees, institutrice, qui régularisent leur union en janvier 1914. Les deux parents décèdent en 1933. Il a un frère, Kurt Barbie. Scolarisé dans l'école de son père à Bad Godesberg jusqu'en 1923, il part pensionnaire au lycée de Trèves en 1925. En avril 1940, il épouse Regina Willms, membre du parti nazi, avec qui il a deux enfants : Ute, née en 1941, et Klaus-Georg, né en 1946. Regina Willms décède d'un cancer en 1982, peu avant l'extradition de son mari vers la France.
Après la guerre, Barbie vit sous le nom de Klaus Altmann en Bolivie de 1951 à 1983, intégrant les milieux d'affaires de La Paz et de Cochabamba. Il collabore avec plusieurs régimes militaires boliviens, dont celui du général René Barrientos. Sa fille Ute, mariée sous le nom d'Ute Messner, lui conseille de choisir l'avocat Jacques Vergès pour sa défense lors du procès de 1987. Barbie entretient des liens avec François Genoud, banquier suisse connu pour ses contacts avec des réseaux néonazis, qui lui apporte un soutien financier lors du procès. Son fils Klaus-Georg meurt en 1975 dans un accident de vol libre dans les montagnes péruviennes.
Klaus Barbie décède le 25 septembre 1991 à la prison Saint-Joseph de Lyon, d'une leucémie, à l'âge de 77 ans. Il meurt en détention, quatre ans après sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l'humanité. Aucune cérémonie funèbre publique n'est organisée. La dépouille est incinérée ; le lieu de conservation des cendres n'est pas rendu public. Serge Klarsfeld, avocat des parties civiles lors du procès, avait qualifié la condamnation de 1987 d'acte de justice pour les victimes et leurs familles. Le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) de Lyon conserve les archives audiovisuelles intégrales du procès.
Klaus Barbie est incinéré à Lyon en 1991. Aucune sépulture connue n'est rendue publique. La Maison d'Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés, à Izieu (Ain), est consacrée à la mémoire des 44 enfants victimes de la rafle ordonnée par Barbie en 1944. À Lyon, le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) présente les archives audiovisuelles du procès de 1987.
1 - Lors de l'arrestation de la jeune Simone Lagrange à Lyon en 1943, Barbie se présente à elle en caressant un chat, contrastant avec les violences qui suivent immédiatement. Lagrange témoigne de cette scène lors du procès de 1987.
2 - Recruté par le Counterintelligence Corps américain après la guerre, Barbie est protégé par les autorités américaines qui refusent en 1949 de le livrer à la France malgré les demandes d'extradition. Les États-Unis reconnaissent officiellement cette protection en 1983.
3 - Ladislas de Hoyos, journaliste de TF1, identifie Klaus Altmann au Pérou en janvier 1972 en lui posant une question en français. Barbie, qui avait nié parler la langue, répond immédiatement, trahissant son identité réelle.
4 - Le documentaire Hôtel Terminus de Marcel Ophüls, consacré à la vie et aux crimes de Barbie, remporte l'Oscar du meilleur documentaire en 1989. Tourné en 267 minutes, il repose sur plus de 120 heures d'interviews conduites sur trois continents.
5 - Sur les conseils de sa fille Ute Messner, Barbie choisit Jacques Vergès pour sa défense lors du procès de 1987. Vergès adopte une stratégie de « défense de rupture », retournant le procès contre les institutions françaises et leurs crimes coloniaux.
6 - Son fils Klaus-Georg Altmann meurt en 1975 dans un accident de vol libre dans les montagnes péruviennes, avant le retour de son père en France. Ute Messner reste la seule survivante directe de Barbie parmi ses enfants.
- Métier(s) : Officier SS ; chef de la Gestapo à Lyon (1942-1944) ; conseiller des services de renseignement boliviens (1951-1983)
- Résidence principale : Bad Godesberg (enfance) ; Trèves (lycée) ; Lyon (1942-1944 puis 1983-1991 en détention) ; La Paz et Cochabamba, Bolivie (1951-1983)
- Relations de couple : Regina Willms (épouse depuis avril 1940, décédée en 1982)
- Enfants : Ute (née en 1941, mariée Ute Messner) ; Klaus-Georg (né en 1946, décédé en 1975)
- Distinctions : Croix de fer de 2e classe (1941) ; Croix de fer de 1ère classe (novembre 1943)
« J'ai combattu la Résistance que je respecte avec dureté. »
— Dernière déclaration lors de l'audience du 3 juillet 1987, cour d'assises du Rhône, Lyon (LyonCapitale.fr, compte-rendu d'Alain Jakubowicz)