Lino Ventura, né Angiolino Giuseppe Pasquale Ventura, est un acteur de nationalité italienne né le 14 juillet 1919 à Parme et mort le 22 octobre 1987 à Saint-Cloud. Ancien champion d'Europe de lutte poids moyens, il totalise 130 millions d'entrées dans le cinéma français.
C'est par hasard que la carrière cinématographique de Lino Ventura débute. En 1953, le réalisateur Jacques Becker cherche un physique imposant pour donner la réplique à Jean Gabin dans Touchez pas au grisbi. Ventura, alors organisateur de combats de catch, décline d'abord, puis exige un cachet quasi équivalent à celui de la vedette, convaincu d'essuyer un refus. Le producteur Robert Dorfmann capitule sous la pression de Becker. A la sortie du film en 1954, la profession remarque immédiatement sa présence à l'écran. S'ensuivent plusieurs films avec Jean Gabin, dont Razzia sur la chnouf (1955) et Maigret tend un piège (1958). Il tourne sous la direction de Louis Malle dans Ascenseur pour l'échafaud (1958) et de Julien Duvivier dans Marie-Octobre (1959). C'est le rôle-titre du Gorille vous salue bien (1958), réalisé par Bernard Borderie, qui le propulse vedette à part entière. En 1960, Classe tous risques de Claude Sautet, aux côtés de Jean-Paul Belmondo, marque une nouvelle étape et lui fait découvrir l'auteur José Giovanni.
Les années 1960 et 1970 consacrent Lino Ventura dans le cinéma populaire français. En 1961, Un taxi pour Tobrouk de Denys de La Patellière, aux côtés de Charles Aznavour, réunit près de 5 millions de spectateurs. Georges Lautner le dirige dans la trilogie parodique dialoguée par Michel Audiard : Les Tontons flingueurs (1963), Les Barbouzes (1964) et Ne nous fâchons pas (1966). Jean-Pierre Melville lui offre deux rôles forts : un truand acculé dans Le Deuxième Souffle (1966) et un chef de réseau de résistance dans L'Armée des ombres (1969), d'après Joseph Kessel. Henri Verneuil le réunit avec Alain Delon et Jean Gabin dans Le Clan des Siciliens (1969). Il alterne ensuite la comédie avec L'Emmerdeur (1973) d'Edouard Molinaro et le polar avec Adieu poulet (1975) de Pierre Granier-Deferre, face à Patrick Dewaere. En 1981, son face-à-face avec Michel Serrault dans Garde à vue de Claude Miller est salué par la critique. Son dernier grand rôle est celui de Jean Valjean dans Les Misérables (1982) de Robert Hossein.
1919 : naissance le 14 juillet à Parme (Italie), fils unique de Giovanni Ventura et Luisa Borrini
1927 : arrivée en France avec sa mère ; installation dans le 9e arrondissement de Paris
1935 : rencontre Odette Le Comte à la Compagnie italienne de tourisme à Paris
1940 : enrôlement dans l'armée italienne au début de la Seconde Guerre mondiale
1942 : mariage avec Odette Le Comte le 8 janvier, mairie du 16e arrondissement de Paris
1943 : désertion au moment de la chute du régime fasciste ; se cache à Baracé (Maine-et-Loire)
1950 : champion d'Europe de lutte gréco-romaine poids moyens, en février ; fracture ouverte à la jambe droite lors d'un combat contre Henri Cogan, en mars, mettant fin à sa carrière de catcheur
1954 : premier rôle au cinéma dans Touchez pas au grisbi de Jacques Becker, face à Jean Gabin
1961 : Un taxi pour Tobrouk de Denys de La Patellière, meilleur résultat au box-office de sa carrière (4,9 millions d'entrées)
1963 : Les Tontons flingueurs de Georges Lautner ; 3,3 millions de spectateurs
1965 : appel public sur l'ORTF en faveur des enfants handicapés, le 6 décembre
1966 : fondation de l'association Perce-Neige avec Odette Ventura
1969 : L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville
1976 : reconnaissance d'utilité publique de l'association Perce-Neige
1977 : préside la 2e cérémonie des César, en hommage à son ami Jean Gabin décédé trois mois plus tôt
1982 : Les Misérables de Robert Hossein ; nomination au César du meilleur acteur
1987 : décès le 22 octobre à Saint-Cloud, d'une crise cardiaque, à 68 ans
Lino Ventura naît fils unique de Giovanni Ventura, représentant de commerce sicilien installé à Parme, et de Luisa Borrini. En 1927, sa mère le conduit à Paris pour rejoindre son père, qui a disparu à leur arrivée. Ils s'installent rue Papillon, dans le 9e arrondissement, où Luisa travaille comme femme de chambre. Lino quitte l'école à 9 ans et enchaîne les petits métiers. En 1935, il rencontre Odette Le Comte, âgée de 16 ans, et l'épouse le 8 janvier 1942. Ils ont quatre enfants : Mylène (1946-1998), Laurent (1950-2022), Linda (née en 1958, handicapée mentale, décédée en 2025) et Clélia (née en 1961), scénariste et auteure.
Lino Ventura entretient des amitiés profondes avec Jean Gabin, son mentor, ainsi qu'avec Georges Brassens, Jacques Brel, le sculpteur César et Claude Sautet. En 1965, ému par la situation de sa fille Linda, il lance un appel public sur l'ORTF en faveur des enfants handicapés, auquel répondent Jean Gabin, Jeanne Moreau, Charles Aznavour et Serge Gainsbourg. L'année suivante, il fonde avec Odette l'association caritative Perce-Neige, reconnue d'utilité publique en 1976 et toujours active. Discret et réfractaire aux mondanités, il consacre chaque mois de juillet à sa famille au cap Ferret, en Gironde.
Lino Ventura meurt le 22 octobre 1987 à l'âge de 68 ans dans sa maison de Montretout, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), d'une crise cardiaque. La cause précise est attestée par l'acte de décès n° 545/1987. Son décès survient sans maladie préalable connue. Le 24 octobre 1987, ses obsèques ont lieu dans la discrétion au cimetière du Val-Saint-Germain (Essonne), réunissant une cinquantaine de proches. Odette Ventura, son épouse, dépose une rose rouge sur le cercueil en chêne clair. Alain Delon, absent à la demande de la famille, lui rend hommage dans les colonnes du Journal du dimanche, le qualifiant de frère sorti du même moule que lui. Paris Match consacre sa une au décès.
Lino Ventura repose au cimetière du Val-Saint-Germain, chemin de la Vieuville, 91530 Val-Saint-Germain (Essonne). En 1992, la ville de Nice inaugure le théâtre Lino Ventura. En 1999, une place porte son nom dans le 9e arrondissement de Paris, au croisement de la rue des Martyrs et de l'avenue Trudaine. En 2003, Parme nomme son centre du cinéma Centro cinema Lino Ventura.
1 - Pour entrer dans la carrière, Ventura avait exigé de Jacques Becker et du producteur Robert Dorfmann un cachet quasi égal à celui de Jean Gabin, star confirmée, afin de décourager toute proposition. Sa tactique se retourna contre lui : le cachet fut accepté et il ne put refuser.
2 - Jusqu'en 1958, soit cinq ans après ses débuts sur grand écran, Lino Ventura conservait en parallèle ses activités d'organisateur de combats de catch et de gérant d'une entreprise de layette, ne se considérant pas encore comme acteur professionnel.
3 - Passionné de curling, un sport rare en France, Ventura en expliquait lui-même les règles lors d'une émission de la Radio Télévision Suisse en 1968, avec une spontanéité qui surprit l'animateur.
4 - En 1970, Goscinny et Uderzo le croquent sous les traits du centurion Aérobus dans l'album Astérix - La Zizanie, référence discrète à la notoriété de l'acteur dans la culture populaire française.
5 - Lino Ventura avait toujours refusé la Légion d'honneur, fidèle à sa position d'étranger réservé sur les distinctions françaises. Le 12 octobre 1987, dix jours avant sa mort, Jacques Chirac, alors Premier ministre et maire de Paris, la remit à son épouse Odette à l'hôtel de ville de Paris.
6 - En 1977, Lino Ventura préside la 2e cérémonie des César, quelques mois après la mort de son ami Jean Gabin, décédé le 15 novembre 1976 ; un hommage personnel autant qu'institutionnel au grand acteur qui avait lancé sa carrière.
- Métier(s) : acteur, ancien lutteur et catcheur professionnel
- Résidence principale : Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)
- Relations de couple : Odette Le Comte (épouse, 1942-1987)
- Enfants : Mylène (1946-1998), Laurent (1950-2022), Linda (1958-2025), Clélia (née en 1961)
- Distinctions : prix d'interprétation masculine au festival de San Sebastian (1973), prix Sant Jordi (1974), David di Donatello (1974), nomination au César du meilleur acteur (1983) ; refus de la Légion d'honneur
66 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« Je trouve complètement ridicule que la publicité d'un film soit basée sur la longueur d'un baiser. »
— Cinémonde (date exacte non précisée dans les sources consultées)
« De passer pour un ours, à un moment, ça arrange très bien les choses, comme ça on vous fout la paix et c'est fini. »
— Cité dans Gilles Durieux, Lino Ventura, Flammarion, 2001
« Que deviendront-ils lorsque leurs parents ne seront plus là ? Ce n'est pas de la pitié dont ils ont besoin, mais de chaleur humaine ! »
— Appel à l'ORTF, 6 décembre 1965, au sujet des enfants handicapés
« Sur un plateau, je suis chez moi. Sur une scène... Je n'ai pas assez de courage pour me torturer. Je ne suis qu'un comédien instinctif. »
— Archives de la Radio Télévision Suisse, émission Spécial cinéma, 29 novembre 1982
Je suis plutôt un comédien d'instinct.
L’amour ça tue, la haine ça maintient en vie.
Je n’ai confiance qu’en mes ennemis, parce que les ennemis ne changent pas.
A partir du moment où je ne crois pas à quelque chose, je suis très mauvais.
J'ai le plus profond respect pour les autres, mais je veux qu'on me respecte.
Vous ne me verrez jamais tout nu avec une dame en train de batifoler, je laisse ça à d'autres.