Figure centrale du crime organisé italo-américain au XXe siècle, Lucky Luciano est considéré comme l’un des architectes de la mafia moderne aux États-Unis, ayant structuré les familles new-yorkaises et le « syndicat du crime » tout en finissant sa vie en exil à Naples.
Salvatore Lucania, connu sous le nom de Lucky Luciano, naît le 24 novembre 1897 à Lercara Friddi, en Sicile, avant d’émigrer avec sa famille à New York en 1906, dans le Lower East Side. Très jeune, il abandonne l’école et rejoint les gangs de rue, puis le Five Points Gang. Dans les années 1920, il s’impose dans la contrebande d’alcool durant la Prohibition et devient un proche de Joe Masseria et d’Arnold Rothstein. Après la guerre des Castellammarese, il réorganise la mafia new-yorkaise en cinq familles et met en place une Commission pour gérer les conflits. Arrêté en 1936 pour proxénétisme organisé, il est condamné à une longue peine, avant de négocier pendant la Seconde Guerre mondiale une coopération avec les autorités américaines, ce qui conduit à sa libération et à son expulsion vers l’Italie en 1946.
24 novembre 1897 : Naissance à Lercara Friddi, Sicile, sous le nom de Salvatore Lucania.
Avril 1906 : Émigration avec sa famille à New York, installation dans le Lower East Side.
Années 1920 : Intègre le Five Points Gang et commence à travailler pour Arnold Rothstein et Joe Masseria durant la Prohibition.
1929 : Enlèvement et passage à tabac avec gorge tranchée, épisode souvent associé à son surnom « Lucky ».
1930-1931 : Rôle clé dans la guerre des Castellammarese et élimination de Masseria puis Maranzano.
1931 : Réorganisation de la mafia new-yorkaise en cinq familles et création de la Commission pour coordonner les bosses.
1935-1936 : Enquête du procureur Thomas Dewey sur un vaste réseau de prostitution contrôlé par son organisation.
8 juin 1936 : Condamnation à 30 à 50 ans de prison pour proxénétisme de grande envergure.
1942 : Accord secret avec la Navy américaine pour sécuriser les docks de New York pendant la guerre et fournir des renseignements.
3 janvier 1946 : Peine commuée par l’État de New York en échange de son aide de guerre.
10 février 1946 : Expulsion vers l’Italie ; installation d’abord en Sicile, puis en Italie continentale.
Octobre 1946 – février 1947 : Séjour à La Havane pour tenter de reprendre la main sur les affaires américaines, puis renvoi vers l’Italie sous pression américaine.
Fin des années 1940 : Installation durable à Naples, sous surveillance policière, tout en conservant des contacts avec le milieu criminel international.
26 janvier 1962 : Mort d’une crise cardiaque à l’aéroport de Naples-Capodichino lors d’un rendez-vous avec le producteur Martin Gosch, venu discuter d’un film sur sa vie.
29 janvier 1962 : Funérailles à Naples, puis transfert de la dépouille et inhumation au cimetière Saint John, dans le Queens, à New York.
Issu d’une famille sicilienne modeste, Luciano grandit dans un environnement d’immigration dense à New York, avec des parents installés dans un quartier populaire du Lower East Side. Il entretient très tôt des liens étroits avec d’autres jeunes issus de l’immigration, comme Meyer Lansky, avec lequel il développera une coopération durable dans le milieu criminel. Dans les années 1929 à 1936, il partage sa vie avec la danseuse Gay Orlova, sans se marier. Après son expulsion, il s’installe à Naples et vit à partir de 1948 avec la ballerine italienne Igea Lissoni, qu’il présente comme la compagne centrale de ses dernières années. Luciano n’a pas d’enfants et affirme l’avoir voulu ainsi pour ne pas transmettre son image de gangster. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il accepte de coopérer avec l’US Navy pour sécuriser les installations portuaires de New York, forme d’engagement pragmatique avec les autorités plutôt qu’idéologique.
1 – L’origine de son surnom « Lucky » est souvent attribuée à une agression en 1929, lorsqu’il survit à un enlèvement, un passage à tabac et une gorge tranchée, épisode qui renforce sa réputation dans le milieu criminel.
2 – Pour redorer son image après avoir été identifié comme trafiquant d’héroïne, il achète environ 200 places de choix pour le combat de boxe Jack Dempsey – Luis Firpo, les distribue à des politiciens et gangsters influents et se montre en tenue élégante, ce qui contribue à restaurer son statut mondain.
3 – Durant la Seconde Guerre mondiale, son organisation contribue à la sécurisation des docks new-yorkais et au maintien de la paix sociale sur les quais, dans le cadre d’un accord informel avec la Navy américaine, en échange de la perspective d’une remise de peine.
4 – Luciano affirme n’avoir jamais voulu d’enfants pour éviter qu’un fils porte à vie le poids de son nom associé au crime organisé, considérant que la publicité autour de son procès l’a figé dans le rôle de gangster aux yeux du public.
5 – Il meurt à l’aéroport de Naples alors qu’il vient rencontrer le producteur Martin Gosch, avec lequel il travaille sur un projet de film et de récit autobiographique ; le manuscrit servira plus tard de base au livre The Last Testament of Lucky Luciano publié après sa mort.
Les lieux associés à Lucky Luciano se répartissent entre la Sicile, New York et Naples. Il naît à Lercara Friddi avant de grandir dans le Lower East Side, à Manhattan, où il construit ses premiers réseaux. Exilé, il séjourne à La Havane, puis s’installe à Naples, notamment via Tasso, jusqu’à sa mort le 26 janvier 1962 à l’aéroport de Capodichino. Sa tombe se trouve au cimetière Saint John, dans le Queens, à New York, où reposent aussi d’autres figures du milieu.
Le 26 janvier 1962, Lucky Luciano se rend à l’aéroport de Naples-Capodichino pour rencontrer le producteur Martin Gosch, intéressé par un film tiré de son histoire et d’un scénario en cours d’élaboration. Sur place, Luciano est suivi par les autorités italiennes qui enquêtent sur ses liens présumés avec le trafic de stupéfiants. Peu après ou au moment de la rencontre, il est victime d’une crise cardiaque fatale dans l’enceinte de l’aéroport. Transporté en urgence, il est déclaré mort à 64 ans. Trois jours plus tard, une cérémonie funéraire se tient à Naples, avec un cortège impressionnant et un corbillard tiré par des chevaux. Avec l’accord des autorités américaines, sa dépouille est ensuite transférée à New York et inhumée au cimetière Saint John, dans le Queens, lors d’obsèques rassemblant plusieurs milliers de personnes, dont des figures importantes de la mafia qui viennent lui rendre un dernier hommage.
• Métier(s) : chef mafieux, organisateur de réseaux criminels, contrebandier durant la Prohibition
• Résidence principale : Naples, Italie (après expulsion des États-Unis)
• Relations : Gay Orlova (vers 1929-1936), Igea Lissoni (vers 1948-1959)
• Enfants : aucun