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Biographie

Marcel Proust, écrivain français né le 10 juillet 1871 à Paris et mort en 1922 dans la même ville, est l'auteur du roman-fleuve À la recherche du temps perdu, publié en sept tomes entre 1913 et 1927 et couronné par le prix Goncourt en 1919.


Parcours

Marcel Proust naît dans le quartier d'Auteuil, fils du docteur Adrien Proust, professeur de médecine et hygiéniste réputé, et de Jeanne Weil, issue d'une famille de la grande bourgeoisie juive. Il a un frère cadet, Robert Proust, devenu chirurgien. Scolarisé au lycée Condorcet à partir de 1882, souvent absent pour cause d'asthme, il s'y lie d'amitié avec Jacques Bizet, fils du compositeur Georges Bizet, ainsi qu'avec Daniel Halévy et Fernand Gregh. Après son service militaire à Orléans, il suit les cours de l'École libre des sciences politiques et de la Sorbonne, où il assiste aux conférences du philosophe Henri Bergson, son cousin par alliance. Fréquentant assidûment les salons parisiens, il y rencontre l'écrivain Anatole France, qui lui inspire le personnage de Bergotte, ainsi que Charles Haas, futur modèle du personnage de Swann. En 1896, il publie son premier livre, Les Plaisirs et les Jours, recueil de nouvelles illustré par Madeleine Lemaire, accueilli avec sévérité par la critique.

Passionné par l'esthète anglais John Ruskin, Marcel Proust en traduit deux ouvrages, La Bible d'Amiens en 1904 et Sésame et les Lys en 1906, avec l'aide de sa mère et de sa cousine Marie Nordlinger pour le passage en français. Après la mort de ses parents, en 1903 puis en 1905, il s'installe au 102 boulevard Haussmann, dans une chambre tapissée de liège pour se protéger du bruit et de l'asthme. Il y entreprend en 1907 la rédaction d'À la recherche du temps perdu, assisté plus tard par sa gouvernante Céleste Albaret. Le premier tome, Du côté de chez Swann, est refusé par André Gide chez Gallimard en 1913 et publié à compte d'auteur chez Grasset. Le deuxième tome, À l'ombre des jeunes filles en fleurs, obtient le prix Goncourt en 1919, malgré une vive polémique dans la presse menée notamment par les partisans de Roland Dorgelès. Proust meurt en 1922 avant d'avoir achevé la révision des derniers tomes, publiés ensuite par son frère Robert avec l'aide de Jacques Rivière.


Note de vigilance factuelle : la polémique du prix Goncourt 1919

Repères chronologiques

1871 : naissance à Paris, dans le quartier d'Auteuil
1882 : entrée au lycée Condorcet
1889 : service militaire au 76e régiment d'infanterie à Orléans
1890 : licence de droit puis licence de philosophie à la Sorbonne
1894 : rencontre avec le musicien Reynaldo Hahn
1896 : publication des Plaisirs et les Jours
1900 : séjour à Venise avec sa mère sur les traces de John Ruskin
1903 : mort de son père, Adrien Proust
1904 : publication de la traduction de La Bible d'Amiens
1905 : mort de sa mère, Jeanne Weil
1906 : installation au 102 boulevard Haussmann
1907 : début de la rédaction d'À la recherche du temps perdu
1913 : publication de Du côté de chez Swann
1919 : prix Goncourt pour À l'ombre des jeunes filles en fleurs
1922 : mort à Paris, le 18 novembre


Vie personnelle et engagements

Fils du docteur Adrien Proust et de Jeanne Weil, Marcel Proust grandit à Paris avec son frère cadet Robert Proust, futur chirurgien. Enfant de santé fragile, il souffre dès l'âge de neuf ans de crises d'asthme sévères qui marquent toute son existence. Scolarisé au lycée Condorcet, il y noue des amitiés durables, notamment avec Jacques Bizet et Daniel Halévy. Son premier amour de jeunesse est Marie de Benardaky, fille d'un diplomate polonais, rencontrée dans les jardins des Champs-Élysées. Il ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfant, consacrant sa fortune familiale et son existence à la fréquentation des salons parisiens puis à l'écriture de son œuvre.

Marcel Proust entretient une liaison affective avec le musicien Reynaldo Hahn à partir de 1894, puis se lie d'une passion non partagée avec son secrétaire Alfred Agostinelli, mort dans un accident d'avion en 1914. Il fréquente aussi le prince Antoine Bibesco, confident intime jusqu'à la fin de sa vie, et le comte Robert de Montesquiou, dandy esthète qui inspire en partie le personnage de Charlus. Dreyfusard convaincu, il fait circuler dès les années 1890 une pétition en faveur du capitaine Alfred Dreyfus. Sa gouvernante Céleste Albaret l'assiste quotidiennement durant ses dernières années de rédaction et de maladie.


Contexte du décès

Marcel Proust meurt le 18 novembre 1922 dans son appartement du 44, rue de l'Amiral-Hamelin à Paris, épuisé par une bronchite mal soignée, aggravée par son asthme chronique. Son frère Robert Proust, médecin, appelle aussitôt le peintre Paul César Helleu pour réaliser un dessin du défunt sur son lit de mort, selon ses volontés. Les funérailles se déroulent le 21 novembre 1922 en l'église Saint-Pierre-de-Chaillot, avec les honneurs militaires dus à un chevalier de la Légion d'honneur, devant une assistance nombreuse. Sur le parvis de l'église, l'écrivain Maurice Barrès confie à François Mauriac, présent parmi l'assistance, une formule d'hommage restée célèbre. Les volumes inachevés de son œuvre paraissent ensuite sous la direction de Robert Proust, avec le concours de Jacques Rivière.


Lieux de mémoire

Marcel Proust repose au cimetière du Père-Lachaise à Paris, division 85, dans le caveau familial. La maison de tante Léonie à Illiers-Combray, où il passait ses vacances d'enfance, est devenue le Musée Marcel Proust. Le village d'Illiers a lui-même pris le nom d'Illiers-Combray en 1971 pour le centenaire de sa naissance.


Anecdotes

1 - Son livret militaire, établi lors de son service au 76e régiment d'infanterie à Orléans en 1889, indique qu'il mesure 1,68 mètre, l'une des rares mensurations précises et sourcées conservées sur l'écrivain.
2 - En 1897, à la suite d'une chronique jugée insultante du critique Jean Lorrain visant Les Plaisirs et les Jours, Marcel Proust l'affronte en duel au pistolet dans les bois de Meudon, sans qu'aucun coup ne blesse les duellistes.
3 - Il fit tapisser de liège les murs de sa chambre du 102 boulevard Haussmann pour s'isoler du bruit parisien et limiter les poussières susceptibles de déclencher ses crises d'asthme chronique.
4 - Une enquête publiée par l'Agence France-Presse a révélé qu'il payait certains critiques littéraires pour que des articles élogieux sur Du côté de chez Swann paraissent dans la presse parisienne dès 1913.
5 - Le village d'Illiers, où l'écrivain passait ses vacances d'enfance et modèle du Combray de son roman, a changé de nom en 1971 pour devenir Illiers-Combray, cas rare d'une commune française renommée d'après une œuvre littéraire.


Points clés

- Métier(s) : écrivain, essayiste, critique littéraire
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : jamais marié ; liaisons documentées avec Reynaldo Hahn et Alfred Agostinelli
- Enfants : aucun enfant connu
- Distinctions : prix Goncourt (1919), chevalier de la Légion d'honneur (1920)


Postérité

120 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Autres écrivains nés dans les années 1870

Citations

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. »

— Non retrouvée avec une attribution primaire vérifiée (formule largement diffusée sur des sites de citations, sans localisation confirmée dans l'œuvre publiée).

La lecture est une amitié.
L'espérance est un acte de foi.
Mort à jamais ? Qui peut le dire ?
L'ambition enivre plus que la gloire.
L'irresponsabilité aggrave les fautes.
On n'aime plus personne dès qu'on aime.
Le regret est un amplificateur du désir.
Cela fait souvent de la peine de penser.
Les idées sont des succédanés des chagrins
On devient moral dès qu'on est malheureux.
La vérité suprême de la vie est dans l'art.
Le bonheur est dans l'amour un état anormal.
Les plats se lisent et les livres se mangent.
On ne peut regretter que ce qu'on se rappelle.
Rien n'est plus limité que le plaisir et le vice.
Les femmes réalisent la beauté sans la comprendre.
Les vrais paradis sont les paradis qu'on a perdus.
On n'aime que ce qu'on ne possède pas tout entier.
Le peintre original procède à la façon des oculistes.
Avoir un corps, c'est la grande menace pour l'esprit.
Le désir fleurit, la possession flétrit toutes choses.
Par l'art seulement nous pouvons sortir de nous-mêmes.
Il n'y a pas de réussite facile ni d'échecs définitifs.
Le moi profond reste le meilleur des masques antirides.
Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination.
Le sens critique est soumission à la réalité intérieure.
Les paradoxes d'aujourd'hui sont les préjugés de demain.
L'audace réussit à ceux qui savent profiter des occasions.
Il semble que le goût des livres croisse avec l'intelligence.
La vie tisse entre les êtres plus de fils qu'elle n'en brise.
Il est doux à tout âge de se laisser guider par la fantaisie.
Ce qu'on appelle se rappeler un être est en réalité l'oublier.
On trouve innocent de désirer et atroce ce que l'autre désire.
On ne supporte pas toujours bien les larmes qu'on fait verser.
L'amour, c'est l'espace et le temps rendus sensibles au coeur.
L'univers est vrai pour nous tous et dissemblable pour chacun.
La beauté n'est pas dans les couleurs, mais dans leur harmonie.
On peut quelquefois retrouver un être mais non abolir le temps.
Ceux qui aiment et ceux qui ont du plaisir ne sont pas les mêmes.
Ce ne sont pas les êtres qui existent réellement, mais les idées.
L'adolescence est le seul temps où l'on ait appris quelque chose.
On aime toujours un peu à sortir de soi, à voyager, quand on lit.
De profession à profession, on se devine, et de vice à vice aussi.
Pour apaiser sa souffrance, il faut d'abord la vivre jusqu'au bout.
Les choses éclatantes, on ne les fait généralement que par à-coups.
Notre personnalité sociale est une création de la pensée des autres.
Tâchez de garder toujours un morceau de ciel au dessus de votre vie.
Toute action de l'esprit est aisée si elle n'est pas soumise au réel.
On ne guérit d'une souffrance qu'à condition de l'éprouver pleinement.
C'est toujours l'attachement à l'objet qui amène la mort du possesseur.
La lâcheté ne sait pas profiter des leçons que la générosité lui donne.
Le nez est généralement l'organe où s'étale le plus aisément la bêtise.
Les jours sont peut-être égaux pour une horloge, mais pas pour un homme.
On se souvient d'une atmosphère parce que des jeunes filles y ont souri.
Pour une femme tout événement, même un deuil, se termine par un essayage.
La permanence et la durée ne sont promises à rien, pas même à la douleur.
Ce qu'il y a d'admirable dans le bonheur des autres, c'est qu'on y croit.
Dans l'homme le plus méchant, il y a un pauvre cheval innocent qui peine.
Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant.
La constance d'une habitude est d'ordinaire en rapport avec son absurdité.
La douleur est un aussi puissant modificateur de la réalité que l'ivresse.
Ne pas la comprendre n'a jamais fait trouver une plaisanterie moins drôle.
On est impuissant à trouver du plaisir quand on se contente de le chercher.
Savoir qu'on n'a plus rien à espérer n'empêche pas de continuer à attendre.
Les vivants ne sont que des morts qui ne sont pas encore entrés en fonction.
On ne connaît pas son bonheur. On n'est jamais aussi malheureux qu'on croit.
En réalité, chaque lecteur est, quand il lit, le propre lecteur de soi-même.
Autrui nous est indifférent et l'indifférence n'incline pas à la méchanceté.
L'amour le plus exclusif pour une personne est toujours l'amour d'autre chose.
L'art véritable n'a que faire de proclamations et s'accomplit dans le silence.
Sous toute douceur charnelle un peu profonde, il y a la permanence d'un danger.
Le plaisir de l'habitude est souvent plus doux encore que celui de la nouveauté.
Notre mémoire et notre coeur ne sont pas assez grands pour pouvoir être fidèles.
L'instinct dicte le devoir et l'intelligence fournit des prétextes pour l'éluder.
Le chagrin est égoïste, et ne peut recevoir de remède de ce qui ne le touche pas.
Les femmes sont les instruments interchangeables d'un plaisir toujours identique.
La jeunesse une fois passée, il est rare que l'on reste confiné dans l'insolence.
En amour, il est plus facile de renoncer à un sentiment que de perdre une habitude.
Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d'intervalle qui les écrit.
Le vrai voyage ce n'est pas de chercher des nouveaux paysages mais un nouveau regard
Nous disons la mort pour simplifier, mais il y en a presque autant que de personnes.
A partir d'un certain âge, nos amours, nos maîtresses sont filles de notre angoisse.
Aimer ses parents c'est prendre sur soi, agir par sa volonté pour leur faire plaisir.
Les enfants ont toujours une tendance soit à déprécier, soit à exalter leurs parents.
Nous appelons notre avenir l'ombre de lui-même que notre passé projette devant nous...
Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver.
Pour le baiser nos narines et nos yeux sont aussi mal placés que nos lèvres mal faites.
Les années heureuses sont les années perdues, on attend une souffrance pour travailler.
La vie est semée de ces miracles que peuvent toujours espérer les personnes qui aiment.
L'instinct d'imitation et l'absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules.
Les beautés qu'on découvre le plus tôt sont aussi celles dont on se fatigue le plus vite.
Il est vraiment rare qu'on se quitte bien. Car si on était bien, on ne se quitterait pas.
La souffrance dans l'amour cesse par instants, mais pour reprendre d'une façon différente.
La jalousie n'est souvent qu'un inquiet besoin de tyrannie appliquée aux choses de l'amour.
On déteste ce qui nous est semblable, et nos propres défauts vus du dehors nous exaspèrent.
La vraie beauté est si particulière, si nouvelle, qu'on ne la reconnaît pas pour la beauté.
L'idée qu'on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l'idée qu'un autre est mort.
Une oeuvre où il y a des théories est comme un objet sur lequel on laisse la marque du prix.
Ce n'est pas à un autre homme intelligent qu'un homme intelligent aura peur de paraître bête.
Un mariage d'amour, c'est-à-dire fait par amour, y serait considéré comme une preuve de vice.
L'indifférence aux souffrances qu'on cause est la forme terrible et permanente de la cruauté.
Notre amour de la vie n'est qu'une vieille liaison, dont nous ne savons pas nous débarrasser.
Une religion parle d'immortalité, mais entend par là quelque chose qui n'exclut pas le néant.
Il n'y a guère que le sadisme qui donne un fondement dans la vie à l'esthétique du mélodrame.
On ne peut être fidèle qu'à ce dont on se souvient, on ne se souvient que de ce qu'on a connu.
Ce qui rapproche, ce n'est pas la communauté des opinions, c'est la consanguinité des esprits.
Tout comme l'avenir, ce n'est pas tout à la fois, mais grain par grain que l'on goûte le passé.
Nous n'arrivons pas à changer les choses suivant notre désir, mais peu à peu notre désir change.
On refuse dédaigneusement, à cause de ce qu'on aime aujourd'hui, de voir ce qu'on aimera demain.
Chacun appelle “idées claires” celles qui sont au même degré de confusion que les siennes propres.
Le témoignage des sens est, lui aussi, une opération de l'esprit où la conviction crée l'évidence.
On dédaigne volontiers un but qu'on n'a pas réussi à atteindre, ou qu'on a atteint définitivement.
La jalousie finit ainsi faute d'aliments et n'a tant duré qu'à cause d'en avoir réclamé sans cesse.
L'été se marque non moins par ses mouches et moustiques que par ses roses et ses nuits d'étoiles...
Le bonheur est salutaire pour le corps, mais c'est le chagrin qui développe les forces de l'esprit.
Un homme qui dort tient en cercle autour de lui le fil des heures, l'ordre des années et des mondes.
Nous tenons de notre famille aussi bien les idées que nous vivons que la maladie dont nous mourrons.
Dans une langue que nous savons, nous avons substitué à l'opacité des sons la transparence des idées.
Que de bonheurs possibles dont on sacrifie ainsi la réalisation à l'impatience d'un plaisir immédiat.
Un livre est un grand cimetière où, sur la plupart des tombes, on ne peut plus lire les noms effacés.
Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats.
Nous tenons de notre famille aussi bien les idées dont nous vivons que la maladie dont nous mourrons.
Nous pouvons causer pendant toute une vie sans rien dire que répéter indéfiniment le vide d'une minute.
Souvent les femmes ne nous plaisent qu'à cause du contrepoids d'hommes à qui nous avons à les disputer.
On a tort de parler en amour de mauvais choix, puisque dès qu'il y a choix il ne peut être que mauvais.
La lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas.
L'érudition est une fuite loin de notre propre vie que nous n'avons pas le courage de regarder en face.
Une femme qu'on aime suffit rarement à tous nos besoins et on la trompe avec une femme qu'on n'aime pas.
Un même fait porte des rameaux opposites et le malheur qu'il engendre annule le bonheur qu'il avait causé.
Dans la vie de la plupart des femmes, tout, même le plus grand chagrin, aboutit à une question d'essayage.
Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d'entretenir en nous quelques petites folies.
Il y a des moments de la vie où une sorte de beauté naît de la multiplicité des ennuis qui nous assaillent.
Une parole de celle que nous aimons ne se conserve pas longtemps dans sa pureté ; elle se gâte, se pourrit.
Il n'y a qu'une chose vraiment infâme, qui déshonore la créature que Dieu a faite à son image, le mensonge.
L'amour, même en ses plus humbles commencements, est un exemple frappant du peu qu'est la réalité pour nous.
Il y a une chose plus difficile encore que de s'astreindre à un régime, c'est de ne pas l'imposer aux autres.
Si tranquille qu'on se croie quand on aime, on a toujours l'amour dans son coeur en état d'équilibre instable.
Il vaut mieux ne pas savoir, penser le moins possible, ne pas fournir à la jalousie le moindre détail concret.
Dans l'attente on souffre tant de l'absence de ce qu'on désire , qu'on ne peut supporter une autre présence ...
Les hommes peuvent avoir plusieurs sortes de plaisirs. Le véritable est celui pour lequel ils quittent l'autre.
Jamais Noé ne put si bien voir le monde que de l'arche malgré qu'elle fut close et qu'il fit nuit sur la terre.
Les oeuvres, comme dans les puits artésiens, montent d'autant plus haut que la souffrance a plus creusé le coeur.
Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l'obscurité et du silence.
Il y a quelque chose plus difficile encore que de s'astreindre à un régime, c'est de ne pas l'imposer aux autres.
Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.
Les passions sont comme des bibliothèques où le vulgaire séjourne sans connaître les trésors qu'elles contiennent.
Le sommeil est comme un second appartement que nous aurions et où, délaissant le nôtre, nous serions allés dormir.
Soyons reconnaissants envers les gens qui nous rendent heureux. Ils sont les jardiniers qui font fleurir notre âme
Le mal seul fait remarquer et apprendre et permet de décomposer les mécanismes que sans cela on ne connaîtrait pas.
La force qui fait le plus de fois le tour de la terre en une seconde, ce n'est pas l'électricité, c'est la douleur.
Nous sommes attirés par toute vie qui nous représente quelque chose d'inconnu, par une dernière illusion à détruire.
Un nom, c'est bien souvent tout ce qui reste pour nous d'un être non pas même quand il est mort, mais de son vivant.
Les maximes les plus profondes sont celles où la pensée semble la plus indépendante des mots et de leur aménagement.
Ce qui pour nous fait le bonheur ou le malheur de notre vie, constitue pour tout autre un fait presque imperceptible.
La maladie est le plus écouté des médecins : à la bonté, au savoir on ne fait que promettre ; on obéit à la souffrance.
Une femme que nous entretenons ne nous semble pas une femme entretenue tant que nous ne savons pas qu'elle l'est par d'autres.
On a dit que la beauté est une promesse de bonheur. Inversement la possibilité du plaisir peut être un commencement de beauté.
C'est parce qu'ils contiennent ainsi les heures du passé que les corps humains peuvent faire tant de mal à ceux qui les aiment.
Les créatures qui ont joué un grand rôle dans notre vie, il est rare qu'elles en sortent tout d'un coup d'une façon définitive.
Quand on se voit au bord de l'abîme et qu'il semble que Dieu vous ait abandonné, on n'hésite plus à attendre de lui un miracle.
Ce n'est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s'affaiblit, c'est parce que nous mourrons nous-mêmes.
Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous.
La nature ne semble guère capable de donner que des maladies assez courtes. Mais la médecine s'est annexée l'art de les prolonger.
L'habitude est une seconde nature, elle nous empêche de connaître la première dont elle n'a ni les cruautés, ni les enchantements.
Les gens du monde ont tellement l'habitude qu'on les recherche que, qui les fuit, leur semble un phénix et accapare leur attention.
La jeunesse est cet heureux temps où l'on devrait plutôt dire qu'on ne doute de rien plutôt que de dire qu'on n'y doute pas de soi.
Soyons reconnaissants aux personnes qui nous donnent du bonheur; elles sont les charmants jardiniers par qui nos âmes sont fleuries.
La louange la plus haute de Dieu est dans la négation de l'athée qui trouve la Création assez parfaite pour se passer d'un créateur.
Aimer est un mauvais sort, comme ceux qu'il y a dans les contes, contre quoi on ne peut rien jusqu'à ce que l'enchantement ait cessé.
La beauté des êtres n'est pas comme celle des choses. Nous sentons qu'elle est celle d'une créature unique, consciente et volontaire.
Le bonheur, la possession de la beauté, ne sont pas des choses inaccessibles et nous avons fait Ïuvre inutile en y renonçant à jamais.
La durée moyenne de la vie est beaucoup plus grande pour les souvenirs des sensations poétiques que pour ceux des souffrances du cÏur.
Dire que j'ai gâché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir (...) pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre.
Souvent, vous le savez, on dit d'un grand artiste : à côté de son génie, c'était une vieille bête qui avait les idées les plus étroites.
On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner.
Il n'y a que les femmes qui ne savent pas s'habiller qui craignent la couleur. On peut être éclatante sans vulgarité et douce sans fadeur.
Les choses dont on parle le plus souvent en plaisantant sont généralement celles qui ennuient, mais dont on ne veut pas avoir l'air ennuyé.
Il n'est pas certain que le bonheur survenu trop tard... soit tout à fait le même que celui dont le manque nous rendait jadis si malheureux.
La générosité n'est souvent que l'aspect intérieur que prennent nos sentiments égoïstes quand nous ne les avons pas encore nommés et classés.
L'accouplement des éléments contraires est la loi de la vie, le principe de la fécondation, et comme on verra, la cause de bien des malheurs.
L'absence n'est-elle pas, pour qui aime, la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences ?
De même que les peuples ne sont pas longtemps gouvernés par une politique de pur sentiment, les hommes ne le sont pas par le souvenir de leur rêve.
'Dans les personnes que nous aimons, il y a, immanent à elles, un certain rêve que nous ne savons pas toujours discerner mais que nous poursuivons.'
On découvre au téléphone les inflexions d'une voix qu'on ne distingue pas tant qu'elle n'est pas dissociée d'un visage où on objective son expression.
L'artiste qui renonce à une heure de travail pour une heure de causerie avec un ami sait qu'il sacrifie une réalité pour quelque chose qui n'existe pas.
Nos désirs vont s'interférant, et dans la confusion de l'existence, il est rare qu'un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l'avait réclamé.
Nos désirs vont s' interférant, et dans la confusion de l'existence, il est rare qu'un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui l'avait réclamé.
C'est étonnant comme la jalousie qui passe son temps à faire des petites suppositions dans le faux, a peu d'imagination quand il s'agit de découvrir le vrai.
La photographie acquiert un peu de la dignité qui lui manque, quand elle cesse d'être une reproduction du réel et nous montre des choses qui n'existent plus.
Le souvenir d'une certaine image n'est que le regret d'un certain instant ; et les maisons, les routes, les avenues, sont fugitives, hélas ! Comme les années.
L'oubli est un puissant instrument d'adaptation à la réalité parce qu'il détruit peu à peu en nous le passé survivant qui est en constante contradiction avec elle.
C'est là en effet un des grands et merveilleux caractères des beaux livres que pour l'auteur ils pourraient s'appeler "Conclusions" et pour le lecteur "Incitations".
Les images choisies par le souvenir sont aussi arbitraires, aussi étroites, aussi insaisissables, que celles que l'imagination avait formées et la réalité détruites.
L'opinion que nous avons les uns des autres, les rapports d'amitié, de famille, n'ont rien de fixe qu'en apparence, mais sont aussi éternellement mobiles que la mer.
Nous localisons dans le corps d'une personne toutes les possibilités de sa vie, le souvenir des êtres qu'elle connaît et qu'elle vient de quitter, ou s'en va rejoindre.
Un milieu élégant est celui où l'opinion de chacun est faite de l'opinion des autres. Est-elle faite du contre-pied de l'opinion des autres ? C'est un milieu littéraire.
Quand on travaille pour plaire aux autres on peut ne pas réussir, mais les choses qu'on a faites pour se contenter soi-même ont toujours une chance d'intéresser quelqu'un.
Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l'habitude le remplit.
Pour que les choses paraissent nouvelles, si elles sont anciennes, et même si elles sont nouvelles, il faut, en art, comme en médecine, comme en mondanité, des noms nouveaux.
L'être que je serai après la mort n'a pas plus de raisons de se souvenir de l'homme que je suis depuis ma naissance que ce dernier ne se souvient de ce que j'ai été avant elle.
Peut-être l'immobilité des choses autour de nous leur est-elle imposée par notre certitude que ce sont elles et non pas d'autres, par l'immobilité de notre pensée en face d'elles.

Questions autour de Marcel Proust

Marcel Proust a-t-il été marié ?
Non, Marcel Proust ne s'est jamais marié et n'a pas eu d'enfant. Il a entretenu des liaisons affectives documentées avec le musicien Reynaldo Hahn et avec son secrétaire Alfred Agostinelli.
Pourquoi Marcel Proust a-t-il fait tapisser sa chambre de liège ?
Pour s'isoler du bruit de la rue et limiter les poussières susceptibles de déclencher ses crises d'asthme, une maladie chronique qui l'affectait depuis l'enfance.
Marcel Proust a-t-il obtenu le prix Goncourt ?
Oui, il reçoit le prix Goncourt en 1919 pour À l'ombre des jeunes filles en fleurs, deuxième tome d'À la recherche du temps perdu, dans un contexte de vive polémique médiatique.
Combien mesurait Marcel Proust ?
Selon son livret militaire de 1889, Marcel Proust mesurait 1,68 mètre.
Quel est le vrai nom de Marcel Proust ?
Son nom complet à la naissance était Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust.
Qui est né le même jour que Marcel Proust ?
Thomas Wiesel, Jean-Marie Poiré, Golshifteh Farahani, Gong Yoo et Jean Calvin sont nés le 10 juillet comme Marcel Proust.
À quel âge est mort Marcel Proust ?
Marcel Proust est mort à 51 ans, le 18 novembre 1922.
Qui est mort le même jour que Marcel Proust ?
Marcel Dalio, James Coburn, André Valmy, André Chandernagor et Niels Bohr sont morts le 18 novembre comme Marcel Proust.
Quels écrivains sont nés à Paris comme Marcel Proust ?
Quels écrivains français sont du signe Cancer comme Marcel Proust ?
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